Dépression

7 bienfaits de la psychothérapie dans le traitement de la bipolarité

Face à la bipolarité, les personnes concernées se retrouvent souvent démunies, tout comme leurs proches. Parmi les répercussions marquantes de ce trouble, on compte notamment l'isolement social, l'anxiété, les troubles du sommeil, ainsi que des difficultés à l'école ou au travail.

518 avis Mis à jour le 3 août 2026 5 min de lecture Relu par un psychologue RPPS
7 bienfaits de la psychothérapie dans le traitement de la bipolarité
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Vivre avec un trouble bipolaire est possible : si la maladie ne se guérit pas, la psychothérapie, associée à un traitement adapté, aide réellement à mieux vivre au quotidien.

Peut-on guérir de la bipolarité ? Psychologue.fr

  • Une maladie qui se soigne — on ne guérit pas de la bipolarité, mais des traitements apaisent durablement les symptômes.
  • Un suivi personnalisé — le traitement médicamenteux se décide au cas par cas avec un médecin, selon vos symptômes.
  • Un diagnostic parfois tardif — beaucoup consultent en phase dépressive sans remarquer les périodes de grande activité.

Comment la psychothérapie peut-elle vous aider au quotidien ? Psychologue.fr

  • Des repères concrets — vous apprenez à reconnaître les signes d'alerte d'une rechute pour réagir plus tôt.
  • Des relations apaisées — le thérapeute vous aide à parler de la maladie et à préserver vos liens avec vos proches.
  • Une meilleure estime de vous — la TCC travaille les pensées automatiques qui vous dévalorisent en phase basse.

Si vous vous reconnaissez, ou reconnaissez un proche, parlez-en à un médecin ou un psychologue : un accompagnement adapté change vraiment le quotidien.

Vérifiez les réponses de l'IA, car elle peut faire des erreurs.

Face à ce trouble, on dispose désormais de traitements efficaces pour soulager la bipolarité. Nous vous proposons ici un tour d’horizon des bienfaits de la psychothérapie lorsqu’il s’agit de mieux vivre avec cette maladie.

Autres questions

La psychothérapie est-elle efficace pour les personnes bipolaires ?

Oui, associée au traitement médicamenteux, la psychothérapie est un pilier essentiel du suivi. Elle aide à gérer les symptômes, à mieux comprendre et accepter le trouble, à développer des stratégies d'adaptation, à prévenir les rechutes, à améliorer les relations interpersonnelles et à renforcer l'estime de soi. Elle offre aussi un réel soutien émotionnel au quotidien.

Qu'est-ce que la psychothérapie bipolaire ?

Elle regroupe plusieurs approches adaptées au trouble : thérapie de soutien, thérapie cognitive et comportementale, thérapie familiale, thérapie d'inspiration analytique et psychothérapie interpersonnelle. La psychoéducation, programme d'information destiné au patient et à ses proches, complète ce suivi pour reconnaître les symptômes, comprendre les traitements et sensibiliser l'entourage.

Qu'est-ce qui aggrave la bipolarité ?

Les situations interpersonnelles qui fragilisent l'équilibre du patient peuvent déclencher des rechutes, pendant les phases dépressives comme maniaques. La désynchronisation des rythmes sociaux joue aussi un rôle. Par ailleurs, environ 60 % des personnes bipolaires présentent une dépendance à la drogue ou à l'alcool, ce qui complique l'évolution du trouble et favorise d'autres pathologies.

Peut-on guérir de la bipolarité ?

On ne guérit pas d'un trouble bipolaire, mais on peut apaiser durablement ses symptômes avec des traitements adaptés. La prise en charge associe un traitement de fond (souvent médicamenteux) pour prévenir les rechutes et un traitement symptomatique qui atténue les épisodes de manie, d'hypomanie ou de dépression. Le suivi peut durer plusieurs années, parfois toute la vie.

Peut-on soigner la bipolarité ? L’avis d’un expert

Le trouble bipolaire ne se guérit pas. En revanche, des traitements adaptés permettent d'atténuer les symptômes liés à la bipolarité, parmi lesquels :

  1. La psychothérapie
  2. Le traitement médicamenteux

Comme pour une dépression, la prise en charge de la bipolarité repose sur deux axes : un traitement de fond, généralement médicamenteux, complété par un traitement symptomatique. Le rôle du premier ? Éviter les rechutes.

