Si la moindre sensation corporelle vous fait craindre le pire, vous souffrez peut-être d'hypocondrie, une peur excessive de la maladie que l'on peut apprendre à apaiser.
Comment savoir si je suis hypocondriaque ?
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- La peur du pire — un mal de tête ou une éruption vous fait aussitôt imaginer une maladie grave.
- Le besoin de vérifier — vous enchaînez recherches sur internet, auto-examens et rendez-vous médicaux, sans jamais être vraiment rassuré.
- Des inquiétudes qui durent — vos préoccupations persistent depuis des mois et pèsent sur votre vie sociale ou professionnelle.
Que faire pour en sortir ?
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- Les vérifications limitées — vous réduisez peu à peu recherches en ligne et auto-examens, par exemple à 15 minutes par jour.
- La détente au quotidien — respiration lente, méditation ou yoga aident à calmer l'anxiété qui nourrit vos craintes.
- L'aide d'un professionnel — un psychologue ou un psychiatre peut vous proposer une TCC, qui a fait ses preuves.
Rien n'est figé : accompagné par un professionnel de la santé mentale, vous pouvez, pas à pas, desserrer l'emprise de ces inquiétudes.
Une éruption cutanée, des maux de tête, des douleurs musculaires… : vous envisagez toujours le pire face à une réaction corporelle inhabituelle et sentez la peur vous étreindre. Vous vous dites que ces symptômes annoncent certainement un cancer de la peau, une tumeur, ou encore une maladie dégénérative. Cette angoisse, aussi dévorante qu'inépuisable, caractérise l'hypocondrie.
Rien ni personne ne parvient réellement à vous rassurer. Vous multipliez les recherches sur internet et les rendez-vous médicaux, dans l’attente angoissante de voir vos pires craintes se réaliser. Plus vous avez des doutes sur votre état de santé, plus vous cherchez à en savoir plus. Vous voilà prisonnier d'une spirale infernale.
Vos pensées anxieuses prennent trop de place, votre entourage s’est lassé de vos préoccupations incessantes. Peut-être constatez-vous des retentissements dans votre vie sociale et professionnelle. Loin d’être un sujet de plaisanterie, les inquiétudes envahissantes des hypocondriaques relèvent d’un trouble reconnu par les classifications internationales de référence, le DSM-5 de l’Association américaine de psychiatrie et la CIM-11 de l’OMS. Découvrez sans attendre 7 conseils concrets pour sortir enfin du cercle vicieux de l’hypocondrie.
Autres questions
Quels sont les signes d'une hypocondrie ?
L'hypocondrie se manifeste par la surinterprétation de sensations corporelles ou de symptômes bénins comme le signe d'une maladie grave, avec une préoccupation persistante durant au moins six mois. La personne multiplie recherches en ligne et consultations sans jamais être rassurée durablement, ce qui entraîne une détresse et une altération du fonctionnement quotidien, social et professionnel.
Quelle est la cause de l'hypocondrie ?
L'hypocondrie résulte d'un cocktail de facteurs génétiques, environnementaux, psychologiques et sociaux, sans cause génétique spécifique identifiée à ce jour. Des expériences éprouvantes (intervention chirurgicale traumatisante, décès d'un proche par maladie, erreur de diagnostic), une éducation où la crainte de la maladie était exacerbée, ou le contexte anxiogène de la covid-19 peuvent favoriser son développement.
L'hypocondrie est-elle une maladie psychiatrique ?
Oui, l'hypocondrie est un trouble reconnu par les classifications internationales de référence, le DSM-5 et la CIM-11 de l'OMS. Depuis 2013, le terme est délaissé pour sa connotation péjorative : le DSM-5 le rattache à deux formes distinctes, le trouble à symptomatologie somatique et la crainte excessive d'avoir une maladie, l'absence de symptômes physiques orientant vers la seconde.
Est-ce que l'hypocondrie est un TOC ?
Non, l'hypocondrie n'est pas un TOC : dans le DSM-5, le trouble obsessionnel-compulsif appartient à une catégorie distincte, celle des troubles obsessionnels-compulsifs et apparentés. Les pensées récurrentes sont moins intrusives chez la personne hypocondriaque, et le TOC se caractérise par des comportements répétitifs visant à réduire l'anxiété, ce qui n'est pas le cas ici.
Peut-on guérir de l'hypocondrie ?
