Si le moindre signe sur votre corps vous convainc d'avoir une maladie grave, vous présentez peut-être des signes d'hypocondrie, cette peur excessive d'être malade qui envahit le quotidien.
Comment savoir si je suis hypocondriaque ?
- Votre réaction au moindre signe — un bouton ou une rougeur vous met aussitôt en état d'alerte.
- Vos recherches sur Internet — vous cherchez vos symptômes en ligne et en ressortez souvent plus inquiet qu'avant.
- Votre méfiance envers les examens — une prise de sang ou une IRM normale ne parvient pas à vous rassurer durablement.
Que faire quand la peur d'être malade envahit tout ?
- Un travail sur le corps — le sport ou la psychomotricité peut apaiser votre rapport anxieux à vos sensations.
- Un soutien psychologique — en parler aide à comprendre l'origine de cette peur, parfois liée à un événement douloureux comme la perte d'un proche.
Vous n'êtes pas seul face à cette angoisse : consulter un professionnel de la santé mentale peut réellement vous aider à l'apaiser.
Quels sont les symptômes d’un hypocondriaque ?
Comment se manifeste l’hypocondrie ? Le DSM-5 la désigne aujourd’hui comme une « crainte excessive d’avoir une maladie », autrement dit un trouble anxieux lié à la santé. Ses manifestations varient beaucoup selon les personnes. Chez certaines, elles prennent une forme aiguë : des crises hypocondriaques spectaculaires, mais ponctuelles. Chez d’autres, elles s’installent dans la durée et se traduisent par une anxiété généralisée, stable et persistante. Voici les 10 signes qui permettent de reconnaître ce trouble :
- Avoir peur d’être atteint d’une maladie grave
- Multiplier les consultations chez le médecin
- Contrôler de façon obsessionnelle son corps
- Des crises d’angoisse à répétition
- Attirer l’attention d’autrui à travers la maladie
- Des pensées obsessionnelles
- Rechercher des informations sur les maladies
- Remise en cause des résultats d’examen
- L’apparition d’un état dépressif
- Des difficultés à dormir
Symptôme n°1 : Avoir peur d’être atteint d’une maladie grave
La peur de la maladie constitue le signe inaugural de l'hypocondrie : plus exactement, la personne redoute de souffrir d'une pathologie sérieuse.
Chez la personne hypocondriaque, la peur phobique de tomber malade entretient un sentiment de vulnérabilité face à n’importe quelle pathologie.
Il suffit alors qu’un signe bénin apparaisse pour déclencher une crise d’hypocondrie : vous voilà convaincu, par exemple, de souffrir d’un cancer ou d’une tumeur.
Symptôme n°2 : Multiplier les consultations chez le médecin
Pour apaiser ses craintes, la personne hypocondriaque enchaîne alors les consultations médicales. Ces visites fréquentes ont un objectif précis : éliminer la maladie qu'elle redoute et qu'elle s'était elle-même diagnostiquée.
Une anxiété qui ne retombe jamais constitue le terreau principal de cette crainte d'être malade. Un traumatisme peut aussi en être à l'origine. Perdre un proche emporté par une pathologie sévère, dépistée trop tard, suffit parfois à faire naître cette panique face à la maladie.
Consulter un médecin devient alors un moyen de vous apaiser et d'atténuer une crise d'hypocondrie quand elle échappe à tout contrôle. Ces épisodes s'accompagnent souvent d'un stress intense, parfois paralysant. Et cette montée de tension peut réveiller en vous des émotions variées, qu'il devient difficile de canaliser.
Symptôme n°3 : Contrôler de façon obsessionnelle son corps
Le fait de surveiller son corps de manière obsessionnelle figure aussi dans la liste des signes évocateurs de l’hypocondrie. Une rougeur apparaît ? Un bouton ? L’alerte se déclenche aussitôt, dès que la moindre marque attire votre regard. Convaincu que la maladie est là, vous vous sentez alors poussé à établir votre propre diagnostic.
Chez l’hypocondriaque, le corps devient l’objet d’une surveillance minutieuse. Chaque signe est scruté, dans la crainte d’y repérer une pathologie grave qui, selon lui, mettrait ses jours en danger. À l’image du personnage de Molière dans « Le Malade imaginaire », comédie de 1673, la personne concernée peut même en venir à s’inventer des symptômes.
