Pour repérer un trouble bipolaire chez un proche, observez dans la durée l'alternance entre des périodes d'abattement et des périodes d'énergie inhabituelle, puis encouragez la consultation d'un professionnel de santé, seul habilité à poser un diagnostic.
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Comment repérer et agir concrètement
- Observer le rythme d'activité — Notez si la personne multiplie soudainement les projets et les activités, avant de les délaisser une fois la phase d'excitation passée.
psychologue.fr - Écouter la parole — Soyez attentif à un débit accéléré, un discours foisonnant et des idées qui s'enchaînent très vite, signes possibles d'une phase (hypo)maniaque.
psychologue.fr - Surveiller sommeil et appétit — Repérez une nette réduction du sommeil sans fatigue apparente ainsi qu'une perte d'appétit, deux perturbations physiologiques évocatrices.
psychologue.fr - Identifier les conduites à risque — Prenez au sérieux les dépenses incontrôlées, les prises de risque ou les décisions financières précipitées, qui traduisent une désinhibition.
psychologue.fr - Orienter vers un professionnel — Face à ces signaux, abordez le sujet avec bienveillance et incitez la personne à consulter sans attendre, car un trouble non pris en charge s'aggrave.
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Les différentes dénominations de la pathologie : trouble bipolaire, psychose maniaco-dépressive (terme forgé au début du XXe siècle par le psychiatre allemand Emil Kraepelin) et maniaco-dépression, renvoient toutes à la description d’une alternance entre une humeur dépressive et son contraire, un état dit (hypo)maniaque. Mais alors comment reconnaître la maladie ?
Voici les 8 signes qui indiquent un trouble maniaco-dépressif.
Qu’est-ce que la maniaco-dépression (trouble bipolaire) ?
La maniaco dépression est donc une pathologie de l’humeur au sens où celle-ci va osciller par phases entre ces deux extrêmes : une humeur haute (maniaque ou hypomaniaque) et une humeur basse (dépressive), entraînant pour le maniaco-dépressif, un grand nombre de difficultés et de perturbations émotionnelles, cognitives et psychosociales.
Le trouble maniaco-dépressif apparaît le plus souvent entre 15 et 25 ans, mais il peut rester difficile à identifier en tant que tel avant la survenue du premier épisode maniaque. C’est elle qui va permettre de le distinguer d’une dépression nerveuse ou d’une dépression chronique bipolaire, de poser le diagnostic et de mettre en place un traitement adapté.
Les causes du développement d’une psychose maniaco-dépressive sont multiples et se situent au croisement d’une vulnérabilité psychologique (construction personnelle), génétique et environnementale. On estime aujourd'hui que 1 à 4 % de la population mondiale serait concernée par la maniaco-dépression.
Cependant, ce chiffre est à relativiser, tant la maladie peut être sous-diagnostiquée, en raison des ambiguïtés possibles liées à l’identification du trouble et à l’imbrication jusqu’à un certain point, des symptômes du trouble bipolaire avec ceux d’un trouble dépressif.
Il arrive également que le trouble bipolaire soit confondu avec le trouble borderline car ils peuvent se rejoindre sur certains symptômes, notamment par la présence d’une instabilité de l’humeur et des phases d’émotions négatives.
Il s'agit pourtant de deux troubles bien distincts, dont la prise en charge n'est pas identique.
Classiquement, et en cohérence avec les critères des classifications de référence comme le DSM-5, il est considéré que c’est la nécessité ou non d’une hospitalisation qui vient tracer la ligne de partage et de définition entre un épisode maniaque et un épisode hypomaniaque, soit l’impact de l’épisode au niveau fonctionnel.
Dans le premier cas, le patient ne peut plus mener une vie normale et son fonctionnement social est significativement altéré par l’intensité des symptômes et la survenue possible de symptômes psychotiques additionnels (délire et hallucinations) , alors que dans le second cas, l’activité quotidienne peut être maintenue sans dysfonctionnement majeur.
On peut, en effet, distinguer, conformément aux classifications internationales telles que le DSM-5 et la CIM-11 de l’OMS, deux grands types de troubles bipolaires :
- La bipolarité de type 1 : qui est plutôt définie par l’humeur haute, puisque la présence d’un seul épisode véritablement maniaque dans un parcours individuel suffit pour établir ce diagnostic. Il faut au moins un épisode maniaque avec ou sans épisode dépressif.
