Si vous ressentez du désir et de l'excitation mais que la jouissance ne vient jamais, il s'agit peut-être d'anorgasmie, un blocage sexuel fréquent dont il est possible de se libérer.
Anorgasmie : comment savoir si je suis concerné ?
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- Le plaisir reste présent — vous ressentez désir et excitation pendant les rapports, mais l'orgasme ne vient pas, quelle que soit la stimulation.
- Selon les situations — vous parvenez parfois à jouir seul, en vous masturbant, mais pas avec votre partenaire.
- Hommes comme femmes — ce blocage peut toucher tout le monde, dès les débuts de la vie sexuelle ou après des années d'orgasmes.
Que faire pour se libérer de ce blocage ?
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- La pression en moins — cessez de vouloir jouir à tout prix : l'acharnement vous empêche justement de lâcher prise.
- Vos freins du quotidien — peur d'être surpris, gêne face à la nudité : un verrou ou une lumière tamisée peuvent tout changer.
- L'aide d'un professionnel — si le blocage persiste, un sexologue ou un psychologue vous aide à en comprendre les causes.
Ce blocage n'est pas une fatalité : en parler à un professionnel, sans honte ni culpabilité, est souvent le premier pas pour avancer sereinement.
Quand l’anorgasmie s’installe dans la durée, qu’elle suscite des interrogations, parfois même une souffrance, s’en affranchir devient une priorité. Reste une question : comment faire pour atteindre l’orgasme lorsque ce blocage entrave l’accès à la jouissance ? Sept recommandations de psy vous aideront à tourner la page de l’anorgasmie, une fois pour toutes.
Autres questions
Pourquoi je ne jouis pas pendant l'acte sexuel ?
Ne pas jouir à chaque rapport est fréquent et n'a rien de pathologique : dans l'anorgasmie, désir, excitation et plaisir restent présents, seule la jouissance manque. Certaines personnes atteignent l'orgasme en se masturbant seules sans y parvenir avec leur partenaire. La pression à la performance et le stress bloquent souvent le lâcher-prise nécessaire.
Comment appelle-t-on une femme qui ne ressent pas le plaisir sexuel ?
On parle de frigidité lorsque le plaisir et le désir sont totalement absents : il s'agit d'une véritable anhédonie sexuelle. C'est différent de l'anorgasmie, où désir, excitation et plaisir sont bien présents et normaux, seule la jouissance ne se produit pas, quelle que soit la stimulation.
Quelles sont les causes possibles d'une absence de plaisir sexuel chez la femme ?
L'anorgasmie peut avoir des origines psychologiques, parfois refoulées ou inconscientes, qui génèrent un blocage sexuel. La pression à la performance, le stress, l'anxiété ou une image négative de soi entretiennent le trouble. Des inhibiteurs concrets (peur d'être surpris, gêne face à la nudité, stimulations mal adaptées) peuvent aussi bloquer la montée orgasmique.
Pourquoi ma partenaire ne jouit pas ?
L'anorgasmie ne signifie pas une absence de plaisir ni, dans la majorité des cas, un problème de couple : votre partenaire peut ressentir désir, excitation et communion malgré l'absence d'orgasme. La pression, même bienveillante, alimente une auto-observation anxieuse qui nuit au lâcher-prise. La communication et un climat sans jugement favorisent la détente.
Anorgasmie : qu’est-ce que c’est ?
On parle d'anorgasmie quand une personne ne parvient pas à atteindre l'orgasme. Ce trouble appartient à la dysorgasmie, terme qui regroupe les troubles orgasmiques au sein des dysfonctions sexuelles, telles que les décrit notamment le DSM-5, ouvrage de référence publié par l'Association américaine de psychiatrie. Entre 5 et 10 % des femmes y seraient confrontées à un moment de leur existence. Elles ne sont pourtant pas seules concernées : des hommes traversent eux aussi, parfois, des périodes sans orgasme.
