12 effets de la dépression sur le corps (prouvés scientifiquement)

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La dépression ne se limite pas à être “dans la tête”. Elle modifie le sommeil, les hormones, l’immunité, la douleur, le cœur…

L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que la dépression est l’une des premières causes d’incapacité dans le monde et qu’elle est étroitement liée aux maladies cardiovasculaires, au diabète, au cancer et aux pathologies respiratoires https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/depression.

Autrement dit : quand l’esprit s’effondre, le corps encaisse, parfois violemment. Comprendre ces effets physiques n’est pas un luxe, c’est souvent la clé pour enfin prendre au sérieux ce que vous vivez et demander une aide adaptée (médecin, psychologue, thérapie comportementale et cognitive, etc.).

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Quels sont les symptômes physiques de la dépression ?

Les symptômes physiques de la dépression peuvent toucher presque tous les systèmes du corps. Ils varient d’une personne à l’autre, mais certains reviennent très souvent dans les études cliniques.

Principaux symptômes physiques observés dans la dépression

Voici un aperçu des manifestations corporelles les plus fréquentes, décrites par des organismes comme le NHS, le NIMH et la HAS.

Symptôme physique Description Ce que vous pouvez remarquer
Troubles du sommeil Insomnie, réveils précoces ou sommeil excessif (hypersomnie) Vous tournez dans le lit, vous vous réveillez à 4–5h sans pouvoir vous rendormir ou vous pourriez dormir 12h sans être reposé
Fatigue intense Asthénie persistante, même après le repos Se lever, se laver, répondre à un mail semble épuisant
Changements d’appétit et de poids Appétit diminué ou augmenté, perte ou prise de poids Plus faim du tout ou besoin de grignoter en continu
Douleurs diffuses Maux de dos, douleurs musculaires, articulaires, céphalées Douleurs sans explication claire, résistantes aux antalgiques habituels
Problèmes digestifs Nausées, ballonnements, constipation, diarrhée Ventre noué, “boule au ventre”, transit perturbé
Troubles cardiovasculaires Palpitations, oppressions thoraciques, tension fluctuante Cœur qui s’emballe, sensation d’étouffer, peur de faire un malaise
Baisse de libido Diminution du désir sexuel et du plaisir Le sexe ne vous attire plus, même avec un partenaire aimé
Ralentissement ou agitation psychomotrice Mouvements lents ou nervosité, incapacité à rester tranquille Vous marchez, parlez plus lentement ou au contraire vous vous tortillez, tirez sur vos vêtements
Altération de l’immunité Tendance à tomber plus souvent malade, inflammations Rhumes, infections ou douleurs inflammatoires récidivantes
“Brouillard mental” Difficultés de concentration, mémoire altérée Vous relisez dix fois le même paragraphe sans le retenir

Un seul de ces symptômes ne signifie pas forcément dépression. Mais quand plusieurs signes durent plus de deux semaines et s’accompagnent d’une tristesse profonde, d’une perte d’intérêt ou de pensées pessimistes, il est important de consulter un professionnel.

Comprendre la dépression : quand l’esprit fatigue, le corps encaisse

La dépression est un trouble de l’humeur, mais aussi une maladie du corps. Elle modifie la chimie cérébrale, le système hormonal, l’immunité et même le fonctionnement de certains organes. Des institutions comme l’OMS montrent que la dépression est à la fois favorisée par les maladies chroniques et qu’elle augmente leur risque.

Autrement dit, ce que vous ressentez physiquement n’est ni exagéré ni imaginaire. C’est cohérent avec ce qui se passe dans votre organisme.

Dépression : bien plus qu’un « coup de mou » passager

Un épisode dépressif caractérisé, tel que décrit par la HAS, implique des symptômes quotidiens pendant au moins 2 semaines : tristesse intense, perte d’intérêt, fatigue, mais aussi ralentissement psychomoteur, troubles du sommeil et de l’appétit.

Ce n’est pas “un mauvais caractère”. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un état où :

  • Votre énergie chute de façon marquée.
  • Votre capacité à ressentir du plaisir s’effondre.
  • Votre corps se met en mode “alerte prolongée” ou, au contraire, “ralentissement général”.

