Si vous ressentez un vide et une tristesse depuis votre accouchement, vous vivez peut-être le syndrome du ventre vide, une nostalgie de la grossesse passagère et fréquente chez les jeunes mamans.
Comment reconnaître le syndrome du ventre vide ?
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- Un manque physique — les coups de pied de votre bébé vous manquent, certaines mères ressentent même des coups fantômes.
- Un regard changé sur vous — votre corps a changé et les compliments de la grossesse ont disparu.
- Une attention envolée — vos proches se tournent vers le bébé, plus vraiment vers vous.
- Une culpabilité tenace — vous vous sentez seule et vous vous le reprochez.
Que faire pour aller mieux ?
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- Du repos avant tout — laissez vos proches vous soulager au quotidien, la fatigue fragilise le moral.
- Des mots sur votre ressenti — verbaliser ce que vous vivez vous aide déjà à souffler.
- Un professionnel si cela dure — au-delà de quelques jours, une sage-femme ou un psychologue peut vous accompagner.
Ce mal-être est fréquent et passager : si la tristesse s'installe, parlez-en sans attendre à votre médecin, sage-femme ou psychologue, vous n'avez pas à traverser cela seule.
Votre bébé vient de naître. Et pourtant, une tristesse profonde vous submerge, accompagnée d'un sentiment de solitude. Si ce mal-être reste méconnu, de nombreuses mères le traversent après avoir accouché.
Afin de savoir si vous souffrez de ce syndrome, découvrez les 4 signes qui le caractérisent. Bonne nouvelle : des solutions existent pour apaiser ce mal-être et vivre pleinement vos premiers pas de maman.
Autres questions
Qu'est-ce que le syndrome du ventre vide ?
Il se distingue du syndrome du nid vide, qui concerne les parents dont les enfants quittent le domicile. Ici, il s'agit d'une nostalgie de la grossesse ressentie après l'accouchement : la mère fait le deuil du lien corps à corps tissé pendant 9 mois et de l'exclusivité qu'elle avait avec son bébé, ce qui peut générer solitude et tristesse.
Combien de temps dure le syndrome du ventre vide ?
Comme le baby blues, le syndrome du ventre vide ne dure pas dans le temps : dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent spontanément au bout de quelques jours, à mesure que la mère reconstruit le lien avec son bébé et reprend confiance en son nouveau rôle de parent.
Qu'est-ce que le syndrome du vide en psychologie ?
En psychologie, on distingue le syndrome du nid vide, tristesse ressentie par les parents dont les enfants quittent la maison, du syndrome du ventre vide, propre à la période qui suit l'accouchement. Ce dernier renvoie à la fin de la fusion mère-enfant et fait écho à ce que le pédiatre et psychanalyste Donald Winnicott appelait la préoccupation maternelle primaire.
Quelle est la sensation de ne plus être enceinte ?
Beaucoup de mères décrivent un double sentiment : la joie de tenir leur bébé dans les bras et la tristesse que la grossesse soit terminée. Certaines gardent en mémoire les sensations de coups de pied ; selon les données citées, 40 % des femmes disent avoir ressenti des coups fantômes ressemblant à ceux de la grossesse.
Que signifie le syndrome du ventre vide ?
C'est au terme de la grossesse que ce syndrome peut apparaître. Il traduit une nostalgie de sa grossesse. Le déclencheur ? La séparation avec son bébé. Après neuf mois passés à vivre pour deux, la jeune maman perd soudain cette habitude, et un sentiment de solitude peut alors l'envahir.
Cette relation intense et singulière, tissée entre la mère et son enfant, peut susciter chez elle une certaine nostalgie. Pendant la grossesse, vous seule perceviez les coups de pied de votre bébé ; aujourd'hui, chacun peut le voir. C'est justement la fin de cette exclusivité, au moment de la naissance, qui peut donner naissance au syndrome du ventre vide.
Une fois le bébé né, ce contact charnel tissé au fil des neuf mois doit peu à peu être laissé derrière soi, et ce renoncement demande du temps. Un sentiment de solitude peut accompagner cette étape. La déprime après l’accouchement touche de nombreuses femmes ; c’est justement afin de détecter ce type de fragilité que la Haute Autorité de Santé (HAS) préconise, dans les jours suivant la naissance, un entretien postnatal mené par un médecin ou une sage-femme.
C’est ce qu’on appelle le baby blues, un phénomène qui concerne 50 à 80 % des jeunes accouchées. Guérir du baby blues s’opère le plus souvent de façon spontanée, à mesure que l’on se sent plus assurée dans son rôle de parent. Mais si cet état persiste au-delà de quelques jours, parlez-en sans attendre à votre médecin : ces signes peuvent traduire l’existence d’une dépression post partum. Le DSM-5 reconnaît ce trouble, qu’il décrit comme un épisode dépressif dont le début survient pendant le péripartum.
