Si vous ne tombez jamais amoureux et vous demandez si vous êtes concerné par l'aromantisme, certains signes concrets peuvent vous éclairer.
Comment savoir si je suis aromantique ?
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- L'absence de coup de cœur — vous n'êtes jamais tombé amoureux et le concept de crush vous échappe.
- Le couple sans manque — vous vous sentez épanoui sans relation de couple et n'en ressentez pas le besoin.
- Les histoires d'amour des autres — vous ne vous reconnaissez pas dans les romances des films, livres ou de vos amis.
Que faire si je souffre de ne pas tomber amoureux ?
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- L'origine de la souffrance — demandez-vous si elle vient d'une pression sociale ou d'un vrai manque de lien.
- Un passé amoureux — si vous avez déjà aimé, une rupture difficile a peut-être installé un mécanisme de protection.
- Un accompagnement possible — parler avec un psychologue peut vous aider à mieux vous comprendre.
Si ce questionnement vous pèse, un professionnel peut vous accompagner avec bienveillance pour y voir plus clair, sans jugement.
Néanmoins, de nouvelles manières de penser et de vivre l’amour se font connaître depuis quelques années, parmi lesquelles l’aromantisme.
Mais que recouvre au juste cette notion récente ? Et comment reconnaître, surtout, si l'on se situe dans l'aromantisme ? Autrement dit : comment savoir si on est aromantique ?
Nous avons posé ces questions à Alain Héril, sexothérapeute, qui a signé « Désirer autrement – voyage aux pays des asexualités » aux éditions Leduc. Son livre aborde aussi la question de l'aromantisme.
Pour mieux cerner ce qu'est l'aromantisme, voici quatre différences entre amour et désir à connaître sans plus attendre.
Autres questions
Qu'est-ce que l'aromantisme ?
L'aromantisme se distingue de l'asexualité : il concerne l'attirance romantique, pas sexuelle. Une personne aromantique ressent peu ou pas de désir de construire une relation amoureuse privilégiée, mais peut éprouver de l'attirance physique. Certains cumulent les deux et se disent aro-ace. C'est une orientation qui s'impose naturellement, elle ne relève pas d'un choix.
Est-ce qu'un aromantique peut être en couple ?
Oui. Une personne aromantique peut vivre des relations sans ressentir ou en ressentant peu de sentiment amoureux. Elle peut développer des liens affectifs forts : relations polyamoureuses, platoniques, amicales ou queerplatoniques, où deux personnes cherchent un lien émotionnel fort, cohabitent voire élèvent un enfant, sans que ce soit une relation romantique au sens conventionnel.
Quel est le contraire d'aromantisme ?
Le contraire de l'aromantisme est l'alloromantisme : une personne alloromantique ressent de l'attirance romantique, c'est-à-dire l'envie d'aller vers quelqu'un pour vivre des moments privilégiés et d'intimité. Selon le sexothérapeute Alain Héril, cette attirance romantique peut inclure des relations sexuelles, mais pas forcément : amour et désir restent deux états distincts.
L'aromantisme est-il une maladie ?
Non. L'aromantisme n'est pas une maladie mais une orientation qui s'impose naturellement à la personne. Les aromantiques peuvent ressentir des sentiments forts et différentes formes d'amour : amical, familial, platonique. En revanche, si une souffrance apparaît, il peut être utile de distinguer la pression sociétale d'un possible attachement insécure.
Une personne aromantique peut-elle embrasser ?
Oui, tout à fait. Être aromantique concerne l'absence d'attirance romantique, pas le rapport au corps ou à la sensualité. Certains aromantiques éprouvent de l'attirance physique ou sensuelle et peuvent apprécier les baisers ou les relations sexuelles. On peut d'ailleurs être aromantique sans être asexuel, ce sont deux dimensions distinctes.
Que signifie l’aromantisme ?
L’aromantisme concerne les individus chez qui l’attirance romantique est absente, ou très faible, peu importe le genre de la personne en face. Autrement dit, une personne aromantique ne tombe pas amoureuse. Mais que recouvre au juste cette notion d’attirance romantique ? Pour y voir plus clair, nous avons invité Alain Héril à en donner sa définition :
Selon Alain Héril, l’attirance romantique correspond au fait de se sentir attiré par quelqu’un, avec l’envie de partager avec cette personne des instants privilégiés. C’est un mouvement réciproque : on souhaite aller vers l’autre, et que l’autre fasse de même, afin de vivre ensemble une forme d’intimité. Le sexothérapeute précise que cette intimité peut inclure des relations sexuelles, mais que ce n’est pas systématique.
