Si la tristesse et l'épuisement persistent plus de deux semaines après votre accouchement, il peut s'agir d'une dépression post-partum, un trouble plus sérieux et durable que le baby blues.
Comment savoir si je fais une dépression post-partum ?
Psychologue.fr
- Une tristesse qui s'installe — vous pleurez souvent sans raison apparente et rien ne semble vous apaiser durablement.
- La peur d'être une mauvaise mère — vous doutez de vos capacités et la culpabilité ne vous quitte plus.
- Une anxiété centrée sur bébé — vous imaginez sans cesse le pire pour votre enfant ou pour vous-même.
Que faire si je me reconnais dans ces signes ?
Psychologue.fr
- En parler sans attendre — confiez vos difficultés à votre médecin ou votre sage-femme, sans crainte du jugement.
- Un accompagnement adapté — une thérapie avec un psychologue, parfois des médicaments prescrits, souvent les deux combinés.
- Le 3114 en cas de détresse — si des idées noires vous envahissent, ce numéro gratuit répond 24h/24.
Ce que vous vivez n'est ni une faute ni une fatalité : consulter rapidement un professionnel de santé vous aidera à retrouver du mieux-être, pour vous et votre bébé.
Porter puis donner la vie sont des moments exceptionnels et extraordinaires dans la vie d’une femme. Ils sont également le synonyme de bouleversements sur bien des plans : hormonaux, affectifs et relationnels ; ils chamboulent la vie quotidienne. La période suivant la naissance d’un enfant (le post-partum) est souvent considérée comme une phase de bonheur et de joie intenses.
Pour certaines femmes toutefois, cette période est obscurcie par un trouble psychique sérieux appelé dépression post-partum. Cette pathologie, qui affecte les femmes après l’accouchement, diffère du « baby blues » plus courant et moins sévère.
La dépression postnatale reste taboue, notamment car, pour tout un chacun, l’arrivée d’un bébé doit être vécue comme le plus beau moment de notre vie. Lorsque ce n’est pas le cas, la mère porte le poids de la culpabilité et a du mal à s’ouvrir sur les difficultés qu’elle rencontre. Or, la dépression du post-partum peut avoir un impact significatif sur sa vie, celle de son bébé et de sa famille dans son ensemble. Il est donc primordial d'en connaître et d'en identifier les signes pour pouvoir la prendre en charge.
Au-delà de la tristesse et de la fatigue, plusieurs signes évoquent une dépression post-partum : culpabilité, sentiment d'être un mauvais parent, isolement, anxiété extrême autour du bébé et ruminations pensant au pire. Une échelle d'auto-évaluation, l'EPDS (10 questions élaborée par Cox, Holden et Sagovsky en 1987), permet un premier repérage. Il n'existe pas de durée fixe, car chaque mère est différente, mais la dépression post-partum dure toujours plus de 2 semaines. En deçà, il s'agit vraisemblablement d'un baby blues, qui évolue favorablement sans traitement en une dizaine de jours. La durée dépend aussi de la prise en charge : diagnostiquée et traitée tôt, la guérison intervient plus précocement. Les symptômes durent plus de 2 semaines et touchent le corps comme l'esprit : fatigue intense, pleurs incontrôlables, troubles du sommeil et de l'appétit côté physique ; irritabilité, profonde tristesse, culpabilité, isolement, faible estime de soi, anxiété extrême autour du bébé et parfois idées suicidaires côté psychologique. Le sentiment de ne pas être à la hauteur de son rôle de mère et la culpabilité qui l'accompagne sont des signes fréquents, tout comme le doute sur ses capacités, la peur de ne pas savoir s'occuper de son nouveau-né et la crainte irrationnelle qu'un malheur lui arrive. Ces signes peuvent affecter la création du lien d'attachement. Oui, la dépression postnatale existe aussi chez les parents adoptants, même sans changements hormonaux liés à l'accouchement. La peur de ne pas être à la hauteur reste présente, et les parents ont souvent le sentiment que les liens d'attachement avec l'enfant ne se créent pas comme ils l'avaient imaginé ou rêvé. Le baby blues touche près de 60 % des mères, dû à un effondrement de certaines hormones : il est normal, temporaire et évolue favorablement sans traitement en une dizaine de jours. La dépression post-partum concerne 10 à 15 % des mères, est plus sévère et durable (plus de 2 semaines) et nécessite une prise en charge.Autres questions
Comment savoir si on est en dépression post-partum ?
Dépression post-partum : combien de temps dure-t-elle ?
