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Le sado masochisme

 

 

Lorsque l’on évoque la question du sado masochisme, il semble qu’on ne  comprenne d’emblée  pas comment on peut aimer souffrir… comment on peut aimer faire souffrir semble poser moins de problèmes !!

Le sado masochisme, ça révulse, ça dégoûte, on trouve cela pitoyable, ou ça fascine,

car il y a comme une espèce de point de fixation du sale, du dégoûtant, des comportements humiliants, de la violence nauséabonde, du honteux,  à l’horizon du sado-masochisme. Quelque chose que l’on n’a pas envie d’approcher .

 

En psychologie et à la suite de Freud on remarque une sorte de matrice qui fonde le sado masochisme et qui est un fantasme appelé : « Un enfant est battu ». C’est en prenant plaisir à  imaginer la fessée d’un enfant (frère sœur, lui même) par  le père, ou par la mère, que se déclenche  chez l’enfant une excitation : force, rythme, intensité—qui s’apparente à la montée de l’excitation sexuelle, et qui reste totalement inconsciente.

Cette scène originelle, qui  occupe de temps à autre tous les enfants qui se consolent ainsi des rivalités et injustices subies à leurs yeux , va faire l’objet d’une fixation ,c’est à dire d’une priorité dans le fonctionnement mental dans le sado-masochisme, et ceci parce qu’il  y a de la maltraitance réelle physique ou relationnelle ou psychologique subie par l’enfant dans sa famille.

Le lien avec le sado masochisme c’est que dans ce scénario,  toutes les places du scénario sont occupées tour à tour : celle du battu, comme celle de celui qui bat.

 

Cette expérience la plupart du temps inconsciente qui mêle sexuel et douleur se trouve du coup être fantasmatiquement « incestueuse » , érotique et porteuse de sa propre punition ( la douleur).

Ceci nous montre d’emblée la fragilité de la barrière de l’inceste dans le masochisme et le sadisme : on peut d’ailleurs lire certaine littérature érotique s’annonçant comme l’écriture de fantasmes particuliers comme chez l’Aretin par exemple (les ragionamenti), ou chez Apollinaire où la souffrance-jouissance  infligée ou subie n’est jamais bien loin de l’inceste, souvent mère-fille, mère-fils autant que père-fils ou fille.

 

 

La jouissance masochiste n’est pas un plaisir à proprement parler mais l’alliance de jouissance et de douleur qui font vivre un moment fortement chargé en tension/excitation physique et psychique, avec un rapport de force où il y aura un dominant et un dominé : un qui est censé procurer de la jouissance et un qui est censé jouir,

Et ceci autant dans la réalité vécue que dans cette même réalité fantasmée en même temps lors de l’action: ce que je fais je ne fais pas que le faire, je l’imagine, je le visualise en même temps, et j’ai très honte, très peur, et je jouis d’autant plus.

 

Ce qui frappe c’est le caractère illimité de cette jouissance, : voir Pauline Réage, auteur d’Histoire d’O dont on apprend qu’elle était attirée par la vie de moniale, pour le vœu de chasteté, mais surtout pour les vœux de pauvreté et d’obéissance , autrement dit : de soumission ,pour toujours en principe, à l’interdit de jouir, afin d’en jouir !

Cette jouissance organisée pour n’avoir pas de butée,  c’est la même que celle que l’on va trouver dans le deuil impossible : il s’agit de ne jamais se départir de la souffrance pour ne jamais se départir de la chose perdue, garder le pouvoir de souffrir comme s’il ne restait plus que cela pour pouvoir érotiser la vie : et cela s’accompagne d’un terrible sentiment d’indignité que l’on essaye de se représenter ou de contrecarrer, d’une honte permanente que l’on cherche à mettre en scène ou à dénier en la transformant en fierté, ou en croix à porter, valorisante d’une certaine manière.

Idem pour les masochistes de la vie sentimentale qui se retrouvent toujours dans des relations  humiliantes, blessantes, voire dangereuses.

