Si vous avez l'impression d'être détaché de votre propre corps ou que le monde vous semble irréel, comme derrière un voile, vous vivez peut-être un épisode de dépersonnalisation ou de déréalisation.
Comment reconnaître la dépersonnalisation et la déréalisation ?
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- L'impression d'être spectateur — vous observez vos gestes et vos paroles comme s'ils venaient de quelqu'un d'autre.
- Un monde comme irréel — votre environnement paraît lointain, comme dans un rêve ou un film, et le temps semble déformé.
- Des émotions en sourdine — vous ressentez un vide émotionnel, la joie ou la tristesse vous semblent distantes.
Que faire pour en sortir ?
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- Les techniques d'ancrage — la respiration, la cohérence cardiaque ou la méditation vous aident à calmer l'angoisse sur le moment.
- Un accompagnement thérapeutique — un psychologue vous aide à comprendre vos déclencheurs et à retrouver vos repères.
- Un journal des épisodes — noter vos ressentis vous permet de repérer les situations à risque et d'en parler en séance.
Ces épisodes ne signifient pas que vous devenez fou : en parler à un professionnel de la santé mentale est le premier pas pour retrouver, progressivement, le lien avec vous-même.
Définition : qu’est-ce que la dépersonnalisation et la déréalisation ?
Le trouble de dépersonnalisation / déréalisation figure au sein du Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux, dont l'Association Américaine de Psychiatrie (APA) assure la publication et dont l'édition actuelle est le DSM-5. Classé parmi les troubles dissociatifs, il se définit par des épisodes durables ou répétés durant lesquels la personne se sent détachée de son corps, de son environnement, ou des deux à la fois.
Dans le cas de la dépersonnalisation, c'est le lien avec son propre corps qui semble rompu. La personne concernée se vit comme un observateur de son corps, perçoit son « soi » comme absent ou irréel, et peut ressentir des engourdissements physiques accompagnés d'une indifférence émotionnelle. Ses gestes semblent parfois s'exécuter seuls. Ses pensées paraissent se former sans elle. Elle a alors le sentiment d'être en mode pilote automatique.
La déréalisation renvoie pour sa part à la sensation d’être coupé du monde extérieur tel qu'il existe vraiment. C'est cette fois l'environnement dans son ensemble, ou les objets qui le composent, qui prennent une apparence irréelle. Au contact d'un objet familier, la personne éprouve des sensations étranges, inédites, et la notion même du temps devient floue à ses yeux. Beaucoup de personnes ayant connu un épisode de déréalisation évoquent la même image : celle d'un voile qui se serait glissé entre elles et le réel.
Ces deux manifestations peuvent apparaître isolément
Autres questions
Quel est le traitement pour la dépersonnalisation-déréalisation ?
On ne traite ce trouble que s'il persiste, se répète ou provoque une réelle détresse, car il disparaît parfois de lui-même en quelques heures à quelques jours. La psychothérapie constitue la base de la prise en charge, et un accompagnement médicamenteux peut être envisagé lorsqu'une anxiété ou une dépression y sont associées.
Quelles sont les causes de la dépersonnalisation/déréalisation ?
C'est généralement l'interaction de plusieurs facteurs qui déclenche cet état : troubles anxieux, traumatismes (maltraitance infantile, abus sexuels, deuil difficile, accident grave), présence d'autres troubles comme le TOC, l'épilepsie, la dépression ou la bipolarité, ainsi qu'un mode de vie propice touchant le sommeil ou l'activité physique. L'anxiété et les traumatismes précoces reviennent le plus fréquemment.
La dépersonnalisation est-elle un symptôme de la dépression ?
Oui, la dépersonnalisation peut apparaître dans le cadre d'une dépression : les personnes souffrant d'un trouble de l'humeur sont plus enclines à vivre ces épisodes de détachement de soi. Elle reste toutefois un phénomène dissociatif distinct, pouvant survenir seule ou accompagner d'autres troubles comme l'anxiété, le TOC ou le trouble dissociatif de l'identité.
La DPDr disparaît-elle complètement un jour ?
Dans la majorité des cas, ces sensations ne durent que quelques heures à quelques jours et s'estompent. Chez environ 2 % des personnes qui en souffrent de façon récurrente, l'état peut persister ou réapparaître, parfois pendant plusieurs années. Un accompagnement adapté aide alors à réduire la détresse et à retrouver ses repères.
