Si vous vous épuisez à aider les autres sans jamais penser à vous, vous êtes peut-être concernée par le syndrome de l'infirmière.
Comment savoir si je suis touchée par le syndrome de l'infirmière ?
Psychologue.fr
- La difficulté à dire non — refuser votre aide vous paraît impossible et vous culpabilisez dès que vous n'aidez pas.
- La fatigue de trop donner — votre entourage vient chercher du réconfort auprès de vous, et vous vous sentez vidée.
- Le couple déséquilibré — vous vous focalisez sur les problèmes de votre partenaire et oubliez vos propres besoins.
Que faire pour s'en libérer ?
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- L'origine du besoin d'aider — une blessure d'enfance ou un traumatisme explique souvent cette envie de sauver l'autre.
- Vos limites à poser — dire non et exprimer vos besoins aide à rééquilibrer la relation.
- L'accompagnement d'un psychologue — une thérapie vous aide à mettre des mots sur vos blessures et à vous apaiser.
Ce fonctionnement n'est pas une fatalité : consulter un professionnel peut vous aider, à votre rythme, à retrouver un équilibre entre les autres et vous.
Qu’est-ce que le syndrome de l’infirmière ?
Le syndrome de l’infirmière, qui touche majoritairement les femmes, correspond à un fonctionnement relationnel dysfonctionnel. La personne concernée veut à tout prix sauver autrui et endosse une posture de sauveuse, parfois même d’héroïne. Derrière cette attitude se cache un déni : elle refuse d’admettre son propre besoin d’aide et place le bonheur des autres avant le sien.
Sauver la planète entière, elle en rêverait. Pourtant, c’est d’abord auprès de la personne qui partage sa vie que cette posture de sauveuse se manifeste. Elle finit par s’effacer au bénéfice d’autrui : son existence passe alors par ce qu’elle fait pour les autres, et non par ce qu’elle est. Faute de poser des limites et de placer ses propres besoins en priorité, elle s’expose à un risque bien réel, celui de laisser une personne toxique s’installer dans son quotidien.
Autres questions
Quels sont les symptômes du syndrome de l'infirmière ?
Six signes le caractérisent : une faible estime de soi, de grandes qualités d'empathie, une focalisation sur les problèmes du partenaire, le besoin de le sauver, une tendance à s'apprécier selon ses actions et non sa personnalité, et un manque de temps pour soi. La fatigue de donner et la difficulté à dire non sont également révélatrices.
Qu'est-ce que le syndrome de l'infirmière ?
Au-delà du besoin excessif d'aider, ce syndrome se distingue par l'absence de dimension narcissique et son fonctionnement inconscient : la personne agit par pur altruisme, sans rien attendre en retour, car le simple fait de se sentir utile lui suffit. Il touche souvent les femmes et s'exprime surtout auprès du partenaire.
Quelle est la différence entre le syndrome du sauveur et le syndrome de l'infirmière ?
Deux différences principales les séparent. Le syndrome de l'infirmière se met en place de façon inconsciente et est dénué de dimension narcissique. À l'inverse, le syndrome du sauveur est plus conscient et place la recherche de reconnaissance au centre. Le profil du sauveur est notamment décrit dans The White Knight Syndrome (Lamia et Krieger, 2009).
Comment sortir du syndrome de l'infirmière ?
Quatre leviers concrets aident à s'en dégager : comprendre l'origine de votre envie de sauver le monde, prendre conscience de vos automatismes, vous dégager du temps pour des activités que vous aimez, et guérir de vos blessures et traumatismes passés. Les causes remontent souvent à l'enfance ou à un traumatisme dont on se sent responsable.
Comment le reconnaître ?
Ce mécanisme rappelle certains signes de dépendance, de co-dépendance, ainsi que le profil du sauveur, que Mary C. Lamia et Marilyn J. Krieger, toutes deux psychologues aux États-Unis, ont analysé dans The White Knight Syndrome, paru en 2009. Quelques questions peuvent vous aider à repérer ces manifestations chez vous :
- Êtes-vous fatiguée de donner ?
- Est-ce compliqué, pour vous, de dire “non” ?
- Votre entourage vient-il chercher du réconfort auprès de vous ?
- Ressentez-vous de la culpabilité si vous n’offrez pas votre aide à autrui ?
On le désigne aussi sous les noms de syndrome de l’éducateur ou de syndrome du psychologue, en référence à ces professions dont la vocation consiste à aider autrui.