Au fil du cycle de la réponse sexuelle, tel que l'ont décrit les sexologues Virginia Johnson et William Masters, l'excitation peut monter jusqu'à franchir le seuil orgasmique. Le cerveau libère alors certaines substances chimiques, et c'est ce mécanisme qui déclenche la jouissance. Que recouvre exactement ce terme ? On définit l'orgasme comme un plaisir d'une intensité extrême, puissant quoique passager, qui modifie l'état de conscience et provoque des contractions involontaires.
On distingue l’anorgasmie de la frigidité : chez la personne frigide, l’acte sexuel ne procure aucune sensation agréable, et l’envie même d’un rapport fait fréquemment défaut. Le plaisir s’efface donc totalement — on parle alors d’anhédonie. L’anorgasmie fonctionne autrement. Ici, l’envie, l’excitation et les sensations agréables existent bel et bien, sans anomalie particulière ; seule la jouissance n’est pas au rendez-vous, et ce quel que soit le type de stimulation reçu.
Le trouble anorgasmique se décline en plusieurs formes, et cette typologie figure aussi dans les grandes classifications internationales, à l'image de la CIM-11 publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) :
- L’anorgasmie primaire : c’est-à-dire qu’elle est présente depuis toujours, la personne n’a jamais atteint l’orgasme ;
- L’anorgasmie secondaire : ici l’homme ou la femme a déjà vécu la jouissance dans sa vie sexuelle, mais n’y parvient plus ;
- L’anorgasmie généralisée : l’absence d’orgasme a lieu dans toutes les situations, sans contexte spécifique ;
- L’anorgasmie situationnelle : dans ce cas la jouissance ne se produit pas uniquement lors de situations spécifiques, par exemple selon des contextes particuliers (période de chômage, deuil récent, épisode de stress…) ou avec des partenaires précis.
Chez certaines personnes anorgasmiques, l’orgasme reste accessible lors de la masturbation en solitaire, alors que la jouissance ne survient pas avec le ou la partenaire.
Comment se défaire de l’impossibilité d’atteindre l’orgasme ?
Pour retrouver le chemin de l’orgasme, les solutions pour ne plus souffrir d’anorgasmie ne manquent pas. Jouir n’a rien d’anormal en soi. Encore faut-il connaître son propre corps, ce qui demande à la fois un apprentissage et une capacité à se laisser aller. S’aimer inconditionnellement compte beaucoup, car cela entretient une image de soi valorisante. Deux autres éléments jouent également leur rôle : un dialogue régulier avec le partenaire et une entente sexuelle minimale, deux conditions qui aident à préserver la libido, aussi bien féminine que masculine.
Pour vous accompagner dans ce cheminement, voici sept conseils qui vous permettront de découvrir ou de retrouver le plaisir orgasmique :
- Mettre fin à la culpabilité et à la pression
- Rechercher les inhibiteurs orgasmiques
- Identifier les causes psychologiques
- Prendre conscience des facteurs physiologiques et des maladies
- Apprendre à se connaître intimement pour favoriser l’orgasme
- Pratiquer des exercices sexuels avec le partenaire
- Consulter un thérapeute
Conseil n°1 : Mettre fin à la culpabilité et à la pression
Pour espérer vous libérer de l’anorgasmie, commencez par lâcher du lest : cessez de vous reprocher le fait de ne pas atteindre la jouissance.
Ce que vous vivez engendre peut-être des émotions qualifiées de négatives, telles que de la tristesse ou de la colère. Face à cette situation, se sentir désemparé n'a rien d'anormal. Vos émotions traduisent néanmoins un besoin, lequel demande à être comblé : sans culpabiliser ni vous blâmer, accueillez pleinement ce que vous ressentez.
Sachez-le : chez les jeunes femmes en particulier, ne pas atteindre l’orgasme est assez fréquent. Et bien entendu, l’anorgasmie chez l’homme peut aussi survenir lorsqu’il débute sa vie sexuelle.
Aux débuts de la vie sexuelle, apprendre à se connaître prend du temps. Il faut tâtonner, expérimenter, tenter des choses : cette quête de soi passe aussi par la relation à l'autre. Rien d'anormal, donc, à ce que la jouissance et l'orgasme n'arrivent pas immédiatement, ni à chaque fois.
