Oui, il est possible de dépasser un traumatisme psychologique, à condition d'avancer par étapes, à votre rythme, et surtout de ne pas rester seul face à votre souffrance.
Comment savoir si votre traumatisme psychologique n'est pas encore dépassé ?
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- Les images qui reviennent — la scène ressurgit malgré vous, déclenchée par un bruit, une odeur ou un lieu.
- L'évitement permanent — vous fuyez les situations ou personnes qui rappellent le choc, même plusieurs mois après.
- Les compensations à risque — nourriture, alcool ou jeux servent à mettre les souvenirs douloureux à distance.
Que faire concrètement pour surmonter un traumatisme psychologique ?
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- La parole en confiance — vous choisissez à qui vous confier : proche, groupe de parole ou forum anonyme.
- L'accompagnement d'un thérapeute — vous affrontez le souvenir en sécurité, plutôt que d'y faire face seul.
- Les besoins essentiels — bien dormir, manger équilibré et vous ancrer dans le présent soutiennent votre reconstruction.
Prenez le temps qu'il vous faut : consulter un professionnel reste le geste le plus sûr pour apprendre, peu à peu, à vivre apaisé avec ce que vous avez traversé.
La douleur éprouvée, tout comme la souffrance ressentie ou encore les répercussions psychotraumatiques, compliquent fortement toute projection vers la guérison. C’est encore plus vrai quand le trouble remonte à loin, ou lorsqu’une amnésie le dissimule. Soigner son traumatisme reste néanmoins envisageable.
Autres questions
Comment se libérer d'un traumatisme psychologique ?
Se libérer d'un traumatisme repose sur plusieurs leviers complémentaires : verbaliser ce que l'on ressent auprès de proches de confiance, d'associations ou de groupes de parole ; demander un soutien précis à son entourage ; accueillir ses émotions sans les juger ; et surtout suivre une psychothérapie adaptée, qui reste l'outil central pour intégrer le trauma en sécurité.
Quels sont les symptômes possibles après un traumatisme psychologique ?
Après un événement traumatique survient d'abord une phase de stress aigu, temporaire, marquée par l'agitation, le bouleversement et la tristesse. Si le stress se chronicise, un état de stress post-traumatique peut s'installer. Peuvent aussi apparaître une amnésie traumatique, des reviviscences déclenchées par une odeur ou un lieu, et des mécanismes dissociatifs comme la dépersonnalisation ou la déréalisation.
Quel est le traumatisme le plus difficile à guérir ?
Les traumatismes liés à des situations répétées et continues, sur lesquelles la personne n'a aucun contrôle, sont souvent les plus complexes à dépasser, comme un harcèlement professionnel aboutissant à un psychotraumatisme au travail. Ils diffèrent des traumas uniques comme un attentat, une catastrophe naturelle, la mort inattendue d'un proche ou un viol.
Comment aider un proche victime d'un choc psychologique ?
Pour soutenir un proche, ne minimisez pas sa souffrance, ne banalisez pas son expérience et ne la comparez pas à d'autres. Proposez de l'aide, restez disponible et à l'écoute, encouragez avec bienveillance l'expression des émotions sans forcer la confidence. Évitez de critiquer ses réactions, de la culpabiliser ou de décider à sa place.
Comment dépasser un traumatisme psychologique ?
Guérir d’un traumatisme psychologique reste accessible, à condition de s'accorder du temps et de s'impliquer personnellement dans la démarche. Nous vous proposons ici un parcours en 12 étapes pour surmonter un psychotraumatisme.
Étape 1 : parler de votre traumatisme psychologique
Après un choc traumatique, beaucoup se réfugient d'abord dans le mutisme. Ce silence s'installe, se prolonge, et finit par peser lourdement. Avec le temps, les émotions douloureuses s'accumulent, formant un trop-plein dont on peine ensuite à s'extraire.