L'hypocondrie se soigne, mais sa prise en charge demande du temps et reste un défi. Elle commence par un examen clinique approfondi qui évalue symptômes, antécédents et comorbidités éventuelles comme une dépression. L'accompagnement d'un psychiatre ou d'un psychologue permet de tenir les préoccupations à distance et de sortir progressivement du cercle vicieux.
Hypocondrie : définition
L’hypocondrie : ce nom vous rappelle certainement le comportement caricatural d’Argan, le très célèbre Malade imaginaire de Molière. Ce trouble se manifeste par une inquiétude démesurée face à la moindre réaction corporelle, même insignifiante. Il renvoie également à la peur envahissante d’être atteint d’une maladie grave, même en l’absence de symptômes physiques, ce que le DSM-5 désigne sous le terme de crainte excessive d’avoir une maladie.
Que veut dire hypocondriaque ?
Le terme « hypocondriaque » désigne celui ou celle qui souffre d’hypocondrie. Plus concrètement, cela signifie que la personne surinterprète des signes et des symptômes somatiques (physiques) car elle est terrorisée par ce qu’ils pourraient révéler. Cette interprétation erronée s’accompagne d’une préoccupation importante et persistante pour sa santé.
L’hypocondrie n’est plus reconnue en tant que telle Depuis 2013, la littérature médicale a délaissé le terme « hypocondrie » du fait de sa connotation péjorative. LeDSM-5, l’ouvrage de référence rédigé par l’Association américaine de psychiatrie, rattache l’ancienne terminologie à deux formes d’hypocondrie distinctes : le trouble à symptomatologie somatique et la crainte excessive d’avoir une maladie. Tous deux reflètent des inquiétudes envahissantes concernant la santé. L’absence de symptômes somatiques fait pencher le diagnostic du côté du second.
Quelles sont les causes de l’hypocondrie ?
Comme pour tout trouble anxieux, les causes de l’hypocondrie renvoient à un cocktail complexe, où des facteurs génétiques, environnementaux, psychologiques et sociaux entrent en jeu. À ce jour, la communauté scientifique semble n’avoir mis au jour aucune cause génétique spécifique. Néanmoins, certains chercheurs mettent en relation la prédisposition génétique à l’anxiété et l’apparition de l’hypocondrie chez certains patients.
Des expériences de vie éprouvantes, des croyances ainsi que des traits de personnalité participent au développement de l'hypocondrie. Des événements tels qu’une intervention chirurgicale traumatisante, un problème de santé antérieur ou le décès d’un proche suite à une maladie grave ont pu renforcer votre inquiétude vis-à-vis de votre santé. Les modèles de comportement observés durant l’enfance ont peut-être ancré profondément en vous de fausses croyances relatives à la sphère médicale et sanitaire.
Est-ce que l’hypocondrie est un TOC ?
Non, l’hypocondrie n’est pas un TOC (trouble obsessionnel-compulsif), lequel appartient d’ailleurs à une catégorie distincte du DSM-5, celle des troubles obsessionnels-compulsifs et apparentés. Les visites médicales, les examens à répétition et les recherches frénétiques en ligne ne suffisent pas à relier ce trouble au TOC. Le DSM-5 précise que les pensées récurrentes s’avèrent moins intrusives dans l’esprit d’un hypocondriaque.
Le trouble obsessionnel-compulsif se traduit par des « comportements répétitifs associés visant à réduire l’anxiété ». Ce n’est pas le cas concernant l’hypocondrie.
Comment soigner et guérir l’hypocondrie ?
Guérir et soigner l’hypocondrie commence avant tout par un examen clinique approfondi mené par un professionnel de santé. Ce dernier évalue les symptômes et les antécédents médicaux du patient. Il détecte la présence d’éventuelles comorbidités comme une dépression chronique (voir les signes de la dépression chronique).
Le diagnostic est posé en fonction de plusieurs paramètres :
- Surinterprétation de sensations corporelles, de symptômes physiques bénins OU peur irrationnelle d’être touché par une maladie grave,
- Préoccupation persistante sur le long terme (au moins six mois, critère de durée retenu par le DSM-5),
- Persistance de l’inquiétude, malgré les réassurances des médecins,
- Détresse significative et altération du fonctionnement quotidien,
- Inquiétude n’étant pas mieux expliquée par un autre trouble mental (trouble panique, anxiété généralisée, symptômes de dépression).
Guérir définitivement de l’hypocondrie demande du temps, ainsi que le soutien d’un psychiatre ou d’un psychologue. C’est pourquoi les experts de PsyVize vous proposent sept conseils pour tenir vos préoccupations à distance et vous extraire de ce cercle vicieux.