Selon la sévérité du trouble, ce traitement suivra la personne bipolaire durant quelques années, parfois même tout au long de son existence.

Quant au second, il atténue l’épisode de manie — ou d’hypomanie — ainsi que la phase dépressive, avec pour objectif de réduire les symptômes chez la personne concernée.

Précisons que la prescription médicamenteuse se décide individuellement, avec l'accompagnement d'un médecin. Et pour cause : les symptômes observés peuvent varier d'une personne à l'autre.

Chez une personne bipolaire, un traitement médicamenteux est le plus souvent nécessaire pour remédier à l’instabilité de l’humeur.

Mathilde Giraud, psychologue clinicienne, nous explique :

“Ce qui pose le plus de difficulté dans le traitement de la bipolarité, c’est d’établir le diagnostic. Souvent, la consultation intervient au moment d’un épisode dépressif aigu. Les phases maniaques, elles, passent inaperçues aux yeux des personnes concernées, car elles se montrent alors très actives au quotidien.”

Les avantages de la psychothérapie ?

Si les traitements médicamenteux contribuent à apaiser les symptômes de la bipolarité, une autre voie de prise en charge existe : la psychothérapie. Nombreux sont les atouts que présentent les approches psychologiques, dont voici les principaux bienfaits dans le traitement de la bipolarité :

  1. Une aide à la gestion des symptômes
  2. Une meilleure compréhension du trouble bipolaire
  3. Un développement de stratégies d’adaptation au quotidien
  4. Une prévention des rechutes
  5. Une amélioration des relations interpersonnelles
  6. Un renforcement de l’estime de soi
  7. Un soutien émotionnel

Psychologue clinicienne, Mathilde Giraud rappelle la nécessité d’un suivi psychothérapeutique dans le traitement des troubles bipolaires :

« L’accompagnement psychologique compte énormément : il offre un soutien concret, aide à saisir ce qui se passe et permet de vivre mieux avec la maladie. »

Une aide à la gestion des symptômes

Parmi les avantage de la psychothérapie dans le traitement de la bipolarité, le premier concerne une meilleure maîtrise des symptômes. Face à la maladie, le patient n'est pas seul : son psychologue l'accompagne, l'amène à repérer les manifestations du trouble et lui transmet, au fil des séances, des outils pour y faire face au quotidien.

Inscrit dans la CIM-11, le répertoire international des maladies établi par l’OMS, le trouble bipolaire peut faire l’objet d’une prise en charge reposant sur plusieurs approches thérapeutiques :

  1. La thérapie de soutien
  2. La thérapie cognitive et comportementale
  3. La thérapie familiale
  4. La thérapie d’inspiration analytique
  5. La psychothérapie interpersonnelle

Les séances de thérapie sont bénéfiques pour :

  • Diminuer les troubles du sommeil : réguler les rythmes veille-sommeil,
  • Retrouver une vie sociale en appréhendant les problèmes relationnels liés à la pathologie,
  • Mettre en place de nouvelles routines comportementales pour favoriser une meilleure énergie,
  • Diminuer les symptômes pendant une crise bipolaire (irritabilité, excitation, tristesse, hyperactivité).

Une meilleure compréhension du trouble bipolaire

Mieux comprendre la pathologie fait aussi partie du traitement. Le psychologue accompagne en effet la personne pour prendre conscience de la maladie, ce qui l’aide ensuite à l’accepter plus facilement.