Retenons d’abord ceci : chez une personne aromantique, le besoin de nouer un lien privilégié avec un ou une partenaire est absent.
Étonnant à première vue ? Sans doute, tant la société nous pousse, presque depuis l’enfance, à chercher le grand amour puis à construire un quotidien en couple.
Il faut pourtant le rappeler clairement : les personnes aromantiques n’ont absolument rien d’anormal, et leur façon d’être ne présente aucune étrangeté.
Des sentiments intenses restent à leur portée, tout comme des formes d’attirance et d’amour différentes : relations polyamoureuses, liens platoniques, amicaux, familiaux ou encore queerplatoniques.
Chez certains, une attirance physique ou sensuelle pour autrui demeure possible ; d’autres, au contraire, ne ressentent aucun désir sexuel et se définissent alors comme aromantiques et asexuels (aro-ace).
D’autres identités peuvent par ailleurs être revendiquées par les aromantiques : asexualité, asexualité grise, demisexualité, la pansexualité, bisexualité, entre autres.
Comme l’asexualité, l’aromantisme compte parmi les orientations sexuelles et appartient de ce fait aux représentations regroupées sous le sigle LGBTQIA+. On ne choisit pas cette orientation : elle fait naturellement
Comment distinguer l’amour du désir ?
Pour saisir ce qu’est l’aromantisme, encore faut-il savoir différencier amour et désir. Dans notre imaginaire collectif, ces deux notions se confondent souvent au sein de l’amour romantique ; elles renvoient pourtant à des réalités distinctes :
- Différence n°1 : distinguer le sentiment amoureux et le désir
- Différence n°2 : ressentir des sensations physiques fortes
- Différence n°3 : être obnubilé par l’autre
- Différence n°4 : comprendre qu’il existe des formes d’amour multiples
Différence n°1 : distinguer le sentiment amoureux et le désir
Pour commencer, une mise au point s’impose : amour et désir renvoient à deux réalités distinctes.
Le désir relève avant tout d’une volonté de plaisir physique ou sexuel. Chez les personnes qui ressentent du désir envers leur partenaire, la motivation tient au besoin d’assouvir des attentes à la fois corporelles et émotionnelles, mais aussi à l’envie de partager avec l’autre des instants de plaisir et d’épanouissement sexuel. Plusieurs moteurs peuvent l’alimenter : l’attirance physique, une complicité charnelle, la curiosité, le fantasme, ou encore le souhait d’explorer sa sexualité.
Comme le précise Alain Héril :
Nos attirances et nos désirs prennent racine dans nos pulsions, avec une part largement inconsciente : nous n’avons pas la maîtrise de ce que nous désirons ni de ce qui nous attire.
L’amour, lui, renvoie le plus souvent à un désir de connexion émotionnelle et d’intimité. Chez les personnes qui éprouvent de l’amour envers leur partenaire, la motivation première tient généralement à l’envie de bâtir un lien durable, où confiance, respect, compréhension et soutien mutuel occupent une place centrale. Elles aspirent à mettre en commun des valeurs, des émotions et des expériences vécues, que ce soit au fil des conversations, d’activités menées ensemble ou de projets partagés.
Selon Alain Héril, l’amour n’est pas une émotion unique mais un sentiment composite, où se mêlent notamment la tendresse et l’affection, mais aussi le respect, l’empathie, la confiance et l’engagement.
Attirance romantique et attirance sexuelle ne coïncident pas systématiquement. On peut très bien aimer une personne alors que le désir charnel s’est éteint. L’inverse existe aussi : ressentir une forte attraction pour quelqu’un sans qu’aucun sentiment amoureux ne s’installe. Cette distinction n’a rien de nouveau, comme le souligne Alain Héril. Dès 1905, dans « Trois essais sur la théorie sexuelle », Freud séparait déjà deux courants au sein de la sexualité : d’un côté le courant dit tendre, où l’attrait éprouvé envers autrui ne repose pas sur la dimension sexuelle ; de l’autre le courant dit sensuel, où l’attrait s’accompagne d’une envie de sexualité. Chacune de ces deux émotions compte à sa manière. Elles peuvent se compléter au sein d’un couple, mais l’amour dépasse largement la seule pulsion sexuelle. À lire aussi : Identité de genre : 10 questions pour vous aider à avancer
Différence n° 2 : Ressentir des sensations physiques fortes
Autre distinction marquante : lorsqu'elle croise une personne avec laquelle elle aimerait construire quelque chose, une personne amoureuse traverse fréquemment des manifestations physiques d'une grande intensité.