Conseil n° 1 : Interrogez-vous sur l'origine de vos angoisses
Pour vous affranchir de l'hypocondrie, il vous faut impérativement prendre du recul sur votre situation. Ce trouble n’apparaît pas sans raison et de multiples facteurs ont pu influencer son développement. Vos croyances actuelles à propos de la santé et de la maladie sont le fruit d’angoisses qui trouvent leur origine dans votre passé.
Les 10 angoisses existentielles les plus répandues
Essayez avant tout de déterminer de quelle source d’angoisse découle votre hypocondrie. Dans son livre Chers hypocondriaques, Michel Cymes énumère les dix angoisses existentielles les plus répandues qui font le lit du trouble. Il s’agit de l’infarctus, du cancer, du sida, de la maladie d’Alzheimer, de la maladie de Parkinson, de l’impuissance, de la stérilité, des virus, de la sclérose en plaques et, bien évidemment, de la mort. Avec décontraction, le médecin met en avant les peurs qui jaillissent dans l’esprit des individus hypocondriaques et les poussent à envisager le pire.
Zoom sur vos expériences passées
Des expériences médicales négatives ont pu semer en vous une méfiance à l’encontre des professionnels de santé, alimentant ainsi vos craintes. Il s’agit par exemple du décès d’un proche causé par une maladie diagnostiquée tardivement (avec un deuil difficile à la clé), d’une erreur de diagnostic ou encore d’une errance médicale.
Replongez dans votre enfance et interrogez le rapport que votre famille entretenait avec le domaine de la santé. Peut-être avez-vous évolué dans un environnement où la crainte de la maladie était exacerbée, avec des précautions toujours plus nombreuses pour ne pas attraper froid ou risquer de vous faire mal.
Questionnez également votre relation à vos parents. Dans l’enfance, vous êtes-vous senti davantage considéré lorsque vous étiez souffrant ? De manière plus ou moins consciente, l’hypocondrie est alors liée à un trouble de l’attachement voire à une blessure de rejet, encore béante à l’âge adulte. Votre recherche excessive d’un problème de santé traduit éventuellement un besoin d’attirer l’attention des autres et d’être choyé.
Comment avez-vous vécu l’épidémie de covid-19 ? Plus récemment, le contexte sanitaire anxiogène lié à la covid-19 a pu, lui aussi, transformer votre rapport à la maladie. Le port du masque au quotidien, les restrictions, les lieux publics aseptisés et la peur d’être testé positif au virus n’ont fait qu’accroître l’anxiété générale. Peut-être avez-vous alors commencé à développer une forme d’hypervigilance, de peur d’être contaminé.Le poids des facteurs émotionnels
Penchez-vous sur les facteurs émotionnels qui alimentent vos inquiétudes en matière de santé. Avez-vous fait face à des événements stressants ou à des épisodes d’anxiété intense ces dernières années ? Est-ce encore le cas ? Certains antécédents ont pu contribuer au développement de l’hypocondrie.
Des perturbations émotionnelles importantes, des difficultés relationnelles et des rencontres avec des personnalités toxiques (manipulateur narcissique par exemple) ont peut-être modifié votre perception de la vulnérabilité et votre manière de gérer l’anxiété.
Hypocondrie et comorbidités
Sachez que l’hypocondrie s’accompagne éventuellement d’une comorbidité, c’est-à-dire d’un autre trouble de santé mentale. Le DSM-5 précise qu’elle coexiste par exemple avec un trouble dépressif ou un trouble anxieux comme l’anxiété sociale, le trouble panique ou le trouble obsessionnel-compulsif. En cas de présence d’une comorbidité, « le degré d’invalidité est plus marqué que ce qui serait attendu du fait de la maladie physique seule. »
Conseil n° 2 : Testez des techniques de relaxation pour réduire les crises d'hypocondrie
Plus vous apprenez à vous relaxer, plus vous encouragez votre esprit à s’apaiser. L’hypocondrie prospérant sur un terrain anxieux, vous pouvez agir en travaillant régulièrement sur votre gestion du stress.
Petit à petit, vous verrez les pics d’anxiété s’espacer et les crises d’hypocondrie s’amenuiser. Parmi toutes celles qui existent, choisissez la technique de relaxation qui vous convient le mieux.
Une respiration plus apaisée
Avez-vous remarqué à quel point votre respiration se faisait plus rapide et saccadée dans des situations stressantes ? Une respiration lente et profonde vous aide à retrouver votre calme intérieur. Une bonne habitude à prendre pour apaiser vos ruminations et vous recentrer. Vous pouvez commencer par inspirer lentement par le nez en emplissant pleinement vos poumons avant d’expirer lentement par la bouche.
