Traumatismes

Amnésie traumatique : 8 clés pour se reconstruire après un choc

Militaires marqués dans leur psychisme, enfants ayant subi un inceste ou une agression sexuelle : chez les victimes de violences provoquant un choc émotionnel d'une grande intensité, l'amnésie traumatique se rencontre fréquemment.

4,820 avis Mis à jour le 3 août 2026 5 min de lecture Relu par un psychologue RPPS
Amnésie traumatique : 8 clés pour se reconstruire après un choc
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Oublier des pans entiers de votre vie après un choc peut être le signe d'une amnésie traumatique, un mécanisme de protection déclenché par le cerveau face à un événement trop violent.

Comment savoir si je suis concerné par l'amnésie traumatique ? Psychologue.fr

  • Des périodes entières oubliées — vous n'avez aucun souvenir de certaines époques de votre vie, comme un vide sans repères.
  • Des retours brutaux — une odeur, une musique ou un lieu fait resurgir des flash-backs douloureux et incontrôlables.
  • Une impression d'absence — pendant l'événement, vous étiez là physiquement mais comme déconnecté de vous-même.

Que faire pour se reconstruire après un choc ? Psychologue.fr

  • Une aide spécialisée — un psychologue formé au trauma vous aide à comprendre ce qui vous arrive, sans vous brusquer.
  • Votre corps comme allié — yoga, respiration ou activité physique vous aident à retrouver des sensations apaisées.
  • Le partage avec d'autres — écrire ou rejoindre un groupe de parole vous aide à vous sentir moins seul et à déculpabiliser.

Si vous vous reconnaissez dans ces signes, parlez-en à un professionnel : avancer à votre rythme, bien accompagné, est tout à fait possible.

Vérifiez les réponses de l'IA, car elle peut faire des erreurs.

Face à un événement de cette nature, le stress atteint une intensité telle que le cerveau disjoncte pour survivre. Le vécu cesse alors d'être correctement mémorisé : des souvenirs s'effacent, parfois en partie, parfois totalement. Si l'amnésie traumatique ralentit le travail de reconstruction personnelle, elle ne le rend pas impossible pour autant. Pour avancer sur ce chemin, découvrez 8 clés qui peuvent vous accompagner.

Autres questions

Comment savoir si on fait de l'amnésie traumatique ?

Plusieurs signes doivent alerter : l'impression de n'avoir aucun passé ni fondation identitaire fiable, l'oubli de pans entiers de sa vie, mais aussi des flash-backs, cauchemars, hypervigilance, troubles anxieux, dissociation ou sentiment de culpabilité. Ces symptômes ressemblent à ceux d'un état de stress post-traumatique décrit dans le DSM-5 et la CIM-11.

Quels sont les symptômes de la mémoire traumatique ?

La mémoire traumatique se manifeste par des flash-backs et des cauchemars où la personne revit les violences, avec des sensations et une détresse similaires à la situation d'origine. Ces réminiscences sont morcelées, envahissantes et incontrôlables, souvent déclenchées par un stimulus sensoriel : une musique, une odeur, un lieu. S'y ajoutent hypervigilance, troubles anxieux et dissociation.

Comment débloquer une amnésie traumatique ?

La démarche repose d'abord sur une psychothérapie spécialisée en psychotraumatologie. Le travail consiste à identifier les traumatismes puis à les intégrer progressivement dans la mémoire déclarative, notamment via l'EMDR ou les TCC, deux approches recommandées par la Haute Autorité de Santé et l'OMS. Recréer du lien avec les événements permet d'apaiser les reviviscences et les dissociations.

Combien de temps peut durer une amnésie traumatique ?

Sa durée est très variable. La perte de mémoire après un choc peut ne durer que quelques instants, mais aussi persister plusieurs années, voire des dizaines d'années, provoquant l'oubli d'époques entières de la vie. Certains souvenirs restent gelés durant 30, 40 ou 50 ans avant de resurgir.

