Si le pouvoir semble vous monter à la tête, ou transformer un proche, le syndrome d'hubris désigne cette démesure qui apparaît avec les postes à responsabilités.
Comment reconnaître le syndrome d'hubris chez soi ou chez un proche ?
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Ce n'est pas un diagnostic officiel et aucun test n'existe, mais certains comportements doivent vous alerter.
- Les critiques rejetées — vous n'écoutez plus aucun avis, convaincu d'avoir toujours raison, même face à vos proches.
- Le sentiment d'invincibilité — vous prenez des risques en pensant que les règles ne s'appliquent pas à vous.
- L'éloignement de l'entourage — vos proches s'écartent peu à peu pour éviter les conflits et les colères.
Que faire si vous vous reconnaissez dans ces signes ?
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- Un avis professionnel — parlez-en à un psychologue ou un psychiatre pour y voir clair et écarter un autre trouble.
- Une pause dans les responsabilités — mettre vos fonctions entre parenthèses apaise souvent ces comportements.
- Les retours francs des proches — acceptez leurs remarques honnêtes au lieu de les balayer.
En prendre conscience est déjà un grand pas : accompagné par un professionnel, vous pouvez progressivement retrouver des relations apaisées et un meilleur équilibre.
Le syndrome d’hubris, c’est quoi ?
Directement lié à l’exercice du pouvoir, le syndrome d’hubris se manifeste par des traits qui rappellent, sur bien des points, la personnalité narcissique telle que la décrit le DSM-5, l’ouvrage de référence publié par l’American Psychiatric Association. Ce trouble bouscule l’équilibre intérieur. Concrètement, l’estime de soi grimpe au maximum, tout comme la confiance et l’affirmation de soi ; et c’est le pouvoir exercé sur autrui qui vient nourrir, en continu, cette inflation.
C’est en effet l’accès au pouvoir qui déclenche ce trouble : le syndrome d’hubris s’observe donc dans certaines catégories bien précises de la population.
On ne dispose d’aucune donnée chiffrée fiable concernant ce trouble de la démesure. Il se manifeste néanmoins fréquemment chez celles et ceux qui exercent de hautes responsabilités ou assument une fonction de leadership, que ce soit en politique, dans le sport, la finance ou le divertissement. Dirigeants, patrons d’entreprises, personnalités politiques ou encore entrepreneurs comptent, par exemple, parmi les profils concernés.
Sur le plan psychologique, cet état peut donner lieu à un comportement narcissique, à une prétention excessive, ainsi qu'à des conduites impulsives, parfois même risquées pour la personne concernée comme pour son entourage.
Chez une personne atteinte du syndrome d’hubris, aucun domaine de l’existence n’est épargné. Les choix se font sur le mode des décisions impulsives, sans réflexion préalable, et leurs répercussions peuvent être graves ; l’absence de compassion rend les relations plus difficiles, tandis que la soif de gloire finit par fragiliser l’esprit d’équipe.
Réagir devient alors indispensable : il s'agit de renouer des relations professionnelles apaisées, de restaurer une communication saine au sein du couple, de regagner peu à peu la confiance de ses proches, ou encore de retrouver un équilibre, tant sur le plan personnel que professionnel.
Autres questions
Quels sont les symptômes du syndrome d'hubris ?
David Owen et le psychiatre Jonathan Davidson ont théorisé 14 signes en 2009 dans la revue Brain : recherche constante de pouvoir et de gloire, image de soi embellie, attrait démesuré pour l'apparence, narration exaltée de faits communs, confiance aveugle en son jugement, mépris social, isolement, impulsivité, ou encore refus de reconsidérer ses choix.
Qu'est-ce que le syndrome d'hubris narcissique ?
Le syndrome d'hubris partage des caractéristiques proches du trouble de la personnalité narcissique décrit dans le DSM-5, mais s'en distingue par son déclencheur : l'exercice du pouvoir. Il associe narcissisme, arrogance et sentiment de toute-puissance, alimentés par la position de responsabilité. On l'observe surtout chez des figures politiques, chefs d'entreprise ou entrepreneurs.
Qu'est-ce que l'hubris en psychologie ?
