Gestion des émotions

Les 8 signes d'alexithymie qui doivent vous alerter (+Solutions)

Panique, dégoût, enthousiasme, impatience ou peine : ces termes reviennent tous les jours autour de vous, dans la bouche de vos proches qui s'en servent pour mettre des mots sur leur ressenti. Vous, pourtant, peinez à les saisir. Vous en connaissez le sens, bien sûr. Mais faire correspondre chacune de ces émotions à ce qui se passe en vous reste hors de portée.

4,78 avis Mis à jour le 3 août 2026 5 min de lecture Relu par un psychologue RPPS
Les 8 signes d'alexithymie qui doivent vous alerter (+Solutions)
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Si vous peinez à mettre des mots sur ce que vous ressentez, vous êtes peut-être concerné par l'alexithymie, cette difficulté à identifier et exprimer ses émotions, qui peut s'atténuer avec un accompagnement.

Comment savoir si je suis alexithymique ? Psychologue.fr

  • Des émotions floues — quelque chose vous traverse, mais impossible de dire si c'est de la colère ou de la tristesse.
  • Des mots qui manquent — décrire vos ressentis à vos proches vous semble presque impossible, et cela crée une distance.
  • Le corps comme seul indice — vous repérez surtout des signes physiques : cœur qui s'accélère, tensions, transpiration.

Que faire si je me reconnais dans ces signes ? Psychologue.fr

  • Un avis médical d'abord — parlez-en à votre médecin pour écarter une autre cause et poser des mots précis.
  • Une thérapie adaptée — TCC, psychoéducation ou groupes de parole vous apprennent, pas à pas, à nommer vos ressentis.
  • La pleine conscience — méditation, écriture ou yoga vous reconnectent doucement à vos sensations.

Rassurez-vous : ces difficultés ne sont pas une fatalité, et un professionnel de la santé mentale peut vous aider à renouer progressivement avec vos émotions.

Vérifiez les réponses de l'IA, car elle peut faire des erreurs.

Trouble psychiatrique, l’alexithymie se définit avant tout par une mauvaise régulation des émotions : la personne peine alors à les repérer, qu’elles surviennent dans son propre corps ou chez autrui.

Qu'il s'agisse de la sphère personnelle, familiale, sociale ou sentimentale, aucun domaine de la vie n'échappe aux répercussions de ce trouble.

Cet article passe en revue les 8 signes de l’alexithymie à reconnaître et présente également des pistes concrètes pour agir face à ce trouble.

Autres questions

Quels sont les 8 signes qui doivent vous alerter sur l'alexithymie ?

Les 8 signes sont : une difficulté à reconnaître ses émotions, une attention portée sur l'extérieur, un manque d'empathie émotionnelle, une communication verbale limitée, une tendance à la rationalisation, une faible capacité d'introspection, un manque d'expression physique et une difficulté à maintenir des liens. Ils touchent la vie sociale, familiale, amoureuse et personnelle.

Comment se comporte une personne alexithymique ?

Une personne alexithymique parvient mal à identifier et exprimer ses émotions, autant les siennes que celles des autres. Elle porte son attention sur les signes physiques et les stimuli extérieurs, se fie à la raison plutôt qu'à l'intuition, communique peu verbalement et peut sembler distante ou peu empathique, ce qui crée des tensions dans ses relations.

Pourquoi devient-on alexithymique ?

Deux facteurs sont distingués. L'alexithymie primaire découle d'une prédisposition génétique ou somatique, souvent liée à une pathologie existante (anxiété généralisée, trouble du spectre de l'autisme, mélancolie), affectant les neurotransmetteurs de la régulation émotionnelle. L'alexithymie secondaire est un mécanisme de protection faisant suite à un choc post-traumatique émotionnel, parfois à une addiction, et reste souvent périodique.

Les personnes atteintes d'alexithymie peuvent-elles aimer ?

Oui, une personne alexithymique peut ressentir de l'amour, mais elle peine à identifier et exprimer ce sentiment. Dans le couple, la communication verbale limitée et la difficulté à décrypter les émotions provoquent souvent des conflits et des incompréhensions. Le partenaire peut se sentir peu validé, alors que l'attachement existe bel et bien.

Définition : qu’est-ce que l’alexithymie ?