Qu'est-ce que l'amnésie traumatique ?

Face à un événement bouleversant, la mémoire peut se dérober : on parle d'amnésie traumatique lorsque le souvenir s'efface, en partie ou totalement. L'amnésie post traumatique touche souvent des personnes ayant subi des violences, notamment des abus sexuels.

Un traumatisme d’enfance oublié se cache parfois derrière ce trouble.

Face à des violences entraînant un psychotraumatisme, un mécanisme neuropsychologique peut s'enclencher : la dissociation dite de sauvegarde. Ce concept a été développé en particulier par Muriel Salmona, psychiatre française qui s'est spécialisée en psychotraumatologie. Submergé, incapable de contenir ou de réguler ce qui lui arrive, le cerveau coupe alors délibérément le circuit des émotions et celui de la mémoire.

Le terme de dissociation s’explique par un phénomène particulier : au moment du traumatisme, la victime semble absente. Son corps reste là, mais son esprit s’est comme mis en veille. Les souvenirs sont alors enfouis très profondément par le psychisme, figés au sein d’une mémoire traumatique. Il s’agit d’un mécanisme de défense.

Quand l’amnésie traumatique est totale, la victime ignore donc tout de ce qui lui est arrivé durant la période traumatique. Si l’oubli n’est que partiel, en revanche, des fragments de souvenirs peuvent refaire surface.

Après un choc, il arrive que cette perte de mémoire persiste des années entières, parfois des décennies, effaçant ainsi des pans complets de l'existence. La personne se sent alors privée de repères, comme dépourvue de passé et de toute base identitaire solide.

Quand l'amnésie se lève, le retour des souvenirs liés au traumatisme se produit avec brutalité. Une odeur, un lieu, une musique : un stimulus sensoriel anodin peut parfois tout déclencher. Ces résurgences arrivent par fragments, sans être voulues ni maîtrisées, et envahissent le quotidien. Les flash-backs comme les cauchemars provoquent une souffrance intense, car la personne se retrouve à revivre les violences d'origine.

La détresse ressentie rejoint alors celle du moment initial, avec des sensations quasi identiques. La mémoire traumatique se réactive. Et le cerveau, une fois de plus, se déconnecte, encore et encore. Toute la difficulté de cette amnésie se situe là : parvenir à rassembler, morceau par morceau, les fragments d'une mémoire éclatée par le trauma.

Toute personne exposée à un événement traumatique peut développer une amnésie de ce type : violences sexuelles, guerre, abus physiques, attentat, harcèlement, violences au sein du couple, deuils, ou encore suicide d'un parent…

Comment se reconstruire à la suite d'un choc ?

Face à un choc émotionnel, le psychotraumatisme atteint une intensité qui pousse le cerveau à activer, pour se protéger, des défenses inconscientes. Des répercussions psychologiques et physiques peuvent surgir de cette mémoire traumatique, parfois bien des années après les faits.

Découvrez ci-dessous huit clés qui pourront vous aider à vous reconstruire face à une amnésie post-traumatique :

  1. Commencer une psychothérapie
  2. Soigner la mémoire traumatique
  3. Soulager la souffrance avec un traitement
  4. Recréer du lien avec son corps
  5. Écrire et parler
  6. Retrouver confiance et estime
  7. Traiter les comorbidités
  8. Bien s’entourer

Clé 1 : commencer une psychothérapie

Pour vous reconstruire, des soins spécialisés sont indispensables. Encore faut-il que l’accompagnement post-traumatique — qui concerne vos troubles psychiques comme vos troubles somatiques — tienne compte des violences que vous avez vécues et cible précisément le soin de votre mémoire traumatique.

À défaut, la prise en charge perdra en efficacité et les symptômes d’amnésie traumatique risquent de persister. Le but ? Vous permettre, progressivement, de restaurer votre mémoire et d’abandonner les mécanismes que vous aviez développés pour tenter de vous soulager par vous-même.