Théorisé récemment par David Owen, ancien ministre britannique et neurologue, dans son ouvrage de 2008, le syndrome d'hubris désigne un trouble lié à l'exercice du pouvoir : la personne développe une estime et une confiance en soi démesurées, se croit d'exception et perd le lien avec la réalité. Il peut toucher toutes les sphères de la vie.
Quel est le sens du mot hubris ?
Le terme hubris, écrit aussi hybris, trouve ses racines dans la Grèce antique et se traduit aujourd'hui par démesure. Il désignait le comportement arrogant, orgueilleux et désobéissant susceptible d'attirer la colère des dieux, comme dans le mythe d'Icare, mort pour avoir volé trop près du soleil.
Comment soigner le syndrome d'hubris ?
Il n'existe pas de traitement médicamenteux spécifique au syndrome d'hubris. La démarche recommandée est un suivi psychologique auprès d'un psychologue ou d'un psychiatre qualifié, afin d'anticiper les conséquences du comportement, rétablir des relations saines et retrouver un équilibre personnel et professionnel.
Comment savoir si vous êtes atteint du syndrome d’hubris ?
Comment repérer cette pathologie liée au pouvoir ? En 2009, David Owen a décrit, avec Jonathan Davidson, psychiatre américain, une liste de 14 signes caractéristiques du syndrome d'hubris. Leur travail a paru dans Brain, une revue scientifique. Plusieurs de ces manifestations se retrouvent aussi dans d'autres troubles, comme le narcissisme ou la personnalité antisociale.
Ces symptômes sont les suivants :
- Une recherche constante de pouvoir et de gloire
- Une représentation embellie de sa propre image
- Un attrait démesuré pour l’apparence et l’image
- Une exaltation dans la narration de faits communs
- Le sentiment d’un point de vue identique à celui du pouvoir propre
- Une tendance à se présenter à la troisième personne
- Une confiance aveugle en son jugement et un mépris social
- Une impression de puissance absolue sur ses capacités
- Le refus d’un potentiel jugement par l’opinion publique
- La croyance à un jugement invariablement favorable
- Un isolement qui mène à une déconnexion de la réalité
- Une tendance à l’agitation, à l’impulsivité et à l’imprudence
- Le rejet d’une reconsidération de ses propres choix
- L’inconscience de l’incompétence à l’exercice du pouvoir
Précisons-le : se reconnaître dans trois signes ou davantage peut laisser supposer que le trouble est présent. Celui-ci n'apparaît pourtant pas, en tant que catégorie propre, dans les nosographies de référence — ni dans le DSM-5, ni dans la CIM-11 publiée par l'OMS. Seul un professionnel qualifié en santé mentale, psychiatre ou psychologue, pourra évidemment confirmer un tel diagnostic.
Signe n°1 : une recherche constante de pouvoir et de gloire
Chez les personnes concernées par ce syndrome, rechercher la gloire sans relâche en est le trait le plus marquant. Le monde leur apparaît comme une arène : pour y décrocher une gloire totale, avoir le pouvoir devient à leurs yeux une condition incontournable.
La perception de soi devient alors complètement faussée, tout comme la façon de situer sa propre place dans le monde.
Toute l'attention se fixe alors sur ce qui touche au contrôle et à la domination : obtenir la reconnaissance des autres devient un combat sans fin, tout comme la nécessité de pouvoir contrôler.
Autrui n'est alors plus considéré comme un partenaire, mais systématiquement comme un adversaires potentiel, aussi bien dans la vie professionnelle que dans la vie privée.
Signe n°2 : une représentation embellie de sa propre image
L’image et la gloire allant de pair, quiconque est touché par ce syndrome de la démesure entretient tout naturellement une vision extrêmement positive de soi.
Elle se perçoit comme un être hors du commun, supérieure aux autres. Son estime de soi, particulièrement élevée, vient renforcer cette conviction intime d’approcher la perfection.
Chez ces personnes, l’amour porté à soi-même est démesuré, et chaque réussite passée vient le nourrir : un nouveau poste décroché au travail, une récompense ou une promotion, des compliments après une mission menée à bien, un gain financier important, etc.