Entre 10 et 15 % des personnes seraient concernées par ce trouble. L’alexithymie, que les cliniciens évaluent notamment grâce au questionnaire TAS-20 (Toronto Alexithymia Scale), se caractérise par une difficulté à repérer les émotions et à les exprimer — les siennes, mais également celles d’autrui.

Au quotidien, une personne alexithymique fait face à bien des obstacles, tous en lien avec le manque de discernement de ce qu’il ressent. Peine à mettre des mots sur son vécu, manque d’empathie, sensibilité réduite… Sans prise en charge, ce trouble peut vite conduire à une image dégradée de soi, puis au repli sur soi.

De nos jours, deux facteurs pouvant mener à ce déficit émotionnel sont identifiés par les chercheurs :

Une origine génétique ou somatique : ce déficit apparaît fréquemment en lien avec une pathologie préexistante — mélancolie, le trouble du spectre de l’autisme au sens du DSM-5, ou encore anxiété généralisée — quand il ne découle pas d’un terrain génétique prédisposant. Les neurotransmetteurs qui assurent la régulation émotionnelle voient alors leur fonctionnement perturbé. Il en résulte un état désigné sous le nom d’alexithymie primaire.

Une adaptation face au traumatisme : l’alexithymie secondaire correspond à un mécanisme de défense qui se met en place après un choc post-traumatique d’ordre émotionnel. Plus rarement, elle peut aussi apparaître en réponse aux dégâts liés à une addiction. Il s’agit d’une réaction cérébrale, qui survient le plus souvent par périodes.

Cette difficulté à cerner son propre ressenti n’est pas une fatalité : une prise en charge existe. Savoir en repérer les signes permet ainsi de l’identifier plus tôt, puis d’engager, accompagné par des professionnels de santé, un processus de guérison.

Quels sont les signes de l’alexithymie ?

Chez la personne concernée, l'alexithymie se manifeste par des symptômes variés, qui n'épargnent aucune sphère de son existence. Leurs répercussions se font sentir, le plus souvent, là où les échanges avec autrui sont nombreux : la vie professionnelle, la scolarité, le couple ou encore le cercle familial.

Ce trouble émotionnel se manifeste toutefois aussi à l'intérieur de soi. Comprendre pleinement ce que l'on ressent devient impossible, et c'est alors l'image entière que l'on se fait de sa propre personne qui s'en trouve profondément ébranlée.

Voici, pour vous aider à repérer ce qui vous concerne éventuellement, les 8 signes de l’alexithymie qui doivent vous alerter — passez en revue ces symptômes :

  1. Une difficulté à reconnaître ses émotions
  2. Une attention portée sur l’extérieur
  3. Un manque d’empathie émotionnelle
  4. Une communication verbale limitée
  5. Une tendance à la rationalisation
  6. Une faible capacité d’introspection
  7. Un manque d’expression physique
  8. Une difficulté à maintenir des liens

Signe n°1 : une difficulté à reconnaître ses émotions

Vivre avec une alexithymie rend laborieuse l'identification des émotions, qu'elles soient plaisantes ou pénibles. Pour tenter de nommer ce qui vous traverse, vous ne pouvez compter que sur des repères extérieurs : ces signaux visibles deviennent votre unique boussole pour cerner votre propre état.

Joie, tristesse, peur ou colère : ces mots, vous en connaissez le sens, et vous savez théoriquement dans quels contextes ou à quels états ils correspondent. Pourtant, relier ce que vous vivez intérieurement à l'émotion qui devrait le désigner reste hors de votre portée.

Chez une partie des personnes touchées par l'alexithymie, les émotions qualifiées de « primaires » — telles que les a décrites le psychologue Paul Ekman, la colère ou la joie par exemple — restent identifiables. En revanche, jauger leur intensité véritable demeure hors de portée. Une contrariété passagère et un accès de rage sont alors perçus de la même manière, sans distinction possible entre les deux.

Signe n°2 : une attention portée sur l’extérieur

Un cœur qui bat plus vite, une sueur abondante, des muscles qui se tendent… Ces manifestations physiques révèlent le plus souvent un état intérieur bien identifié : la peur, l’inquiétude ou encore la colère. Vous, pourtant, ne prêtez attention qu’à ces signaux extérieurs.

Ce sont eux, à vos yeux, les seuls repères qui permettent de cerner votre état, puis d'en déduire celui des personnes qui vous entourent.

