Pour savoir si vous êtes hypocondriaque, observez vos comportements de santé : auto-surveillance permanente du corps, consultations répétées, recherches compulsives en ligne. Si ces comportements deviennent excessifs et envahissent votre quotidien, il est recommandé d'agir et de consulter.
Comment réagir face à ces signes
- Repérer l'auto-surveillance excessive — Notez si le moindre signe corporel déclenche chez vous une inquiétude immédiate et un besoin d'auto-diagnostic.
psychologue.fr - Limiter les recherches en ligne — Évitez de consulter Internet à chaque douleur : cette habitude, appelée cybercondrie, entretient l'anxiété au lieu de l'apaiser.
psychologue.fr - Faire le point médicalement — Plutôt que de multiplier les consultations pour vous rassurer, sollicitez un avis médical unique et fiable.
psychologue.fr - Renouer avec son corps — Une activité physique ou un travail corporel aide à transformer un rapport anxieux au corps en rapport apaisé.
psychologue.fr - Engager un suivi psychologique — Si l'anxiété liée à la maladie persiste, une thérapie avec un psychologue permet de travailler durablement sur cette peur.
Quels sont les symptômes d’un hypocondriaque ?
En fonction de votre situation, les symptômes de l’hypocondrie, désormais décrite dans le DSM-5 sous le nom de « crainte excessive d’avoir une maladie » (trouble d’anxiété liée à la maladie), peuvent être différents d’une personne à l’autre allant de symptômes aigus (crises hypocondriaques impressionnantes et ponctuelles) aux symptômes chroniques (état d’anxiété généralisé, stable et durable).
Découvrez les 10 symptômes de l’hypocondrie :
- Avoir peur d’être atteint d’une maladie grave
- Multiplier les consultations chez le médecin
- Contrôler de façon obsessionnelle son corps
- Des crises d’angoisse à répétition
- Attirer l’attention d’autrui à travers la maladie
- Des pensées obsessionnelles
- Rechercher des informations sur les maladies
- Remise en cause des résultats d’examen
- L’apparition d’un état dépressif
- Des difficultés à dormir
Symptôme n°1 : Avoir peur d’être atteint d’une maladie grave
Le tout premier symptôme de l'hypocondrie tient à la crainte d'être malade et, plus précisément, d'être atteint d'une pathologie grave.
Une personne hypocondriaque se sent vulnérable à toutes les maladies dues à sa peur phobique de tomber malade.
L’apparition d’un symptôme bénin peut alors vous faire avoir une crise d’hypocondrie pensant que vous êtes malade d’un cancer ou d’une tumeur, par exemple.
Symptôme n°2 : Multiplier les consultations chez le médecin
Puis, afin de se rassurer, la personne hypocondriaque multiplie les rendez-vous médicaux. Ainsi, à travers ces visites régulières, il va écarter une éventuelle maladie qui pourrait le toucher et dont il avait fait son propre diagnostic.
La peur d’être malade se fonde principalement sur une anxiété permanente, mais elle peut également provenir des suites d’un événement traumatisant. Par exemple, si vous avez perdu un proche d’une maladie grave et non diagnostiquée à temps, votre peur panique des maladies a pu se développer.
Vouloir l’avis d’un médecin vous permet de vous rassurer et de réduire votre crise d’hypocondrie lorsqu’elle devient incontrôlable. En effet, lors de ces crises, vous pouvez avoir un stress important qui vous paralyse. De plus, ce surplus de stress peut faire apparaître différentes émotions en vous et les maîtriser devient alors compliqué.
Symptôme n°3 : Contrôler de façon obsessionnelle son corps
Parmi les symptômes de l’hypocondrie, on retrouve également le contrôle obsessionnel de son corps. Un bouton ? Une rougeur ? À peine remarquez-vous un signe sur votre corps que vous entrez en état d'alerte. Votre persuasion d’être malade, vous oblige à vous faire un auto-diagnostic.
Les personnes hypocondriaques portent une attention particulière à leur corps pour déceler toutes les formes de maladies graves qui pourraient, selon elles, leur coûter la vie. Telle la pièce de théâtre « Le Malade imaginaire », écrite par Molière en 1673, l’hypocondriaque peut se créer des symptômes imaginaires.