Face à une amnésie post-traumatique, et pour survivre au choc vécu, il est probable que vous ayez développé, sans en avoir conscience, des stratégies dans votre vie de tous les jours. L'évitement en est une illustration : on se tient à distance de tout ce qui réveille la souffrance ou évoque l'événement traumatisant.

Face aux violences ou à l'événement traumatique, peut-être n'avez-vous jamais rien dit à personne. Affronter cela seul.e, sans aucune prise en charge, porte sans doute votre souffrance à son point le plus intense — une souffrance avec laquelle vous avez appris à composer.

Avec les années, divers symptômes se sont peut-être installés sans que vous ayez pu les contrôler : reviviscences sous forme de flash-backs, état d'hypervigilance, anxiété, épisodes dissociatifs, ou encore culpabilité persistante.

Face à un traumatisme d’enfance qui vous paraît bien trop loin, oser parler à un psychologue des faits que vous avez vécus reste une étape essentielle.

Par ailleurs, lorsque l'amnésie traumatique est totale, le retour brutal des souvenirs peut représenter une épreuve d'une grande violence, parfois même dangereuse. Un suivi psychothérapeutique devient alors indispensable : il vous soutiendra pour affronter cette résurgence.

Des périodes entières de votre existence semblent effacées de votre mémoire ? Vos symptômes évoquent un état de stress post-traumatique, ce trouble que répertorient à la fois le DSM-5 et la CIM-11 publiée par l'OMS ? Ne tardez pas : consultez sans attendre un professionnel.

Pourquoi consulter en cas d’amnésie traumatique ?

Face au trauma, il existe des traitements psychothérapiques spécifiquement conçus pour les victimes, dispensés par des praticiens qui suivent des formations en victimologie et en psychotraumatologie.

Face à ce trouble, différentes approches thérapeutiques ont démontré leur efficacité. Parmi elles figurent les thérapies cognitives et comportementales (TCC), l’hypnothérapie ou encore la psychothérapie dynamique.

C'est à la psychologue américaine Francine Shapiro que l'on doit l'EMDR, élaborée vers la fin des années 80. Cette approche thérapeutique cible avant tout les patients marqués par un psychotraumatisme ancien, qu'ils présentent une amnésie traumatique ou un PTSD (post-traumatic stress disorder). Son principe ? Des mouvements oculaires précis, qui activent un mécanisme neuro-émotionnel ; celui-ci enclenche alors un processus de désensibilisation.

D’autres approches peuvent également aider à surmonter un psychotraumatisme, à l’image de la psychanalyse ou des thérapies corporelles. L’essentiel ? Un praticien compétent, auprès duquel vous vous sentez en confiance et réellement écouté. Le travail thérapeutique portera alors sur les violences vécues et le traumatisme lui-même, dans un cadre à la fois sécurisant, empathique et bienveillant.

Les TCC et l’EMDR, que la Haute Autorité de Santé comme l’OMS recommandent pour prendre en charge le stress post-traumatique, permettent notamment d’apaiser certaines manifestations, dont les réminiscences. Mais cela ne suffit pas. Un travail doit aussi être mené sur ce qui relie vos émotions, vos symptômes et les violences que vous avez subies. Comprendre comment fonctionne le psycho-trauma reste incontournable, au même titre que le soin apporté à la mémoire traumatique.

Suivre une thérapie s'impose : elle vous apporte des outils pour saisir plus finement vos fonctionnements, vos émotions et vos symptômes, mais aussi pour récupérer votre mémoire et, avec elle, votre liberté.

La thérapie offre aussi un cadre où le praticien peut vous éclairer sur les processus qui se mettent en place lors d'une agression. L'enjeu ? Mieux comprendre, d'une part, les réactions que vous avez pu avoir pendant les faits — la dissociation ou la sidération, notamment — et, d'autre part, les stratégies d'emprise et de manipulation perverses, telles qu'on les observe par exemple dans le harcèlement moral en entreprise, source possible d'un traumatisme lié au travail.