Pourtant, pour surmonter un trauma, une chose reste essentielle : parler des souffrances ressenties et vécues. Verbaliser, autrement dit, poser des mots sur ce que vous éprouvez.
Le premier pas peut consister à vous ouvrir à des personnes de confiance dans votre entourage. Le choix vous appartient entièrement : décider à qui vous confier sur votre psychotraumatisme ne regarde que vous, et nul ne peut vous l’imposer.
Si l'idée de vous confier à vos proches ou à vos amis vous semble impossible, tournez-vous vers des associations organisant des groupes de paroles. Ces lieux offrent une sécurité complète. Vous pourrez y parler sans retenue de ce que vous avez traversé, tout en bénéficiant de l'appui des autres participants.
Au sein de ces cercles, chacun peut échanger autour de son expérience individuelle et ainsi comparer les récits, les ressources et le cheminement des autres participants : il s'agit donc d'un espace précieux pour recueillir des clés, prendre de la distance et, pas à pas, avancer vers le dépassement de son traumatisme psychologique.
Et si aucune de ces options ne vous paraît possible, sachez qu’il existe sur internet des forums et des groupes privés où l’on peut échanger et écrire anonymement. Là encore, vous pourrez partager ce que vous avez vécu et vous livrer sur votre histoire traumatique.
Étape 2 : demander de l’aide à un proche
Formulez explicitement votre besoin d’aide, ainsi que la manière dont vous aimeriez qu’elle se concrétise. Soyez direct.e, sans détour. Précisez aussi ce qui vous heurte ou ne vous semble pas adapté. Autre possibilité : faire part de vos déclencheurs traumatiques afin que votre entourage sache les contourner — éviter de vous surprendre en s’approchant sans prévenir, ne pas élever la voix, etc.
Ces informations sont nécessaires à votre entourage : sans formation au psycho-trauma, vos proches ignorent le plus souvent comment s'y prendre.
De fait, les répercussions d'un choc émotionnel et psychologique restent méconnues de certaines personnes : sans en avoir vraiment l'intention, elles risquent alors de faire naître chez vous un sentiment de culpabilité, notamment lorsqu'elles vous pressent de « tourner la page ».
Face à de telles réactions, vous pouvez vous sentir dépassé.e ; si la situation devient trop lourde à porter, rien ne vous interdit de suspendre temporairement cette relation.
Par ailleurs, nul n’a le droit de décider à votre place ni de vous dicter une manière d’être. Vous pourriez donc être conduit.e à trier votre entourage, de façon passagère ou définitive.
Étape 3 : considérer ses émotions
La troisième étape vous invite à accueillir ce que vous ressentez et à replacer chaque émotion dans le contexte de l'expérience traumatique vécue.
La charge émotionnelle générée par un traumatisme psychologique est particulièrement intense. Or, pour dépasser celui-ci, il est nécessaire de prendre en compte toutes les émotions que le trauma a fait naître. Elles surgissent sans que vous les choisissiez, un peu à la manière de signaux neutres : chacune vous transmet un message, afin que vous puissiez ensuite réagir de façon adaptée.
Or comprendre vos émotions et ce qu’elles cherchent à vous dire suppose d’accepter de les accueillir pleinement, y compris celles qui semblent les plus pénibles à éprouver. Les prendre en compte est nécessaire pour pouvoir agir sur elles.
Mettre un nom précis sur ce que l'on ressent n'a rien de simple, et les affects qui nous submergent restent parfois difficiles à cerner.
Des outils accessibles peuvent vous accompagner dans cette démarche : la roue des émotions, élaborée par Robert Plutchik, psychologue, propose ainsi un large éventail de termes pour nommer ce que vous éprouvez. Vous pouvez aussi vous interroger simplement. « Que suis-je en train de ressentir ? », « D'où vient cet état dans lequel je me trouve ? » : ces questions constituent un bon point de départ.