Les symptômes de ce trouble
Complexe par nature, la dépersonnalisation / déréalisation demeure un trouble dont le diagnostic pose encore des difficultés. Des instruments validés existent toutefois pour épauler les cliniciens dans l'évaluation de ses manifestations, à l'image de la Cambridge Depersonalisation Scale (échelle de dépersonnalisation de Cambridge), conçue par Mauricio Sierra et German Berrios. L'apparition des symptômes peut être brutale comme graduelle. Leur intensité, elle, fluctue en fonction de l'état dans lequel se trouve la personne.
Voici les signes que l'on rencontre le plus souvent dans ce trouble de la conscience de soi et de l'environnement :
Un détachement de soi
Pendant un épisode de dépersonnalisation, la personne décrit fréquemment une perte de contrôle sur ses paroles et ses actes : elle se trouve alors dans un état d’aliénation. Tout se passe comme si quelqu’un d’autre pensait, parlait et agissait à sa place. L’expérience déroute profondément. Cette étrangeté tient au fait que l’individu se perçoit, durant ce moment, comme un simple observateur de sa propre personne.
La sensation d’irréalité
Avoir l’impression de vivre dans un rêve, dans un film, voire dans un jeu vidéo… Voilà comment perçoit son quotidien une personne atteinte de déréalisation. Elle éprouve un profond détachement à son environnement. Chaque échange avec le monde qui l’entoure lui semble irréel, comme si un voile s’était glissé entre elle et l’ensemble de ce qui l’environne.
Une désorientation cognitive
Face à cette perception altérée, une sensation d'étrangeté s'installe forcément. Un état de confusion gagne alors la personne, qui peut aller jusqu'à une désorientation totale. Comment réagir ? Elle ne le sait plus. Elle constate que, pendant quelques instants, elle n'exerce plus aucun contrôle ni sur elle-même ni sur le fil de ses pensées, et ses repères commencent à se dérober. Complètement perdue, elle peut alors ressentir l’impression de devenir fou.
Un détachement émotionnel
Nos émotions jouent un rôle précieux : elles renseignent le cerveau sur notre état intérieur et l'aident ainsi à identifier nos besoins. Or, lorsqu'une personne traverse un épisode de dépersonnalisation, elle se sent complètement déconnecté de ses émotions. Joie, tristesse, colère ou haine ne disparaissent pas forcément, mais elles semblent ressenties à distance, comme étrangères. C'est ce que l'on nomme le vide émotionnel.
Une altération de la mémoire
La mémoire est touchée dans les deux cas, qu'il s'agisse de déréalisation ou de dépersonnalisation. La personne concernée croit parfois revivre un moment plusieurs fois. Ses souvenirs, y compris les plus proches dans le temps, deviennent difficiles à retrouver. S'y ajoutent des difficultés de concentration* ainsi qu'une distorsion temporelle marquée : percevoir correctement l'écoulement du temps ne lui est plus possible.
Des pensées angoissantes
Prendre conscience que l'on bascule dans un état de conscience altéré déclenche fréquemment des pensées angoissantes. La personne, comprenant peu à peu qu'elle ne contrôle plus ni sa propre personne ni ce qui l'entoure, se sent envahie par l'anxiété, l'angoisse ou la panique. Un cercle vicieux s'installe alors : la peur de devenir fou renforce cet état second et y enfonce l'individu un peu plus.
Un état de sidération
Un épisode de dépersonnalisation ou de déréalisation peut se déclencher au cœur même d’un traumatisme ou d’une agression. Face à des violences physiques ou psychologiques d’une grande intensité (coups, agressions sexuelles, etc), la personne se trouve alors incapable de réfléchir ou même de prendre conscience de ce qui lui arrive à cet instant.
Rappelons une précision essentielle : pour qu’un trouble soit diagnostiqué, ces manifestations doivent présenter un caractère récurrent ou persistant, sans être attribuables à la seule consommation de substances psychotropes ou psychoactives.
Les origines de ce trouble
La dépersonnalisation et la déréalisation ne s’expliquent pas par une origine unique. Le plus souvent, plusieurs facteurs se combinent pour faire émerger cet état de conscience modifiée. Voici ceux que l’on observe le plus souvent :
Les troubles anxieux : l’anxiété se traduit fréquemment par une perte de contrôle de soi. Quand le stress atteint un pic, les sens saturent, et les perceptions sensorielles, émotionnelles et psychologiques de la personne s’en trouvent modifiées.