Dans ce contexte, il est indispensable de mettre des mots sur les agissements subis et de se référer à la loi.

Clé 2 : soigner la mémoire traumatique

Étroitement dépendante de la première, cette deuxième clé consiste à traiter votre mémoire traumatique. Impossible d’avancer sans en prendre soin. La première étape demande de réussir à identifier les traumatismes. Vient ensuite une phase d’intégration, indispensable pour que ces souvenirs puissent s’inscrire dans la mémoire déclarative, dite aussi explicite.

Sur le plan cérébral, un travail spécifique s'organise autour de l'amygdale. L'enjeu ? Empêcher qu'elle ne disjoncte et réduire ainsi l'activation de la mémoire traumatique. La démarche thérapeutique consiste alors à retisser, progressivement, un lien avec ce qui s'est passé. Peu à peu, les reviviscences s'estompent, tout comme les stratégies d'évitement et les épisodes dissociatifs.

Accompagné par le thérapeute, vous pourrez avancer vers l’identification des violences : ce travail permet de comprendre l’origine de votre souffrance. Peu à peu, des ponts se dessinent entre ce qui a été vécu et les manifestations qui persistent aujourd’hui.

Saisir ce qui se joue derrière un psychotraumatisme aide à revenir sur les violences que l’amnésie traumatique avait recouvertes d’oubli.

Soigner la mémoire et parvenir à intégrer un vécu traumatique suppose de lui donner du sens. Nommer ce que vous ressentez, décrire les situations vécues, préciser leur contexte : chaque mot posé compte. Petit à petit, ce cheminement permettra à votre hippocampe de retrouver un fonctionnement normal, et donc de mieux réguler les réactions de l’amygdale.

La mémoire traumatique se videra progressivement : peu à peu, ce sentiment de menace constante s'estompera. Les fragments épars de vos souvenirs finissent par se rassembler, jusqu'à recomposer le vécu traumatique. Celui-ci devient alors intégrable, et vous pouvez le gérer sur le plan émotionnel, car un travail approfondi de représentation et d'interprétation aura été accompli en amont.

Peu à peu, votre mémoire traumatique deviendra une mémoire autobiographique, dont vous garderez consciemment la maîtrise. Le psychisme retrouve alors un espace sécurisé. En reliant les symptômes aux violences vécues, vous parviendrez à mieux réguler vos réactions émotionnelles. L’apaisement devient possible sans que le cerveau ait besoin de se déconnecter, ni par l’amnésie, ni par la dissociation.

Peu à peu, les symptômes s'atténuent et l'esprit gagne en liberté, ce qui favorise une certaine récupération au niveau neurologique : vous vous sentirez alors en accord avec vous-même, comme réunifié, chaque morceau de votre existence ayant retrouvé sa place.

Clé 3 : soulager la souffrance avec un traitement

Face à une détresse psychique intense qui s'accompagne de comorbidités (troubles anxieux, dépression, notamment), le recours à un traitement médicamenteux en complément devient parfois indispensable pour se reconstruire en cas d’amnésie traumatique.

S’il constitue une béquille chimique, ce traitement ne saurait en aucun cas remplacer la psychothérapie.

Si une dépression s'installe, le médecin peut prescrire un antidépresseur agissant sur la sérotonine, de la famille des ISRS. Contre l'anxiété, les benzodiazépines, qui appartiennent aux anxiolytiques, offrent un soulagement réel. Et le sommeil ? Des hypnotiques peuvent le faciliter.

Face aux soulager les montées de stress — ou plutôt pour y parvenir lorsque celles-ci ravivent la mémoire traumatique —, des traitements médicamenteux peuvent être prescrits. Une ordonnance reste toutefois nécessaire : il faut donc consulter un médecin ou un psychiatre.