Votre pensée s'organise autour des stimulations venues de l'extérieur. Vous les avez apprivoisées, et c'est avec elles que l'interaction vous semble la plus simple.

Vous êtes ainsi parvenu à affiner votre perception des stimuli extérieurs, qu'ils proviennent de votre environnement ou qu'ils soient produits par votre corps lui-même.

Chez les personnes touchées par l'alexithymie, le risque de troubles somatiques est aussi plus élevé : eczéma, asthme, hypertension artérielle, mais également problèmes digestifs ou troubles du comportement alimentaire. La connexion avec votre ressenti étant altérée, ces troubles peuvent apparaître plus facilement chez vous.

Signe n°3 : un manque d’empathie émotionnelle

On reproche fréquemment aux personnes alexithymiques leur manque d’empathie — une critique que vous avez peut-être déjà entendue. Ce n’est pourtant pas une question de volonté. Vous éprouvez une réelle difficulté à adopter le point de vue d’autrui, tout simplement parce que les sentiments des autres restent pour vous impossibles à décoder.

Parce qu’ils ne saisissent pas la nature de votre trouble, vos proches vous adressent souvent des reproches liés à ce défaut d’interprétation.

Ce signe est en effet un handicap, car il vous empêche d'offrir à vos proches le soutien émotionnel dont ils ont besoin. Avec le temps, ce déficit peut faire naître un sentiment de culpabilité, même si vous ne parvenez pas à l'identifier comme tel.

La charge émotionnelle exprimée par la personne en face de vous ne vous échappe pas forcément. Sa posture, le vocabulaire qu’elle emploie ou encore un contexte marquant peuvent vous mettre sur la piste. L’émotion vous parvient donc. Mais son décryptage, lui, reste hors de portée.

Ces frictions risquent de créer des tensions au sein de votre entourage, tout en faisant naître un besoin marqué de vous décharger de cette charge émotionnelle, afin d'échapper à une pression permanente.

Signe n°4 : une communication verbale limitée

On décrit souvent les alexithymiques comme des individus taciturnes, à l'air sérieux, qui limitent leurs interactions avec les autres. Cette image, pourtant trompeuse, tient fréquemment à une limitation de votre communication verbale.

Lorsque le vocabulaire fait défaut pour raconter un événement ou dépeindre ce que vous vivez, transmettre le fond de votre pensée à votre entourage devient compliqué. L'inverse est vrai aussi. Quand vos amis évoquent ce qu'ils ressentent dans telle ou telle circonstance, certains des mots qu'ils emploient restent difficiles à décoder pour vous.

Au quotidien, ce trouble de la régulation émotionnelle pèse lourdement, au point de vous conduire, par moments, à vous replier sur vous-même. Entre vos proches et vous, une distance s'installe. Vous la percevez nettement, et elle découle directement de ce manque de capacités communicationnelles.

Au sein du couple, cette difficulté génère fréquemment des disputes et entraîne, entre les deux partenaires, des problèmes pour communiquer. Rétablir un dialogue de qualité devient alors nécessaire si l’on souhaite apaiser ces tensions.

Signe n°5 : une tendance à la rationalisation

Avec les années, vous en avez pris conscience : quand une décision se présente, c'est presque toujours la raison qui l'emporte sur l'intuition. Tout passe chez vous par la rationalisation, et votre regard sur le monde reste strictement pragmatique.

Chez les individus touchés par un déficit émotionnel, un mécanisme compensatoire se met en place sans qu'ils en aient conscience : celui de la rationalisation.

L'analyse de ce qui les entoure leur permet de conserver une forme de maîtrise sur les événements. Ces personnes raisonnent surtout en termes de cause et d'effet — un fonctionnement qui rappelle la « pensée opératoire », concept forgé par Pierre Marty et Michel de M'Uzan, tous deux psychanalystes. Beaucoup d'entre elles se montrent, par ailleurs, particulièrement conformistes.

La personne alexithymique privilégie par ailleurs l’action, presque en permanence. Sa réflexion se concentre sur ce qu’elle fait et sur les conséquences concrètes, mesurables, de ses comportements. Les hypothèses l’intéressent peu. Elle laisse de côté, de la même façon, les raisonnements qui reposeraient sur l’intuition.