Autre piste : tenez un journal quotidien de vos ressentis. Notez ce qui traverse votre esprit, puis observez comment ces pensées se relient aux sensations que votre corps exprime et aux émotions qui les accompagnent. Adoptez un regard aussi neutre que possible. N'essayez ni de corriger ni de transformer ce qui émerge en vous ; contentez-vous de l'observer. Une respiration profonde, un travail d'ancrage, un accueil sans jugement de ce que vous vivez : cette démarche peut être approfondie par la méditation de pleine conscience. Rendue populaire par Jon Kabat-Zinn et son programme MBSR, cette pratique développe votre capacité d'attention au moment présent et offre, entre autres bénéfices, un meilleur contrôle du stress.
Étape 4 : comprendre le fonctionnement du traumatisme
Comprendre la manière dont le corps et le cerveau répondent à un choc violent, qu'il soit physique et/ou émotionnel, constitue une autre condition pour dépasser un traumatisme psychologique.
Le trauma résulte d'une expérience d'une gravité extrême, au cours de laquelle votre intégrité, qu'elle soit physique ou psychique, s'est trouvée menacée.
Parfois, il découle d’un événement isolé : un attentat, une catastrophe naturelle, la mort inattendue d’un proche ou un viol, par exemple. Mais il peut aussi résulter de circonstances qui se répètent dans la durée et échappent au contrôle de la victime, tel un harcèlement
professionnel aboutissant alors à un traumatisme psychologique au travail.
Dans un premier temps, juste après l'événement, survient une phase dite de stress aigu. Elle ne dure pas. Agitation, bouleversement, tristesse : la victime traverse alors ces états. Vient parfois — mais ce n'est pas une règle — un second stade, celui de la chronicisation. Le stress s'inscrit alors dans le temps et laisse place à un trouble durable, connu sous le nom d'état de stress post-traumatique, que décrivent à la fois le DSM-5 et la CIM-11, cette dernière étant la classification établie par l'OMS.
Chez certaines victimes, le vécu traumatique entraîne une rupture entre les souvenirs et les émotions qui leur sont associées. Ces souvenirs existent toujours. Mais la scène a été si insupportable, si douloureuse, que le cerveau a choisi de l'enfouir afin de protéger la personne : impossible, dès lors, d'accéder à ces éléments. C'est ce qu'on nomme l'amnésie traumatique, c'est-à-dire un oubli partiel ou total de l'événement.
Le cerveau peut aussi déclencher, quand des éléments ravivent la scène traumatique, certains mécanismes de dissociation destinés à vous protéger. C'est le cas de la dépersonnalisation ou la déréalisation, deux manifestations que répertorie le DSM-5.
Un traumatisme resté enfoui peut toutefois refaire surface sans prévenir. Il suffit qu’un élément déclencheur s’en mêle — un lieu, une odeur, une simple question. Vous risquez alors de revivre l’événement dans son intégralité, avec parfois une sensation de perdre pied qui aggrave les séquelles psychologiques existantes.
Étape 5 : suivre une psychothérapie pour surmonter un traumatisme psychologique
La psychothérapie est le socle sur lequel s'appuyer pour dépasser votre blessure psychologique.
Cette étape est indispensable : elle rend possible le fait de vous exposer au souvenir traumatique dans un cadre pleinement sécurisé. Se confronter à la peur vécue appartient au parcours thérapeutique ; c'est ainsi que vous retrouverez la maîtrise de votre existence, et celle de vos émotions.
Aucun outil ne fait mieux pour intégrer votre trauma. Ce qui le rend si complexe à saisir, c'est justement son caractère insaisissable : il erre, sans appartenir vraiment au passé ni au moment présent, flottant entre ces deux temps, et il ressurgit par instants. Un travail mené à bien sur ce vécu lui permettra de s'inscrire correctement dans votre mémoire.