Pourtant, on peut avoir une vie sexuelle active de longue date et constater que la quête de l’orgasme peut s’avérer fastidieuse : la jouissance, une fois connue, s’éclipse parfois durant une période plus ou moins longue… Il arrive aussi qu’elle ne survienne jamais, alors même que les rapports, depuis des dizaines d’années, sont excitants et sources de plaisir.
L’anorgasmie ne signifie pas que le plaisir sexuel manque, et le plus souvent, elle ne traduit pas non plus un problème au sein du couple.
Il arrive toutefois que les difficultés orgasmiques trouvent leur origine dans une injonction à performer. Il faudrait, selon cette « course à l’orgasme », que tout rapport se termine obligatoirement par la jouissance des deux partenaires. La société véhicule cette exigence ; on l’alimente aussi parfois soi-même, ou bien elle est entretenue par l’autre. Résultat : anxiété et stress s’installent — un mécanisme voisin du « spectatoring », cette auto-observation anxieuse théorisée par Masters et Johnson — et empêchent alors de se laisser aller, freinant du même coup la survenue de l’orgasme.
Beaucoup de femmes, tout comme des hommes, ne pas avoir d’orgasme à chaque rapport sexuel — c’est leur réalité. Pourtant, rien ne les empêche de ressentir un plaisir intense, de vivre pleinement l’excitation ni d’éprouver une profonde connexion avec la personne qui partage leur lit. Aucune sexualité ne ressemble à une autre. Chacun possède ses propres repères, ses envies, son tempo. Multiplier les rapports quotidiens, atteindre systématiquement la jouissance, placer le sexe au centre de sa vie : aucune de ces attentes ne constitue une obligation.
L’absence de jouissance lors de certains rapports est bien vécue par les uns, tandis qu’elle engendre chez d’autres une frustration difficile à supporter. Un point demeure toutefois fondamental : ne pas faire une fixation sur l’orgasme. S’obstiner à l’atteindre à tout prix produit l’effet inverse de celui recherché, car cet acharnement bloque le lâcher-prise. À l’inverse, s’abandonner au moment présent, sans faire de la jouissance un objectif absolu, constitue l’un des chemins qui y mènent le plus sûrement.
Atteindre l’orgasme ne se résume donc pas à une simple stimulation mécanique. Repérer les inhibiteurs et les autres blocages aidera ainsi à adopter cette attitude de lâcher-prise, nécessaire pour accéder au septième ciel.
Conseil n°2 : Rechercher les inhibiteurs orgasmiques
Le second conseil pour vous libérer de l’anorgasmie consiste à vous interroger sur ce qui vous empêche de lâcher prise complètement. Prenez le temps d’y réfléchir. Lorsque ces obstacles auront été repérés, il vous deviendra possible d’agir sur eux, en adoptant des stratégies adaptées qui faciliteront l’apparition du plaisir orgasmique.
Parmi les freins à la jouissance, il en existe que l'on identifie sans difficulté et que l'on peut neutraliser tout aussi simplement. Prenons un cas concret : vous vivez avec des membres de votre famille (parent, enfants…) et vous redoutez qu'ils vous surprennent pendant vos rapports. Installer un verrou sur la porte suffit parfois. Une fois cette crainte dissipée, vous pourrez vous concentrer pleinement sur vos sensations.
Vous avez du mal à vous sentir à l'aise ? Peut-être que la nudité vous embarrasse, ou que vous redoutez d'exposer votre visage au moment de l'orgasme. Dans ce cas, baisser l'intensité de la lumière, ou la couper complètement, peut faciliter les choses. Et si ce sont les sons émis par les corps qui vous mettent mal à l'aise, une musique d'ambiance permettra de les masquer : vous cesserez ainsi d'y prêter attention.
Toutefois, les freins à l’orgasme se révèlent parfois plus difficiles à repérer, et donc à dépasser. Des pensées négatives qui reviennent en boucle, nourries par la peur de ne pas atteindre l’orgasme, peuvent ainsi occuper tout l’esprit. L’excitation sexuelle s’en trouve alors freinée.