Signe n°6 : une faible capacité d’introspection

Analyser ce que vous ressentez se révèle très difficile, car vous ne parvenez pas pleinement à identifier et à décrire vos émotions.

Mener un travail d’introspection devient alors compliqué pour vous : vous restez coupé de vos désirs réels, comme des besoins ancrés tout au fond de votre être.

Ce signe de l’alexithymie pèse souvent lourd au quotidien : vivre avec cette incapacité à analyser ses propres ressentis représente une réelle épreuve.

Placer un curseur sur ce que vous ressentez vous semble impossible, et il vous arrive de basculer dans les extrêmes, notamment lors de certains accès de colère. Vos proches confondent d'ailleurs souvent ce signe avec de l’hypersensibilité : ils ne perçoivent, à travers votre corps, que la traduction de vos états intérieurs les plus intenses.

Votre imagination reste plutôt restreinte, ce qui transparaît dans les projets créatifs que vous menez. Une impression persiste : celle qu'il vous manque quelque chose, comme si vous ne parveniez pas à vous écouter entièrement.

Il arrive aussi que votre entourage vous reproche un manque de remise en question, sans savoir que cette aptitude à s'analyser soi-même dépend très étroitement de l'écoute de ses propres ressentis.

Signe n°7 : un manque d’expression physique

Éclater de rire, être saisi de frissons face au danger, tressaillir sous le coup de l’angoisse ou bondir d’enthousiasme… Ce que nous ressentons intérieurement se manifeste en grande partie par le corps et ses réactions.

Il s’agit d’un comportement inconscient que notre corps déclenche quand une émotion nous traverse. Pour les autres, c’est aussi un très bon moyen de cerner notre état intérieur.

Chez les personnes alexithymiques, en revanche, exprimer corporellement des émotions pose davantage de difficultés. Faute de parvenir à les identifier avec justesse, elles ne trouvent pas le comportement qui permettrait de les manifester. Une distance physique s'installe alors avec leurs proches.

Cette rigidité corporelle vous est peut-être familière si ce trouble neurologique vous concerne. Vos gestes sont rares. Votre visage, lui, ne reflète pas toujours vos ressentis, et quelle que soit la situation, votre posture demeure généralement neutre.

Signe n°8 : une difficulté à maintenir des liens

Chez les personnes alexithymiques, le déficit d’empathie, associé à cette difficulté à ressentir pleinement et consciemment les émotions, conduit fréquemment à un repli sur soi et à un isolement social.

Quand ce trouble est présent, les relations affectives, qui reposent normalement sur ce que chacun éprouve pour l'autre, se trouvent faussées. Entretenir des liens devient compliqué. Comment y parvenir, en effet, lorsque ses propres ressentis sont bouleversés ?

Chez les personnes touchées par l'alexithymie, témoigner de l'affection reste peu fréquent. Le cerveau demeurant branché en permanence sur la raison, les échanges avec les proches prennent souvent un tour rigide et conformiste.

De quoi laisser croire aux autres qu'une personne touchée par ce trouble serait froide, distante ou indifférente — alors qu'en réalité, il n'en est rien.

Vivre l’alexithymie au sein d’un couple n’a rien de simple non plus. La personne concernée peut voir son désir sexuel diminuer, rencontrer des troubles de l’érection ou, dans certains cas, une frigidité. Ces difficultés intimes finissent parfois par nourrir des tensions entre les partenaires.

Par ailleurs, les personnes touchées par l’alexithymie ont davantage tendance à s’engager dans des relations de couple marquées par la dépendance affective. Coupées de leurs propres ressentis, certaines se laissent parfois séduire par des pervers narcissiques : ces derniers semblent, lors des premières rencontres, particulièrement prévenants et donnent l’impression de pouvoir compenser ce manque affectif.

Comment traiter l’alexithymie ?

Au quotidien, l’alexithymie entraîne des répercussions dont le nombre n’est pas négligeable.

Empathie réduite face aux autres, estime de soi fragilisée, manque d’expression physique, peine considérable à entretenir des relations amicales ou de couple… Vivre avec l’alexithymie est éprouvant, car ce trouble coupe progressivement la personne de son entourage.