Ventre noué par les fameux papillons, pupilles qui se dilatent face à l'être convoité, paumes humides, cœur qui s'emballe... Tomber amoureux, c'est bien souvent voir son corps perdre ses repères !
Ces réactions corporelles s'expliquent en grande partie par la sécrétion cérébrale de certains neurotransmetteurs — dopamine, ocytocine, noradrénaline —, un mécanisme qu'a notamment exploré Helen Fisher, anthropologue américaine, à travers ses recherches consacrées au cerveau amoureux. Ces substances favorisent le plaisir, le bien-être et le lien émotionnel.
Quand nous vivons un état amoureux, ces hormones du bonheur nous rendent aussi plus attentifs à l'autre. Elles renforcent par ailleurs notre envie de bâtir une relation qui s'inscrive dans la durée.
Le désir, de son côté, provoque lui aussi des réactions dans le corps, mais d'une intensité généralement moindre que celles de l'amour. Attirance physique, excitation sexuelle, curiosité charnelle : le désir peut éveiller tout cela sans qu'un attachement émotionnel profond ni des sentiments amoureux ne soient forcément au rendez-vous.
Chez les personnes aromantiques, ces manifestations corporelles intenses propres au sentiment amoureux sont donc le plus souvent absentes. Cela n'exclut pas pour autant une attirance physique ni des envies charnelles bien réelles envers autrui.
Différence n° 3 : être obnubilé par l’autre
Aimer romantiquement, c'est éprouver une forme de fascination pour l'être aimé. Des pensées intrusives, tournées vers la personne que l'on désire, occupent alors souvent votre esprit. Une seule envie domine : partager avec elle chaque instant. Stendhal avait donné un nom à ce phénomène, la cristallisation, ce mécanisme par lequel nous prêtons à l'autre une perfection imaginaire et qui nous conduit à idéaliser les débuts d'une histoire d'amour. Chez les aromantiques, précise Alain Héril, cette fascination n'existe pas ; ils ne ressentent pas davantage le besoin de s'engager auprès de quelqu'un, ni celui d'inscrire ce lien dans la durée. Au sein d'une relation romantique, à l'inverse, les sentiments éprouvés par la personne amoureuse atteignent le plus souvent une grande intensité :
« Être amoureux, c’est se sentir puissant et vulnérable en même temps. On croit pouvoir déplacer des montagnes, et pourtant une fragilité demeure, car on sait bien que si l’être aimé venait à disparaître de notre vie, tout notre univers s’effondrerait. »
Il souligne cependant une nuance : même si ces sensations intenses restent absentes chez les aromantiques, rien ne les empêche de ressentir des sentiments profonds. Un attachement solide peut exister, tout comme de l’affection portée à quelqu’un, au sein d’une relation non romantique.
« Cela ne signifie pas que les aromantiques manquent de chaleur ou seraient incapables d’éprouver des sentiments. L’autre les intéresse, ils portent une grande affection à leurs amis, mais le besoin d’un engagement privilégié avec quelqu’un leur est étranger. »
En somme, chez les personnes aromantiques, les liens non romantiques ressemblent plutôt à une amitié privilégiée : l’autre y occupe une place à part et la connexion émotionnelle peut être très intense, mais l’amour n’y prend pas de dimension romantique, ni forcément sexuelle.
Différence n° 4 : comprendre qu’il existe des formes d’amour multiples
L’amour se décline sous de multiples visages : il peut être amical, platonique, passionnel, familial, ludique ou encore inscrit dans la durée. Les Grecs, autrefois, distinguaient plus de 8 façons d’aimer. Cette richesse de nuances semble pourtant s’être effacée de nos mémoires, tant la société actuelle valorise avant tout le couple romantique et exclusif. Une chose que rappelle d’ailleurs Alain Héril : le romantisme amoureux relève d’abord d’une construction sociale, et c’est en grande partie la culture dans laquelle nous évoluons qui façonne notre manière d’aimer :
“L’aimer relève de données à la fois émotionnelles et relationnelles, mais également culturelles… selon la culture qui est la nôtre et l’époque historique dans laquelle on vit, la façon d’aimer n’est pas la même.”