Voici six indices qui devraient vous aider à reconnaître le syndrome de l’infirmière :
- Vous avez une faible estime de soi et un déficit de confiance en soi
- Vous avez des qualités d’empathie
- Vous vous focalisez sur les problèmes de votre conjoint
- Vous ressentez le besoin de sauver votre partenaire
- Vous vous appréciez en fonction des actions que vous menez et non pour la personne que vous êtes
- Vous avez tendance à vous oublier
Signe n°1 : Faible estime de soi et déficit de confiance en soi
Comment repérer ce premier signe du syndrome de l’infirmière ? Observez le regard que vous portez sur vous-même : l’estime et la confiance en soi sont ici au cœur du problème. Les psychologues disposent d’ailleurs d’un outil pour mesurer cette dimension, l’échelle de Rosenberg, consacrée à l’estime de soi. Ce sont majoritairement des femmes qui présentent ce syndrome, et elles souffrent d’un manque de confiance en elles particulièrement marqué.
Persuadées que se montrer utiles et venir en aide à autrui les rendra plus dignes d'affection, elles restent aveugles à leurs propres qualités. Certaines s'épuisent émotionnellement à force de vouloir sauver la personne avec qui elle partage leur vie.
Elles s’attribuent donc un rôle utilitaire, comme si leur existence ne prenait sens qu’à travers le regard de leur entourage. Vouloir devenir indispensable, à ce point, cache parfois autre chose : une crainte d’être abandonnée, ou celle d’être rejetée.
Chez la personne concernée par ce syndrome, l’altruisme sert à rehausser l’estime qu’elle a d’elle-même.
Signe n°2 : Des qualités d’empathie
Autre indice caractéristique d'une personne dévouée aux autres : sa capacité d’empathie. Écouter et analyser sont des aptitudes qu'elle mobilise volontiers pour apporter son aide. Son souhait ? Changer quelque chose dans l'existence des autres, en les accompagnant vers davantage de mieux-être.
Plusieurs qualités permettent ainsi d’identifier ce syndrome de l’infirmière :
- Vous percevez les émotions des autres
- Vous faites preuve d’une grande écoute
- Vous prenez soin du bien-être des autres
Signe n°3 : Se focalise sur les problèmes de son conjoint
Portée par vos capacités d’empathie, voire d’hyperempathie, vous ne ménagez aucun effort : votre objectif est d'aider votre partenaire à résoudre ses problèmes, en le soutenant à chaque étape de ce cheminement.
Dans cette optique, vous cherchez à en savoir plus sur les obstacles auxquels votre partenaire fait face, dans le but de l'accompagner pour les dépasser. Un exemple concret : s'il est en recherche d'emploi, vous pouvez aller jusqu'à sélectionner vous-même les annonces susceptibles de lui correspondre.
Prenons un exemple concret : une femme victime du syndrome de l’infirmière choisit fréquemment un partenaire en difficulté, ce qui lui permet de concentrer son énergie sur les solutions à lui apporter. Ces difficultés peuvent relever de plusieurs registres :
- Affectif avec des difficultés relationnelles notamment
- Comportemental avec une addiction à la drogue ou une dépendance à l’alcool, par exemple
- Psychologique avec des troubles anxieux ou encore une dépression chronique
- Financier avec une addiction aux jeux d’argent ou des achats compulsifs.
À découvrir également : Immaturité affective : les 7 signaux qui doivent alerter (et comment y remédier)
Signe n°4 : Envie de sauver son partenaire
Quatrième indice permettant de repérer le syndrome de l’infirmière : ce désir de sauver la personne avec qui vous êtes en couple. Vous mobilisez alors une énergie immense afin de venir en aide à la personne qui partage votre vie.
La fatigue s'accumule alors, accompagnée parfois d'une importante charge mentale et émotionnelle. Sauver cette personne devient, à vos yeux, une mission dont vous ne pouvez vous détourner. Quitte à négliger ce dont vous avez besoin. D'une certaine manière, c'est vous qui endossez la responsabilité du sauvetage de l'autre.
Un déséquilibre risque alors de s’installer au sein de votre couple : deux rôles se dessinent, le donneur d’un côté, le receveur de l’autre, sans que ces positions ne s’inversent jamais. Veiller au respect de cet équilibre reste indispensable, faute de quoi la relation de couple peut devenir toxique.
Signe n°5 : S’apprécie en fonction de ses actions et non de sa personnalité
Chez cette servante protectrice et dévouée aux autres, une conviction domine : seuls les gestes accomplis pour son entourage la rendraient digne d’affection, jamais ce qu’elle est en tant que personne.
