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Amaxophobie (Peur de conduire) : Définition, Signes, Solutions

Monter en voiture vous angoisse ? Vous paniquez à l’idée de prendre l’autoroute ou certains axes de circulation ? Vous souffrez peut-être d’amaxophobie : la peur de conduire ou de se trouver dans un véhicule. Ressentir de l’anxiété lors des premiers cours de conduite, des premiers trajets seul, ou en présence d’un incident sur la route est tout à fait normal. Au volant, c’est un véhicule de plusieurs centaines de kilos que l’on a entre les mains.

Mais l’amaxophobie va bien au-delà d’une simple appréhension, ou de la conscience légitime d’un danger potentiel. Cette peur démesurée de la voiture engendre des réactions anxieuses très intenses et peut considérablement impacter le quotidien des personnes qui en souffrent. Symptômes, origine, traitement… Décryptage d’une phobie plus répandue qu’on ne l’imagine.

Qu’est-ce que l’amaxophobie ? (Définition)

L’amaxophobie désigne la peur extrême et irrationnelle de conduire, d’avoir un accident de la route ou même de prendre la voiture en tant que simple passager. Comme toute phobie, elle est considérée comme un trouble de santé mentale, classée dans les troubles de l’anxiété.

L’amaxophobie fait partie de la grande famille des phobies spécifiques de situation, au même titre que la peur de l’avion ou du vide, par exemple. Formée à partir du grec « amaxa » (chariot) et « phobia » (peur), cette phobie est encore relativement méconnue, mais fait pourtant partie des peurs irraisonnées les plus fréquentes.

L’étude la plus large réalisée à ce jour est celle de l’institut espagnol MAPFRE en 2005. Selon son analyse, près d’un tiers de la population aurait peur de conduire dans certaines circonstances et 6 % ressentiraient une véritable angoisse paralysante les empêchant de prendre le volant.

Les manifestations d’une phobie de la conduite

L’amaxophobie peut s’exprimer de différentes façons et à des degrés divers d’un individu à l’autre. Elle se traduit par un intense pic de stress au moment de prendre le volant ou de monter en voiture. La simple idée de se retrouver dans cette situation peut même parfois suffire à déclencher une véritable crise d’angoisse. On parle alors d’anxiété d’anticipation.

Comme toutes les phobies, la peur ressentie est démesurée et irrationnelle. Un amaxophobe est incapable de relativiser les risques (bien réels) liés à la conduite. Il est persuadé qu’il va provoquer un accident s’il prend le volant, ou en être lui-même victime. Là où une crainte mesurée rend simplement l’automobiliste prudent, la véritable peur panique, en revanche, paralyse complètement celui qui en souffre.

Selon son étendue et la sévérité des symptômes, l’amaxophobie peut représenter un véritable handicap au quotidien. Certaines personnes n’accepteront de voyager qu’avec un conducteur en qui elles ont pleinement confiance (conjoint, ami…). D’autres seront capables de conduire, mais uniquement sur un itinéraire familier. Dans les cas les plus extrêmes, l’amaxophobe ne supportera même pas de se trouver dans un véhicule, même côté passager.

Les multiples déclinaisons de la peur en voiture

La peur de conduire peut prendre bien des formes et il existe plusieurs types d’amaxophobes. Certains n’ont même jamais passé le permis, submergés par le stress des premiers cours de conduite. D’autres sont devenues phobiques suite à un traumatisme ou à un grave accident ayant provoqué un choc émotionnel. Puis il y a ceux pour qui la conduite n’est pas un problème, la plupart du temps, mais qui se retrouvent pris de panique dans certaines situations.

L’amaxophobie peut en effet se rapporter à la conduite au sens global : la personne angoisse à l’idée de prendre le volant ou de se trouver dans un véhicule. Mais elle peut aussi ne concerner qu’une situation de conduite bien précise (circulation de nuit, voies rapides, conditions météorologiques difficiles…).

Parmi les très nombreuses peurs liées à la route, voici quelques-unes des déclinaisons courantes de l’amaxophobie.

La peur de l’autoroute

Vitesse élevée, changements de voies rapides, files de camions… De nombreuses personnes redoutent de conduire sur autoroute et peuvent rapidement se sentir submergées par l’anxiété. Bien souvent, cette peur irraisonnée est en lien avec l’agoraphobie : la peur de se retrouver dans des lieux où il serait difficile de fuir en cas de problème. Sur l’autoroute, pas d’échappatoire. On ne peut qu’avancer en ligne droite et les sorties ou les bandes d’arrêt d’urgence sont peu fréquentes.