La méditation de pleine conscience
La méditation de pleine conscience est une réelle invitation au lâcher-prise. Grâce à elle, vous vous focalisez sur le moment présent, observez vos pensées et vos émotions sans les juger. Il s’agit d’une formidable technique pour laisser l’anxiété s’envoler et apprendre à être, au sens d’exister pleinement, ici et maintenant.
Méditation de pleine conscience dans la nature Installez-vous dans un endroit naturel calme et paisible (un parc, une forêt, votre jardin). Fermez les yeux ou fixez votre regard sur un point fixe devant vous. Commencez par prendre conscience de votre respiration, invitez-la à ralentir. Faites appel à tous vos sens. Concentrez-vous sur les sons qui vous entourent et sur vos sensations physiques : le chant des oiseaux, le bruissement des feuilles, les rayons du soleil sur votre peau. Observez vos pensées sans les juger, laissez-les s’envoler puis ramenez votre attention à l’instant présent.Le yoga et la sophrologie
Des pratiques telles que le yoga et la sophrologie améliorent votre bien-être et réduisent indéniablement votre degré d’angoisse. Le yoga combine postures, exercices de respiration et méditation. Il vous encourage à vous reconnecter avec bienveillance à votre corps et à vous relaxer, dans l’optique de cultiver un état d’esprit plus serein.
La sophrologie, quant à elle, vous permet de vous recentrer sur le moment présent, grâce à des outils aidant à apaiser l’anxiété. Cette pratique inclut des techniques de relaxation, de visualisation et de gestion des émotions.
Conseil n° 3 : Mettez un frein à vos compulsions
Vous passez des heures à effectuer des recherches sur internet et multipliez les consultations médicales pour vérifier votre état de santé. Vous vous examinez sous toutes les coutures, en quête d’anomalies ou de sensations inhabituelles. Ou encore, vous contrôlez plusieurs fois par jour votre température corporelle et votre pression artérielle. C’est plus fort que vous.
Si les compulsions caractéristiques du trouble vous offrent un apaisement temporaire, ces comportements de réassurance vous enferment dans le cercle vicieux du stress chronique et de l’hypocondrie. En les freinant, vous cessez d’alimenter votre angoisse.
Attention à la cybercondrie
Le néologisme « cybercondrie » est né dans notre société ultra connectée, où l’information est à portée de clic. Ce terme renvoie à la manie de rechercher frénétiquement des informations sur le web à propos de santé, de soins, de maladies et de traitements. Un comportement largement observable chez les personnes hypocondriaques.
Pour ne pas vous noyer dans cette masse de données et accroître votre anxiété, limitez votre recherche d’informations médicales. Autorisez-vous, par exemple, 15 minutes par jour maximum pour assouvir votre besoin. Quitte à enclencher un minuteur.
Vous avez sans doute remarqué que certains sites et forums de discussion anxiogènes vous apportaient plus d’inquiétudes que de réponses. Préférez donc des sources médicales fiables comme le Vidal en ligne.
Espacez les auto-examens compulsifs et les visites médicales
Là encore, vous pouvez décider d’encadrer vos auto-examens compulsifs. Si vous avez l’habitude d’examiner votre corps deux fois par jour, réduisez cette fréquence à une vérification journalière. Une fois ce palier atteint, espacez les auto-examens (tous les deux jours, par exemple). Répétez-vous comme un mantra que vos sensations physiques ne constituent pas les preuves irréfutables d’une maladie.
Essayez également de limiter vos visites médicales, en évitant de vous ruer chez le médecin dès que vous êtes tracassé. Consignez par écrit vos préoccupations spécifiques. Parlez de vos inquiétudes à votre médecin traitant.
Rien ne vous empêche de fixer avec lui une consultation annuelle ou bi annuelle pour réaliser un bilan de santé global et lui faire part de vos questionnements. Vous vous sentirez ainsi un peu plus rassuré.
Conseil n° 4 : Reformatez vos schémas de pensée
Comme bon nombre de patients hypocondriaques, vous êtes certainement pris au piège de schémas de pensée négatifs. Vous cherchez à vérifier que votre santé est bonne mais vous restez profondément insatisfait quand vous ne trouvez rien. Vous continuez ainsi à douter malgré des preuves et des discours médicaux rassurants.