Bonne nouvelle : des solutions pour diminuer l’alexithymie existent, que le trouble soit léger ou plus marqué. Apprendre à mieux gérer ses émotions demande du temps, en particulier quand ce déficit s’est installé dès l’enfance. Ce cheminement reste toutefois indispensable pour renouer avec un quotidien plus équilibré.

4 solutions pour guérir de l’alexithymie : voici les pistes que détaille cet article 

  • Solution n°1 : Le traitement des pathologies associées
  • Solution n°2 : Une prise en charge thérapeutique
  • Solution n°3 : Le travail de la pleine conscience
  • Solution n°4 : Le développement des compétences sociales

Solution n°1 : Le traitement des pathologies associées

L’alexithymie est fortement liée à d’autres pathologies, parmi lesquelles la schizophrénie, la dépression, la psychose ou l’autisme, ainsi qu’aux personnes présentant une dépendance à certains produits.

De fait, les pathologies neurologiques et de longue durée s'accompagnent fréquemment de nombreux symptômes et troubles qui, bien souvent, s'inscrivent dans la durée.

Prenons le cas du trouble du spectre autistique, qui présente un lien étroit avec l'alexithymie. Chez les personnes concernées, la communication et les échanges sociaux sont altérés, ce qui complique le diagnostic de l’alexithymie. Pourtant, d'après de nombreux cas rapportés, ce déficit émotionnel touche une partie des personnes présentant un autisme.

Avant de soigner ce dérèglement émotionnel, un bilan médical complet s'impose. Cette première étape permet de vérifier qu'une pathologie déjà installée n'est pas à l'origine du trouble. Parlez-en à votre médecin, ou à un autre professionnel de santé, pour évoquer vos difficultés : c'est ainsi que commence le parcours vers un diagnostic précis.

Avant de traiter l'alexithymie pour elle-même, on doit vérifier qu'aucune autre maladie n'est présente : cette précaution évite que le trouble ne réapparaisse plus tard.

Solution n°2 : Une prise en charge thérapeutique

Une affection neurologique comme l’alexithymie demande un accompagnement par un spécialiste de la santé mentale. Le travail visera avant tout à combler le déficit émotionnel : il s’agit, peu à peu, de renouer avec ce que vous ressentez.

Pour assurer la prise en charge d’une alexithymie, différentes approches thérapeutiques peuvent être envisagées :

La psychoéducation : dans le cadre d'une thérapie individuelle, le travail mené par le praticien porte sur le développement cognitif de la conscience émotionnelle. Le but ? Apprendre, pas à pas, à repérer les subtilités de vos ressentis. Vous pourrez ainsi les retenir, les classer et, au fil du temps, les traverser plus sereinement.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : centrée sur les mécanismes cérébraux, cette approche vous aide à relier chaque sensation perçue à un vocabulaire émotionnel adapté. Pas à pas, vous vous entraînez à décoder vos sentiments et ceux des autres.

L’hypnose : avec l’approche Ericksonienne, c’est l’inconscient qui devient le terrain de travail privilégié. Plongé dans un état de semi-éveil, vous laissez le thérapeute agir en profondeur ; il peut alors accéder aux traumatismes refoulés à l’origine de l’alexithymie et intervenir sur eux.

La thérapie de groupe : face à un trouble de ce type, s'entourer de personnes qui vous comprennent apporte souvent beaucoup. La dynamique du collectif, à l'image de ce qui s'observe pour les symptômes accompagnant la dépression post-partum, aide à libérer la parole sans craindre le jugement des autres.

Solution n°3 : Le travail de la pleine conscience

Prendre le temps de s'observer et cultiver la pleine conscience aide grandement à comprendre les émotions qui vous habitent, puis à les éprouver dans toute leur intensité. Il existe de nombreuses approches permettant d'atteindre cet état de conscience attentive. Elles sont d'ailleurs fréquemment employées pour diminuer le stress ou stimuler sa créativité.

Chez une personne alexithymique, pratiquer la pleine conscience aide à rétablir une connexion entre son esprit et son corps. Une fois ce pont reconstruit, il ouvre la voie à la bonne conduction de vos ressentis.