Hélas, même naïfs, les encouragements de l’entourage viennent consolider ce sentiment de supériorité.
Signe n°3 : un attrait démesuré pour l’apparence et l’image
Chez les individus atteints du syndrome d’hubris, l’apparence occupe une place centrale : il faut projeter une image sans défaut et sortir du lot. Se différencier des autres sur le plan physique devient presque une nécessité, à la fois pour asseoir un sentiment de supériorité et pour provoquer l’admiration d’autrui.
Cela se traduit par une nette préoccupation de l’apparence physique, ainsi que par un temps et un argent considérables consacrés à se construire une image impeccable.
Parce que l’image renvoyée se doit d’être sans défaut, tout devient bon pour paraître parfait : recours à la médecine esthétique, restrictions sur le plan alimentaire (l’orthorexie, par exemple), pratique obsessionnelle du sport, etc.
Ces exigences d’apparence s’étendent souvent à l’entourage, presque au même degré. Des tensions peuvent alors surgir, qu’il s’agisse de standards de beauté disproportionnés imposés aux proches ou de l’arrogance que la personne dissimule mal.
Signe n°4 : une exaltation dans la narration de faits communs
La personne touchée par le syndrome d’hubris entretient une vision biaisée de son rôle sur terre : elle a la conviction profonde de n’être destinée qu’à réaliser de grandes choses.
Ainsi, chaque action qu’il entreprend se trouve théâtralisée : il relate ses propres actes avec des manières et des descriptions exagérées, embellies, même lorsqu’il s’agit d’agissements communs.
Cette manière messianique de raconter les faits traduit une profonde conviction de sa propre grandeur, de l'importance qu'il s'accorde et de son aptitude supérieure à résoudre chaque problème rencontré.
Par ailleurs, chaque mot est sélectionné avec soin, le langage étant pensé pour captiver celui qui écoute : il s’agit à la fois de convaincre et de satisfaire un besoin d’être admiré, d’être reconnu et validé en tant que leader, visionnaire ou pionnier.
Signe n°5 : le sentiment d’un point de vue identique à celui du pouvoir propre
Lorsqu’une personne est habitée par ce besoin de toute-puissance, chacune de ses prises de position se révèle tranchée, sans exception.
Avec fermeté, elle soutiendra que sa vision est la bonne, et qu’elle rejoint celle défendue par le pouvoir en place.
Comme il s’identifie à toute forme de pouvoir, il a le sentiment que ses propres objectifs coïncident avec ceux de l’institution ou de l’autorité à laquelle il se rattache.
Sa position devient immédiate et tranchée : à ses yeux, le pouvoir dans son ensemble ne saurait réussir sans lui. Il s’estime donc investi d’une mission, celle d’agir comme « il se doit », afin que ce pouvoir continue de fonctionner correctement.
Son comportement passe souvent pour autoritaire, tandis que la façon dont il défend les intérêts de l'organisation ou du pouvoir manque nettement de souplesse. Une telle attitude expose à des conflits d'intérêts en série, susceptibles d'éclater aussi bien dans le cercle familial qu'auprès des collègues.
Signe n°6 : une tendance à se présenter à la troisième personne
Parler de soi en employant la troisième personne traduit souvent un sentiment de supériorité. Quand quelqu'un adopte spontanément cette façon de s'exprimer, sans intention théâtrale, cela révèle quelque chose de sa perception de lui-même : il se conçoit moins comme un individu que comme une entité. Il se positionne alors au cœur des événements qui l'entourent, quand ce n'est pas au-dessus d'eux.
Recourir au “il” ou au “elle” sert ici à instaurer une distance vis-à-vis d’autrui : verbalement, la personne creuse un écart face à son interlocuteur afin d’affirmer son pouvoir.
Il arrive aussi que la personne emploie le “nous”. Cette formulation nourrit alors, elle aussi, un sentiment de grandeur et de supériorité. On retrouve par ailleurs ce signe dans la mégalomanie, un trouble de la personnalité.
Signe n°7 : une confiance aveugle en son jugement et un mépris social
Portée par une confiance en elle démesurée, la personne touchée par le syndrome d’hubris est persuadée d’avoir toujours raison.