Remettez en question les biais cognitifs
Plusieurs biais cognitifs vous maintiennent dans des croyances hypocondriaques. Le biais de confirmation vous pousse à rechercher des informations médicales qui confirment vos craintes. En d’autres termes, votre esprit sélectionne en priorité les données qui valident vos croyances. Bien entendu, ce biais occulte tous les indices qui pourraient remettre en cause votre manière de penser.
Quant au biais d’attribution, il vous incite à faire coïncider des sensations corporelles banales avec les signes d’une potentielle maladie. Ce processus cognitif influence la manière dont vous reliez des causes à ce que vous vivez et ressentez. Par exemple, vous interprétez une crampe abdominale comme le signe d’un cancer plutôt que de pencher pour des explications plus banales.
Pour vous détacher de ces biais, élargissez les perspectives. Lorsque des interprétations automatiques émergent à cause de vos sensations corporelles, efforcez-vous de prendre en compte des causes alternatives et plus probables : « Je ressens une douleur abdominale car ma digestion est perturbée ou parce que je me sens stressé au travail en ce moment. »
Rassemblez des preuves objectives Rationalisez vos symptômes en collectant des preuves objectives. Cela demande un effort important car il faut que vous freiniez le flot de scénarios angoissants qui vous submerge. Pour vous y aider, notez les moments où vos symptômes sont absents ou présents. Questionnez-vous sur les facteurs qui les déclenchent ou les apaisent. Faites des rapprochements avec vos réactions et états émotionnels passés.Testez la visualisation positive
La visualisation positive permet de lutter contre le trouble hypocondriaque. Elle vous aide à réinitialiser vos schémas de pensée. Les pensées négatives et autres scénarios catastrophes cèdent la place à des images mentales positives et rassurantes. Vous adoptez ainsi une perspective plus réaliste.
Cet exercice vous invite à vous concentrer sur vos forces et vos ressources plutôt que sur vos craintes et vos doutes. Grâce à votre imagination, vous pouvez construire des scénarios agréables : vous visualiser en bonne santé, vous imaginer en pleine réalisation d’activités gratifiantes.
Conseil n° 5 : Prenez soin de vous et de votre santé
Une bonne hygiène de vie améliore sans conteste votre état de santé global et votre bien-être. Elle contribue à la réduction des symptômes émotionnels liés au trouble hypocondriaque. Cela passe par une alimentation équilibrée, un sommeil réparateur et une activité physique régulière.
Moins d’anxiété, plus de confiance en soi
En pratiquant régulièrement une activité physique, vous détournez votre attention des pensées obsessionnelles en lien avec votre santé. Puisque vous vous focalisez sur d’autres aspects de votre vie, vous réduisez logiquement votre état d’hypervigilance face aux signes corporels et aux sensations physiques les plus vagues.
Le fait de constater des évolutions physiques et émotionnelles agit comme un véritable coup de boost et vous aide à reprendre confiance en vous. Vous développez une image de vous-même plus positive. Résultat : vous vous sentez mieux armé pour faire face aux inquiétudes qui concernent votre santé. Votre niveau d’anxiété diminue.
Reprenez le contrôle
Prendre soin de votre santé, c’est aussi reprendre le pouvoir. En établissant des mesures en faveur de votre bien-être, vous renforcez votre sentiment de contrôle. Vous puisez plus facilement en vous les ressources dont vous avez besoin pour gérer vos inquiétudes et vous sentir en sécurité. Vous vous donnez ainsi toutes les chances d’espacer vos crises d’angoisse (voire de les limiter pour de bon) ou vos crises d’anxiété.
Conseil n° 6 : Entourez-vous de gens bienveillants
L’entourage joue un rôle important lorsqu’il est question de s’extirper des schémas hypocondriaques. Recherchez la compagnie d’amis, de collègues et de membres de votre famille qui vous soutiennent. Non pas parce qu’ils vous confortent dans vos craintes, mais plutôt parce qu’ils vous offrent une écoute attentive tout en reconnaissant que votre souffrance psychologique est bien réelle.
Une meilleure prise de recul
Vos proches sont d’un soutien capital car ils vous aident à démystifier certaines idées irrationnelles. Lorsque des pensées catastrophiques vous envahissent, ils peuvent vous apporter un éclairage plus réaliste et moins alarmiste sur la situation. C’est pourquoi il vaut mieux vous entourer de personnes compréhensives, patientes et empathiques.
