Syndromes

Manger du non-comestible (Syndrome de pica) : comment s'en sortir ?

Manger de la terre, de la craie ou encore des cheveux semble difficile à comprendre. C'est pourtant la réalité de certaines personnes, poussées par un trouble alimentaire à ingérer des matières qui ne se mangent pas. Ce phénomène porte un nom, le syndrome de pica, et il reste encore très mal connu.

4,712 avis Mis à jour le 3 août 2026 5 min de lecture Relu par un psychologue RPPS
Manger du non-comestible (Syndrome de pica) : comment s'en sortir ?
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Manger de façon répétée des choses non-comestibles (terre, craie, papier, cheveux) peut être le signe d'un syndrome de pica, un trouble alimentaire rare qui se soigne avec un accompagnement adapté.

Comment savoir si je souffre du syndrome de pica et est-ce grave ? Psychologue.fr

  • La durée du comportement — vous mangez des matières non-comestibles depuis plus d'un mois, de façon persistante.
  • Les situations à risque — vous êtes enceinte, anémiée ou traversez une période anxieuse ou dépressive, et ces envies apparaissent.
  • Les dangers possibles — selon ce que vous avalez, vous risquez douleurs au ventre, blocage digestif, infection ou intoxication.

Que faire pour s'en sortir ? Psychologue.fr

  • Une aide professionnelle — parlez-en à un psychologue ou psychiatre, sans honte, même si le sujet vous gêne.
  • La thérapie cognitivo-comportementale — vous travaillez sur vos compulsions actuelles pour adopter des comportements plus adaptés.
  • La psychanalyse — vous explorez l'origine de votre mal pour donner un sens à ces comportements.

Ne restez pas seul avec ce trouble : consulter un professionnel est le premier pas, rassurant et concret, vers un mieux-être durable.

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De quelle manière ce trouble s’installe-t-il au quotidien ? Et par quels mécanismes peut-il représenter un risque pour votre santé ? Cet article vous propose des pistes pour le comprendre. Comme pour d’autres troubles du comportement alimentaire (la boulimie ou l’orthorexie, par exemple), il est possible de vaincre la maladie de pica, aussi rare soit-elle. Les solutions existantes vous seront présentées en détail.

Qu’est-ce donc que le syndrome de pica ?

Parmi les troubles des conduites alimentaires figure le syndrome de pica. Son signe distinctif ? Un comportement bien précis. Le DSM-5 le définit ainsi : la personne concernée ingère, pendant au moins un mois et de façon répétée, des substances qui ne se mangent pas et n'apportent aucun nutriment.

Avant deux ans, aucun diagnostic de pica n'est envisagé par les médecins. La raison en est simple : porter à la bouche toutes sortes d'aliments non-nutritifs fait partie des comportements courants chez les tout-petits.

On observe par ailleurs que certaines régions du monde ou certaines cultures jugent normal d'ingérer des éléments qui ne sont pas alimentaires. Cette pratique relève plutôt de rites religieux.

On parle de syndrome de pica quand quelqu’un consomme des éléments qui ne sont pas des aliments, comme par exemple :

  • du papier,
  • de l’argile,
  • de la terre,
  • des cheveux,

La grossesse peut être une période d'apparition de ce syndrome, qui touche aussi plus fréquemment les femmes présentant une anémie ou une malnutrition.

Le plus souvent, la santé des personnes concernées n’est pas menacée par le syndrome de pica, puisque ce qu’elles avalent reste non toxique. Il existe pourtant des exceptions. Selon la quantité de substances ingurgitées, des effets néfastes peuvent en effet se manifester sur l’organisme :

  • Des douleurs au ventre, de la constipation ou encore un blocage dans le tube digestif,
  • Une infection notamment si vous ingurgitez de la terre contaminée,
  • Un empoisonnement si vous faîtes une intoxication au plomb, par exemple,
  • Une augmentation de la pression artérielle.

Quelles sont les causes du syndrome de pica ?

