Pour savoir si vous souffrez du syndrome du nid vide, observez vos réactions concrètes depuis le départ de votre enfant : besoin compulsif de vérifier que tout va bien, repli sur vous-même, sentiment d'inutilité ou difficulté à retrouver votre place.
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Comment repérer le syndrome chez vous
- Observer vos contacts — Comptez la fréquence de vos appels et visites : un besoin irrépressible de vérifier que tout va bien signale une anxiété excessive.
psychologue.fr - Repérer le repli — Soyez attentif à un isolement progressif : fuir les activités et rester seul face au silence de la maison est un signal à prendre au sérieux.
psychologue.fr - Identifier le besoin de contrôle — Remarquez si vous imposez encore des règles ou des rencontres à votre enfant adulte : ce besoin de réassurance traduit une détresse émotionnelle.
psychologue.fr - Questionner votre place — Demandez-vous si vous savez encore quel rôle jouer au sein de la famille : la perte de repères identitaires est un signe fréquent.
psychologue.fr - Savoir quand consulter — Si ces signes persistent au-delà de quelques semaines ou mois, envisagez un accompagnement par un psychologue.
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Qu’est-ce que le syndrome du nid vide ?
Le syndrome du nid vide désigne le sentiment de solitude et de tristesse éprouvé par le parent au moment où son enfant quitte le foyer familial pour commencer des études supérieures, emménager avec son partenaire, débuter un nouvel emploi… bref, lorsqu'il prend son indépendance !
C’est un phénomène qui touche plus de 30% des parents, et plus particulièrement le père ou la mère célibataire qui s’est beaucoup investi dans son rôle monoparental, développant très souvent une relation fusionnelle avec son enfant.
Le départ de l'enfant du cocon familial est un événement parfaitement normal, mais il peut se révéler déchirant pour le parent : celui-ci perd ce contact permanent avec son enfant, peut souffrir de la distance physique qui s'est installée et a l'impression de perdre son identité de parent. Le parent est alors susceptible de développer des angoisses face à cette sensation de vide et un réel sentiment d’abandon.
L’enfant, lui aussi, peut se sentir coupable de quitter son parent qui souffre parfois de cette séparation pendant plusieurs années.
Bon à savoir
Connaissez-vous le phénomène Tanguy ?
Contrairement au nid vide, le phénomène Tanguy, popularisé par le film d'Étienne Chatiliez sorti en 2001, est une référence aux jeunes adultes qui tardent à se séparer du domicile familial pour prendre leur indépendance. Pour des raisons économiques, la cohabitation entre les parents et les enfants qui sont devenus des adultes peut se révéler difficile à vivre et être source de conflits.
Les 8 signes pour identifier le syndrome du nid vide
Le syndrome du nid vide concerne les parents qui souffrent de voir leur enfant s’émanciper et quitter le foyer familial. Même lorsque cette étape de vie est anticipée, elle reste un déchirement pour 1 parent sur 3 et peut être vécue comme une véritable rupture.
Plusieurs signes permettent de reconnaître une réelle souffrance psychologique quant au départ de l’enfant du foyer :
- Vous devenez anxieux et inquiet
- Vous ressentez de la solitude
- Vous vous sentez triste et vide
- Vous perdez toute motivation
- Vous craignez de perdre le contrôle
- Vous perdez votre identité
- Vous reconsidérez votre couple
- Vous changez de comportement
Signe n°1 : vous devenez anxieux et inquiet
Ce premier signe caractéristique du syndrome du nid vide s’explique par l’attachement émotionnel profond entre vous et votre enfant : au fil des années, conformément à la théorie de l'attachement développée par le psychiatre britannique John Bowlby, vous avez su développer une relation d’attachement sécurisante avec votre enfant. Vous avez pris soin de lui et répondu à ses besoins pendant de longues années, il se sent en sécurité et aimé à vos côtés.
Lorsque votre enfant part de votre foyer, c’est cet attachement qui est mis à l’épreuve : va-t-il persister au-delà de la distance ? Comment garder un lien fort lorsque l’on ne se voit plus au quotidien ? Vous devenez alors inquiet pour la sécurité émotionnelle de votre enfant et pouvez développer de l’anxiété dûe à ce changement et au manque de votre enfant.