Le travail en psychothérapie aide, dans l'ensemble, le patient à mieux cerner sa pathologie tout en l'encourageant à installer des habitudes régulières dans son quotidien. Or, ces routines agissent efficacement comme stabilisateur d’humeur.
Un constat que partage Mathilde, psychologue clinicienne :

« L’essentiel, c’est d’accepter sa maladie et de parvenir à identifier la phase dans laquelle la personne va se trouver. Un épisode dépressif, il faut le savoir, peut s’étendre sur plusieurs mois ; les phases maniaques, elles, sont le plus souvent brèves, quand elles ne sont pas absentes. »

Grâce à l'accompagnement du psychothérapeute, la personne suivie parvient peu à peu à trouver un équilibre psychologique : ses relations sociales gagnent en sérénité et elle progresse vers un mieux-être. La régulation des humeurs joue aussi un rôle sur le plan professionnel, en aidant notamment le patient à conserver son emploi.
Mieux comprendre ce trouble permet par ailleurs de se prémunir contre des pathologies secondaires, comme la toxicomanie, l'alcoolisme ou encore l’anxiété.

Le développement de stratégies d’adaptation au quotidien

Traverser un cycle dépressif chez le bipolaire rend le contrôle des symptômes particulièrement difficile. Des stratégies d’adaptation peuvent alors soutenir la personne et l’aider à tendre vers un état de mieux-être. C’est au fil des séances que le psychologue les recommande à son patient.
Concrètement, adopter une stratégie d’adaptation revient à mobiliser une pensée ou une action pour se prémunir des conséquences négatives d’une situation. Prenons un cas : sous l’effet du stress, certaines personnes en viennent à se blesser volontairement (automutilation). Regarder des vidéos humoristiques peut alors constituer une parade, qui détourne ce geste tout en apportant une détente.
Autre illustration : quelqu’un qui rumine chaque soir sur ce qu’il aurait dû faire différemment au travail peut choisir de pratiquer une activité sportive. Le sport l’aide à évacuer ses idées noires et à s’aérer l’esprit. Sa journée se termine ainsi de façon plus reposante, dans un climat de détente accru.
C’est avec l’appui du thérapeute que le patient sélectionne la stratégie qui lui convient. Pour être efficace, celle-ci doit couvrir cinq besoins :

  1. Se mettre en action
  2. Se calmer
  3. S’encourager
  4. S’entourer
  5. Se protéger

Prévenir les rechutes

Parmi les apports de la psychothérapie face à la bipolarité figure aussi un bienfait essentiel : éviter les rechutes. Bien souvent, celles-ci surviennent à la suite de situations relationnelles qui viennent bousculer la stabilité de la personne. Elles peuvent se produire durant un épisode dépressif comme lors d’une phase maniaque.
Comme le souligne Mathilde : “Chaque patient réagit différemment en fonction des événements extérieurs qui s’imposent à lui et cela peut intensifier la maladie.”

Pour éviter ces rechutes, la thérapie interpersonnelle constitue une ressource thérapeutique pertinente. Elle a été conçue initialement par Gerald Klerman et Myrna Weissman, deux psychiatres américains. Concrètement, le thérapeute forme la personne qu’il accompagne à identifier les symptômes annonciateurs d’une rechute ainsi que ses signaux d’alerte.

Amélioration des relations interpersonnelles

Les fluctuations de l’humeur propres au trouble bipolaire pèsent parfois lourdement sur les liens avec les proches, qui peuvent se dégrader au fil du temps.
La thérapie est un bon moyen d’améliorer ses relations, puisqu’elle contribue à :

  1. Comprendre les risques et les complications de la maladie
  2. Accepter la maladie
  3. Aménager les rythmes sociaux

D’après le docteur Papeta, psychiatre :

"Au fil des séances, nous examinons ensemble les rythmes sociaux du patient ainsi que son cercle de proximité, autrement dit les personnes de son entourage qu'il peut solliciter le plus facilement."

Chez la personne que la maladie touche, une désynchronisation s'observe fréquemment. Lever tardif, repas pris à des horaires décalés, repli à domicile : le quotidien se dérègle. La thérapie a alors un objectif précis, celui de réapprendre au patient le respect du temps social.

Renforcement de l’estime de soi

Chez les personnes atteintes de bipolarité, l’estime de soi varie selon la phase traversée : elle monte ou descend au gré des épisodes.

En période maniaque, la confiance en soi atteint souvent des sommets. À l’inverse, lorsque survient l’épisode dépressif, elle chute de façon brutale.