La peur des routes de montagne

Très étroites et souvent à flanc de falaise, les routes de montagne sont source d’angoisse pour de très nombreuses personnes. Les virages en épingle, le dénivelé et le manque de visibilité rendent les conditions de conduite difficiles. Conscients du danger potentiel, les individus phobiques peuvent alors se sentir complètement obnubilés par le risque d’accident et se retrouver incapables de conduire dans ces conditions.

La peur de conduire en ville

Embouteillages, intersections complexes, piétons, cyclistes… De nombreux facteurs rendent la conduite en ville très stressante, particulièrement pour une personne atteinte d’amaxophobie.

La peur des ponts

Souvent en lien avec l’acrophobie (la peur du vide), l’angoisse à l’idée de traverser un pont est une peur très courante. La hauteur, la prise au vent, la sensation de fragilité peuvent déclencher d’importants pics d’anxiété.

La peur de prendre les tunnels

L’obscurité, l’enfermement et l’absence de points de repères visuels rendent la traversée des tunnels très stressante pour beaucoup d’automobilistes. Un amaxophobe aura particulièrement du mal à conduire dans ces conditions, angoissé à l’idée de rester bloqué dans le tunnel à cause d’embouteillages ou d’un accident.

Peur de l’autoroute ou syndrome de l’autoroute : quelle différence ?
Le syndrome de l’autoroute est une affection très particulière qui se distingue de toute phobie liée à la route. Il s’agit d’un problème de perception de la vitesse par l’œil ou l’oreille interne qui transmet au cerveau une mauvaise information. Lors de virages ou de fortes accélérations, cette désorientation se traduit physiquement par des vertiges, des nausées et une sensation d’aspiration. Les premières fois peuvent être particulièrement impressionnantes et générer une angoisse pouvant évoluer en peur panique. Mais si le syndrome de l’autoroute peut être le déclencheur d’une véritable phobie, il s’agit bien d’un trouble à part entière, causé par une défaillance des circuits neuronaux.

Quels sont les symptômes de la phobie de conduire ?

Comme toute phobie, l’amaxophobie peut être plus ou moins sévère d’un individu à l’autre. La plupart du temps, elle se traduit par un mélange de réactions physiques et psychologiques. Ces symptômes peuvent survenir une fois installé au volant de la voiture, sur un siège passager ou même en anticipation, juste à l’idée de devoir conduire ou monter dans un véhicule.

Symptôme n° 1 : Les sensations d’une attaque de panique

L’amaxophobie se caractérise principalement par les symptômes d’une crise d’angoisse ou de panique, parmi lesquels :

  • La peur de mourir ou de faire une attaque ;
  • L’accélération du rythme cardiaque et palpitations ;
  • Les tremblements ;
  • L’engourdissement ou picotements dans les membres ;
  • La transpiration excessive ;
  • L’essoufflement ou sensation d’oppression ;
  • Les maux de ventre ;
  • Les vertiges ;
  • Les bouffées de chaleur ;
  • Le voile blanc devant les yeux.

Ces sensations physiques s’accompagnent aussi parfois du sentiment de ne plus être réellement dans son corps (dépersonnalisation) ou bien que ce qui nous entoure n’est pas vraiment réel (déréalisation).

Symptôme n° 2 : Les visualisations mentales angoissantes

L’amaxophobie se construit bien souvent autour de pensées obsédantes de scénario catastrophe. L’individu phobique se voit perdre le contrôle du véhicule, mourir ou tuer quelqu’un à tout moment dans un accident. Il est en fait continuellement obsédé par le risque d’erreurs humaines : celles des autres automobilistes, mais également les siennes. Il craint de ne plus savoir conduire, de faire une crise de panique, de s’endormir au volant…

Sa perception du danger (certes réel) est en fait complètement démesurée par rapport aux risques véritablement encourus. Le moindre imprévu sur la route, le moindre incident vécu, entendu, ou même imaginé, alimente son anxiété. C’est le cercle vicieux. L’individu phobique est ainsi persuadé de n’avoir aucune réelle maîtrise sur ce qui se passe sur la route, sur son véhicule et encore moins sur celui des autres.

Certains amaxophobes n’ont d’ailleurs aucune crainte concernant leur propre façon de conduire, mais sont terrifiés par les autres automobilistes. C’est notamment pour cette raison qu’il peut être tout aussi difficile d’être conducteur que simple passager dans le cadre de cette phobie. Confier le volant à quelqu’un d’autre, c’est placer sa propre sécurité entre ses mains. Or, ce lâcher-prise est quasiment impossible si l’on est persuadé qu’une erreur fatale peut être commise à tout instant.