Persuadée que ses connaissances et son expérience surpassent celles des autres, elle ne se fie qu’à son propre jugement.
Elle en vient ainsi, très vite, à dédaigner les opinions, les recommandations et les regards venus de l’extérieur, peu importe qu’ils émanent de simples connaissances ou de son entourage le plus proche.
Cette attitude de mépris pour les autres révèle un profond manque d’empathie, lequel abîme les liens avec l’entourage.
Se reposant uniquement sur son propre jugement, elle prend parfois des décisions irréfléchies, déséquilibrées, voire tyranniques lorsqu'elles concernent le travail. Ce mépris entraîne alors un isolement social : faute de confiance envers autrui, la communication finit par se rompre.
Signe n°8 : une impression de puissance absolue sur ses capacités
Chez la personne concernée par le syndrome d’hubris, le sentiment d’omnipotence vis-à-vis de ses propres capacités revient fréquemment. Elle demeure prisonnière d’une conviction tenace : rien ne lui serait inaccessible, quelles que soient les limites qui pourraient être les siennes ou les difficultés extérieures rencontrées en chemin.
La personne finit par se percevoir comme invincible : elle se persuade que règles et lois ne la concernent pas. Peu à peu, ses conduites deviennent dangereuses et risquées, tandis que germent dans son esprit des projets immodérément ambitieux.
Une attitude autodestructrice est aussi rapportée chez ces personnes : trop confiantes dans leurs capacités, elles en viennent à se mettre elles-mêmes en danger.
Cette impression d’être invincible se trouve amplifiée par une montée de testostérone (que certains surnomment l’hormone du pouvoir), ce qui fausse la perception que la personne a d’elle-même. Elle perd alors son discernement, tout comme sa capacité à s’évaluer avec justesse.
Signe n°9 : le refus d’un potentiel jugement par l’opinion publique
Le rejet catégorique du jugement d'autrui constitue un symptôme caractéristique chez la personne atteinte de ce trouble lié à l'obsession du pouvoir.
Convaincue que sa propre vision est la seule vérité, la personne ne juge donc pas utile d’écouter les idées ou les objections d’autrui.
Tout jugement, quelle que soit la façon dont il est amené, se voit immédiatement rejeté.
Ne jamais reconnaître ses erreurs ni tolérer la moindre critique : cette incapacité complète renvoie aux traits narcissiques que l'on observe dans ce trouble. La personne estime avoir raison en toutes circonstances, devient toxique et blâme les autres dès qu'un échec est admis.
Ce refus du jugement se manifeste tout particulièrement au travail : les échecs y sont dissimulés, tandis que les objections formulées par les collaborateurs sont écartées d'un simple revers de main.
Signe n°10 : la croyance à un jugement invariablement favorable
“Quelle que soit la nature du jugement porté sur moi, il tournera à mon avantage” : voilà le genre de déclaration que pourrait tenir toute personne touchée par le syndrome d’hubris.
Parce qu’elle s’identifie à son propre pouvoir ainsi qu’à l’histoire, elle a la conviction que sa personne, tout comme ses actions, sera nécessairement jugée favorablement par la postérité, peu importe ce qu’entraînent ses décisions.
Cette conviction s’accompagne d’une vision grandiose de soi ainsi que de ses réussites personnelles. Dans le même temps, les mises en garde et les remarques formulées par les proches sont catégoriquement écartées.
Aux yeux de la personne avide de pouvoir, un seul verdict a de la valeur : celui que l’histoire rendra, et qui ne pourra qu’être favorable.
Signe n°11 : un isolement qui mène à une déconnexion de la réalité
Dans le syndrome d’hubris, la perte de contact avec la réalité s’installe le plus souvent par étapes. Conforté par l’image qu’il a de lui-même, l’individu concerné s’enferme dans des idées despotiques. Il prend alors, insensiblement, de la distance avec ses proches — et finit par se couper de ce qu’il vit réellement.
Convaincu d'appartenir à une catégorie de personnes hors du commun, sans que son entourage ne valide ce point de vue, il choisit de s’isoler progressivement : prendre ses distances avec ses proches lui évite toute confrontation. Il peut ainsi rester dans sa bulle, faite de fantasmes et de croyances délirantes, où il se sent rassuré.