Il arrive aussi que l’intensité de certaines stimulations sensorielles reste insuffisante pour que l’excitation progresse. À l’inverse, quand elles génèrent une gêne ou des sensations déplaisantes, l’excitation retombe, ce qui peut stopper la montée orgasmique.
Les inhibiteurs n'expliquent cependant pas tout. Dans certaines situations, l'anorgasmie découle de causes psychologiques, et leur identification devient nécessaire pour se défaire de ce blocage.
Conseil n°3 : Identifier les causes psychologiques
Le blocage à l'origine du trouble orgasmique trouve parfois sa source dans le psychisme. Ces causes-là restent difficiles à repérer : souvent inconscientes, parfois refoulées, elles agissent en silence. Or, on ne traite bien que ce qu'on a su nommer. Mettre au jour ces mécanismes psychologiques constitue donc une étape utile pour vous libérer du manque orgasmique.
Certains freins trouvent d'abord leur origine dans la dimension sociale. Une éducation particulièrement stricte reçue durant l'enfance peut être en cause, tout comme un environnement culturel ou religieux marqué, qui impose des normes sexuelles rigides et restrictives, au point de brider l'épanouissement intime. Le résultat ? Un malaise avec son propre corps lors des relations sexuelles devient possible. La sexualité et la jouissance sont alors associées à quelque chose de sale ou de menaçant, et deviennent une source de culpabilité.
Votre confiance en vous et l’estime que vous vous portez ont peut-être aussi été fragilisées. Des complexes liés au corps et des craintes autour de la sexualité s’en nourrissent, et tout abandon devient alors impossible pendant les rapports.
Une absence totale ou partielle d’orgasme trouve parfois son origine dans un traumatisme resté sans prise en charge : mauvaise expérience sexuelle passée, agression ou abus sexuel. Chez certaines personnes, ces vécus douloureux ressurgissent — le phénomène s’observe particulièrement lorsqu’il existe un état de stress post-traumatique. Des images à forte charge émotionnelle s’imposent alors à l’esprit. Elles empêchent tout relâchement, et la jouissance devient hors de portée. La dépression constitue un autre facteur à considérer : qu’elle survienne après un choc émotionnel ou qu’elle découle d’un épuisement professionnel, elle peut elle aussi générer des problèmes de jouissance.
Les tensions conjugales peuvent aussi expliquer une anorgasmie. Disputes répétées, attention qui s'étiole, dialogue rompu ou encore infidélité jamais vraiment digérée : chaque fois que le couple vacille, dans les petits accrocs du quotidien comme dans les crises plus profondes, la vie sexuelle risque d'en pâtir. Le désir peut alors s'émousser. Et l'accès à la jouissance, lui aussi, peut s'en trouver compromis.
Lâcher prise et suspendre le mental rationnel suppose un cadre propice : sans conditions favorables, la jouissance devient difficile à atteindre. En cas d’emprise psychologique ou de violences au sein du couple, les processus corporels menant à l’orgasme se trouvent puissamment entravés.
Ajoutons que, chez certaines personnes anorgasmiques, des angoisses plus enfouies peuvent opérer sans qu’elles en aient conscience. Il peut s’agir de la peur de devenir un simple objet sexuel aux yeux du partenaire, de l’appréhension de sentir son identité se dissoudre au moment du rapport, ou encore d’une phobie de la nudité des corps.
Il arrive toutefois que ce ne soient pas des causes psychologiques qui soient en jeu, mais des facteurs physiologiques, lesquels affectent directement la capacité à jouir.
Conseil n°4 : Prendre conscience des facteurs physiologiques et des maladies
Parmi les origines possibles d’une absence d’orgasme figurent parfois des causes physiques ou organiques, notamment certaines pathologies. Chez la femme, le blocage peut venir de douleurs ressenties pendant les rapports — c’est ce qu’on nomme la dyspareunie — ou encore de contractions vaginales qui rendent la pénétration très douloureuse, un trouble appelé vaginisme. Dans de telles conditions, impossible d’atteindre l’orgasme.