Trois ou quatre jours après la naissance, cette phase de déprime peut faire son apparition et soulever bien des interrogations sur le rôle de maman qui commence. La fusion avec l'enfant s'achève : vous en prenez conscience, et vous comprenez que vous voilà devenue mère. À l'image du baby blues, ce syndrome reste passager. Il constitue une étape normale une fois la grossesse terminée.
Comment savoir si vous souffrez du syndrome du ventre vide ?
Syndrome du ventre vide, baby blues, dépression post partum… Après la naissance, mettre un nom sur ce que l’on ressent n’a rien d’évident. C’est la raison pour laquelle les soignants ont parfois recours à des outils validés, à l’image de l’échelle d’Édimbourg (EPDS), qui évalue la dépression postnatale. Certains signes, pourtant, se manifestent concrètement au quotidien et font obstacle à votre épanouissement. En voici quatre qui vous aideront à reconnaître le syndrome du ventre vide :
- Signe n°1 : Vous ressentez de la tristesse de ne plus sentir votre bébé dans votre ventre
- Signe n°2 : Vous ne portez plus le même regard sur vous
- Signe n°3 : Vous ressentez moins d’attention sur vous
- Signe n°4 : Vous culpabilisez de vous sentir seule
Signe n°1 : Vous ressentez de la tristesse de ne plus sentir votre bébé dans votre ventre
La tristesse liée à l'absence des mouvements du bébé constitue la première manifestation de ce syndrome. Neuf mois durant, vous étiez la seule à partager le quotidien de votre enfant, la seule aussi à percevoir ses petits coups de pied. Certaines habitudes s'étaient installées, comme vivre ou manger pour deux, et il vous faut désormais y renoncer progressivement.
Durant la grossesse, la future mère vit avec son enfant une relation fusionnelle d'une grande intensité — un vécu proche de ce que Donald Winnicott, psychanalyste et pédiatre, nommait la préoccupation maternelle primaire. Une fois le bébé né, il lui faudra, jour après jour, réinventer ce lien fusionnel.
Ce syndrome, si vous en souffrez, se traduit alors par des symptômes comme :
- La perte de repères
- La tristesse de ne plus avoir ses moments exclusifs avec son bébé
- Le sentiment de perte de fusion avec son bébé
Deux émotions cohabitent en vous. Tenir enfin votre bébé contre vous vous rend heureuse, et pourtant vous êtes aussi triste que votre grossesse soit terminée. Ce lien, amorcé avec votre enfant durant les neuf mois de grossesse, il vous faudra désormais le reconstruire.
Signe n°2 : Vous ne portez plus le même regard sur vous
Autre indice qui aide à repérer ce syndrome post accouchement : la façon dont vous vous percevez. Une fois la grossesse terminée, votre regard sur votre propre corps n’est plus tout à fait le même.
Les kilos accumulés au fil de la grossesse vous sautent aux yeux, et vous réalisez à quel point votre corps s'est transformé.
Le regard de votre entourage a peut-être changé, lui aussi. Durant votre grossesse, vos proches prenaient soin de vous, et cette attention constante vous donnait le sentiment d'être choyée. Peut-être avez-vous entendu, au fil de ces 9 mois, des compliments comme « Tu rayonnes » ou « Être enceinte te réussit tellement ». Ces mots vous réconfortaient. Désormais, ils ne viennent plus.
Vous avez donc le sentiment que le regard porté sur vous a changé après la naissance de votre enfant. Une certaine nostalgie de la grossesse peut alors s’installer. À l’époque, vous vous sentiez sûre de vous, pleine d’assurance ; désormais, votre estime personnelle a perdu de sa solidité.
Signe n°3 : Vous ressentez moins d’attention sur vous
Vous constatez que l’on s’intéresse moins à vous qu’auparavant. Ce changement peut susciter une forme de tristesse et vous conduire à regretter, au fond, la période où vous étiez enceinte.
Prenez l'exemple de la grossesse : à cette période, nombre de vos proches s'enquéraient de votre état ou de vos besoins.
Depuis la naissance, ces marques d'attention ne vous sont plus adressées : c'est désormais vers votre bébé qu'elles se dirigent.
Autre situation révélatrice du fait que vous préfériez être enceinte : les trajets en bus ou en métro. Il suffisait que votre ventre arrondi soit visible pour qu'un passager vous cède spontanément son siège. Ce geste a disparu, et personne ne songe désormais à vous offrir une place assise.
Votre bébé semblait faire partie de vous-même, et ce vide se fait sentir aujourd’hui.