Signe n°12 : une tendance à l’agitation, à l’impulsivité et à l’imprudence
Impulsivité, caprices, imprudence : ces conduites signent typiquement le syndrome d'hubris. On parle bien de comportements impulsifs. Chez la personne concernée, la moindre contrariété devient difficile à supporter ; face aux obstacles comme aux contretemps, elle manifeste une faible tolérance à la frustration.
Ses fréquentes sautes d’humeur la conduisent plus facilement à prendre des risques et à décider sur un coup de tête.
Impulsivité et imprudence peuvent aussi se traduire par des conduites addictives. Consommer certaines substances, ou développer des dépendances comportementales, devient alors une tentative pour apaiser un esprit tourmenté et y rétablir un semblant d'ordre.
Les prises de risque provoquent également, le plus souvent, davantage de dégâts et de répercussions, car les décisions et les actions sont menées avec impulsivité.
Signe n°13 : le rejet d’une reconsidération de ses propres choix
Dissimuler la réalité, déformer la vérité ou encore imposer ses propres choix en écrasant ceux d’autrui… Voilà, jour après jour, comment agit celui que l’obsession du pouvoir habite !
Le jugement des autres, elle le rejette systématiquement : elle y oppose ses propres idées et ses choix, qui incarnent à ses yeux la justesse même.
Persuadée que son point de vue est le bon, elle n’accepte ni la contradiction ni la remise en question de ses idées, quand bien même celles-ci sembleraient, objectivement, irréalisables ou irrationnelles.
Elle recourt d'ailleurs volontiers au mensonge, et n'a aucun scrupule à manipuler les autres lorsqu'il s'agit d'imposer ses décisions ou de parvenir à ses fins.
On le constate en particulier dans les situations d’emprise impliquant un pervers narcissique : celui-ci recourt alors à des procédés de manipulation mentale afin de parvenir à ses objectifs.
Signe n°14 : l’inconscience de l’incompétence à l’exercice du pouvoir
Nier une incompétence pourtant manifeste aux yeux de tous constitue le signe du syndrome d’hubris que l’entourage repère le plus aisément, surtout quand la personne concernée exerce ses fonctions sous le regard du public.
Parce qu’il surestime ses compétences et sa capacité à décider correctement, il se lance dans des projets ou des missions pour lesquels lui manquent parfois aussi bien les qualifications que les compétences nécessaires.
Il n'en aura pourtant aucune conscience et restera persuadé du contraire, autrement dit inconscient de ses propres lacunes.
Projets mal gérés, investissements à perte, pratiques de micromanagement… Quand ils sont niés, ces phénomènes peuvent traduire un besoin avide de pouvoir.
Comment traiter le syndrome ?
Comment redescendre sur terre quand la maladie du pouvoir vous a gagné ?
La prise en charge du syndrome d’hubris se heurte souvent à un obstacle de taille : les personnes concernées peinent, dans bien des cas, à admettre l’état psychologique dans lequel elles se trouvent, ce qui complique le travail thérapeutique.
Une personne peut passer des mois, parfois des années, sans avoir conscience d'être touchée par ce trouble de la personnalité. Le diagnostic s'en trouve alors retardé d'autant.
Le premier signal d’alarme vient fréquemment de l’entourage : lassés de ne pas être reconnus et refusant de continuer à subir ce pouvoir abusif, les proches prennent progressivement leurs distances, afin d’éviter toute confrontation, les disputes, ainsi que les explosions de colère intense propres à ce trouble.
Avant tout, il faut donc parvenir à reconnaître le caractère pathologique qu'a pris cette folie des grandeurs : c'est là le point de départ essentiel.
Une fois cette première étape franchie, mieux vaut consulter un psychiatre ou un psychologue : ce professionnel pourra vérifier qu’aucune autre affection n’est en cause, puis confirmer ces hypothèses — ou les infirmer.
Un accompagnement thérapeutique devient alors nécessaire pour reprendre pied dans la réalité et se défaire de ces envies obsédantes de pouvoir.