- La bipolarité de type 2 : qui est davantage structurée autour de la dimension dépressive, avec un ou plusieurs épisodes dépressifs caractérisés associés à au moins un épisode hypomaniaque. Il est important de noter qu’il est tout à fait possible pour une même personne de connaître à la fois des phases de manie et d’hypomanie. C’est alors l’intensité des symptômes qui peut être amenée à varier en fonction de différents facteurs psychiques et environnementaux.
Un trouble maniaco-dépressif non diagnostiqué et non traité peut avoir de graves impacts sur la qualité de vie et augmenter considérablement le risque suicidaire. En cas de doute, n'hésitez pas à en discuter avec votre entourage et à demander l'aide d'un professionnel de santé.
Comment identifier une personne bipolaire ?
Pour reconnaître l’état maniaco-dépressif d’une personne, certains signes plus concrets peuvent être repérés, vous permettant ainsi de vous alerter sur un potentiel trouble de la bipolarité.
- Signe n°1 : des épisodes dépressifs
- Signe n°2 : des perturbations émotionnelles
- Signe n°3 : une augmentation de l’estime de soi et des idées de grandeur
- Signe n°4 : une agitation et de l’hyperactivité
- Signe n°5 : des perturbations physiologiques
- Signe n°6 : des dérèglements de l’humeur avec des phases maniaques ou hypomaniaques
- Signe n°7 : Un décalage entre le discours de la personne maniaco-dépressive et la réalité
- Signe n°8 : Une désinhibition
Signe n°1 : des épisodes dépressifs
En pratique, rien ne permet de dire avec certitude si un épisode dépressif est isolé, s’il rentre dans le registre d’un trouble dépressif chronique ou bien s’il renvoie à une phase spécifique d’un trouble bipolaire.
Pour autant, l’apparition d’un épisode dépressif avant 25 ans, en post-partum, c’est-à-dire, suite à un accouchement, ou encore le fait que le début de l’épisode soit brutal, non progressif, font partie des indicateurs qui peuvent aider à situer le trouble dans le contexte plus large d’une pathologie bipolaire.
Chez une personne bipolaire, les symptômes d'un épisode dépressif n'ont toutefois rien de particulier.
Ainsi, les caractéristiques sont classiques et renvoient aux symptômes de tout épisode dépressif caractérisé : un sentiment de tristesse permanent, de la fatigue, une perte de plaisir et d’intérêt dans tous les domaines, une tendance à l’auto-dévalorisation, de l’anxiété, des troubles de la concentration, des troubles du sommeil et de l’appétit, un détachement émotionnel, des ruminations, un ralentissement psychomoteur ou encore des idées suicidaires etc…
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Signe n°2 : des perturbations émotionnelles
Les perturbations émotionnelles se traduisent par une labilité émotionnelle importante : des émotions changeantes, une hypersensibilité manifestée par des réponses émotionnelles démesurées par rapport à la stimulation, une difficulté à maîtriser le stress et une tendance à s’ajuster émotionnellement et à adhérer très rapidement aux ambiances selon leur connotation affective.
Il est à noter que de par leur plus grande instabilité émotionnelle, les personnes bipolaires sont aussi plus susceptibles de développer des troubles de l’addiction.
Les personnes bipolaires en phase maniaque ou hypomaniaque vont présenter une forte réactivité émotionnelle au contexte et à l’ambiance, ce qui explique qu’elles puissent facilement être traversées par des émotions intenses en fonction des évolutions de leur environnement et de ce fait vivre des fluctuations d’humeur importantes et être plus disposées à développer des troubles anxieux.
Cette sensibilité émotionnelle particulière est caractéristique de la maladie bipolaire en phase maniaque. Il ne faut cependant pas confondre ces variations quotidiennes de l’humeur avec l’alternance des phases maniaques et dépressives beaucoup plus longues qui caractérisent la bipolarité : si les émotions ont tendance à effectivement fluctuer en phase (hypo)maniaque, l’humeur globale reste haute et n’est pas dépressive à proprement parler.