De nouvelles préoccupations quant à la capacité de votre enfant à s’adapter à sa nouvelle vie deviennent source de stress : nouvelles responsabilités, gestion financière, relations sociales, etc. Vous pouvez alors ressentir l’envie irrépressible de prendre très régulièrement des nouvelles, ou même lui rendre visite plusieurs fois dans la semaine pour vérifier que tout va bien.
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Signe n°2 : vous ressentez de la solitude
Durant de longues années, la présence quotidienne de votre enfant à la maison créait une dynamique agréable qui vous paraît difficile, voire impossible à retrouver depuis son départ. Vous êtes maintenant confronté au silence et à un certain vide émotionnel, ce qui peut intensifier cette sensation de solitude.
La relation parent-enfant est pleine de rebondissements : du partage, de l’amour, de la transmission, parfois du conflit… Le départ de votre enfant fait naître un profond sentiment de vide et de perte de sens dans votre cœur. Vous espérez parfois secrètement son retour, même si vous lui souhaitez une pleine réussite dans ses projets.
Cette solitude est parfois le signe d’une relation empreinte de dépendance affective : le lien d’attachement créé avec votre enfant est tellement fort que son départ vous fait perdre tous vos repères et vous pousse à l’isolement.
Signe n°3 : vous vous sentez triste et vide
Vous avez l’impression d’avoir toujours vécu à travers la parentalité : votre rôle de parent a été central et orientait la majorité de vos actions dans votre quotidien. Maintenant que votre enfant n’est plus là, vous perdez vos repères et votre motivation à faire certaines activités : vous ne vous sentez plus utile, et cette sensation vous attriste.
De nombreux parents consacrent une grande partie de leur temps et de leur énergie à l’éducation et au bien-être de leur enfant, mettant de côté leurs propres besoins et aspirations. Si c’est votre cas, vous pouvez alors vous retrouver confronté à un vide que vous n’arrivez pas à combler.
Cette sensation de vide peut parfois s’apparenter à un deuil, au sens du processus émotionnel décrit par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross : l’absence de la personne que vous aimez vous peine au point de vous sentir vide de l’intérieur. Vous pouvez également souffrir de symptômes évocateurs d’un épisode dépressif, tel que le décrit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : perte d’appétit, morosité, mélancolie, baisse d’énergie, etc.
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Signe n°4 : vous perdez toute motivation
Le départ de votre enfant entraîne inévitablement des bouleversements dans votre quotidien. Certaines habitudes vont être abandonnées, d’autres doivent être adaptées, ou encore complètement revisitées, et ces changements peuvent vous faire perdre toute motivation. Parfois, cette période est couplée à l’arrivée de la ménopause ou de la retraite, et cela peut amplifier cette perte de motivation.
Ces deux derniers sont des marqueurs de vieillissement, et poussent certaines personnes à se poser des questions existentielles : ai-je fait vécu de la manière dont je l’aurais souhaité ? Quel sera le sens de mon quotidien ? La perte de motivation peut être engendrée par cette quête de sens. Vous pouvez vous questionner sur votre raison d’être, puisque vous vous sentez inutile une fois votre enfant capable de vivre par lui-même.
La motivation ne se perd pas définitivement ! Elle repart de plus belle, lorsque vous prenez le temps de vous reconnecter à vous-même et vos réels besoins et envies.
Signe n°5 : vous craignez de perdre le contrôle
Depuis toujours vous prenez soin de votre enfant, et endossez la responsabilité de son bien-être et de sa sécurité. Maintenant qu’il s’est émancipé, vous paniquez et angoissez de ne plus avoir de contrôle direct sur sa vie, et de ne plus pouvoir le protéger d’éventuels dangers.
Cette peur de l’inconnu vous submerge et envahit votre esprit de questionnements sur la responsabilité de l’enfant : va-t-il prendre les bonnes décisions ? Comment être sûr de sa sécurité ? Malheureusement, ce sont des questions auxquelles vous ne pouvez pas répondre, et cela intensifie votre anxiété.