Dans les cas de phobie les plus légers, cette peur entraînera une hypervigilance constante liée au sentiment d’insécurité et d’extrême vulnérabilité. Mais pour les plus sévères, la personne amaxophobe ne pourra même plus monter dans un véhicule, ni au volant, ni en simple passager. Car l’idée de causer un accident ou d’en être victime devient le seul scénario possible d’un trajet sur la route.

Symptôme n° 3 : La peur d’une impulsion dangereuse

Les pensées constantes de scénario catastrophe s’accompagnent parfois de la peur de ne plus maîtriser ses propres agissements. Certains amaxophobes s’imaginent par exemple tourner d’un coup sec le volant sur le côté, ou freiner très brusquement en plein milieu d’une voie rapide.

Cette pensée devient obsessionnelle et leur donne l’impression de perdre le contrôle de la situation et de leurs propres comportements. La sensation de ne plus réussir à se maîtriser renforce encore davantage leur peur panique de prendre le volant.

Ce sentiment d’urgence à devoir absolument s’arrêter ou se rabattre sur le côté est pourtant une réponse à la profonde anxiété qui les habite sur la route. Plus qu’une véritable pulsion, il s’agit plutôt de la recherche d’une échappatoire, d’un moyen de mettre fin à la situation de stress intense lié à la conduite. En réalité, ce type de pensée parasite est sans doute un moyen pour le cerveau de se confronter à ses propres peurs. Imaginer les pires agissements, c’est paradoxalement les contrôler.

La phobie d’impulsion, un trouble à part entière

S’imaginer accélérer à l’approche d’un piéton, se voir donner un brusque coup de volant vers le précipice, se demander ce qu’il se passerait, tout à coup, si à 130 km/h sur l’autoroute on lâchait le volant un peu trop longtemps… Tout le monde a déjà pensé à ce type de scénario catastrophe au volant. Mais en général, ces idées angoissantes ne durent que quelques instants et laissent ensuite la place à des pensées moins désagréables.

En présence d’amaxophobie, ces flashs angoissants peuvent toutefois survenir fréquemment et être relativement marquants. Mais ils ne doivent pas être confondus avec une phobie d’impulsion. La phobie d’impulsion est un trouble obsessionnel compulsif qui se manifeste par des pensées incessantes, dérangeantes, dans lesquelles on imagine se faire du mal ou faire du mal à quelqu’un d’autre.

Symptôme n° 4 : Les comportements d’évitement

Plus ou moins conscient, l’évitement est une stratégie de défense très courante, observée en réaction à de nombreuses phobies. Pour limiter leur anxiété, les personnes phobiques cherchent par tous les moyens à se tenir à l’écart des lieux, situations ou objets qui déclenchent leurs angoisses.

Dans le cas de l’amaxophobie, les conduites d’évitement peuvent prendre de multiples formes :

  • La recherche de trajets alternatifs plus courts ou moins difficiles (hors autoroute ou voies rapides, par exemple) ;
  • La conduite limitée à certaines heures de la journée ou en dehors des périodes de forte affluence ;
  • L’utilisation de transports en commun ;
  • La sollicitation de quelqu’un d’autre pour prendre le volant ;
  • Le contournement complet de la conduite et de toute forme de voyage sur route.

S’ils permettent de se libérer très rapidement de toute anxiété et donnent l’illusion de se maintenir en sécurité, ces comportements d’évitement ne résolvent absolument pas le problème de fond. Fuir toute confrontation avec la situation redoutée ne fait que renforcer le cycle de l’anxiété. Pour le cerveau, plus un contexte est activement évité, plus il est considéré comme dangereux.

Quelles sont les causes de la peur de conduire ?

Spontanément, on imagine que la peur panique de conduire résulte d’un événement passé particulièrement marquant. Comme pour toute phobie, c’est bien souvent le cas. Un grave accident de la route, ou évité de justesse, un proche décédé en voiture, sont autant d’éléments capables de transformer une simple peur de la route en véritable phobie. Dans ces circonstances, l’amaxophobie peut d’ailleurs s’accompagner d’un état de stress post-traumatique et de ses symptômes.

Parfois, c’est la combinaison de multiples facteurs qui peut conduire à déclencher ou aggraver une peur irrationnelle de la conduite. Un manque de confiance en soi, un fait divers tragique entendu aux informations, une succession d’incidents mineurs (comme la voiture qui cale en plein trafic, des difficultés à manœuvrer pour se garer, un véhicule un peu pressant derrière soi…). Alors, la panique s’installe et c’est l’escalade. L’anxiété et ses manifestations devenant, en elles-mêmes, une source d’inquiétude supplémentaire (la peur de perdre à nouveau ses moyens, de subir une nouvelle montée d’angoisse).