Après un accouchement, l’absence de rééducation du périnée peut aussi desservir la femme anorgasmique. Ce muscle joue en effet un rôle de soutien dans le déclenchement de l’orgasme : lorsqu’il manque de tonus, cela nuit à la jouissance comme à l’intensité de celle-ci.
La présence d'un diabète, d'une neuropathie, d'un déséquilibre hormonal ou de douleurs installées dans la durée peut expliquer un trouble de l'orgasme. Par ailleurs, certains traitements médicamenteux, à l'image des antidépresseurs, ont la réputation de bloquer la jouissance chez une partie des personnes qui les prennent.
Il se peut toutefois que l’anorgasmie soit liée à une connaissance insuffisante de votre corps et de ce qui vous procure le plus de plaisir sur le plan charnel.
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Conseil n°5 : Apprendre à se connaître intimement pour favoriser l’orgasme
Une connaissance insuffisante de son propre corps pourrait-elle expliquer l’anorgasmie ? C’est à l’adolescence, voire plus tôt chez certains, que le corps se dévoile peu à peu, entre premières sensations érotiques et éveil du désir. Pour avancer vers ses premiers orgasmes, la masturbation constitue alors un précieux point d’appui. Se découvrir peut favoriser la jouissance. Pourtant, l’occasion d’explorer ainsi leur intimité a manqué à certaines personnes, pour des raisons variées.
Rassurez-vous, cependant : pour explorer votre corps en solitaire, aucun âge n'est trop avancé ! Croire que l'autre devine tout est illusoire. En vous exerçant seul, vous identifierez ce qui déclenche votre excitation, et cette connaissance facilitera votre accès à la jouissance, aussi bien dans l'intimité solitaire qu'avec la personne qui partage votre vie. Caresses précises, zones érogènes, pression exercée à un endroit particulier : plus vous saurez ce qui vous procure du plaisir, plus il vous sera simple d'orienter votre partenaire et de l'accompagner sur le chemin de l’orgasme.
Ayez confiance en vous. Restez attentif à ce que ressent votre corps, laissez votre boussole intérieure vous guider : la masturbation offre en outre l'occasion de vous recentrer sur vous-même, à la manière d'un exercice de pleine conscience, source de détente et d'apaisement. Une condition demeure toutefois essentielle : ne rien faire sous la contrainte. Le plaisir doit rester au cœur de la démarche, et l'envie en être le point de départ, pour que l'expérience soit vécue positivement.
Se masturber offre une occasion parfaite de laisser vagabonder son imagination et d'explorer ses fantasmes. Même sans intention de les concrétiser un jour, ceux-ci peuvent agir comme un puissant accélérateur de plaisir. Gardez en tête que l’imaginaire joue un rôle essentiel dans la jouissance : pourquoi renoncer à ce que votre esprit peut produire de plus stimulant ? Cette exploration présente un autre intérêt. Elle peut mettre au jour des préférences sexuelles insoupçonnées, le fétichisme ou le sadomasochisme par exemple, qui n'ont rien de déviant et constituent peut-être, au contraire, le fondement même de vos orgasmes.
Au-delà de la masturbation, prenez le temps d’identifier ce qui éveille intensément votre désir et vous rapproche plus vite du seuil orgasmique : c’est une autre manière d’apprendre à vous connaître. Pour certaines personnes, ces déclencheurs tiennent au contexte. Elles ressentent par exemple une excitation marquée au réveil, ou lorsque les ébats se déroulent dans un lieu qu’elles ne connaissent pas. D’autres fois, ce sont des accélérateurs d’ordre physique, comme le moment qui suit la douche ou le fait de porter une tenue précise. Ils peuvent enfin être directement liés au partenaire : une attitude qui lui est propre, un vêtement qu’il a sur lui, quelques mots glissés à votre oreille…
Par ailleurs, pour aller plus loin dans ce travail de libération orgasmique, quelques exercices pratiqués à deux seront bienvenus si vous vivez en couple.