 

L’expérience très intense est liée à une prise de risque fantasmatique et à une notion de punition fixée à l’infantile : un enfant sage ne se conduit pas comme cela, il ne mérite normalement pas d’être traité comme cela (il est donc quelque part exceptionnel).

Ce monde intérieur  particulier provoque une  peur du moi d’y laisser sa peau dans la relation (sexuelle ou non d’ailleurs) , de périr, peur qui a pu être alimentée par un des parents violent à l’extrême , mêlant souvent coups et sexualité en actes, ou en paroles, ou en menaces, et l’autre possiblement semblable, ou  passif ou neutralisé, mais en tous cas de non secours .

D’où  des rejetons d’expériences infantiles de terreur que peuvent nous évoquer  Virginie Despentes qui écrit d’ultimes et violentes protestations de vie, ou Catherine Millet qui s’offre à une répétition mortifère,  tout cela étant considéré dans un premier temps  comme de la merde, car on ne peut pas avaler ça, on ne peut que l’expulser…

Alors,  face à cette menace de fécalisation de ce scénario qui lui est cher, voire vital, il reste à idéaliser, esthétiser, c’est ce que peut faire le masochiste, c’est ce que peut faire le sadique pour rendre présentable son scénario intérieur : cela peut déboucher sur une grande inventivité  comme le fait remarquer Joyce Mac Dougall dans ses livres « Les mille et un visages d’éros » ou  «  Le théâtre du Je » ou sur d’incessantes répétitions figées et stéréotypées.

Cela peut déboucher sur les « œuvres  » de Gilbert et Georges, artiste contemporain  exposant pour finir leur production fécale, en l’état, ou conditionnée en guise de production artistique.

 

Tout ce qui est de l’ordre de l’excrément incite le dégoût, et ce domaine là est bien celui du sado masochisme : Sacher Masoch (masochisme) écrit : « l’esthétique de la laideur »  Sade nous abreuve, repris ensuite par Pasolini (son film Salo) de scènes anales dans « Les 120 jours de Sodome » , où l’on voit que  tout ce qui inspire le dégoût fait le sel du masochiste et du sadique.

 

Ce que l’on perçoit bien aussi dans l’œuvre de Sade, et dans le film de Pasolini, c’est comment il doit y avoir un crescendo d’excitation et de souffrance physique et psychologique pour que la jouissance se maintienne à un niveau élevé.

Ainsi dans le  milieu échangiste certains vont parfois ensuite complexifier leur jeu sexuel en jeu sado masochiste par « nécessité » excitatoire. Quelquefois l’échangisme en était volontairement la porte d’entrée plus acceptable pour la personne, ou pour la partenaire prévenue, ou non malheureusement.

Dans certains cas le  jeu de plus en plus périlleux fait courir un réel danger .

On rencontre l’horreur  quand la pulsion sadique se met à exiger  que cela  puisse aller jusqu’à l’assassinat (exigence de jouissance illimitée ou emprise terrifiante du groupe) comme l’actualité nous le démontre en ce moment.

 

Dans la perversion on ne s’embarrasse pas de réalité, la femme est plus ou moins considérée comme ayant un pénis, et l’intérêt anal pour les fesses et la fessée achèvent d’altérer la notion de différence sexuelle , à partir du moment où il n’y a pas la différence sexuelle et qu’il n’y a pas la différence des générations,  la vie et la mort, la santé et la maladie, le bien et le mal, c’est-à-dire tous les antagonistes structurants de l’humanité, tout cela se relativise, s’inverse, se recombine en «  particules élémentaires » et le sens se perd .

C’est comme une  fécalisation universelle, d’où ne ressortiront même pas vraiment  une notion de dominant dominé, chacun pouvant être perçu comme tel à son tour et occupant les deux places à la fois dans l’imaginaire.

Le danger en cas de perte d’auto contrôle dans le jeu sexuel est bien celui là : celui de sortir de l’humanité sans le percevoir vraiment.

 

Noelle Navarro

Psychologue/  Sexotherapeute

6 rue Perrod 69004 Lyon

 

 

 

 



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