Continuer à fonctionner comme si de rien n’était, en ignorant ces signaux, finit souvent par aggraver la souffrance, mentale et physique.

Le saviez-vous ?

En cas de dépression, un psychologue peut vous aider à mettre des mots sur ce que vous traversez, comprendre ce qui entretient la souffrance, et retrouver progressivement de l’élan au quotidien. Vous pouvez consulter un psychologue spécialisé dans le traitement de la dépression pour être accompagné(e) pas à pas vers une guérison de la dépression.

Pourquoi la dépression s’attaque aussi au corps (explication simple et scientifique)

Sur le plan biologique, la dépression implique plusieurs mécanismes :

  • Un dérèglement des neurotransmetteurs (sérotonine, noradrénaline, dopamine) qui jouent un rôle clé dans l’humeur, la douleur, le sommeil, l’appétit.
  • Une activation chronique du système de stress (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien), avec une production perturbée de cortisol.
  • Un état inflammatoire de bas grade : l’Inserm décrit une augmentation de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-alpha, CRP) chez de nombreux patients déprimés Inserm.

Ces modifications se répercutent sur :

  • Le système nerveux (douleurs, ralentissement moteur).
  • Le système digestif (microbiote, transit, nausées).
  • Le système cardiovasculaire (tension, rythme cardiaque).
  • L’immunité (infections plus fréquentes, cicatrisation ralentie).

Vous ne “somatisez” pas au sens de “vous inventez”. Votre cerveau et votre corps fonctionnent ensemble, et la dépression touche ce système complet.

Effet n°1 – Sommeil déréglé : insomnies, réveils nocturnes ou besoin de dormir tout le temps

Les troubles du sommeil font partie des critères majeurs de la dépression. La difficulté à s’endormir, des réveils nocturnes ou des réveils très matinaux. À l’extrême inverse, certaines personnes dorment beaucoup trop (hypersomnie) sans se sentir reposées.

Ce dérèglement n’est pas “un détail”. Il entretient la fatigue, la douleur, l’irritabilité, le manque de concentration… et renforce le cercle vicieux dépressif.

Ce que vous pouvez remarquer concrètement la nuit et au réveil

Certains signes doivent vous alerter. Vous pouvez par exemple vous réveiller avec une sensation de n’avoir “jamais vraiment dormi”. Le matin devient alors le moment le plus difficile de la journée, avec une asthénie matinale marquée et un découragement rapide.

Votre rythme peut aussi changer radicalement par rapport à “avant” : coucher très tard, lever très tard, siestes prolongées. Vous utilisez parfois l’écran (téléphone, séries) jusqu’à épuisement, pour fuir les pensées anxieuses au moment du coucher.

Un point important : stabiliser un minimum vos horaires, limiter les siestes longues et travailler sur les pensées anxieuses au coucher (par exemple en thérapie comportementale et cognitive – TCC) fait partie des leviers concrets pour alléger la dépression.

Effet n°2 – Fatigue écrasante et sensation de lourdeur dans tout le corps

La fatigue dépressive n’est pas juste “être un peu crevé”. C’est une fatigue profonde, non soulagée par le repos, peu liée à l’effort physique réel. Elle s’installe dans la durée et semble disproportionnée par rapport aux activités de la journée.

Les patients décrivent souvent une sensation de corps lourd, englué. Dès le matin, une lassitude marquée se fait sentir et un besoin de pauses fréquentes apparaît pour des tâches simples.

Faire sa journée “comme si vous portiez 20 kg de plus”

Dans la vie quotidienne, cela donne des scènes très concrètes. Vous hésitez plusieurs minutes avant de sortir du lit, alors que vous êtes réveillé, et vous remettez parfois le lever à plus tard. La douche devient un “projet” qui demande de l’énergie mentale, comme si chaque geste nécessitait une planification.