Conseil n°6 : Pratiquer des exercices sexuels avec le partenaire
Autre piste pour sortir de l’anorgasmie : pratiquer des exercices avec votre partenaire sexuel afin de vous réconcilier avec la jouissance.
Pour commencer, et à condition que cette idée ne vous mette pas mal à l'aise, vous pourriez dévoiler votre univers érotique à votre amant. Il saura ainsi plus précisément ce qui éveille votre excitation. Différentes approches existent : le lui dire de vive voix (ou par écrit), parcourir des revues érotiques en lui partageant les passages qui produisent sur vous un effet particulier, ou encore visionner à deux quelques vidéos que vous aurez choisies.
L'inverse peut naturellement se produire aussi. Prendre le temps de repérer ce qui déclenche l'excitation chez l'un comme chez l'autre présente un double intérêt : vous apprenez à mieux vous connaître mutuellement, tout en enrichissant votre répertoire érotique au fil des évolutions intimes et des goûts de votre partenaire, qui peuvent changer. Autre bénéfice de cette démarche : elle protège de la routine au lit, laquelle compte parfois parmi les causes d'anorgasmie. Car le désir se nourrit de surprise. L'envie, elle aussi, s'entretient par l'imprévu.
Pour intensifier le désir et parvenir à orgasmer, une autre piste existe : construire un scénario érotique. Avec l’accord de votre partenaire, c’est vous qui écrivez le déroulé de vos moments intimes, tandis que lui n’a qu’à se laisser guider par vos indications. Bien entendu, un tel jeu suppose que le consentement de chacun soit respecté, tout comme ses limites personnelles. Sortir ainsi des rôles que vous endossez d’ordinaire crée un décalage stimulant, capable de porter l’excitation à son maximum.
Communiquer sur des points plus essentiels a aussi son intérêt. Prenons un exemple : les caresses de votre partenaire vous procurent des sensations agréables, mais vous sentez que ces stimulations gagneraient en intensité s’il s’y prenait autrement. Dans ce cas, rien ne vous empêche de le lui dire.
Lorsque ces difficultés perdurent, et si l'absence d'orgasme se maintient malgré l'application des recommandations précédentes, l'accompagnement par un professionnel de santé peut alors constituer une aide précieuse.
Conseil n°7 : Consulter un thérapeute
Soigner l’anorgasmie n’a rien d’impossible. Différents spécialistes peuvent vous épauler dans ce cheminement. Le psychologue, notamment, travaillera avec vous à identifier ce qui bloque l’accès à la jouissance, en explorant les origines profondes du trouble. Autre piste pertinente : consulter un sexologue, que vous pouvez rencontrer seul ou accompagné de votre partenaire. Et si le médecin sexologue soupçonne qu’une pathologie se cache derrière cette absence d’orgasme, il prescrira alors les examens qui s’imposent.
Au fil des séances, on explore la manière d'envisager la sexualité de façon globale, tout en approfondissant ce que l'on sait de son propre corps et de ses réactions, lors des phases d'excitation notamment. Cet accompagnement offre aussi un espace pour renforcer la confiance en soi. Il aide, lorsque les rapports posent difficulté, à cultiver le lâcher-prise.
Lorsque les difficultés touchent à l’image corporelle, l’accompagnement portera avant tout sur la conscience du corps, mais aussi sur la détente — respiration, relaxation — ainsi que sur la maîtrise musculaire. Se reconnecter à son corps joue en effet un rôle déterminant dans le traitement de l’anorgasmie.
Par ailleurs, quand l’anxiété devient trop forte ou que des pensées intrusives surgissent, des approches douces comme la sophrologie ou la méditation offrent une aide précieuse ; certains professionnels y ont d’ailleurs recours. L’acupuncture peut également contribuer à rétablir une bonne circulation de l’énergie.
Pour retrouver une sexualité apaisée quand celle-ci est devenue source d'angoisse ou difficile à vivre, le sexothérapeute s'appuie sur des exercices pratiqués seul ou avec son ou sa partenaire : masturbation dirigée, moments de détente et de caresses partagées (approche dite sensate focus)… Il dispose d'outils diversifiés. Son objectif ? Rendre au sexe sa dimension légère et abordable. Ainsi, des contenus érotiques ou pornographiques, qu'il s'agisse de livres ou de vidéos, permettront de stimuler un imaginaire resté en sommeil ou encore peu exploré.