Symptôme n°4 : Des crises d’angoisse à répétition
Le quatrième symptôme et signe pour reconnaître l’hypocondrie est la crise d’angoisse à répétition. De fait, votre crainte de tomber malade génère une forte anxiété dans votre vie de tous les jours.
Des crises d’angoisse voire, dans certains cas, des attaques de panique peuvent apparaître lorsque vous êtes persuadé d’être victime d’une maladie rare ou grave.
Votre peur panique de la maladie peut vous conduire vers un état d’anxiété généralisée qui va perturber toutes les sphères de votre vie (professionnelle, privée…).
Suis-je hypocondriaque ?
Vous pensez être touché par les symptômes de l’hypocondrie ?
Symptôme n°5 : Attirer l’attention d’autrui à travers la maladie
La personne phobique d’être malade peut ressentir le besoin de parler de la trouvaille de sa maladie aux personnes qui l’entourent. À travers cet acte, elle cherche à attirer l’attention sur elle.
Ce symptôme peut être la cause de plusieurs facteurs comme, par exemple, un trouble de l’attachement ou une blessure émotionnelle telle qu’un rejet ou encore un abandon. La personne cherche à avoir l’amour de ses proches à travers la maladie.
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Symptôme n°6 : Des pensées obsessionnelles
Comme pour toutes les phobies courantes, vos pensées se concentrent sur votre peur. Par exemple, une personne qui a peur du vide pensera sans cesse au vide lorsqu’elle sera face à celui-ci.
Nous pouvons également prendre une personne atteinte de trouble du comportement alimentaire. Elle aura des pensées obsessionnelles de la nourriture anticipant chaque repas ou chaque aliment ingurgité.
L’hypocondriaque est, en quelque sorte, confronté aux mêmes situations que ces deux personnes présentées ci-dessus. Sa crainte d'être malade envahit entièrement son esprit sous forme de pensées noires et de ruminations. Cela a tendance à faire ressortir son pessimisme aux yeux d’autrui.
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Symptôme n°7 : Rechercher des informations sur les maladies
Le septième symptôme de l’hypocondrie consiste à faire des recherches sur les maladies que vous vous auto-diagnostiquez.
Internet est une mine d’or pour l’hypocondriaque, au point que les chercheurs parlent aujourd’hui de « cybercondrie » pour désigner cette recherche compulsive d’informations médicales en ligne. En effet, dès l’apparition d’une douleur ou d’un signe physique, en quelques minutes Internet fait ressortir des maladies.
Rechercher une maladie sur Internet ne vous permettra pas d'aller mieux, car bien souvent, vous y découvrirez un diagnostic beaucoup plus grave que votre état réel. L’avis d’un professionnel de la santé est recommandé.
L’hypocondriaque a tendance à somatiser. La somatisation correspond à un trouble psychologique accompagné de pensées et de craintes excessives et inadaptées, proche de ce que le DSM-5 nomme le trouble à symptomatologie somatique.
Symptôme n°8 : Remise en cause des résultats d’examen
Pour continuer dans les symptômes de l’hypocondrie, si vous êtes touché par ce trouble, vous pouvez l’identifier à travers la remise en cause des résultats d’examen.
En effet, si les résultats de votre prise de sang, de votre radio ou encore d’un IRM n’évoquent pas de résultats alarmants, vous avez tendance à ne pas y croire et à penser qu’il s’agit d’une erreur.
Persuadé que vous êtes touché par une maladie, vous remettez en cause un résultat qui va à l’encontre de votre diagnostic.
Symptôme n°9 : L’apparition d’un état dépressif
Les pensées anxieuses de l’hypocondriaque, dont l’intensité peut être évaluée par des outils validés comme le Whiteley Index élaboré par Issy Pilowsky, peuvent le mener vers un état dépressif. Les signes dépressifs font donc partie des symptômes de l’hypocondrie.
L’hypocondrie amène également une certaine forme de paranoïa quant à la maladie.
L’hypocondrie est une maladie où les personnes qui en sont victimes s’attardent sur les fonctions biologiques plutôt que sur les symptômes organiques.
On parle alors de phénomène psychosomatique. C’est par le processus psychique que naissent les symptômes de l’hypocondrie.