Pour renouer progressivement avec ce que l'on éprouve, plusieurs approches permettent de faire le vide et de se recentrer sur soi :

  • Faire une grande balade dans la nature et observer la faune et la flore
  • Suivre une méditation guidée en respirant profondément
  • Effectuer des exercices de relaxation dynamique comme le yoga
  • Pratiquer des techniques de sophrologie pour se reconnecter à soi
  • Lire des livres et des histoires captivantes et émouvantes
  • Écrire un journal de ses activités et des émotions ressenties
  • Préparer un plat, et le déguster en prenant son temps
  • Passer un moment agréable avec un proche
  • Pratiquer une activité sportive ou manuelle pour se vider l’esprit

Offrir des moments de repos à son esprit compte beaucoup. Vider régulièrement sa tête devient nécessaire si l'on souhaite accueillir pleinement ses émotions. Grâce à la pleine conscience, on parvient à faire le vide, et à renouer en même temps avec soi.

Solution n°4 : Le développement des compétences sociales

Ce trouble se manifestant en grande partie dans les relations sociales, travailler sur cette dimension permet d'en atténuer progressivement les effets. Un déficit émotionnel peut ainsi être compensé en développant vos relations ainsi que vos compétences sociales.

Pour progresser dans l'expression des émotions, différentes approches peuvent être proposées :

S’investir dans une activité manuelle et artistique : l’art-thérapie a démontré ses bienfaits depuis longtemps. Peindre, dessiner, coudre. Autant de pratiques créatives qui offrent à beaucoup un moyen d’expression différent de la parole. Chez les personnes touchées par un trouble de l’humeur de type bipolaire, ces loisirs créatifs se révèlent particulièrement bénéfiques : ils aident à évacuer le poids émotionnel ressenti jour après jour. Au-delà de cette libération, cette pratique invite à envisager ses émotions sous un angle entièrement nouveau, ce qui facilite leur compréhension.

Rejoindre une troupe de théâtre : jouer des émotions sur scène afin de mieux les apprivoiser, voilà ce que proposent les ateliers de théâtre destinés aux personnes alexithymiques. La scène offre un cadre singulier, presque à part, où chacun peut se livrer en endossant l’identité d’un autre. Incarner un rôle, avec toutes ses nuances, vous oblige à exercer l’expression verbale et physique des sentiments. Une belle façon de les dompter peu à peu.

Qu'avez-vous retenu ?

4 questions pour tester ce que vous avez appris sur l'alexithymie

Question 1 / 4

Selon l'article, quelle part de la population souffre d'alexithymie ?

L'article indique que 10 à 15 % de la population est concernée par l'alexithymie.

Question 2 / 4

Que distingue l'alexithymie primaire de l'alexithymie secondaire ?

L'alexithymie primaire relève d'une prédisposition génétique ou somatique, la secondaire fait suite à un traumatisme.

Question 3 / 4

Sur quoi l'attention d'une personne alexithymique se porte-t-elle surtout ?

L'article explique que son mode de pensée est orienté vers les stimulations extérieures, seuls indicateurs pour définir son état.

Question 4 / 4

Comment l'article décrit-il le mode de raisonnement fréquent chez la personne alexithymique ?

L'article décrit une tendance à tout rationaliser, avec un raisonnement basé sur la relation de cause à effet.

Ce qu'il faut retenir

Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr
  • L'alexithymie désigne la difficulté à identifier et à exprimer ses émotions, les siennes comme celles des autres, et concernerait 10 à 15 % de la population.
  • On distingue l'alexithymie primaire, liée à une prédisposition génétique ou à une pathologie associée, et l'alexithymie secondaire, mécanisme d'adaptation faisant suite à un traumatisme.
  • Parmi les 8 signes à repérer figurent la difficulté à reconnaître ses émotions, un manque d'empathie émotionnelle, une communication verbale limitée, une tendance à la rationalisation et une difficulté à maintenir des liens.
  • Une prise en charge thérapeutique (psychoéducation, TCC, hypnose, thérapie de groupe), associée à la pleine conscience et au développement des compétences sociales, aide à atténuer ce trouble et à se reconnecter à ses ressentis.
Synthèse générée par Aurora · lecture 5 min

Sources & références

  1. Céline Jouanne, “L’alexithymie : entre déficit émotionnel et processus adaptatif”, Psychotropes, 2006
  2. Sylvie Berthoz, “L’alexithymie ou le silence des émotions”, Cerveau & Psycho, 2004
  3. Olivier Guilbaud, “L’alexithymie dans ses rapports avec un mode de fonctionnement autistique”, La psychiatrie de l’enfant, 2007

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