La présence de traumatismes : traverser des épreuves marquantes ou être exposé à des traumatismes — maltraitances, abus sexuels dans le couple, accident grave, vivre un deuil difficile… — peut provoquer un état de stress post-traumatique, lui-même à l’origine de la dissociation. L’enfance est très souvent en cause
Comment traiter la dépersonnalisation et la déréalisation ?
Bonne nouvelle : la dépersonnalisation comme la déréalisation peuvent être traitées ! Pour sortir de ce cauchemar, c’est le plus souvent en associant différentes approches thérapeutiques que l’on y parvient. Ces solutions reposent sur tout ou partie des 5 méthodes suivantes, qui se complètent entre elles :
- S’informer et avoir conscience du trouble
- Adopter des techniques de gestion du stress
- S’engager dans un processus thérapeutique
- Expérimenter des thérapies alternatives
- Essayer un traitement médicamenteux
Solution n°1 : s’informer et avoir conscience du trouble
Bien que très fréquentes, la dépersonnalisation et la déréalisation demeurent souvent mal comprises du grand public. Pour amorcer un processus de guérison, s'informer constitue le premier pas : découvrir les caractéristiques diagnostiques aide chacun à déterminer s'il se reconnaît dans ces manifestations.
Connaître les causes, les signes cliniques, les tests existants et les pistes thérapeutiques offre la possibilité de réaliser une auto-évaluation, en amont d'une première consultation médicale susceptible de poser le diagnostic. Viennent ensuite deux étapes essentielles : l'entretien clinique et l'examen physique. Ils servent à exclure d'autres pathologies, puis à construire un processus de soin ajusté à la personne.
Le but ? Normaliser la situation. Cela atténue la panique et l'incompréhension qu'elle génère, et aide à dépasser la honte : après tout, une personne sur deux vit ponctuellement ce type d'expérience.
Solution n°2 : adopter des techniques de gestion du stress
Se former à des méthodes psychocorporelles constitue un premier moyen concret pour couper court à l’angoisse déclenchée par la dépersonnalisation. Ces outils comptent beaucoup : la personne devient pleinement autonome, l’angoisse se trouve sous contrôle et, peu à peu, l’anxiété s’estompe.
Quand le stress monte en flèche, les approches de relaxation fondées sur la respiration permettent de l’apaiser. Sophrologie, méditation en pleine conscience, cohérence cardiaque… La méthode choisie compte peu. Le but ne change pas : s’ancrer, reprendre conscience de son corps ainsi que de ses émotions, afin de retrouver le lien avec soi-même.
Vous redoutez la survenue d’un épisode de déréalisation ou de dépersonnalisation ? Pour maîtriser l’angoisse née de cette appréhension, bouger chaque jour est vivement recommandé. L’exercice physique atténue les répercussions du stress et de l’anxiété, mais pas seulement : il permet aussi de s’aérer l’esprit et de se libérer des idées négatives susceptibles de favoriser l’émergence de symptômes.
Le plus souvent, ces outils de gestion du stress s’inscrivent dans une démarche thérapeutique et sont ajustés à la situation de chacun, dans le but de permettre une authentique déconnexion mentale.
Solution n°3 : s’engager dans un processus thérapeutique
La psychothérapie occupe une place centrale : elle permet de remonter aux sources du trouble tout en apprenant à gérer les déclencheurs. Trois approches sont le plus souvent proposées lorsqu'il s'agit d'accompagner les troubles dissociatifs, et celui-ci en particulier :
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : centrée sur les mécanismes de pensée, cette approche vise à repérer les schémas négatifs afin de leur substituer progressivement des schémas plus positifs.
La thérapie psychodynamique : ici, le travail consiste à explorer le vécu passé de la personne. L'objectif ? Mesurer la façon dont ces expériences influencent son fonctionnement présent, notamment l'émergence de manifestations associées aux troubles.
La thérapie de soutien : cette approche privilégie avant tout la dimension émotionnelle. Elle offre à la personne un cadre sécurisant où elle peut déposer, puis évacuer, ce qui nourrit son anxiété. Écoute, parole et partage constituent les piliers de cet accompagnement.
En complément du suivi thérapeutique, tenir un journal peut se révéler utile pour repérer les contextes qui provoquent ou intensifient les symptômes. L'écriture présente plusieurs atouts : elle met en lumière certains éléments dysfonctionnels, conserve une trace des ressentis, compense les troubles de la mémoire propres à ce syndrome, et fournit au psychologue ou au psychothérapeute une matière précieuse sur laquelle s'appuyer pour ajuster, au fil des séances, un protocole adapté.