Répondre à un message, passer un coup de fil, ranger un coin du salon semblent demander une préparation. C’est précisément pour cela que la TCC et d’autres psychothérapies proposent souvent des approches par “micro-actions” : fractionner les tâches, planifier des pas réalistes et valoriser chaque étape, plutôt que de se juger sur la liste entière non accomplie.

Effet n°3 – Poids, appétit et métabolisme : quand manger devient compliqué

La dépression s’accompagne très souvent de changements d’appétit et de poids. Les organismes comme la Psychiatry.org ou le NHS décrivent fréquemment une perte d’appétit avec amaigrissement ou, au contraire, une augmentation de l’appétit.

Ces variations sont liées aux modifications de la sérotonine, impliquée dans la satiété, mais aussi aux habitudes de coping, comme manger pour calmer l’angoisse. Le dérèglement général du métabolisme renforce encore ces changements alimentaires difficiles à maîtriser.

Perte d’appétit, grignotage émotionnel, variations de poids

Vous pouvez vous reconnaître dans plusieurs situations autour de l’alimentation. Le frigo reste parfois plein parce que cuisiner vous semble impossible, ou vous sautez des repas remplacés par du café, du thé ou des boissons sucrées qui coupent la faim.

Le grignotage devant un écran pour “se calmer” ou “se remplir” devient une habitude, avec parfois une prise ou une perte de plusieurs kilos en quelques semaines ou mois. Ce n’est pas le moment de mener un “régime parfait”, car la priorité reste votre stabilisation globale.

L’objectif réaliste est souvent de stabiliser les horaires approximatifs des repas, de prévoir quelques aliments simples, prêts à consommer (soupes, surgelés équilibrés, conserves de légumes, etc.) et de limiter les excès extrêmes comme le jeûne prolongé ou les crises de grignotage massif.

Effet n°4 – Douleurs diffuses : dos, muscles, articulations, maux de tête

Les douleurs physiques sont extrêmement fréquentes dans la dépression. Un article de synthèse sur PubMed montre que les symptômes associés incluent jointures douloureuses, douleurs de membres, lombalgies, troubles digestifs, fatigue, changements de l’activité psychomotrice et de l’appétit.

Les patients consultent parfois en rhumatologie, en gastroentérologie, en médecine générale pendant des mois, avant que la dépression ne soit identifiée comme facteur central. Les examens médicaux reviennent normaux, ce qui renforce le sentiment d’incompréhension.

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Pourquoi la douleur est réelle (et pas “dans votre tête”)

Sur le plan neurobiologique, les mêmes circuits cérébraux impliqués dans la douleur physique et la douleur émotionnelle se recouvrent en partie. Le dérèglement des neurotransmetteurs, en particulier la sérotonine et la noradrénaline, peut diminuer le seuil de douleur et rendre les sensations plus intenses.

L’inflammation de bas grade entretient les douleurs musculaires et articulaires. C’est pour cela que certains antidépresseurs améliorent aussi les douleurs chroniques, en agissant sur ces systèmes communs entre humeur et douleur.

Les thérapies comme la TCC travaillent aussi sur les pensées catastrophistes et l’évitement, ce qui peut réduire la souffrance globale, physique et psychique. Votre douleur est donc bien réelle, même si son origine est en partie liée à la dépression.

Effet n°5 – Digestion et intestins : nausées, ballonnements, ventre douloureux

Vous avez l’impression que votre ventre “parle” à votre place ? La dépression s’accompagne souvent de nausées, surtout le matin, de ballonnements et de douleurs abdominales plus ou moins diffuses qui s’ajoutent à la fatigue.

La constipation ou la diarrhée peuvent alterner, ce qui complique encore la vie quotidienne. Le NIMH rappelle que des douleurs digestives sans cause organique retrouvée peuvent faire partie des manifestations de la dépression.

L’axe intestin-cerveau : comment le stress dépressif perturbe votre microbiote

Votre intestin communique en permanence avec votre cerveau via le nerf vague, des hormones et le microbiote. Ce dernier influence l’inflammation et certains neurotransmetteurs impliqués dans l’humeur, ce qui crée un dialogue constant entre ventre et esprit.