Clé 4 : recréer du lien avec son corps

Quand un choc provoque une amnésie traumatique, le verrouillage ne touche pas seulement l’esprit : le corps, lui aussi, se ferme. Réapprendre à l’habiter, progressivement et en complément du travail thérapeutique, constitue une étape indispensable.

À vous de choisir les options les plus pertinentes et les mieux adaptées à votre situation, celles qui répondront à vos attentes : éprouver du plaisir, réparer, vous reconnecter. Pour vous réapproprier votre corps et renouer avec vos sensations, les possibilités qui existent sont multiples.

Chez certains, cela passe par le sport : yoga tout en douceur ou boxe plus intense, chaque pratique a sa place. Attention toutefois à ne pas basculer dans la démesure, au risque de faire de l'activité physique une dépendance, une fuite qui deviendrait nocive. Voyez-y plutôt un moment privilégié avec votre corps, un rendez-vous qui permet de libérer les émotions accumulées.

Dans cette démarche de réappropriation corporelle, les thérapies corporelles peuvent constituer un soutien précieux.

Face à des douleurs physiques laissées par les violences, un traitement antalgique peut s'imposer, parfois complété par de la kinésithérapie. L’acupuncture comme l’hypnose donnent aussi de bons résultats lorsqu'il faut retravailler le lien avec son corps.

La méditation de pleine conscience, tout comme la relaxation, peut soutenir votre démarche de reconnexion corporelle. Le souffle en est le levier central. Respirer en conscience aide à apaiser l'organisme, et favorise aussi son ancrage.

Écoutez ce que votre corps réclame : de la douceur, du réconfort, des sensations agréables. Chacun de vos cinq sens peut être sollicité pour renouer avec votre enveloppe corporelle. Le toucher, lui, demande souvent plus de précautions, en particulier après des violences sexuelles. Soyez indulgent envers vous-même. Cette reconnexion à votre peau, et à ce que vous êtes, mérite qu'on lui laisse du temps.

Si vous souffrez de répercussions sur votre sexualité, vous pouvez consulter un sexologue en complément de votre thérapie : cette prise en charge adaptée vous accompagnera vers un épanouissement charnel retrouvé.

À découvrir également : le classement des 10 troubles sexuels rencontrés le plus fréquemment (avec des solutions)

Clé 5 : écrire et parler pour faire face à l’amnésie traumatique

Dans le cheminement vers la reconstruction, l'écriture peut se révéler une alliée précieuse. Ce moyen d'expression n'appartient qu'à vous : il offre la possibilité de coucher sur le papier tout ce qui a été subi — les faits eux-mêmes, le bouleversement émotionnel ressenti, vos réactions, vos symptômes, jusqu'à vos rêves. Aucune barrière ne vient limiter l'acte d'écrire. Les règles, c'est vous seul qui les fixez.

Si écrire vous bloque, sachez que d’autres pistes existent. Les pratiques créatives ne manquent pas, et il vous revient de les essayer pour découvrir celles avec lesquelles vous avez des affinités : peinture, danse, théâtre, musique, dessin, chant, voire la photographie !

Pour mettre des mots sur votre souffrance, l'exprimer et la comprendre, de nombreux supports existent. Certains se transforment même en outils de soin à part entière : ils vous épauleront tout au long du chemin qui mène à mieux tolérer l'adversité.

D’ailleurs, rien n’empêche de pratiquer ces activités aux côtés d’autres personnes touchées, elles aussi, par une amnésie post-traumatique. Des groupes de paroles ont ainsi vu le jour au sein de certaines associations. Loin de remplacer la thérapie, ces cercles la complètent : chacun y trouve un cadre sécurisant où raconter son histoire et partager son vécu, sans redouter le regard des autres.

La bienveillance règne dans cet espace d’expression, où le partage d’expériences favorise la guérison. Écouter les autres, déjà, atténue le sentiment de solitude et aide à déculpabiliser. Vous pouvez ensuite mettre votre propre vécu en regard de celui des autres participants : cette confrontation permet de découvrir en vous des ressources nouvelles, sur lesquelles vous appuyer pour avancer.