Lorsqu'un traumatisme inconscient reste dissimulé derrière une amnésie traumatique totale, un suivi thérapeutique s'impose aussi, afin de révéler le traumatisme psychologique au sein d'un cadre sécurisant. Ramener à la surface les événements difficiles constitue une démarche éprouvante, souvent pénible. Le corps entier en subit les effets, tant sur le plan cognitif que biologique et émotionnel. C'est pourquoi la thérapie exige un climat de confiance et le recours à des protocoles appropriés.
Soigner un traumatisme psychologique avec l’EMDR (Eye Movement Desentitization and Reprocessing) constitue une première piste. Face à ce type de vécu, cette approche figure parmi les mieux adaptées ; elle a du reste servi à accompagner des militaires touchés par un stress post-traumatique.
L’EMDR est une technique qui désensibilise puis retraite l’information traumatique par des mouvements oculaires. Le thérapeute effectue des gestes de balancier avec ses doigts devant les yeux et le patient les suit sans bouger la tête. En même temps, il décrit son activité psychique en revivant l’incident. L’efficacité de cette thérapie est prouvée.
D’autres solutions sont envisageables : les thérapies cognitives et comportementales (TCC), le recours à l’hypnose… Libre à vous de faire le choix qui vous convient le mieux, dans lequel vous vous sentez le plus à l’aise. Le plus important est d’avoir à faire à un.e psychothérapeute compétent.e, dans un cadre bienveillant dans lequel vous êtes en sécurité et libre de partager vos maux et vos affects.
La thérapie est indispensable pour soigner les traumas, car s’y confronter soi-même peut se révéler dangereux, d’autant plus qu’il n’est pas toujours évident de se nettoyer du passé soi-même.
Le traumatisme transgénérationnel, par exemple, est tellement ancré dans l’histoire familiale qu’en sortir seul.e est quasiment impossible.
Le deuil pathologique, dont peuvent souffrir les personnes qui vivaient une relation fusionnelle avec le défunt, nécessite, lui aussi, un accompagnement psychique.
Dans tous les cas de figure, de la séparation amoureuse au traumatisme psychologique après une agression, il s’agit de transformer l’expérience douloureuse en apprenant à exister avec, comme une partie de soi qui s’éclaire enfin, qui reprend sa place et porte un sens. C’est ce qu’on appelle la résilience.
Étape 6 : travailler sur ses fausses croyances
Travailler à surmonter un traumatisme psychologique implique aussi de se pencher sur les répercussions que l'événement a laissées en vous. Que la blessure remonte à l'enfance ou qu'elle soit apparue plus tard, elle peut engendrer de fausses croyances sur votre propre personne. Le plus souvent, ces idées erronées échappent à votre contrôle. Elles grignotent progressivement votre estime personnelle, jusqu'à vous convaincre de leur véracité. Et pourtant, il ne s'agit que de pensées… qui vous mentent ! Lorsque votre esprit vous souffle, par exemple, que vous n'avez aucune compétence ou que votre place n'est pas légitime, prenez le temps de l'interroger : cette idée correspond-elle à la réalité ? Quel fait tangible vient l'appuyer ? M'apporte-t-elle du bien ou, au contraire, me nuit-elle ? Par quelle réflexion plus fidèle à la réalité puis-je la remplacer ? Vous arrive-t-il de vous sentir responsable de ce qui s'est produit ? Dans ce cas, éloignez-vous un instant de votre ressenti et regardez la situation de l'extérieur. Si une amie ou un membre de votre famille vivait la même chose, porteriez-vous sur elle un jugement identique ? Certainement pas : l'empathie et la bienveillance guideraient votre regard. Et si ce travail de déconstruction vous semble hors de portée, sachez qu'un accompagnement thérapeutique peut vous fournir de nombreux outils pour y parvenir.
Étape 7 : commencer un traitement médicamenteux
À la suite d’un traumatisme psychologique, un stress post-traumatique peut se développer. Il se manifeste entre autres par des reviviscences, une hypervigilance et des difficultés de sommeil. D’autres affections dites co-morbides s’y ajoutent parfois : anxiété, dépression, conduites addictives ou troubles alimentaires.