Un stress chronique, des changements alimentaires et un sommeil perturbé modifient ce microbiote. En retour, ces déséquilibres peuvent entretenir l’anxiété, la dépression et les troubles digestifs, créant un cercle difficile à casser seul.

Sans tout réduire à “l’intestin”, on sait aujourd’hui qu’une alimentation plus régulière, un peu plus riche en fibres et moins en produits ultra-transformés peut aider progressivement. Un travail sur le stress, via la TCC, la relaxation ou une activité physique adaptée, a aussi des effets positifs sur le ventre.

Effet n°6 – Cœur et respiration : palpitations, oppression, tension artérielle

Dépression et maladies cardiovasculaires entretiennent un lien étroit. L’OMS souligne que la dépression partage des facteurs de risque avec les maladies cardiaques et peut en aggraver l’évolution, notamment en perturbant le mode de vie et la prise des traitements.

Sur le plan ressenti, de nombreuses personnes déprimées décrivent des palpitations, un cœur qui s’emballe ou une sensation d’oppression thoracique. Une impression de “boule” dans la poitrine ou de souffle court au repos est également fréquente.

Faire la différence entre anxiété, crise cardiaque et alerte médicale

Important, dépression et anxiété sont souvent mêlées. Une crise d’angoisse peut provoquer des palpitations rapides, une oppression thoracique, une sensation de manque d’air, des vertiges et des tremblements qui inquiètent beaucoup.

Mais cela n’empêche pas la possibilité d’un vrai problème cardiaque, surtout si vous avez des facteurs de risque comme le tabac, le diabète, le surpoids ou des antécédents familiaux. Par prudence, vous devez consulter en urgence dans certains cas précis.

Consultez rapidement si la douleur thoracique est intense, brutale, s’étend au bras ou à la mâchoire, si vous vous sentez sur le point de perdre connaissance ou si vous avez une détresse respiratoire évidente. Dans tous les cas, signalez systématiquement vos symptômes physiques à votre médecin traitant.

Effet n°7 – Immunité fragilisée et inflammations chroniques

L’APA rappelle que la dépression peut affaiblir le système immunitaire et augmenter le risque de certaines maladies. Le CDC note aussi que les personnes dépressives sont plus à risque de pathologies chroniques comme l’arthrite, l’asthme, les maladies cardiovasculaires, le diabète ou l’obésité.

Ce n’est pas uniquement lié aux comportements comme la baisse d’activité, l’augmentation du tabac ou de l’alcool, ou une alimentation déséquilibrée. L’état inflammatoire de bas grade, décrit par l’Inserm, joue aussi un rôle important dans cette fragilisation générale.

Pourquoi vous tombez plus souvent malade (et cicatrisez plus lentement)

Concrètement, cela peut se traduire par des rhumes, des bronchites ou des infections ORL plus fréquentes. Vous pouvez aussi constater des poussées de maladies inflammatoires comme des douleurs articulaires ou de l’eczéma, qui semblent revenir plus souvent.

Une impression de “jamais complètement en forme” s’installe, avec une récupération lente après chaque épisode. Votre marge de manœuvre n’est pas de “booster votre immunité” par magie, mais d’agir sur quelques leviers réalistes à votre portée.

Stabiliser un peu le sommeil, réintroduire une activité physique douce et régulière, limiter autant que possible le tabac et l’alcool avec une aide spécialisée si besoin, et envisager une psychothérapie (notamment la TCC) et, si indiqué, un traitement antidépresseur font partie des pistes efficaces.

Effet n°8 – Peau, cheveux, apparence : l’impact visible de la dépression

La dépression peut se voir physiquement sur votre apparence. Vous pouvez remarquer un teint plus terne, des cernes marquées ou une peau qui devient plus sèche, ou au contraire des poussées d’acné qui n’existaient pas auparavant.

Les cheveux peuvent tomber davantage ou graisser plus vite, ce qui renforce parfois la gêne sociale. Ce n’est pas juste une question “esthétique”, même si l’image de soi en souffre, mais aussi le reflet de changements plus profonds.