Signe d’une véritable détresse émotionnelle, la peur de perdre le contrôle peut se traduire par un besoin constant de réassurance : vous appelez votre enfant plusieurs fois par jour, vous lui imposez certaines règles même s’il n’est plus présent au sein du domicile familial, vous imposez des rencontres très régulièrement, etc.
Signe n°6 : vous perdez votre identité
La séparation avec votre enfant vous a mis dans un grand désarroi : alors que vous viviez très bien à travers votre identité de parent, son départ engendre une véritable restructuration dans les relations familiales, et votre rôle de parent se transforme.
Vous pouvez avoir l'impression de ne plus trouver votre place, de ne plus savoir quel rôle vous devez tenir en société. Cette remise en question de soi est extrêmement fréquente chez les personnes qui souffrent du syndrome du nid vide : elles sont confrontées à un véritable remaniement d’identité souvent en même temps qu’elles font face aux premiers signes de la vieillesse.
Pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, il est possible que vous ne parveniez pas à trouver votre rôle au sein de la famille. Vous pouvez ainsi jongler entre différentes phases avec votre conjoint et / ou vos enfants, créant parfois des conflits ou des questionnements sur l’alignement de chacun.
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Signe n°7 : vous reconsidérez votre couple
Vous reconsidérerez votre couple ou votre vie sentimentale depuis cette période post-partum. L’éducation des enfants a été la priorité, mais maintenant vous faites face à une nouvelle réalité, celle où votre rôle principal n’est plus celui du parent responsable de son enfant.
Cette période de transition peut susciter des questionnements et des réflexions quant à la dynamique conjugale. Toute votre routine, qui était axée sur le développement de votre enfant, est maintenant chamboulée.
Ce départ amène à une redécouverte mutuelle au sein du couple : vous pouvez vous recentrer sur vos besoins en tant que couple, parfois délaissés au détriment de l’éducation des enfants. Avec le retour du couple, certains soucis se résolvent, comme la perte de libido chez l’homme ou l’absence de désir chez la femme.
Cependant, dans d’autres cas, vous vous rendez compte que la présence de votre enfant était ce qui vous liait, et que son départ fait rejaillir certains conflits et divergences d’intérêts qui nécessitent une réelle discussion dans le couple, voire une séparation.
Signe n°8 : vous changez de comportement
Depuis la séparation avec votre enfant, vous vous questionnez sur votre identité. Pendant des années, la parentalité a été votre premier rôle, mais maintenant, vous avez l’impression de devoir trouver une nouvelle mission de vie. C’est le cas de nombreux parents, qui, une fois leur enfant parti du domicile familial, changent radicalement de comportement.
Vous pouvez appréhender cette nouvelle phase de vie en réorganisant complètement votre emploi du temps, en démarrant une nouvelle activité, ou encore en arrêtant complètement certaines habitudes qui ne vous conviennent plus.
Malheureusement, c’est aussi à ce moment-là que certains parents s’engouffrent dans des comportements plus nocifs comme la consommation excessive d’alcool ou l’addiction aux jeux d’argent, pour tenter de soulager cette détresse émotionnelle.
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- Le syndrome du nid vide désigne le sentiment de tristesse et de solitude ressenti par un parent lorsque son enfant quitte le domicile familial. Il toucherait plus de 30% des parents, en particulier les parents célibataires ayant développé une relation fusionnelle avec leur enfant.
- Plusieurs signes permettent de le reconnaître : anxiété, solitude, sensation de vide, perte de motivation, peur de perdre le contrôle et perte d'identité liée à la transformation du rôle de parent.
- Cette période peut aussi être difficile pour le co-parent, qui peut se sentir délaissé voire rejeté, et faire rejaillir des conflits ou des divergences d'intérêts au sein du couple, tout comme favoriser une redécouverte mutuelle.
- À la phase de deuil succède souvent une phase de soulagement, avec une réorientation de vie plus en phase avec ses propres besoins. Certains parents adoptent toutefois des changements de comportement nocifs.
- Si la souffrance persiste au-delà de quelques semaines ou mois, il peut être judicieux de consulter un psychologue pour retrouver un équilibre.
Sources & références
- Jacqueline Schaeffer, Les séparations intrapsychiques du milieu de la vie et le syndrome du nid vide, Cahiers de psychologie clinique, 2008