Ces pathologies traduisent votre souffrance psychique ; certaines font aussi office de soulagement provisoire, comme lorsque l’alcool ou la nourriture deviennent des refuges.
Pour apaiser ces manifestations et les symptômes qui les accompagnent, un traitement médicamenteux peut compléter la thérapie et apporter un réel soulagement. Retrouver un sommeil de meilleure qualité, espacer les crises de panique, stabiliser l’humeur : cette béquille chimique se révèle souvent nécessaire.
Étape 8 : gérer le stress
Dans le traumatisme psychologique, le stress occupe une place majeure. Il se réactive dès qu'un déclencheur évoque l'événement vécu : une odeur, un bruit, un lieu... Peu à peu, la thérapie vous aidera à mieux composer avec l'anxiété qui l'accompagne. Rien ne vous empêche, en parallèle, de mettre en place vos propres stratégies afin d'anticiper les circonstances stressantes.
Commencez par recenser tous les déclencheurs qui vous angoissent, ainsi que les situations de reviviscence associées. Cet exercice vous semble ardu ? Réalisez-le alors avec votre thérapeute, ou aux côtés d’un proche en qui vous avez confiance. Grâce à cette liste, vous pourrez anticiper vos réactions afin de mieux affronter ces moments et réguler votre stress. Chacun a ses propres ressources : certains sortiront respirer à l’air libre, quand d’autres préféreront écouter une musique apaisante. Pour chaque déclencheur identifié, demandez-vous quelle réponse fonctionne le mieux pour vous.
Puis, si vous vous en sentez capable, tournez-vous vers une pratique sportive. Bouger déclenche en effet dans l'organisme toute une cascade hormonale, source de détente, d'équilibre et de bien-être. Choisissez ce qui vous plaît vraiment. Interrogez-vous : de quoi votre corps et votre esprit ont-ils envie ?
- Se défouler : essayez la boxe ;
- Se reconnecter : tentez le yoga ;
- Se réveiller : marchez au grand air ;
- S’apaiser : plongez dans l’eau.
Le sport ne se contente pas de dénouer vos tensions et de réguler vos états de stress : c'est aussi un précieux allié pour vous réconcilier avec votre corps, lui aussi marqué par le traumatisme.
Étape 9 : prendre soin de soi
À la suite d’un choc traumatique, s’occuper de soi passe rarement en tête des préoccupations. Quand le deuil vous submerge ou que les blessures restent trop vives, s’écouter devient compliqué. Traverser des moments où plus rien ne semble faisable, pas même respirer, est parfaitement légitime.
Néanmoins, en parallèle du travail de reconstruction que vous menez pour surmonter cette épreuve, il devient peu à peu indispensable de vous offrir ce socle minimal qui soutient votre équilibre.
Une alimentation équilibrée et un sommeil suffisant : votre guérison repose en partie sur ces deux piliers. Pour épauler votre mental et votre esprit, votre corps réclame de la force et de l’énergie. Ces moments peuvent d’ailleurs devenir des occasions de plaisir et de partage : un déjeuner en famille ou entre amis, un goûter organisé avec un groupe de parole en ligne, un atelier de cuisine…
Côté nuits, des rituels apaisants peuvent vous accompagner vers le repos : une tisane de camomille ou de valériane, quelques pages d’un livre ou d’une bande dessinée, un éclairage doux… À vous d’inventer ce moment cocon, celui qui vous conduira vers un sommeil réparateur.