Quels sont les symptômes de la dépression du post-partum ?
Quels sont les signes de la dépression post-partum ?
La dépression postnatale peut-elle toucher les parents adoptifs ?
Quelle est la différence entre baby blues et dépression post-partum ?
Dépression post-partum : qu’est-ce que c’est ? (Définition)
La phase post-partum, aussi appelée puerpéralité, est une véritable mini-révolution sur le plan psychique, physique, affectif et bien évidemment hormonal. La charge émotionnelle et le stress qui l’accompagnent obligent à changer ses habitudes, à trouver de nouveaux repères et à passer de la vie de couple à celle de parents.
Ces bouleversements peuvent être propices à l’apparition de la dépression post-partum. Également connue sous le nom de dépression postnatale, ou de DPP, elle est un trouble de santé mentale, décrit dans le DSM-5 comme un épisode dépressif caractérisé avec début dans le péripartum, qui se manifeste chez certaines femmes peu de temps après avoir donné naissance à un enfant. Elle se caractérise par des symptômes dépressifs persistants qui peuvent affecter considérablement la vie quotidienne de la mère, son bien-être émotionnel, sa relation avec son bébé et ses interactions avec les autres.
Elle apparaît le plus fréquemment entre 2 et 8 semaines après l'accouchement, mais peut encore se déclarer jusqu'à un an après la naissance. La DPP n’est pas un simple sentiment de tristesse, mais une anxiété intense pouvant affecter la création des liens de l’attachement entre la mère et son bébé. Elle est générée par une impression d’être dépassée par les événements, la peur de ne pas parvenir à s’occuper de son nouveau-né et un doute sur ses capacités à être une “bonne mère”. La crainte irrationnelle que quelque chose de terrible va arriver à son enfant est fréquemment observée.
Le saviez-vous ?
En cas de dépression, un psychologue peut vous aider à mettre des mots sur ce que vous traversez, comprendre ce qui entretient la souffrance, et retrouver progressivement de l’élan au quotidien. Vous pouvez consulter un psychologue spécialisé dans le traitement de la dépression pour être accompagné(e) pas à pas vers une guérison de la dépression.
Notez que la dépression post-partum peut survenir chez n’importe quelle femme, indépendamment de son histoire personnelle ou de son statut socio-économique.
Cette forme de dépression est une maladie grave et complexe qui demande une vigilance particulière. Si vous ou quelqu'un de votre entourage présentez ces symptômes, consultez un professionnel de santé qualifié pour un diagnostic et un traitement appropriés ; en cas de détresse aiguë ou d'idées suicidaires, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement 24h/24 et 7j/7.
Quelques facteurs de risque évoqués Si chaque femme peut être touchée, certains facteurs de risque semblent toutefois identifiés. C’est le cas notamment des antécédents de dépression ou d’autres troubles de santé mentale, de difficultés relationnelles, de problèmes liés à la grossesse ou à l’accouchement, de manque de soutien social ainsi que de stress accru.Les signes de la dépression postnatale (Comparaison avec le Baby Blues)
Comme évoqué en introduction, le baby blues est plus couramment retrouvé après l’accouchement que la dépression du post-partum. C’est une expérience émotionnelle normale et temporaire, souvent caractérisée par des sautes d’humeur, de l’anxiété et de la sensibilité accrue alors que la dépression est plus sévère et plus durable.
Le baby blues (aussi nommé syndrome du troisième jour) touche près de 60 % des femmes qui viennent d’accoucher : il est notamment dû à un effondrement de certaines hormones. Les mères qui en sont affectées basculent en quelques minutes du rire aux larmes ou de la joie au désespoir. L’évolution favorable, rapide (une dizaine de jours) en l’absence de traitement signe sa différence avec la dépression postnatale. Tous deux sont également différents de la déprime.
| Baby blues | Dépression post-partum |
| Touche 60 % des mères | Touche 10 à 15 % des mères |
| Expérience normale et temporaire | Trouble sévère et durable |
| Évolution favorable sans traitement | Prise en charge et traitement nécessaire |
| Sautes d’humeur+ de l’anxiété et une sensibilité accrue | Anxiété intense+ nombreux symptômes physiques et psychologiques |
Quelle est la durée d'une dépression postnatale ?
S’il n’y a pas de durée précise, car chaque mère est unique et différente, la DPP dure toujours plus de 2 semaines. Dans le cas contraire, il s’agit vraisemblablement d’un baby blues. De plus, la durée de la pathologie va aussi être dépendante de sa prise en charge. Si elle est diagnostiquée tôt et traitée rapidement, la guérison interviendra plus précocement qu’une dépression qui n’est pas soignée.