Symptôme n°10 : Des difficultés à dormir
Pour savoir si vous êtes hypocondriaque, vous pouvez également le repérer à travers des signes de fatigue. En effet, si vous êtes craintif à l’idée d’être malade, vous pouvez observer quelques difficultés à avoir un sommeil réparateur.
Si cette situation s’installe, alors nous pouvons parler de trouble du sommeil.
Une personne angoissée est davantage propice à l’insomnie, car ces pensées anxieuses lui tourmentent le cerveau.
Il en va de même pour la personne hypocondriaque. Paralysée par sa phobie d’être malade, elle va ruminer et angoisser.
Autres questions
Quels sont les signes d'une hypocondrie ?
L'hypocondrie se reconnaît à la peur permanente d'être atteint d'une maladie grave, au contrôle obsessionnel de son corps, à la multiplication des consultations médicales et à la remise en cause des résultats d'examens. S'y ajoutent souvent des crises d'angoisse à répétition, des recherches compulsives d'informations médicales, des troubles du sommeil et parfois un état dépressif.
Quelle est la cause de l'hypocondrie ?
L'hypocondrie repose principalement sur une anxiété permanente, mais elle peut aussi provenir d'un événement traumatisant, comme la perte d'un proche d'une maladie grave non diagnostiquée à temps. Chez certaines personnes, ce symptôme peut être lié à un trouble de l'attachement ou à une blessure émotionnelle comme un rejet ou un abandon.
L'hypocondrie est-elle une maladie psychiatrique ?
L'hypocondrie est un trouble anxieux, désormais décrit dans le DSM-5 sous le nom de crainte excessive d'avoir une maladie (trouble d'anxiété liée à la maladie). Elle se caractérise par une peur phobique de tomber malade, qui pousse la personne à interpréter le moindre signe corporel comme celui d'une pathologie grave.
Est-ce que l'hypocondrie est un toc ?
L'hypocondrie n'est pas un trouble obsessionnel compulsif, mais elle partage certains mécanismes : comme dans les phobies, les pensées se concentrent sur la peur sous forme de ruminations et de pensées obsessionnelles. La crainte d'être malade envahit l'esprit, avec un contrôle répété du corps et des recherches compulsives d'informations.
Comment savoir si je suis hypocondriaque ?
Vous pouvez vous reconnaître si vous contrôlez votre corps de façon obsessionnelle, multipliez les consultations pour vous rassurer, remettez en cause des résultats d'examens normaux et recherchez compulsivement des informations médicales en ligne (cybercondrie). Des crises d'angoisse, des troubles du sommeil ou un état dépressif peuvent aussi accompagner cette peur permanente.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur l'hypocondrie
Question 1 / 4
Comment le DSM-5 nomme-t-il désormais l'hypocondrie ?
Question 2 / 4
Quel terme désigne la recherche compulsive d'informations médicales en ligne ?
Question 3 / 4
Face à des résultats d'examen rassurants, comment réagit souvent la personne hypocondriaque ?
Question 4 / 4
Quelle différence l'article fait-il entre un hypocondriaque et un nosophobe ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- L'hypocondrie se manifeste par une peur excessive d'être atteint d'une maladie grave, pouvant prendre la forme de crises aiguës ponctuelles ou d'un état d'anxiété chronique et durable.
- Parmi les signes les plus fréquents figurent la multiplication des consultations médicales, le contrôle obsessionnel du corps et la remise en cause des résultats d'examen pourtant rassurants.
- Ce trouble s'accompagne souvent de crises d'angoisse à répétition, de pensées obsessionnelles et de recherches compulsives d'informations sur les maladies, notamment sur Internet.
- L'hypocondrie peut avoir des répercussions importantes comme l'apparition d'un état dépressif ou de troubles du sommeil, d'où l'intérêt d'un accompagnement par un psychologue.
Sources & références
- Augustin Jeanneau, “L’hypocondrie ou le corps ailleurs qu’en lui-même”, Cairn, 2002
- François Perrier, “Psychanalyse de l’hypocondrie”, Cairn, 2005
- Joel E.Dimsdale, “Trouble anxieux lié à la maladie”, MD, University of California, 2020
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