Étape 10 : se reconnecter à l’instant présent
Aucun parcours ne ressemble à un autre : les personnes diffèrent, tout comme les histoires, les vécus et les traumatismes, qui prennent chez chacun une forme singulière. Inutile, donc, de chercher à précipiter les choses. Guérir d'une telle blessure demande du temps. Pour se reconstruire sans sauter d'étape, il faut accepter d'avancer pas à pas, en respectant sa propre cadence : c'est une condition indispensable de la progression. Là où trois mois suffiront à certains, d'autres auront besoin de deux années. Une blessure de rejet remontant à l'enfance ne se traite pas comme un simple rhume. Après un trauma, des états dissociatifs peuvent survenir : l'ancrage fait alors défaut. Le corps est présent, mais l'esprit flotte quelque part entre deux réalités... Toute la difficulté du traumatisme tient à ce mouvement permanent de retour vers l'événement, nécessaire pour progresser : les pensées oscillent entre passé et avenir, l'envie d'en terminer pousse à accélérer, et le moment présent finit par être négligé. Or, s'enraciner dans l'ici et maintenant reste vital. Pour cultiver cette présence et savourer l'instant, accordez-vous quelques minutes de pause en mobilisant chacun de vos sens : respirez l'air qui entre dans vos narines, laissez l'herbe caresser vos pieds, prêtez l'oreille au souffle du vent, décrivez ce qui s'offre à votre regard, goûtez pleinement votre café... La pleine conscience vous invite à ralentir, tout en vous offrant ancrage et apaisement. Une pratique quotidienne de la méditation peut prolonger ces instants.
Étape 11 : commencer une activité artistique
S’accorder du temps fait du bien ; le consacrer à des activités inédites représente l’une des ultimes étapes du chemin.
Lancez-vous dans un projet qui vous tient à cœur — apprentissage d’une langue, décoration d’une pièce à repenser, reconversion professionnelle — ou osez enfin ce que vous remettiez sans cesse à plus tard. Malgré toute la douleur endurée, gardez ceci en tête : une existence nouvelle s’ouvre désormais devant vous.
Vos mécanismes, vos schémas, vos façons de fonctionner, jusqu’à votre identité : tout cela, vous l’avez déconstruit avant de le rebâtir. Ce qui a été perdu servira de matière à une nouvelle création. Cette sublimation peut emprunter des chemins très divers.
Elle passe parfois par le lien aux autres, comme s’engager bénévolement dans des groupes de paroles ou participer à des actions de prévention. Elle prend d’autres fois la forme d’une expression artistique : écriture, peinture, sculpture, danse, chanson… Votre créativité devient alors une passion, mais aussi un levier thérapeutique précieux pour la reconstruction après un trauma psychologique.
Étape 12 : vivre avec le traumatisme
Chacune des étapes franchies jusqu'ici a fait appel aux ressources qui existaient déjà en vous. Le travail thérapeutique, lui, vous a transmis des outils utilisables jour après jour. Cicatriser et dépasser le traumatisme ne signifie pas effacer l'événement de votre mémoire, ni le reléguer dans un recoin pour redevenir la personne que vous étiez avant. Personne ne le peut.
Guérir, ici, veut dire autre chose : penser à votre trauma sans être submergé.e par la douleur ni par la souffrance. C'est apprendre à composer avec lui, en acceptant ce qui a eu lieu. Cette capacité de résilience vous appartient. Elle se conjugue à un épanouissement post-traumatique dont le moteur n'est autre que votre force personnelle.
Quelles sont les conséquences d'un traumatisme psychologique non dépassé ?
Après un traumatisme, solliciter le soutien de son entourage compte beaucoup, tout comme se tourner vers des professionnels de santé : c'est ainsi que la cicatrisation devient possible. Faute d'une prise en charge adaptée, ce choc émotionnel risque d'entraîner des conséquences sur le corps comme sur le psychisme, parfois sans même que la personne s'en rende compte.
Conséquence n°1 : rester coincé dans un état de stress constant
À la suite d'un événement traumatique, un état de stress s'installe fréquemment — et c'est une réaction tout à fait normale. Certains symptômes reviennent alors de façon typique : la scène du trauma resurgit sans cesse dans votre esprit, et vous fuyez les lieux ou les personnes qui rappellent ce choc émotionnel. Mais attention. Si le choc psychologique reste sans prise en charge, ces mécanismes persistent au-delà de plusieurs mois et risquent de provoquer, avec le temps, une hyperactivité du système nerveux.