Répertorié par l'OMS dans sa classification internationale des maladies (CIM-11), le pica compte parmi les troubles du comportement alimentaire les plus rares. Plusieurs facteurs peuvent en être à l'origine, notamment :

  • un trouble de l’autisme,
  • un déficit intellectuel
  • une schizophrénie
  • un état dépressif
  • des symptômes anxieux
  • une grossesse

Un trouble psychotique ou un retard mental précède souvent l’apparition du syndrome de pica.

Chez l’enfant comme chez l’adolescent, une anxiété généralisée figure aussi parmi les cause du syndrome de pica possibles. Dans cette situation, l’ingestion d’objets non-comestibles vient combler quelque chose : un vide ressenti au quotidien, une carence affective, ou le besoin que les autres portent attention à soi. Lorsqu’une personne se sent mise à l’écart, ce comportement peut devenir une façon d’exister aux yeux de ses proches.

Précisons que ce syndrome concerne les femmes comme les hommes, sans distinction.

La grossesse figure elle aussi parmi les facteurs possibles du pica. Sans signe avant-coureur, une future mère peut éprouver l’envie de manger des éléments non-alimentaire, comme de la craie ou de la terre. En parler reste difficile pour beaucoup d’entre elles : la honte et la culpabilité les poussent fréquemment à taire ces symptômes.

A lire également : troubles des conduites alimentaires (TCA) : 30 interrogations fréquentes

Comment traiter le syndrome de pica ?

Le syndrome de pica reste rare, et le grand public le connaît mal. Pourtant, des pistes existent pour vivre plus sereinement avec ce trouble. De l'aveu même de certains psychiatres, les moyens d'en venir à bout demeurent encore peu documentés. Un accompagnement reste néanmoins possible : suivi par un psychiatre ou par un psychologue, vous pouvez apprendre, pas à pas, à faire évoluer les comportements alimentaires que ce syndrome entraîne.

Modifier ces habitudes vous permet, pas à pas, de mieux résister à vos compulsions. L’objectif consiste à retrouver une alimentation saine : réintroduire peu à peu des aliments comestibles dans vos repas et mettre fin aux carences nutritionnelles. Voici 2 conseils pour soigner le syndrome de pica :

Conseil n°1 : Les thérapies cognitives et comportementales

Solliciter un professionnel de santé constitue le premier conseil pour vaincre le syndrome de pica. Après avoir évalué votre situation, il saura vous guider vers une prise en charge thérapeutique correspondant à vos besoins. Les thérapies cognitives et comportementales, par exemple, offrent une piste intéressante pour surmonter cette maladie.

À l’origine des TCA, on retrouve fréquemment une image corporelle déformée. Ce que vous ressentez émotionnellement, tout comme le regard de la société, compte parmi les facteurs influençant votre trouble alimentaire.

L’alimentation émotionnelle joue parfois un rôle dans ce trouble : elle influence les conduites de la personne, au point de susciter chez elle l’envie d’avaler des éléments non-comestibles. On parle alors, d’une certaine manière, de compulsions alimentaires. Concrètement, l’individu se met brusquement à ingérer certaines catégories de matières.

Vous pouvez donc trouver un appui dans les thérapies cognitives et comportementales. Leur principe : agir sur vos conduites en modifiant les croyances inexactes qui les alimentent. Grâce aux TCC, vous adoptez peu à peu des manières d'agir mieux ajustées à votre vie de tous les jours.

Avant de surmonter votre maladie en pratiquant une thérapie cognitivo-comportementale, quelques repères méritent d'être connus :

  • Le psychologue va faire un travail sur vos symptômes actuels. Il ne va pas chercher les causes ni remonter dans vos souvenirs pour connaître les facteurs qui ont déclenché votre syndrome.
  • Le psychologue va travailler sur vos comportements actuels en partant du principe que vos comportements sont issus de vos pensées (qu’elles soient conscientes ou inconscientes).

La TCC repose sur un principe simple : agir plutôt que ruminer. Le patient y tient un rôle actif. Accompagné par son psychologue, il aborde son trouble, met des mots sur ses conflits intérieurs, puis expérimente concrètement de nouvelles façons de faire afin de transformer les comportements qui le gênent au quotidien. Vient ensuite un temps d'évaluation. Thérapeute et patient examinent alors ensemble les effets des actions engagées, pour vérifier si elles portent leurs fruits.