Symptôme n°4 : Des crises d’angoisse à répétition
Les crises d’angoisse répétées constituent le quatrième signe permettant de reconnaître l’hypocondrie. Au quotidien, redouter la maladie entretient une tension intérieure considérable. Parfois, cette peur déborde.
Quand la conviction d’avoir contracté une pathologie grave ou rare s’installe, elle peut déclencher des crises d’angoisse, et même, chez certaines personnes, des attaques de panique.
À terme, cette peur panique de la maladie risque d’évoluer en état d’anxiété généralisée, avec des répercussions sur chaque domaine de votre existence, qu’il s’agisse du travail ou de la vie personnelle.
Suis-je hypocondriaque ?
Vous pensez être touché par les symptômes de l’hypocondrie ?
Symptôme n°5 : Attirer l’attention d’autrui à travers la maladie
Chez la personne phobique d’être malade, il n’est pas rare d’éprouver l’envie d’annoncer à son entourage la pathologie qu’elle pense avoir découverte. Ce comportement traduit un besoin d’être remarquée. Il attire les regards sur elle.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce symptôme : un trouble de l’attachement, notamment, ou encore une blessure émotionnelle liée à un rejet ou à un abandon. En évoquant la maladie, la personne tente en réalité d’obtenir l’affection de ses proches.
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Symptôme n°6 : Des pensées obsessionnelles
À l’image des autres phobies fréquentes, l’esprit se focalise sur l’objet de la peur. Une illustration simple : face au vide, celui qui en a la phobie n’arrive pas à penser à autre chose. Autre cas de figure, celui d’une personne souffrant d’un trouble du comportement alimentaire : la nourriture occupe ses pensées de manière obsédante, chaque repas étant anticipé, chaque aliment avalé passé au crible. La personne hypocondriaque vit, d’une certaine façon, une expérience comparable à ces deux exemples. La peur de la maladie occupe tout son espace mental, sous forme de ruminations et d’idées sombres. Son entourage, souvent, perçoit alors chez elle un pessimisme marqué. À lire aussi : Arachnophobie : comment venir à bout de la peur des araignées
Symptôme n°7 : Rechercher des informations sur les maladies
Septième signe caractéristique de l'hypocondrie : passer du temps à se documenter sur les maladies que vous vous auto-diagnostiquez.
Pour la personne hypocondriaque, le web représente une source inépuisable. Les chercheurs ont d'ailleurs forgé le terme de « cybercondrie » pour qualifier cette recherche compulsive d’informations médicales en ligne. Une douleur apparaît ? Un signe physique inhabituel ? Quelques minutes suffisent pour qu'une recherche sur Internet fasse surgir une liste de pathologies possibles.
Or, chercher soi-même un diagnostic en ligne n'apporte aucun soulagement : la plupart du temps, les résultats trouvés évoquent des affections bien plus graves que ce dont vous souffrez réellement. Mieux vaut donc consulter un professionnel de santé.
Par ailleurs, la personne hypocondriaque somatise fréquemment. La somatisation désigne un trouble psychologique caractérisé par des craintes et des pensées excessives et inadaptées, une notion voisine de ce que le DSM-5 appelle le trouble à symptomatologie somatique.
Symptôme n°8 : Remise en cause des résultats d’examen
Autre signe caractéristique de l'hypocondrie : le doute face aux examens médicaux. Votre bilan sanguin est normal ? La radiographie ou l'IRM ne révèle rien d'inquiétant ? Vous n'y croyez pas. Une erreur a forcément été commise, pensez-vous. Convaincu d'être atteint d'une pathologie, vous rejetez tout résultat qui contredit le diagnostic que vous vous êtes forgé.
Symptôme n°9 : L’apparition d’un état dépressif
Chez l’hypocondriaque, les ruminations anxieuses — que des instruments validés, tel le Whiteley Index conçu par Issy Pilowsky, permettent de mesurer en intensité — risquent de déboucher sur une dépression. Des manifestations dépressives figurent ainsi parmi les signes du trouble. S’y ajoute, vis-à-vis de la maladie, une forme de paranoïa. Autre particularité : la personne concernée par l’hypocondrie porte son attention sur ses fonctions biologiques davantage que sur d’éventuels symptômes organiques. On qualifie ce mécanisme de psychosomatique. Autrement dit, c’est le psychisme qui engendre les manifestations propres à l’hypocondrie.