Quand l’absence d’orgasme survient dans le cadre d’une relation, la dynamique du couple mérite d’être interrogée, surtout lorsque le trouble n’existe pas depuis toujours. Il peut alors coexister avec des difficultés chez le partenaire, comme des soucis d’éjaculation ou une impuissance. Or, c’est précisément en thérapie que ces dysfonctions sexuelles peuvent être évoquées dans un cadre adapté. Le travail portera aussi sur l’imaginaire érotique et sensuel de chaque partenaire : il ne s’agit pas seulement de faciliter la venue de l’orgasme, mais aussi d’amplifier le plaisir pris durant l’acte.
Pour saisir ce qui bloque l’arrivée de l’orgasme, il faut d’abord examiner la manière dont le couple vit sa sexualité. La sexothérapie offre justement un cadre pour interroger les idées reçues autour de la vie intime et l’image idéalisée qu’on s’en fait, pour soi comme pour son ou sa partenaire. Ce travail aide à mettre au clair ce que chacun s’autorise — ou refuse — à soi-même et à l’autre. L’approche thérapeutique différera ensuite selon l’origine du trouble : l’anorgasmie peut découler d’un contexte peu stimulant, notamment quand les pratiques ne rejoignent pas vos désirs réels, ou bien d’une difficulté à lâcher prise.
Une prise en charge psychosexuelle peut s’appuyer sur plusieurs approches. En thérapie comportementale et cognitive, le travail de restructuration cognitive aide à défaire les croyances négatives et les schémas de pensée entourant la sexualité, puis à les remplacer par des représentations plus positives et mieux ajustées. L’hypnose offre, elle aussi, un moyen d’explorer en profondeur ce qui bloque sur le plan sexuel. Quant à l’EMDR, cette méthode cible les traumatismes qui peuvent être à la source du trouble anorgasmique. La psychothérapie apporte ainsi de multiples bénéfices, notamment lorsqu’il s’agit de traiter une difficulté d’ordre sexuel.
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Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur l'anorgasmie
Question 1 / 4
Qu'est-ce qui distingue l'anorgasmie de la frigidité ?
Question 2 / 4
Que désigne l'anorgasmie dite « situationnelle » ?
Question 3 / 4
Selon l'article, vouloir atteindre l'orgasme à tout prix est…
Question 4 / 4
Parmi les causes psychologiques citées, laquelle peut favoriser l'anorgasmie ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- L'anorgasmie désigne l'incapacité à atteindre l'orgasme alors que le désir, l'excitation et le plaisir restent présents, ce qui la distingue de la frigidité. Elle toucherait 5 à 10 % des femmes au cours de leur vie, mais concerne aussi les hommes.
- On distingue plusieurs formes : primaire (l'orgasme n'a jamais été atteint), secondaire (la jouissance a existé puis a disparu), généralisée ou situationnelle, selon les contextes ou les partenaires concernés.
- Les causes peuvent être psychologiques (éducation stricte, traumatisme, dépression, difficultés de couple) ou physiologiques (dyspareunie, vaginisme, diabète, certains médicaments comme les antidépresseurs).
- Lorsque désir, curiosité et excitation sont présents, sans douleur ni mal-être, l'absence d'orgasme est souvent temporaire et ne justifie pas d'inquiétude particulière.
- Pour s'en libérer, il est conseillé de relâcher la pression, d'identifier les inhibiteurs, d'apprendre à connaître son corps, de communiquer avec son partenaire et, si le trouble persiste, de consulter un sexologue ou un psychologue.
- Le médecin traitant, le gynécologue ou l'urologue peuvent écarter une cause physiologique, tandis qu'un psychothérapeute aide à remonter à la source, l'anorgasmie pouvant n'être que le symptôme d'un traumatisme de fond.