Et si rencontrer d'autres personnes en face à face vous paraît hors de portée pour le moment, sachez qu'il existe sur internet des groupes privés ainsi que des forums où chacun peut s'exprimer librement. On y découvre des témoignages, des trajectoires de vie qui permettent de mettre votre propre histoire et vos ressources en perspective. Ces espaces virtuels sont aussi une source de soutien.

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Clé 6 : retrouver confiance et estime

Un travail sur la confiance et l’estime personnelle constitue une autre étape déterminante pour se reconstruire après un choc psychologique violent qui a provoqué une amnésie traumatique. Le rapport à soi-même sort en effet souvent abîmé d’un traumatisme. Culpabilité, honte, dégoût… Le regard que vous portez sur vous-même, tout comme la valeur que vous vous accordez, en a probablement été blessé.

Face à l’événement, la sidération puis la dissociation se sont enclenchées : votre cerveau s’est déconnecté pour assurer votre survie, ce qui vous a privé de toute capacité d’action. Un sentiment de culpabilité en découle parfois. On se reproche d’être resté passif. Si vous ressentez cela, rappelez-vous une chose : agir était tout bonnement impossible. Vous défendre ou intervenir ne dépendait pas de votre volonté, puisque c’est votre propre cerveau qui a imposé cette réaction.

Le sentiment d’imposture, tout comme la honte, apparaît souvent chez les personnes ayant subi des violences, en particulier lorsque les paroles humiliantes de l’agresseur ont été intériorisées. Victime de manipulation ou de harcèlement, vous pouvez même finir par vous percevoir vous-même comme pervers.

Il se peut que vous ayez du mal à trouver votre place, et parfois même que vous en veniez à penser ne pas mériter de vivre. Ce sentiment est renforcé quand le soutien de vos proches n’est pas adapté, notamment s’ils vous reprochent votre absence de réaction.

Grâce à la psychothérapie, vous pourrez explorer les émotions que vous éprouvez envers vous-même, et vous serez en même temps soutenu dans le cheminement vers une confiance retrouvée.

Cette étape se révèle fondatrice : elle vous permet de réapprendre, pas à pas, à avoir foi en vous-même et en vos capacités, pour parvenir peu à peu à vous reconstruire :

  • Un environnement sécurisé ;
  • Du lien aux autres, socialement, mais aussi affectueusement ;
  • De nouveaux projets, activités et passions.

Clé 7 : traiter les comorbidités

Souvent liée à un état de stress post-traumatique, l'amnésie traumatique s'accompagne fréquemment de troubles associés qui compliquent le tableau. Pour combler un manque, soulager la douleur ou apaiser la souffrance, vous avez peut-être eu recours à des substances psychoactives. Cela peut concerner certains médicaments — anxiolytiques ou antidépresseurs, par exemple —, mais aussi l'alcool ou des drogues.

Répété, cet usage peut toutefois devenir toxique, jusqu'à provoquer une addiction : ce trouble vous rend incapable de réduire ou de stopper votre consommation, malgré l'ensemble des conséquences qu'elle entraîne sur votre santé comme sur votre vie.

Il en va de même pour les troubles du comportement alimentaire : la boulimie ou l'hyperphagie, qui présentent de nombreux points communs avec l'addiction à la nourriture, touchent souvent les personnes marquées par un traumatisme psychologique. Ces pathologies, hélas, ont des conséquences néfastes tant sur le plan physique que psychique.

Après un choc émotionnel, deux autres pathologies psychiatriques apparaissent fréquemment : les troubles anxieux, dont les manifestations vont des phobies aux attaques de panique en passant par les troubles obsessionnels compulsifs, et le syndrome dépressif. Un deuil difficile à traverser, comme celui d'un enfant en période périnatale, peut également favoriser leur développement.