Aucun médicament n’a, pour l’heure, démontré son efficacité contre les manifestations du syndrome d’hubris ; en revanche, certaines approches ayant fait la preuve de leur utilité peuvent être proposées :
Un accompagnement psychothérapeutique : c’est une ressource précieuse pour la personne concernée par le syndrome d’hubris. Ce travail lui permet d’identifier ce qui, en profondeur, nourrit ses comportements et l’image qu’elle a d’elle-même. Selon les répercussions observées, plusieurs approches peuvent être proposées : la thérapie cognitivo-comportementale, l’approche interpersonnelle ou encore une thérapie menée en couple.
Les techniques de relaxation : méditation, sophrologie, pratique de la pleine conscience ou encore cohérence cardiaque permettent, de façon autonome, d'instaurer des mécanismes de surveillance capables de prévenir l'installation de tels dérèglements du comportement.
Le rôle des proches : leur soutien pèse souvent lourd lorsqu'il s'agit d'aider la personne à prendre conscience du trouble. Ils peuvent instaurer un dialogue franc, sans détour, valoriser les attitudes constructives et refuser toute complaisance, tout en encourageant la remise en question : autant de leviers qui offrent un contrepoids salutaire face à ces comportements.
Dans bien des cas, les symptômes s'estompent quand le pouvoir décline. Ainsi, lorsque la quête du pouvoir va trop loin, la solution la plus radicale pour s'en affranchir consiste à renoncer, du moins temporairement, à ses responsabilités et à ses fonctions.
Rappelons-le : la prise en charge d'un traitement d’un trouble de la personnalité s'inscrit dans la durée et suppose de s'impliquer sans relâche.
Pour s’en défaire, les maîtres-mots seront les suivants : collaborer étroitement avec des professionnels de la santé, s’appuyer sur le soutien de son entourage si nécessaire, et faire preuve de patience !
Psychologue.fr vous propose 6 conseils pour contrer le syndrome d’hubris au quotidien :
- Être à l’écoute des autres : écouter les opinions des autres et mûrement les considérer avant de prendre une décision
- Mesurer avec réalisme : apprendre à mesurer ses capacités et ses compétences avant d’entreprendre un projet
- Admettre ses erreurs : reconnaître ses faiblesses et apprendre à en tirer des leçons pour avancer
- Cultiver l’empathie : se mettre à la place des autres et comprendre leur perspective, en étant attentif à leurs besoins et sentiments
- Apprendre à nouveau : élargir ses compétences en apprenant de nouvelles choses et ainsi se remettre en position de débutant
- Rester ouvert aux autres : accepter le feedback et le voir comme une occasion de s’améliorer
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur le syndrome d'hubris
Question 1 / 4
Qui a théorisé le syndrome d'hubris en 2008 ?
Question 2 / 4
Le syndrome d'hubris figure-t-il dans les classifications officielles ?
Question 3 / 4
Combien de symptômes du syndrome ont été théorisés par David Owen et Jonathan Davidson ?
Question 4 / 4
D'où vient le terme « hubris » ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- Le syndrome d'hubris, théorisé par David Owen en 2008, est un trouble lié à l'exercice du pouvoir : il touche surtout les personnes occupant des postes à responsabilités, comme les dirigeants, figures politiques ou entrepreneurs.
- David Owen a décrit 14 symptômes, parmi lesquels une quête constante de gloire, une confiance aveugle en son jugement, un mépris des avis extérieurs, l'impulsivité et une déconnexion progressive de la réalité.
- L'identification à au moins 3 de ces signes peut faire suspecter la présence du trouble, mais seul un psychologue ou un psychiatre peut confirmer le diagnostic et écarter une autre affection.
- Il n'existe aucun traitement médicamenteux, mais la psychothérapie, les méthodes de relaxation et l'intervention de l'entourage aident à retrouver un équilibre ; les symptômes tendent à se dissiper quand le pouvoir s'amoindrit.
Sources & références
- Hubris syndrom, Clinical Medicine, Royal College of Physicians, 2008
- Le syndrome d’hubris : la maladie du pouvoir, Sebastian Dieguez, Cerveau & Psycho, 2009
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