La bipolarité en tant que trouble psychique au long cours, ne se réduit donc pas à une humeur changeante, comme on peut parfois le penser.
Signe n°3 : une augmentation de l’estime de soi et des idées de grandeur
Un autre des signes de la maniaco-dépression sont des perturbations de la pensée, avec notamment une augmentation de l’estime de soi, des idées de grandeur, voir un sentiment de toute-puissance et des idées mégalomaniaques.
Ainsi une personne maniaco-dépressive peut soudainement tenir des discours grandiloquents sur sa personne, se sentir capable de réaliser de grandes choses, penser qu’un destin incroyable l’attend et faire preuve d’une grande confiance en soi.
Ce sentiment de toute-puissance peut également amener la personne bipolaire à avoir une totale désinhibition et à avoir des comportements à risque : abus d’alcool, prise de stupéfiants, relations sexuelles non protégées, conduite dangereuse, achats impulsifs etc…
L’entourage proche se retrouve souvent bien désemparé devant de telles oscillations d’humeur et ne sait pas comment réagir face au comportement dualiste du maniaco-dépressif.
Signe n°4 : une agitation et de l’hyperactivité
On retrouve également des perturbations comportementales qui se manifestent par une tendance à l’agitation et à l’hyperactivité, une augmentation des niveaux d’énergie et donc de l’activité personnelle (professionnelle, sociale, artistique…).
La personne maniaco-dépressive semble être sur tous les fronts et s’investir dans de nombreuses activités, qui seront généralement abandonnées après la phase de manie.
L'agitation se traduit également par une accélération de la pensée. Les idées semblent fuser, s’enchaîner sans lien apparent, mais aussi s’associer selon des critères qui peuvent paraître insensés, notamment à travers une utilisation inhabituelle du langage et de ses significations (jeux de mots, association d’idées ou par assonance).
La parole est généralement plus rapide et le discours plus dense et plus expressif, à l’image du cours de la pensée.
Au niveau cognitif, on constate régulièrement de l’hypervigilance associée à des troubles de la concentration et de l’attention. La personne maniaco-dépressive a tellement d’énergie qu’elle ne parvient plus à rester concentrée sur une seule chose, elle virevolte d’une activité à l’autre, le moindre stimulus extérieur la déconcentre et la détourne de son attention.
Signe n° 5 : des perturbations physiologiques
La psychose maniaco-dépressive se retrouvent également dans des perturbations physiologiques. Le sommeil est généralement impacté et on retrouve une tendance massive à l’insomnie mais aussi une réduction globale du temps de sommeil associée à une absence de sensation de fatigue, qui s’explique par la phase maniaque du sujet maniaco-dépressif qui ressent, à ce moment-là, une énergie débordante et une hyperactivité cérébrale.
L’appétit est également touché, le plus souvent réduit et associé à un amaigrissement. La personne maniaco-dépressive est dans une telle agitation mentale et physique, qu’elle ne ressent plus nécessairement le besoin de manger.
L’activité sexuelle et le désir sont quant à eux augmentés, avec un besoin de s’adonner à des relations sexuelles et peuvent dans certains cas conduire à des pratiques à risque.
Signe n°6 : des dérèglements de l’humeur avec des phases maniaques ou hypomaniaques
Un dérèglement de l’humeur sur le mode (hypo)maniaque est ce qui permet de caractériser véritablement le trouble bipolaire tandis que la dimension dépressive n’en constitue pas un signe distinctif.
C’est leur intensité et donc leur impact fonctionnel qui va différencier l’épisode maniaque (majeur) de l’épisode hypomaniaque (mineur). En effet, un épisode maniaque intense peut entraîner des symptômes psychotiques (délire et/ou hallucinations) qui viennent s’ajouter au tableau clinique et sont susceptibles de nuire gravement au fonctionnement social et à la sécurité des personnes, alors que les symptômes hypomaniaques se limitent aux perturbations de l’humeur et aux manifestations émotionnelles, psychomotrices et cognitives qui y sont associées.
Un épisode hypomaniaque ou maniaque se caractérise avant tout par une perturbation de l’humeur, qui tend à être positive, expansive, exaltée, voire euphorique (contrairement à un état dépressif sévère).