Acné, chute de cheveux, teint terne : ce que disent les hormones du stress

Le stress chronique et le cortisol modifient la production de sébum, ce qui peut favoriser les boutons ou l’acné. Un cortisol élevé ou mal régulé peut aussi interférer avec le cycle du cheveu et entraîner des chutes plus fréquentes.

La cicatrisation de la peau est parfois ralentie et les inflammations cutanées se multiplient. Dans beaucoup de cas, améliorer le sommeil, l’alimentation et réduire le stress via une psychothérapie ou une TCC apporte déjà un mieux visible.

Un dermatologue peut compléter l’approche si les symptômes cutanés sont très gênants, mais sans oublier la prise en charge de la dépression qui reste le terrain de fond à traiter.

Effet n°9 – Libido et sexualité : désir en berne, plaisir en panne

La baisse de libido est un symptôme très fréquent, mais souvent passé sous silence. Le NHS mentionne clairement la diminution du désir sexuel comme un symptôme physique de la dépression, qui peut affecter la vie de couple et l’estime de soi.

Ce qui peut se passer, c’est que le désir tombe à zéro, même si vous aimez toujours votre partenaire. L’excitation arrive difficilement, le plaisir est amoindri, le corps semble “éteint” sexuellement comme s’il était en veille prolongée.

Ce qui relève de la dépression… et ce qui vient parfois des traitements

Deux choses peuvent coexister au niveau sexuel. La dépression elle-même réduit le désir, la capacité à ressentir du plaisir (anhédonie) et l’énergie pour la sexualité, ce qui rend les rapports plus rares ou moins satisfaisants.

Certains antidépresseurs, notamment les ISRS, peuvent aussi provoquer des troubles sexuels comme une baisse de libido, des difficultés d’orgasme ou des troubles de l’érection. Cela ajoute une couche de complexité à gérer avec votre soignant.

L’essentiel est de ne pas en faire une preuve de désamour ou de “problème de couple” immédiat. Parlez-en à votre médecin ou psychiatre, il existe des ajustements possibles de dosage ou de molécule. Expliquer à votre partenaire ce que vous vivez physiquement aide aussi à éviter les malentendus et la culpabilité.

Effet n°10 – Ralentissement moteur : gestes lents, visage figé, inertie

Le ralentissement psychomoteur est un signe fort de dépression, décrit par des sources comme le MSD Manuals : pensées, paroles et mouvements ralentis, parfois remplacés par une agitation comme se tordre les mains ou tirer sur ses vêtements (MSDmanuals

On peut observer une marche plus lente, un dos voûté, un visage moins expressif avec peu de mimiques. La voix devient plus monotone, avec des réponses retardées comme si chaque mot devait être tiré de loin.

Quand se lever du canapé devient un effort physique réel

Ce ralentissement n’est pas de la “fainéantise”. C’est un symptôme neuropsychique, où le cerveau peine à initier l’action. Même si vous savez rationnellement qu’il “suffirait de se lever”, votre système motivationnel est en panne.

Les approches efficaces s’appuient souvent sur la fragmentation des tâches, en ne se concentrant que sur une seule action à la fois. L’activation comportementale, un outil de la TCC, consiste à programmer des micro-activités même sans envie, pour relancer peu à peu le système.

Un suivi médical est important si le ralentissement est très marqué, pour évaluer la sévérité de l’épisode dépressif et adapter la prise en charge à votre niveau de fonctionnement actuel.

Effet n°11 – Concentration, mémoire et brouillard mental

La dépression touche aussi les fonctions cognitives, ce qu’on appelle souvent le “brouillard mental”. Il devient difficile de se concentrer sur une tâche simple, même familière, et l’on peut oublier ce qu’on vient de lire ou pourquoi on est entré dans une pièce.

Les recommandations de nombreux organismes comme la HAS, le NIMH et l’APA incluent ces troubles de concentration comme critères diagnostiques possibles. La lenteur de pensée renforce le sentiment d’être “ralenti dans la tête”.