Quels sont les symptômes de la dépression post-partum ?
Les signes de la dépression postnatale sont assez similaires à ceux de la dépression chronique, pathologie découpée en 5 phases, notamment à cause de ces effets cliniques. Ils touchent de nombreuses sphères et affectent la mère tant sur le plan physique que psychologique et émotionnel. De plus, cette forme de dépression peut possiblement évoluer vers un burn-out parental, voire une psychose puerpérale. Un test de dépistage existe, l'échelle d'Édimbourg (EPDS), n'hésitez pas à le demander si vous présentez les signes évoqués ici.
Les symptômes physiques fréquents
Les signes physiques sont nombreux dans la dépression du post-partum. Si vous en souffrez, vous avez sans nul doute constaté :
- Une fatigue intense, un épuisement permanent ;
- Des pleurs fréquents, inexpliqués et incontrôlables ;
- Des changements dans votre appétit, voire des troubles du comportement alimentaire ;
- Un manque chronique d’énergie, dû en particulier à la fatigue ;
- Des troubles du sommeil : vous dormez trop ou pas assez ;
- Une somnolence fréquente.
Les symptômes psychologiques omniprésents
Les signes psychologiques sont eux aussi nombreux et observés dans la plupart des cas, allant de l’irritabilité aux idées suicidaires. Prenez du recul durant quelques minutes et faites l’inventaire de vos ressentis. Si vous présentez une partie ou tous les symptômes suivants, il est important de briser le silence et de consulter.
- Une irritabilité constante, tout vous agace ;
- Une profonde tristesse sans raison apparente ;
- Une tendance à vous isoler ;
- Une faible estime de soi ;
- Un sentiment de culpabilité et de dévalorisation : vous avez l’impression d’être un mauvais parent et de ne pas savoir comment faire ;
- Des ruminations : des idées irrationnelles s’imposent à vous et vous pensez sans cesse au pire pour votre personne et votre enfant ;
- Des interactions compliquées avec votre bébé, ce qui peut provoquer des troubles de l’attachement ;
- Une perte d’envie et de volonté pour tous les actes de la vie quotidienne, un désintérêt pour les activités et une baisse de la libido ;
- Une anxiété extrême, surtout au sujet du bien-être de votre nouveau-né ;
- Des idées suicidaires.
Comment savoir si je fais une dépression post-partum ?
Une échelle d’auto-évaluation (EPDS : Edinburgh Postnatal Depression Scale) constituée de 10 questions a été élaborée par les docteurs Cox, Holden et Sagovsky en 1987. Très simple à utiliser, ce questionnaire peut être proposé à toutes les femmes venant d'accoucher. L'évaluation EPDS, mise au point par les chercheurs britanniques Cox, Holden et Sagovsky, permet de donner un premier aperçu de l'état de santé psychologique de la mère et de dépister précocement un risque ou une entrée dans la DPP.
Les parents adoptifs aussi !
Souvent méconnue, la dépression postnatale est également possible chez les parents adoptants. Même si les changements hormonaux liés à l’accouchement ne peuvent être évoqués ici, la peur de ne pas être à la hauteur est bien présente. Dans la dépression postadoption, les parents ont habituellement le sentiment que les liens d’attachement avec l’enfant ne se passent pas comme ils l’avaient imaginé ou rêvé.Quels traitements pour la dépression post-partum ?
La dépression postnatale peut avoir de graves conséquences sur la mère, le père, mais également sur le développement du lien d’attachement entre le bébé et ses parents. Le risque si celui-ci n’est pas satisfaisant est un développement cognitif, affectif et social perturbé, des problèmes émotionnels ou encore des carences affectives chez l’enfant en devenir.
C’est pourquoi une prise en charge, idéalement précoce, est indispensable pour la santé et le bien-être de toute la famille. Elle passe possiblement par la prise d’antidépresseurs, le soutien par des thérapies, des conseils adaptés, mais également par la prise en considération du rôle du père.
1. Utilisez les antidépresseurs (en accord avec votre médecin ou psychiatre)
La Brexanolone (Zulresso) est disponible aux États-Unis depuis 2019. Elle a démontré son efficacité ces dernières années. Contrairement à la plupart des autres antidépresseurs, elle agit sur les récepteurs hormonaux. Cette molécule est identique à une hormone dont la concentration explose lors de la grossesse et s’effondre après l’accouchement : l’alloprégnanolone. Or, dans certains cas, c’est cette baisse brutale qui entraîne la dépression, même si elle n’est généralement pas la cause unique de l’apparition de la pathologie.