Le ressenti agréable de cette élévation de l’humeur est toutefois à nuancer, puisqu’elle peut également se traduire par une forme d’irritabilité liée à une hyperstimulation.
Signe n°7 : un décalage entre le discours de la personne maniaco dépressive et la réalité
Un autre signe qui peut interpeller au contact d’un maniaco-dépressif, est une certaine étrangeté que l’on peut ressentir dans l’échange, avec un léger sentiment de décalage par rapport à la réalité.
Le discours du maniaco-dépressif est souvent très imaginatif et symboliquement riche, voire poétique et abstrait, avec une tendance à mettre en lien la forme et le contenu de ses propos.
Une assonance peut par exemple l’amener à associer très rapidement deux idées entre elles, ou bien les liens logiques peuvent être amenés par des jeux de mots. Si le contenu s’appuie sur la forme, celle-ci est également spécifique avec une tendance à l’exaltation voire à la grandiloquence. Le discours est fortement investi émotionnellement, le débit est rapide et les mimiques sont souvent nombreuses et expressives.
Enfin, sur le fond, le discours peut tendre vers une certaine irrationalité, avec un manque de jugement et de prudence dans le raisonnement et les interprétations.
Signe n°8 : une désinhibition
La manie est caractérisée par une confiance en soi exacerbée et une grande désinhibition, ce qui facilite notamment les contacts sociaux. Une personne jusque-là timide peut devenir très assurée, affirmant et défendant son point de vue jusqu’à éventuellement s’engager dans des conflits et prendre une position radicale, voire s’impliquer physiquement si l’interaction évolue dans ce sens.
Ce type de situation est très représentatif de la manière dont les personnes bipolaires en phase maniaque peuvent se mettre en danger, en lien avec l’exubérance et le sentiment de toute-puissance propres à la manie. Ainsi, on retrouve aussi une tendance à suivre plus facilement ses élans sans accorder d’importance aux conséquences éventuelles.
Les achats impulsifs, les comportements sexuels risqués ou les investissements financiers hâtifs sont fréquents chez le maniaco-dépressif, avec la perte de la notion de danger et la levée des inhibitions.
Dans le même ordre d’idées, les projets sont souvent multiples, grandioses et inadaptés, vite investis mais rarement menés à terme. Les limites, qu’elles soient d’ordre rationnel ou moral, n’ont plus cours et laissent le champ libre à l’expression pulsionnelle des envies et des besoins, qui est soutenue par le sentiment de toute-puissance voire d’invulnérabilité associé à la manie.
Si tous ces signes peuvent aider à détecter un trouble maniaco-dépressif, il faut cependant rappeler que ce qui caractérise avant tout le maniaco-dépressif c’est bien d’avoir fait l’expérience de deux types d’épisodes pathologiques renvoyant à des phases distinctes de la maladie. Celles-ci sont bien identifiables dans le temps et s’expriment par l’articulation de différentes caractéristiques comportementales, cognitives et affectives associées respectivement à une humeur basse (syndrome dépressif) ou haute (syndrome (hypo)maniaque).
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- Le trouble bipolaire, aussi appelé maniaco-dépression, se caractérise par une alternance de phases entre une humeur dépressive et un état (hypo)maniaque, entrecoupées d'intervalles sans symptômes.
- On distingue la bipolarité de type 1, définie par au moins un épisode maniaque, de la bipolarité de type 2, qui associe un ou plusieurs épisodes dépressifs à au moins un épisode hypomaniaque.
- Parmi les signes évocateurs figurent des épisodes dépressifs, une labilité émotionnelle, des idées de grandeur, une agitation avec hyperactivité, des perturbations du sommeil et de l'appétit, ainsi qu'une désinhibition pouvant conduire à des comportements à risque.
- Si les phases dépressives sont souvent reconnues, l'expérience (hypo)maniaque se caractérise le plus souvent par une absence de conscience du trouble, ce qui complique la détection.
- Le diagnostic est souvent tardif, en moyenne 10 ans après le début de la maladie, alors qu'un traitement régulateur d'humeur associé à une psychothérapie permet aujourd'hui de réellement stabiliser les personnes concernées.