Pourquoi votre cerveau “rame” pour des tâches simples

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène cognitif. La fatigue et le manque de sommeil réduisent l’efficacité de la mémoire et de l’attention, comme si les ressources disponibles étaient toujours proches de zéro.

Les ruminations occupent une partie de votre capacité d’attention, créant un “bruit de fond permanent”. Les altérations des neurotransmetteurs modifient aussi la vitesse de traitement de l’information, ce qui rend chaque tâche plus coûteuse mentalement.

Ce brouillard mental peut être très invalidant au travail ou dans les études. Diviser les tâches en blocs courts de 10 à 20 minutes, utiliser des aides externes comme des listes ou un agenda, et discuter d’aménagements temporaires avec un médecin du travail ou un responsable de formation peuvent vous aider.

Effet n°12 – Anesthésie sensorielle : ne plus rien ressentir… même dans son corps

À l’opposé de la douleur, certaines personnes dépressives décrivent une forme d’“anesthésie”. Elles ressentent moins de plaisir à manger, écouter de la musique, se doucher, comme si toutes les sensations agréables étaient passées en mode silencieux.

Il peut y avoir moins de sensations dans le corps, comme si tout était “en sourdine”, et une distance émotionnelle avec soi-même, son corps, voire ses proches. On parle parfois de dépersonnalisation ou de déréalisation, sans que ce soit systématique.

Perte de plaisir, de sensations et impression d’être “déconnecté”

L’anhédonie, c’est-à-dire la perte de la capacité à ressentir du plaisir, est un symptôme clé de la dépression. Elle touche les émotions positives comme la joie ou l’enthousiasme, mais aussi les sensations agréables comme les saveurs, les caresses ou la chaleur.

Le sentiment de connexion à soi et aux autres s’affaiblit, donnant l’impression d’être “déconnecté” de la vie. Ce n’est pas irréversible, mais ce n’est pas non plus “réparable” par un simple effort de volonté, contrairement à ce que l’entourage pense parfois.

Les approches qui aident le plus souvent sont les psychothérapies structurées, notamment la TCC, qui travaillent l’activation comportementale et la rééducation du plaisir par petites expositions régulières. Les antidépresseurs, quand ils sont indiqués, peuvent rétablir un certain niveau de réactivité émotionnelle, et le fait d’être accompagné évite de rester seul ou de tenter de vous en sortir tout seul avec cette déconnexion.

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces effets physiques, ce n’est pas un verdict définitif. C’est un signal. Vous avez le droit – et l’intérêt – d’en parler à un médecin généraliste, un psychiatre ou un psychologue formé, idéalement à la TCC, non pas pour “vous plaindre”, mais pour commencer un travail précis sur ce que la dépression fait à votre corps et sur les moyens réalistes de reprendre pied, étape par étape.

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poussard
poussard
1 année

je n ai plus envie de vivre, trop fatiguée, plus rien ne m interesse, j ai
83 ans, dormir , ne plus se réveiller, Le psychiatre me donne des ant
i-depresseurs , des anxiolytiques etc … plus ça va, ,pire c’est.
Le pyschiatre me parle d’une dépression sévère.

L'équipe de psychologue.fr
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Répondre à  poussard
1 année

Bonjour Poussard,

Nous sommes profondément touchés par ce que vous vivez actuellement. Vous exprimez une grande fatigue et un désintérêt pour la vie, des sentiments qui peuvent être extrêmement éprouvants.

Avez-vous eu l’occasion de parler de ces sentiments avec quelqu’un de proche, en dehors de votre psychiatre? Parfois, partager ses émotions peut apporter un soutien et une nouvelle perspective.

Vous mentionnez que les médicaments que vous prenez semblent aggraver votre état. Avez-vous eu une conversation récente avec votre psychiatre à ce sujet? Peut-être que discuter d’un ajustement de votre traitement pourrait être une piste à explorer.

Est-ce que certains moments de votre journée sont plus difficiles que d’autres? Identifier ces moments pourrait aider à trouver des stratégies spécifiques pour les rendre plus supportables.

Prenez soin de vous.

L’équipe Psychologue.fr