Solution n°4 : expérimenter des thérapies alternatives
Pour prendre en charge une pathologie, il arrive que l'on associe plusieurs approches à la psychothérapie, dans le but de renforcer les effets du suivi. Ces approches complémentaires sont menées soit par le praticien lui-même, à condition qu'il possède les formations requises, soit par des confrères vers lesquels il oriente son patient. Concernant le traitement du trouble de dépersonnalisation, plusieurs pistes existent : l’hypnose, la programmation neuro-linguistique ou encore l’art thérapie.
Première piste : l'hypnose ericksonienne. Cette thérapie courte agit au niveau de l'inconscient et aide à identifier les traumatismes profonds en lien avec le trouble. Une fois ce traumatisme repéré, le praticien intervient sur les interprétations ou perceptions qui y sont rattachées, ce qui contribue à diminuer la probabilité de souffrir d’épisodes de dépersonnalisation.
De son côté, la programmation neuro-linguistique (PNL) met à disposition tout un éventail d'outils qui aident à mobiliser efficacement ses ressources intérieures lorsqu'il s'agit de faire face au stress. Ancrage, recadrage : ces techniques rendent de précieux services quand l'angoisse monte.
D'autres voies restent possibles… Chanter, danser, dessiner : la créativité aussi peut soigner !
Solution n°5 : essayer un traitement médicamenteux
Aucun médicament n’a été approuvé jusqu’à présent pour soigner complètement le trouble de dépersonnalisation. Certaines molécules permettent toutefois de réduire les symptômes ainsi que les répercussions de ce trouble sur le quotidien.
Les antidépresseurs, habituellement indiqués dans la prise en charge des troubles de l’humeur, agissent sur les neurotransmetteurs dont les variations conditionnent l’état émotionnel.
Les anxiolytiques ciblent plutôt les manifestations physiques associées : palpitations, tétanie, tremblements…
Selon les situations, le médecin peut aussi recourir à certains antipsychotiques ou antiépileptiques.
La prise de ces traitements exige un suivi médical. Chacun d’eux comporte des effets secondaires possibles. Respecter scrupuleusement la prescription reste donc indispensable pour limiter les risques d’effets indésirables.
En complément de ces 5 solutions, préserver un équilibre de vie sain contribue à limiter la survenue de ce phénomène. Dormir suffisamment et bien, adopter une alimentation variée et riche, pratiquer une activité physique de façon régulière : autant d'habitudes qui aident à rendre plus rares les épisodes de déréalisation et de dépersonnalisation.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur la dépersonnalisation et la déréalisation
Question 1 / 4
Que ressent une personne pendant un épisode de dépersonnalisation ?
Question 2 / 4
Selon l'article, quelle part de la population est concernée au cours de sa vie ?
Question 3 / 4
Quel facteur est fréquemment associé à l'origine de ce trouble ?
Question 4 / 4
Que dit l'article sur la possibilité de soigner ce trouble ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- La dépersonnalisation désigne la sensation d'être détaché de son propre corps, tandis que la déréalisation correspond à une impression d'irréalité du monde extérieur. Ces deux phénomènes, classés parmi les troubles dissociatifs, peuvent survenir séparément ou simultanément.
- Ce syndrome toucherait jusqu'à 50 % de la population au moins une fois au cours de la vie, mais il n'est considéré comme un trouble que pour environ 2 % des personnes, qui en souffrent de manière récurrente et avec une réelle détresse au quotidien.
- Les causes sont multiples et souvent combinées : troubles anxieux, traumatismes (notamment liés à l'enfance), autres troubles psychiques comme la dépression ou les TOC, mode de vie déséquilibré ou consommation de substances psychoactives.
- La psychothérapie (TCC, thérapie psychodynamique, thérapie de soutien) est le traitement de première intention. Elle peut être complétée par des techniques de gestion du stress, des approches alternatives comme l'hypnose, et parfois un traitement médicamenteux encadré par un professionnel de santé.
- Le syndrome est généralement déclenché par un pic de stress intense. La sensation de perte de contrôle effraie et peut nourrir l'angoisse au quotidien.
Sources & références
- Étranger à soi-même, Marco Canterino, Cerveau&Psycho, 2011
- Réflexions à propos de la dépersonnalisation, Nicos Nicolaïdis, Revue Française de Psychosomatique, 2005
- Dépersonnalisation : le doute d’exister ? Didier Lauru, Figures de la psychanalyse, 2004
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