Conseil n°2 : La psychanalyse

La psychanalyse constitue la deuxième piste pour soigner le syndrome de pica. Là où l'approche cognitivo-comportementale travaille sur les symptômes que présente la personne, cette méthode s'intéresse aux origines du trouble. Le thérapeute explore donc votre enfance, parfois même vos toutes premières années, afin d'éclairer les comportements qui sont les vôtres aujourd'hui.

En séance, le psychanalyste invite la personne à parler librement, notamment de ses rêves. Cette méthode d'expression permet au praticien d'approcher ce qui se joue dans l'inconscient de son patient.

La psychanalyse repose sur une idée fondatrice : tout individu porte en lui des conflits intérieurs, hérités en particulier de son enfance. Lorsque le psychisme reste marqué par ces tourments, le développement personnel comme les relations aux autres peuvent en subir les conséquences, parfois longtemps après, à l'âge adulte. Le syndrome de pica peut alors émerger dans ce contexte.

La thérapie d'inspiration psychanalytique s'attache aux origines d'une douleur psychique et aux mécanismes inconscients qui la sous-tendent. Ce mal-être finit par s'exprimer à travers des conduites. Chez certaines personnes, c'est ainsi que l’ingurgitation de matériaux peut apparaître.

Guidé par son psychologue, le patient met peu à peu des mots sur ce qui le traverse : il repère les conflits qui l'habitent, comprend le sens caché de ses comportements et cherche ainsi à ne plus les reproduire au quotidien.

Dans la prise en charge, la psychanalyse offre plusieurs bienfaits sur le traitement d’un trouble alimentaire. Elle rend notamment possible :

  • Sortir des difficultés relationnelles
  • Mettre un terme aux troubles psychosomatiques
  • Soulager les états anxieux
  • Se libérer des TCA

La psychanalyse vous permet ainsi de verbaliser la source de votre souffrance, afin de vous en détacher et de cheminer vers un mieux-être.

Qu'avez-vous retenu ?

4 questions pour tester ce que vous avez appris sur le syndrome de pica

Question 1 / 4

Selon le DSM-5, à partir de quand peut-on poser le diagnostic de pica ?

Le diagnostic ne peut être posé qu'après deux ans, car avant cet âge il est fréquent que les enfants portent des objets non-nutritifs à la bouche.

Question 2 / 4

Quel effet néfaste sur la santé l'article cite-t-il en cas d'ingestion importante ?

L'article mentionne des douleurs au ventre, de la constipation ou encore un blocage du tube digestif selon la quantité ingérée.

Question 3 / 4

Parmi ces causes possibles du pica citées dans l'article, laquelle est correcte ?

La grossesse figure parmi les causes évoquées, aux côtés notamment d'un état dépressif, de symptômes anxieux ou d'un trouble psychotique.

Question 4 / 4

Sur quoi se concentre la thérapie cognitive et comportementale (TCC) selon l'article ?

La TCC travaille sur les symptômes et comportements actuels, sans remonter aux souvenirs, contrairement à la psychanalyse.

Ce qu'il faut retenir

Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr
  • Le syndrome de pica est un trouble du comportement alimentaire rare caractérisé par l'ingestion persistante, pendant plus d'un mois, de substances non-comestibles comme la terre, la craie, le papier ou les cheveux.
  • Le diagnostic ne peut être posé qu'après l'âge de deux ans, car il est fréquent que les jeunes enfants portent à la bouche des éléments non-nutritifs sans que cela soit pathologique.
  • Les causes possibles incluent un trouble du spectre autistique, une schizophrénie, un état dépressif, des symptômes anxieux ou encore une grossesse, période où le trouble peut apparaître soudainement.
  • Un accompagnement par un psychologue ou un psychiatre peut aider, notamment via les thérapies cognitives et comportementales qui agissent sur les comportements actuels, ou la psychanalyse qui explore les causes inconscientes du trouble.
Synthèse générée par Aurora · lecture 5 min

Sources & références

  1. Evelyn Attia, B. Timothy Walsh, Pica, MSD Manuel, 2022
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