Communiquez sur votre besoin de soutien
L’hypocondrie reste une source d’incompréhension, de jugement et de moquerie. Elle est encore perçue de façon réductrice dans notre société. Aussi, expliquez à vos proches ce que vous traversez. Dites-leur que vous avez besoin de soutien.
Attention aux relations toxiques Prenez de la distance avec les individus qui ne reconnaissent pas vos préoccupations ou, au contraire,éloignez-vous des relations toxiques qui les alimentent de manière excessive. Si le soutien des proches ne remplace pas la prise en charge professionnelle, il permet de diminuer l’anxiété et de
faire face plus sereinement au trouble.
Conseil n° 7 : Sollicitez l'accompagnement d'un professionnel de la santé mentale
Face à la détresse émotionnelle qui découle de l’hypocondrie, le soutien d’un professionnel de santé reste nécessaire. Il est le seul à pouvoir poser un diagnostic précis, à mettre au jour une éventuelle dépression et à vous proposer un parcours de soins adapté.
Le cabinet d’un psychiatre ou d’un psychologue vous offre un espace sûr et bienveillant pour exprimer vos émotions, trouver du soutien et développer des stratégies de gestion de l’anxiété.
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une psychothérapie qui a fait ses preuves dans le traitement de l’hypocondrie. Ce traitement efficace consiste à modifier les schémas de pensée et les comportements associés au trouble. Un peu comme si vous les réinitialisiez. Le professionnel de santé mentale guide le patient grâce à des techniques comme la restructuration cognitive et la désensibilisation systématique.
L’EMDR, Eye Movement Desensitization and Reprocessing
La piste de l’EMDR est de plus en plus souvent exploitée. Cette approche thérapeutique consiste à traiter des souvenirs traumatiques et des expériences négatives par le biais de mouvements oculaires et d’autres stimuli sensoriels. À ce jour, l’EMDR a largement prouvé son efficacité dans la guérison du stress post-traumatique et ses symptômes ainsi que de certains troubles anxieux, d’où son intérêt dans le traitement de l’hypocondrie.
Le traitement médicamenteux, en complément de la psychothérapie
En raison du risque de dépendance et des effets secondaires, les médicaments ne constituent pas un traitement de première ligne. Certes, ces derniers aident à gérer les symptômes de l’hypocondrie, notamment l’anxiété et les pensées obsessionnelles. Néanmoins, ils ne permettent pas de guérir du trouble.
Si cela s’avère nécessaire en complément de la thérapie, votre médecin généraliste ou votre psychiatre peut vous prescrire des antidépresseurs, en particulier ceux de la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).
Les antidépresseurs dits naturels peuvent parfois apporter un soutien dans des formes légères d’hypocondrie, mais ils ne remplacent pas un avis médical si les symptômes persistent ou s’aggravent.
Guérir enfin de l’hypocondrie De nombreux patients parviennent à sortir de la spirale infernale de l’hypocondrie et à en guérir totalement. Néanmoins, il s’agit d’un travail de longue haleine, nécessitant de se défaire de certains schémas de pensée. S’il est possible de passer à l’action en appliquant nos conseils, le soutien d’un professionnel de santé vous garantit un diagnostic fiable et un plan de traitement personnalisé.Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur l'hypocondrie
Question 1 / 4
Depuis 2013, dans quels ouvrages de référence ce trouble est-il reconnu ?
Question 2 / 4
L'hypocondrie est-elle un TOC selon l'article ?
Question 3 / 4
Quel critère de durée le DSM-5 retient-il pour poser le diagnostic ?
Question 4 / 4
Que propose le conseil n°1 pour commencer à sortir du cercle vicieux ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- L'hypocondrie se caractérise par une inquiétude disproportionnée face à des sensations corporelles banales ou par la peur envahissante d'avoir une maladie grave. Depuis 2013, le DSM-5 distingue le trouble à symptomatologie somatique et la crainte excessive d'avoir une maladie.
- Ses causes mêlent des facteurs génétiques, environnementaux, psychologiques et sociaux : expériences médicales négatives, décès d'un proche, croyances familiales autour de la santé ou encore contexte anxiogène comme l'épidémie de covid-19.
- Pour sortir du cercle vicieux, il est conseillé de freiner les compulsions comme la cybercondrie et les auto-examens, de pratiquer des techniques de relaxation et de remettre en question ses biais cognitifs.
- L'accompagnement par un professionnel de santé mentale reste nécessaire pour poser un diagnostic fiable. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) a fait ses preuves, l'EMDR est de plus en plus exploitée et les médicaments ne sont envisagés qu'en complément.