Se reconstruire suppose donc que ces pathologies associées soient elles aussi soignées : au-delà de leur statut de symptômes liés au traumatisme, elles génèrent une souffrance réelle et pèsent lourdement sur votre vie de tous les jours.

Pour aller plus loin : Deuil pathologique — 10 signaux qui montrent que vous restez bloqué dans votre perte

Clé 8 : Bien s’entourer

Le soutien de proches dignes de confiance, capables d’écouter sans juger et avec bienveillance, contribue de façon déterminante à votre reconstruction au quotidien. Vous êtes d’ailleurs en droit de suspendre certaines relations le temps nécessaire. Pour les aidants, cependant, se confronter à la violence de ce que vous avez vécu signifie affronter une réalité brutale, dont l’horreur dépasse bien souvent ce qu’ils peuvent concevoir.

Sur le plan émotionnel, la sollicitation qu'ils subissent est intense. Ils n'ont pourtant pas les moyens de préserver leur équilibre psychique. Face à certaines conséquences psychotraumatiques de votre vécu, il arrive qu'ils se sentent démunis, parfois même ébranlés : les grilles de lecture nécessaires pour saisir et interpréter ce qui se joue leur font souvent défaut.

Hélas, ces témoins indirects, exposés à la détresse et à la souffrance d’un proche cher, peuvent eux-mêmes développer certains troubles : stress post-traumatique, états anxieux ou dépressifs. Il arrive aussi que, malgré eux, ils réagissent avec irritation ou, au contraire, présentent une forme d’anesthésie émotionnelle.

Afin que votre reconstruction porte ses fruits et que l'accompagnement couvre chaque dimension de votre existence, vous pouvez associer les personnes proches qui vous épaulent en les orientant vers des groupes de parole ou des sessions de formation. Elles saisiront ainsi les mécanismes des violences et leurs répercussions. Leur propre risque de psycho-trauma s'en trouvera également réduit.

Qu'avez-vous retenu ?

4 questions pour tester ce que vous avez appris sur l'amnésie traumatique

Question 1 / 4

Qu'est-ce que l'amnésie traumatique ?

L'amnésie traumatique correspond à une perte de mémoire, partielle ou totale, concernant un événement bouleversant, fréquente chez les victimes de violences.

Question 2 / 4

Selon l'article, quel mécanisme le cerveau enclenche-t-il face au trauma ?

La dissociation de sauvegarde, concept développé par Muriel Salmona, déconnecte les émotions et la mémoire quand le cerveau est submergé.

Question 3 / 4

Pourquoi commencer une psychothérapie est-il présenté comme indispensable ?

L'accompagnement doit prendre en compte les violences subies et cibler la mémoire traumatique, sinon les symptômes se maintiennent.

Question 4 / 4

Quel est l'objectif de soigner la mémoire traumatique ?

Le travail thérapeutique vise à transformer la mémoire traumatique en mémoire autobiographique que vous contrôlez de façon consciente, apaisant les symptômes.

Ce qu'il faut retenir

Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr
  • L'amnésie traumatique est une perte de mémoire partielle ou totale liée à un événement bouleversant : le cerveau enclenche une dissociation de sauvegarde pour se protéger d'un vécu trop violent.
  • Cette perte de mémoire peut durer des années, et lorsque les souvenirs ressurgissent, ils reviennent souvent de façon brutale sous forme de flash-backs et de cauchemars déclenchés par des stimuli sensoriels.
  • Un accompagnement spécialisé est indispensable : la psychothérapie (TCC, EMDR, hypnothérapie, thérapies corporelles) permet de traiter la mémoire traumatique et de transformer progressivement les souvenirs en une mémoire autobiographique maîtrisée.
  • La reconstruction passe aussi par la reconnexion au corps, l'expression par l'écriture ou les groupes de parole, le travail sur l'estime de soi et la prise en charge des comorbidités comme la dépression, les addictions ou les troubles anxieux.
Synthèse générée par Aurora · lecture 5 min

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