Symptôme n°10 : Des difficultés à dormir
Autre indice permettant de savoir si vous êtes hypocondriaque : la fatigue. Lorsque vous vivez dans la crainte, craintif à l’idée d’être malade, votre sommeil peut en pâtir et perdre de sa qualité réparatrice.
Quand ces difficultés persistent dans le temps, on parle alors de trouble du sommeil.
L’insomnie touche plus facilement les personnes anxieuses, dont l’esprit reste envahi par des pensées angoissantes.
L’hypocondriaque n’échappe pas à ce mécanisme. Sa peur phobique de la maladie le paralyse, l’angoisse monte, les ruminations s’installent.
Autres questions
Quels sont les signes d'une hypocondrie ?
L'hypocondrie se reconnaît à la peur permanente d'avoir une maladie grave, au contrôle obsessionnel de son corps au moindre bouton ou rougeur, à la multiplication des consultations médicales et aux recherches compulsives en ligne (cybercondrie). S'y ajoutent souvent crises d'angoisse, remise en cause des résultats d'examen, ruminations et troubles du sommeil.
Quelle est la cause de l'hypocondrie ?
L'hypocondrie repose principalement sur une anxiété permanente, mais elle peut aussi provenir des suites d'un événement traumatisant, par exemple la perte d'un proche d'une maladie grave non diagnostiquée à temps. Certains symptômes, comme le besoin d'attirer l'attention, peuvent aussi renvoyer à un trouble de l'attachement ou à une blessure émotionnelle (rejet, abandon).
L'hypocondrie est-elle une maladie psychiatrique ?
L'hypocondrie est aujourd'hui décrite dans le DSM-5 sous le nom de crainte excessive d'avoir une maladie (trouble d'anxiété liée à la maladie). C'est un trouble anxieux dont l'intensité peut être évaluée par des outils validés comme le Whiteley Index, élaboré par Issy Pilowsky. Elle est proche du trouble à symptomatologie somatique.
Est-ce que l'hypocondrie est un toc ?
L'hypocondrie n'est pas un TOC, mais elle partage certains mécanismes avec lui. Comme dans les phobies et les troubles obsessionnels, la crainte d'être malade envahit l'esprit sous forme de pensées noires et de ruminations, poussant à des comportements répétés comme le contrôle du corps ou la recherche d'informations médicales.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur l'hypocondrie
Question 1 / 4
Comment le DSM-5 nomme-t-il désormais l'hypocondrie ?
Question 2 / 4
Quel terme désigne la recherche compulsive d'informations médicales en ligne ?
Question 3 / 4
Face à des résultats d'examen rassurants, comment réagit souvent la personne hypocondriaque ?
Question 4 / 4
Quelle différence l'article fait-il entre un hypocondriaque et un nosophobe ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- L'hypocondrie se manifeste par une peur excessive d'être atteint d'une maladie grave, pouvant prendre la forme de crises aiguës ponctuelles ou d'un état d'anxiété chronique et durable.
- Parmi les signes les plus fréquents figurent la multiplication des consultations médicales, le contrôle obsessionnel du corps et la remise en cause des résultats d'examen pourtant rassurants.
- Ce trouble s'accompagne souvent de crises d'angoisse à répétition, de pensées obsessionnelles et de recherches compulsives d'informations sur les maladies, notamment sur Internet.
- L'hypocondrie peut avoir des répercussions importantes comme l'apparition d'un état dépressif ou de troubles du sommeil, d'où l'intérêt d'un accompagnement par un psychologue.
Sources & références
- Augustin Jeanneau, “L’hypocondrie ou le corps ailleurs qu’en lui-même”, Cairn, 2002
- François Perrier, “Psychanalyse de l’hypocondrie”, Cairn, 2005
- Joel E.Dimsdale, “Trouble anxieux lié à la maladie”, MD, University of California, 2020
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