Signe n°4 : Vous culpabilisez de vous sentir seule
La grossesse terminée, votre corps et vous entrez dans une nouvelle étape : la fusion avec votre bébé n’existe plus, et un sentiment de solitude peut s’installer. Vous aimiez ces instants privilégiés partagés avec lui. Il n’est donc pas rare que de la culpabilité apparaisse.
La culpabilité peut aussi surgir lorsque l'accouchement n'est pas allé à son terme. Naissance prématurée, mise au monde précipitée, ou perte du bébé in utero : dans ces situations, la mère se sent parfois incompétente. Cette expérience, vécue comme un échec, laisse alors en elle un sentiment d'inachevé.
L’absence de préparation psychologique à l’accouchement peut favoriser l’apparition du syndrome du ventre vide.
Comment dépasser le syndrome du ventre vide ?
Le syndrome du ventre vide n'est pas une fatalité : des solutions pour s'en sortir existent. Le plus souvent, ce mal-être s'estompe spontanément après quelques jours. En revanche, si les manifestations persistent ou gagnent en intensité, elles peuvent constituer des signes annonciateurs d’une dépression post partum ; une prise en charge par un professionnel de santé est alors recommandée.
Prendre du temps pour vous
Pour vaincre le syndrome du ventre vide, notre première recommandation est simple : accordez-vous des moments rien qu'à vous. Le sommeil manque, les pleurs de bébé se multiplient et le repos devient difficile à trouver. N'hésitez pas à solliciter votre entourage — famille, amis, proches — qui peut vous épauler pendant cette période et vous dégager quelques heures pour récupérer.
Après l’effort intense que représente un accouchement, éprouver le besoin de vous reposer n’a rien d’anormal. Cette fatigue du corps entraîne fréquemment une vulnérabilité sur le plan psychologique, laquelle peut se traduire par de la tristesse ou de l’irritabilité.
Prenez soin de vous en vous autorisant à mettre des mots sur ce que vous éprouvez en tant que maman.
Faire appel à un professionnel de la santé
Le deuxième conseil pour sortir de ce mal-être post accouchement consiste à vous tourner vers un professionnel de santé. Pour franchir cette période qui suit la naissance, un psychologue peuvent vous aider, tout comme votre sage-femme, notamment en vous permettant de poser des mots sur vos émotions.
Mettre des mots sur votre souffrance peut contribuer à vous en libérer. Un professionnel, par ailleurs, saura vous expliquer ce que vous vivez et vous donnera l’occasion d’en discuter.
Une psychothérapie, engagée avec un psychologue, peut par exemple vous conduire progressivement vers un apaisement. L'anxiété fait parfois partie des manifestations du syndrome du ventre vide : crainte de ne pas être à la hauteur dans son rôle de mère, sentiment de culpabilité lié à la solitude ressentie... Si ce mal-être persiste au-delà de quelques jours, un psychologue peut vous aider à l'apaiser, en s'appuyant notamment sur une thérapie cognitive et comportementale.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur le syndrome du ventre vide
Question 1 / 4
Que désigne le syndrome du ventre vide ?
Question 2 / 4
Quelle proportion de femmes est touchée par le baby blues ?
Question 3 / 4
Selon Make Mothers Matter (2021), qu'est-ce que 31 % des femmes trouvent le plus difficile en devenant mère ?
Question 4 / 4
Que faire si le mal-être perdure ou s'intensifie après l'accouchement ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- Le syndrome du ventre vide correspond à une nostalgie de la grossesse ressentie après l'accouchement, liée à la fin du lien fusionnel et exclusif avec le bébé. Il s'agit d'un passage normal qui ne dure généralement pas dans le temps.
- Quatre signes permettent de le reconnaître : la tristesse de ne plus sentir son bébé dans son ventre, un regard différent porté sur soi, une perte d'attention de l'entourage et une culpabilité de se sentir seule.
- Ce mal-être ne doit pas être confondu avec le baby blues, qui touche entre 50 et 80 % des femmes après l'accouchement et disparaît en général spontanément au bout de quelques jours.
- Si les symptômes perdurent ou s'intensifient, ils peuvent annoncer une dépression post-partum : il est alors recommandé de consulter un professionnel de santé, comme une sage-femme ou un psychologue.
Sources & références
- Jessica Shulz, Bérengère Beauquier-Maccotta, Marie-José Soubieux, Marie-Emmanuelle Mériot, Diane de Wailly, Sylvain Missonnier, “Honte et culpabilité chez la femme enceinte suite à une interruption médicale de grossesse”, 2016
- Clémentine Delignières, “Les coups “fantômes : quand le bébé semble encore taper dans le ventre…”, 2020
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