En général, un terrain anxieux existe. Une personne stressée, peu sûre d’elle au volant, sera davantage bouleversée par un incident sur la route, même mineur, qu’un conducteur jusque-là très confiant.

L’angoisse de la conduite, conséquence d’une autre phobie
La peur de la conduite peut parfois être confondue avec d’autres phobies, ou en résulter directement. Une personne souffrant d’une peur panique du vide, par exemple, redoutera particulièrement la conduite sur les ponts ou les routes de montagne. Il n’est pas rare non plus qu’une claustrophobie (la peur de l’enfermement) soit associée à l’angoisse de traverser les tunnels ou de rester longtemps immobilisé dans un embouteillage. Avec leurs grandes lignes droites offrant peu d’échappatoires, l’autoroute et les voies rapides sont également particulièrement éprouvantes pour les personnes atteintes d’agoraphobie, la peur de ne pas pouvoir sortir d’un lieu facilement.

 

Comment sortir et guérir de l’amaxophobie ?

La principale problématique des personnes atteintes de phobie est liée à une mauvaise perception de la réalité. Elles ont une représentation mentale de la situation beaucoup trop centrée sur le danger, surestimant la probabilité qu’un incident survienne.

Profondément ancrées, ces distorsions cognitives sont aussi très souvent accompagnées d’autres troubles psychiques (une phobie sociale, une anxiété généralisée ou un stress chronique, par exemple), rendant la guérison d’autant plus difficile. Si différentes solutions existent, un accompagnement thérapeutique s’avérera bien souvent indispensable pour surmonter une phobie de la conduite.

Apprendre à gérer son stress au volant

L’amaxophobie induit généralement de véritables attaques de panique en situation de conduite ou à l’approche d’un véhicule. Le cœur s’emballe, la respiration devient difficile et s’accélère… Dans un fonctionnement normal, cette hyperventilation est une réaction instinctive destinée à faciliter la fuite en présence d’une menace. Mais dans le cas de l’amaxophobie, elle survient sans réel danger et fragilise encore davantage l’état de la personne phobique.

La relaxation, et plus spécifiquement le contrôle de la respiration, est le levier le plus efficace pour diminuer le niveau d’anxiété et empêcher ou désamorcer la crise de panique. Si le stress vous submerge lorsque vous êtes en voiture, essayez de respirer profondément, calmement. Profitez de chaque arrêt à un feu, à un rond-point, pour vous concentrer quelques secondes sur votre respiration.

La pleine conscience pour reprendre le contrôle
La méditation de pleine conscience est une précieuse alliée lorsque l’on souffre de la peur de conduire, ou d’anxiété de manière générale. En voiture, les pensées négatives et les anticipations anxieuses renforcent vos angoisses. La méditation de pleine conscience vous aide à vous détacher de votre anxiété en redirigeant votre attention sur quelque chose qui ne comporte aucune charge émotionnelle, comme la respiration.

Reprendre la route progressivement

Ne pas se confronter à une situation redoutée renforce et amplifie le réflexe de peur. C’est la spirale de l’évitement. Dans le cas de la conduite, ce mécanisme est d’autant plus néfaste qu’il s’accompagne souvent d’une perte de confiance en soi, voire d’une réelle perte de compétence à force de ne plus conduire. Après 10 ou 15 ans sans prendre le volant, les automatismes disparaissent, les capacités diminuent.

Ainsi, si votre phobie de la route vous permet tout de même de prendre la voiture, essayez de ne jamais stopper complètement la conduite. Allez-y étape par étape. Commencez par faire le point sur les situations qui sont les plus anxiogènes pour vous : l’autoroute ? La conduite en ville aux heures de pointe ? Classez-les par ordre de difficulté croissante.

Puis reprenez le volant. L’exposition doit être progressive : des trajets courts, à petite vitesse, avec la possibilité de s’arrêter dès que vous en ressentez le besoin. L’idéal, c’est de vous faire accompagner d’une personne de confiance, qui pourra par exemple vous conduire directement sur de petites routes tranquilles ou des parkings isolés. Au fil du temps, vous pourrez reprendre confiance en vous et déconstruire vos craintes irrationnelles.

Des stages sur mesure en auto-école
De nombreuses auto-écoles proposent un accompagnement adapté aux personnes anxieuses. Si vous n’avez pas pris le volant depuis longtemps ou que vos angoisses sont particulièrement sévères, ces stages peuvent vous permettre de prendre un nouveau départ avec la conduite. Vous évoluerez dans un environnement contrôlé, sécurisant, avec une exposition graduelle aux différentes situations de conduite.