Administrée par perfusion, sous supervision médicale, elle rétablit l’équilibre hormonal. La molécule agit en moins de 2 jours, contre plusieurs semaines pour les antidépresseurs plus conventionnels. La mauvaise nouvelle est que le Zulresso n’est, à ce jour, pas encore disponible en France.
De fait, les antidépresseurs plus conventionnels sont toujours en usage aujourd’hui. Les principaux traitements sont les tricycliques et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Si vous allaitez, votre médecin vous proposera les antidépresseurs les plus adaptés.
Les autres traitements médicamenteux possibles Outre les antidépresseurs, les anxiolytiques sont fréquemment utilisés dans le cadre du traitement de la DPP. En effet, comme vous l’avez vu, l’anxiété est l’un des signes majeurs de la maladie. Certains médecins vous prescriront aussi l’application de patchs d’œstrogènes, dont le taux chute après l’accouchement. Ils sont compatibles avec un allaitement.2. Démarrez une thérapie avec un psychologue
La psychothérapie, les thérapies cognitivo-comportementales, les thérapies de soutien ou encore les groupes d’entraide sont possibles, et même largement recommandées pour traiter la dépression post-partum. Elles sont utilisées seules ou en complément des traitements médicamenteux.
Parlez-en avec votre médecin pour trouver celle qui vous conviendra le mieux, en fonction de vos besoins et de vos attentes.
Penser au préventif pour prévenir le curatif
Et s’il était possible de prévenir la dépression postnatale ? Pour cela, voici quelques actions simples et concrètes, à mettre en œuvre dans la mesure du possible :
- Si vous avez des antécédents de dépression, parlez-en à votre médecin ;
- Prenez connaissance, ainsi que le futur papa, des symptômes de la maladie ;
- Pratiquez une activité qui vous apporte de la sérénité et du plaisir, même pendant et après la grossesse, lorsque celles-ci sont compatibles ;
- Reposez-vous dès que possible, même après la naissance, lorsque votre bébé dort, par exemple ;
- Demandez de l’aide aux membres de votre famille et à votre entourage pour prendre du temps pour vous et votre couple ;
- Sortez, aérez-vous, faites des balades courtes, avec ou sans bébé ;
- Acceptez de ne pas pouvoir tout gérer seule et d’apprendre votre nouveau rôle de maman au fur et à mesure. Faites-vous confiance ;
- Parlez, ouvrez-vous et n’ayez pas peur de l’opinion des autres ;
- Si vous avez des doutes, faites le test EPDS, il est simple et rapide ;
- Consultez un professionnel de santé si nécessaire.
Cette dépression particulière ne doit pas rester taboue, par crainte du jugement. Si la société bien-pensante estime que la femme qui vient de donner naissance se doit d’être heureuse et pleinement épanouie, rappelons ici que ce n’est pas toujours le cas. Il ne convient pas alors d’apporter son opinion, mais plutôt d’opter pour un rapport de bienveillance, d’empathie et porter secours.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur la dépression post-partum
Question 1 / 4
Quelle est la principale différence entre le baby blues et la dépression post-partum ?
Question 2 / 4
À partir de quelle durée parle-t-on d'une dépression post-partum plutôt que d'un baby blues ?
Question 3 / 4
Quel outil est cité pour dépister précocement la dépression postnatale ?
Question 4 / 4
La dépression postnatale peut-elle toucher les parents adoptants ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- La dépression post-partum est un trouble de santé mentale qui touche 10 à 15 % des mères, survenant le plus souvent entre 2 et 8 semaines après l'accouchement, mais possible jusqu'à un an après la naissance.
- Elle se distingue du baby blues, expérience normale et temporaire touchant près de 60 % des femmes, qui évolue favorablement en une dizaine de jours sans traitement, alors que la DPP dure toujours plus de 2 semaines et nécessite une prise en charge.
- Les symptômes associent des signes physiques (fatigue intense, pleurs, troubles du sommeil et de l'appétit) et psychologiques (tristesse profonde, culpabilité, anxiété extrême, voire idées suicidaires). Le questionnaire EPDS permet un dépistage précoce.
- La prise en charge, idéalement précoce, repose sur les antidépresseurs prescrits par un médecin ou un psychiatre et sur la psychothérapie, seules ou combinées, pour préserver le lien d'attachement entre le bébé et ses parents.