Philosophe américaine, Elizabeth Brake est à l'origine du concept d’amatonormativité : il désigne cette idée reçue voulant que chacun souhaite former un couple romantique et exclusif.
Selon ce présupposé, chercher une relation amoureuse, à la fois exclusive et centrale dans sa vie, constituerait une aspiration commune à tous les êtres humains. Elle mériterait donc d'être placée au-dessus des autres liens.
Or, quand seuls le mariage et les rapports amoureux ou romantiques sont valorisés, toutes les autres manières d'être en relation se trouvent, de fait, reléguées au second plan.
Ce terme revient souvent lorsqu'on parle d'aromantisme. Beaucoup de personnes concernées se sentent en effet jugées ou incomprises parce qu'elles n'aspirent pas à une histoire romantique, alors même que l'amour peut prendre bien d'autres visages.
Comment distinguer l’aromantisme d’une volonté de célibat ?
On confond fréquemment l’aromantisme avec le choix de rester célibataire. Or, la distinction entre les deux est fondamentale.
Être aromantique ne relève pas d’une décision. Comme l’asexualité, il s’agit d’une orientation sentimentale : elle s’impose d’elle-même et la volonté seule ne permet pas de la changer.
Concrètement, les personnes aromantiques n’éprouvent pas le besoin de nouer un lien intime et exclusif avec un partenaire en particulier, pas plus qu’elles ne recherchent une relation de couple.
Un point mérite d’être souligné : l’absence de relation romantique ne fait pas souffrir la personne aromantique. Puisqu’elle ne connaît pas le sentiment amoureux, elle ne cherche pas à le vivre. Son épanouissement passe par d’autres liens, par d’autres façons d’aimer.
Le célibat, quand il est choisi et non subi, répond le plus souvent à une décision personnelle : celle de s’éloigner des relations romantiques pour un temps. Les motivations varient d’une personne à l’autre — cheminement spirituel, envie de se retrouver soi-même, se libérer d’une dépendance affective, etc.
Autre différence : le célibat s’étend en général sur une durée assez limitée, quelques mois, parfois quelques années. L’aromantisme, lui, s’inscrit durablement dans la vie de la personne.
Bien sûr, une rencontre singulière peut parfois faire évoluer l’orientation amoureuse d’une personne aromantique. Mais dans la plupart des cas, celle-ci n’éprouve aucun attrait pour la relation romantique telle que notre société contemporaine la conçoit — et, point essent
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur l'aromantisme
Question 1 / 4
Qu'est-ce que l'aromantisme ?
Question 2 / 4
Selon l'article, l'attirance romantique et l'attirance sexuelle sont-elles toujours liées ?
Question 3 / 4
À quoi sont majoritairement liées les sensations physiques du sentiment amoureux ?
Question 4 / 4
Comment Stendhal nommait-il l'idéalisation de l'autre au début d'une relation ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- L'aromantisme est une orientation sentimentale qui désigne les personnes éprouvant peu ou pas d'attirance romantique, quel que soit le genre de l'autre personne. Elle n'est pas choisie et s'impose naturellement à l'individu.
- Il faut distinguer amour et désir : le désir est lié aux pulsions et au plaisir physique, tandis que l'amour repose sur une connexion émotionnelle faite de confiance, de tendresse et d'engagement. L'un peut exister sans l'autre.
- Les personnes aromantiques ne sont pas dénuées de sentiments : elles peuvent vivre des relations non romantiques fortes (amicales, platoniques, queerplatoniques, familiales) et parfois éprouver une attirance sexuelle, ou s'identifier comme aro-ace si celle-ci est absente.
- L'aromantisme se différencie du célibat choisi : ce dernier relève d'une volonté temporaire, alors que l'aromantisme s'inscrit dans la durée. Une personne aromantique ne souffre pas de l'absence de relation romantique, mais parfois du sentiment d'être différente ou rejetée.
- En questionnement sur votre orientation ? Échanger avec d'autres personnes aromantiques peut aider : forums sûrs comme AVEN France ou cafés aro/ace organisés par des associations.
Sources & références
- Christophe Dejours, “Le corps entre courant tendre et et courant sensuel”, Cairn, 2011
- Stendhal, “Le livre de l’amour”, 1822
- Granger, Rilee, “Amatonormativity, Aromanticism, and What Defines a Relationship”, 2020
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