En période de dépression, les personnes touchées par un trouble bipolaire portent sur elles-mêmes un regard dévalorisant et présentent des signes d’auto-dépréciation. Or, quand l’estime de soi diminue, le risque de rechute augmente fréquemment. Un travail thérapeutique mené avec un psychologue permet d’agir sur cette fragilité.

Prenons un exemple concret : pour aider son patient à retrouver une meilleure image de lui-même, le psychologue peut proposer une thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Cette faible estime de soi repose souvent sur des pensées automatiques. Elles convainquent la personne qu'elle est incapable d'accomplir certaines choses. Le travail en TCC consiste alors à modifier ces schémas de pensée, dans le but de faire émerger des croyances nouvelles.

Un soutien émotionnel

Un soutien sur le plan émotionnel constitue, pour finir, l'un des apports de la psychothérapie au patient atteint de psychose maniaco-dépressive — la thérapie cognitivo-comportementale y contribue tout particulièrement.
Concrètement, ce travail thérapeutique permet à la personne suivie de :

  1. Travailler sur ses comportements et à les adapter dans le but de réduire son stress
  2. Identifier et modifier ses schémas de pensées qui provoquent des sautes d’humeur.

Pour Mathilde, psychologue clinicienne, le rôle du psychologue s'apparente à celui d'un médiateur : il fait le lien entre la personne malade et elle-même, mais aussi entre elle et son entourage, avec pour objectif de rendre le quotidien plus confortable à celui ou celle qui vit avec cette pathologie.

Autre piste utile : les groupes de soutien. En y participant, une personne concernée par la bipolarité échange avec d'autres malades, évoque son vécu et exprime les craintes que suscite le trouble. Des groupes de parole, ouverts aux patients comme à leur entourage, sont organisés par l'association Etoile Bipolaire. Cliquez ici pour obtenir davantage d'informations.

Qu'avez-vous retenu ?

4 questions pour tester ce que vous avez appris sur la psychothérapie et la bipolarité

Question 1 / 4

Peut-on guérir d'un trouble bipolaire ?

On ne peut pas guérir d'un trouble bipolaire, mais il est possible d'apaiser les symptômes grâce à des traitements adaptés comme la psychothérapie et les médicaments.

Question 2 / 4

À quoi sert la psychoéducation ?

La psychoéducation est un programme d'information destiné au patient et à ses proches pour reconnaître les symptômes et mieux comprendre la maladie.

Question 3 / 4

Selon l'article, à quoi sert une stratégie d'adaptation ?

Une stratégie d'adaptation consiste à penser ou entreprendre quelque chose pour éviter les répercussions négatives d'une situation, avec l'accompagnement du thérapeute.

Question 4 / 4

Comment les TCC agissent-elles sur l'estime de soi ?

Les TCC interviennent sur la modification des pensées automatiques dévalorisantes afin de créer de nouvelles croyances et améliorer l'estime de soi.

Ce qu'il faut retenir

Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr
  • Le trouble bipolaire ne se guérit pas, mais ses symptômes peuvent être apaisés grâce à un traitement médicamenteux de fond associé à une psychothérapie, définis au cas par cas avec un médecin.
  • La psychothérapie apporte de nombreux bienfaits : gestion des symptômes, meilleure compréhension du trouble, prévention des rechutes, amélioration des relations interpersonnelles, renforcement de l'estime de soi et soutien émotionnel.
  • Plusieurs approches thérapeutiques existent, notamment la thérapie cognitive et comportementale (TCC), la thérapie interpersonnelle et la thérapie des rythmes sociaux, complétées par la psychoéducation destinée au patient et à ses proches.
  • Le diagnostic reste l'étape la plus difficile et peut prendre jusqu'à 10 ans, car les patients consultent souvent lors d'une phase dépressive en négligeant les phases maniaques.
Synthèse générée par Aurora · lecture 5 min

Sources & références

  1. Mathilde Giraud psychologue clinicienne au sein
  2. William Coryell, “Trouble bipolaire”, MD, University of lowa Carver College of Medicine, Le Manuel MSD, 2021
  3. Damien Fouques, “Nouvelles approches psychologiques et psychothérapeutiques”, Cairn, 2009

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