Ainsi que nous l’avons souligné plus haut, cette croyance s’enracine largement dans le rapport que la personne entretient avec l’estime qu’elle se porte et avec sa confiance en elle.
Vous accepter comme vous êtes vous semble difficile ? Et donner aux autres reste, pour vous, la principale source de valorisation ?
Pour déterminer si cette situation vous concerne, prenez un moment pour réfléchir à la façon dont vous vous voyez : qu’est-ce qui vous vient spontanément à l’esprit ?
- Est-ce des adjectifs qui décrivent votre personnalité ? (gentille, avec de l’humour, joyeuse…)
- Ou est-ce des actions réalisées pour autrui ? (je suis une bonne compagne, je suis à l’écoute des besoins de mon partenaire…)
Signe n°6 : Un manque de temps pour soi
Autre trait caractéristique du syndrome de bonne samaritaine : le temps que l'on s'accorde à soi-même devient rare. Vos journées sont largement consacrées à prendre soin des autres. Une question se pose alors : qui, de son côté, veille sur vous ?
Prendre du temps pour soi, à travers des activités qui vous plaisent, reste indispensable à votre équilibre personnel. Il peut s'agir d'une activité sportive, ou simplement d'un temps consacré à la lecture.
Comment traiter le syndrome de l’infirmière ?
Au quotidien, vivre avec ce syndrome peut générer des difficultés. Si vous souhaitez soulager ce syndrome, différentes pistes existent, parmi lesquelles :
- Comprendre l’origine de votre envie de sauver le monde
- Prendre conscience de vos automatismes
- Prendre du temps pour vous
- Guérir de vos blessures et de vos traumatismes
À l’origine de ces comportements d’héroïne, on retrouve plusieurs explications possibles. L’enfance constitue la première piste. Une blessure émotionnelle a peut-être marqué cette période. Un parent distant, peu porté sur l’affection ou avare de démonstrations, a par exemple pu vous laisser croire que vous ne méritiez pas d’être aimée telle que vous étiez.
Cette seconde origine peut être liée à un traumatisme : vous n’avez pas réussi, par exemple, à empêcher qu’un drame survienne et vous en portez le sentiment de responsabilité, ou bien, au contraire, vous y avez tenu un rôle déterminant.
Identifier l'origine de ce syndrome constitue une première étape. Vous pourrez ensuite travailler à en atténuer les manifestations. Deux leviers comptent particulièrement : reprendre confiance en vous et dialoguer avec votre partenaire, afin de parvenir à formuler ce dont vous avez besoin et à poser vos limites.
Sur ce chemin, engager une démarche thérapeutique peut se révéler nécessaire. Le rôle du psychologue consistera d’abord à identifier vos blessures avec vous, puis à poser des mots sur elles. Il vous accompagnera ensuite pour travailler sur vos symptômes, avec pour objectif de retrouver un certain apaisement.
Chez la Clinique E-Santé, une équipe de psychologues expérimentés vous accompagne à distance. Leur objectif : vous aider à retrouver un mieux-être et à alléger le poids des blessures qui affectent, encore aujourd’hui, votre vie quotidienne.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur le syndrome de l'infirmière
Question 1 / 4
Quel besoin cache souvent le désir de se rendre indispensable aux autres ?
Question 2 / 4
Selon Serge Tisseron, combien de types d'empathie existe-t-il ?
Question 3 / 4
Qu'est-ce qui différencie le syndrome de l'infirmière du syndrome du sauveur ?
Question 4 / 4
Que peut apporter une thérapie face à ce syndrome ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- Le syndrome de l'infirmière désigne un mécanisme relationnel dysfonctionnel dans lequel la personne cherche à sauver autrui, principalement son ou sa partenaire, en faisant passer le bonheur des autres avant le sien.
- Il se reconnaît à plusieurs signes : une faible estime de soi, des qualités d'empathie exacerbées, une focalisation sur les problèmes du conjoint et un manque de temps pour soi.
- Contrairement au syndrome du sauveur, plus conscient et centré sur la recherche de reconnaissance, le syndrome de l'infirmière se met en place de façon inconsciente et sans dimension narcissique.
- Ses origines possibles incluent une blessure émotionnelle vécue dans l'enfance ou un traumatisme ; entamer une thérapie avec un psychologue peut aider à identifier ces blessures et à apaiser les symptômes.
Sources & références
- Une psy à la maison, “Comprendre le syndrome de l’infirmière et son origine”, YouTube, 2019
- Serge Tisseron, “Les dérives de l’empathie”, Cairn, 2017