Suivre un traitement médicamenteux

Aucun médicament spécifique ne peut guérir l’amaxophobie. Cependant, dans certains cas et sur un laps de temps très court, des anxiolytiques ou des antidépresseurs peuvent être prescrits par un professionnel. Ils n’aideront pas la conduite en elle-même (d’autant qu’il faut les considérer avec une extrême prudence, leurs éventuels effets secondaires étant particulièrement dangereux sur la route). Mais ils peuvent aider à contrôler les symptômes d’une grosse crise d’anxiété ou d’angoisse.

Dans tous les cas, cette solution ne doit être envisagée qu’à très court terme, en complément d’une autre approche clinique. Le travail sur un trouble phobique, c’est en psychothérapie qu’il se réalise.

Entreprendre une thérapie

Pour se défaire complètement d’une phobie, s’engager dans un travail thérapeutique est une étape quasi indispensable. De très nombreuses approches peuvent être utilisées, en particulier la thérapie cognitive et comportementale (TCC) et la thérapie d’exposition.

La thérapie cognitive et comportementale (TCC)

Comme pour une grande partie des troubles anxieux, la thérapie cognitive et comportementale a largement démontré son efficacité en présence d’amaxophobie. Par le biais de multiples exercices, elle permet de reconstruire sa confiance en soi, d’apprendre à réguler ses émotions et à anticiper les situations difficiles pouvant générer de l’anxiété. Ce type de thérapie s’intéresse ainsi aux schémas de pensées négatifs, sources d’angoisses, et aux comportements pouvant être mis en place pour s’en libérer.

La thérapie d’exposition

Composante essentielle de la TCC, la thérapie d’exposition consiste à se confronter progressivement aux situations de conduites redoutées. Par des exercices très graduels et répétés, elle permet de réduire progressivement la réponse anxieuse, jusqu’à se désensibiliser complètement. Il pourra s’agir de commencer par simplement s’asseoir dans son véhicule, sans démarrer. Puis de faire un rapide tour du pâté de maisons, par exemple… Et progresser ainsi étape par étape.

La thérapie par exposition à la réalité virtuelle

L’exposition en situation réelle peut s’avérer particulièrement stressante pour un amaxophobe, voire risquée en cas de malaise au volant. Pour favoriser un environnement plus sûr et contrôlé, une autre approche thérapeutique construite sur le même principe est de plus en plus utilisée : la thérapie par exposition à la réalité virtuelle.

Le principe est simple : un casque de réalité virtuelle permet de s’immerger dans des situations de conduite à la difficulté progressive. Durant toute la séance, le thérapeute garde le contrôle du logiciel et des différents environnements projetés (brouillard, autoroutes, embouteillages…). De la même manière qu’en situation réelle, l’immersion virtuelle répétée va créer un phénomène d’habituation pour le cerveau et permettre de réduire très significativement les niveaux d’anxiété.

Sortir de l’engrenage d’une phobie de la route

Dans nos modes de vie actuels, difficile de se passer complètement d’un véhicule. Faire les courses, se rendre au travail, participer à des activités sociales… Ne pas conduire limite considérablement l’autonomie et la mobilité au quotidien. Le risque est de se retrouver contraints de dépendre des autres ou des transports en commun, lorsqu’ils existent. Vie sociale, personnelle, professionnelle, ce sont tous les aspects du quotidien qui sont impactés. Au fil du temps, on peut avoir le sentiment d’être de plus en plus isolé, de perdre le lien avec son entourage. À terme, ce mal-être émotionnel peut s’aggraver et conduire à de véritables symptômes dépressifs.

Alors, si vous pensez souffrir d’une angoisse liée à la route, ne laissez pas l’anxiété s’installer davantage. Vous avez peut-être l’impression que votre nervosité est encore gérable, que le stress ne vous bloque pas complètement en voiture. Comme pour toute phobie, vous avez sans doute déjà adopté, sans même peut-être vous en apercevoir, de multiples aménagements au quotidien pour contourner votre peur de conduire. Aujourd’hui, la situation vous semble sous contrôle. Mais demain, l’amaxophobie pourrait prendre encore plus de place dans votre vie.

Quelle que soit l’intensité de votre anxiété en voiture, des solutions existent pour vous en libérer. Mais les mécanismes d’une phobie sont complexes et très profondément ancrés. Pour en comprendre les causes et déconstruire progressivement les schémas qui alimentent vos peurs, n’hésitez pas à rechercher l’aide d’un professionnel de la santé mentale. Une thérapie ciblée vous offrira un soutien adapté et les clés pour faire face à votre phobie de la conduite.

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