Conséquence n°2 : souffrir de troubles du comportement alimentaire
Les troubles compulsifs alimentaires figurent parmi les répercussions que peuvent laisser les violences après un traumatisme, notamment lorsqu'il s'agit de violence sexuelle, conjugale ou subie durant l'enfance. Lorsque le trauma n'a pas été pris en charge, la victime peut mettre en place des stratégies d'évitement et chercher à exercer un contrôle sur son alimentation. Ainsi, après une agression sexuelle, certaines personnes grossissent délibérément. Leur objectif ? Effacer de leur mémoire, ou de celle des autres, l'apparence physique qui était la leur au moment des faits.
Conséquence n°3 : subir des blessures émotionnelles
Subir un choc, qu’il soit physique ou psychologique, nous rend aussitôt vulnérables, sans que nous l’ayons choisi, durant toute cette phase de stress. Une telle fragilité laisse le champ libre aux blessure émotionnelles parfois déjà enfouies en soi : elles ne se révèlent qu’à la faveur de la brèche provoquée par le choc. D’autres, à l’image de la blessure de rejet, naissent précisément après un traumatisme, puis se rouvrent dès qu’un élément déclencheur survient.
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Conséquence n°4 : sombrer dans les addictions
Le syndrome de stress post-traumatique toucherait jusqu’à 60 % des personnes concernées par une addiction. Après la dépression, ce sont d’ailleurs les conduites addictives qui apparaissent le plus souvent quand un choc émotionnel reste sans prise en charge. Le mécanisme est simple : atténuer le poids du vécu en s’appuyant sur une dépendance, quelle qu’en soit la forme — alcool, jeux d’argent, substances illicites, etc. Vous cherchez ainsi, l’espace d’un moment, à mettre ces souvenirs à distance. Une manière de duper votre cerveau pour effacer ce choc.
Conséquence n°5 : atteindre un état dépressif
Le stress post-traumatique entretient hélas des pensées négatives constantes, qui pèsent lourdement sur l’équilibre psychologique. Au point, parfois, de vous convaincre que rien de bon ne peut plus arriver. Face à des idées noires, ne tardez pas : parlez-en à votre entourage et consultez un professionnel de santé, car un accompagnement médical devient alors indispensable. Il est aussi possible de ressentir des symptômes sans en identifier l’origine, tout simplement parce qu’une amnésie traumatique est à l’œuvre. Le choc émotionnel, enfoui par votre esprit, refait surface autrement, à travers ces manifestations douloureuses.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur le dépassement d'un traumatisme psychologique
Question 1 / 4
Selon l'article, quelle est la première étape pour surmonter un psychotraumatisme ?
Question 2 / 4
Quel outil est cité pour aider à identifier ses émotions ?
Question 3 / 4
Comment l'article nomme-t-il la perte de mémoire liée à un événement traumatique ?
Question 4 / 4
D'après l'article, quelle thérapie utilise des mouvements oculaires pour retraiter l'information traumatique ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- Surmonter un traumatisme psychologique demande du temps et un investissement personnel : parler de son vécu à des proches de confiance, en groupe de parole ou en ligne constitue la première étape essentielle.
- La psychothérapie est la pierre angulaire du travail sur le trauma : EMDR, thérapies cognitives et comportementales (TCC) ou hypnose permettent de s'exposer au souvenir traumatique dans un cadre sécurisé.
- Des actions au quotidien soutiennent la reconstruction : accueillir ses émotions, gérer le stress et ses déclencheurs, prendre soin de son sommeil et de son alimentation, pratiquer la pleine conscience ou une activité artistique.
- Sans prise en charge, un trauma peut entraîner des conséquences durables : stress chronique, troubles du comportement alimentaire, addictions ou état dépressif, d'où l'importance de demander de l'aide à des professionnels de santé.


