Dans sa sexualité, le pervers narcissique alterne charme et contrôle pour installer une emprise progressive sur son ou sa partenaire.
Comment reconnaître un pervers narcissique au lit ?
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- Un charme trop parfait — au début, il devine vos fantasmes et se présente comme l'amant idéal.
- Des limites repoussées — vous acceptez peu à peu des pratiques qui vous mettent mal à l'aise.
- Le chantage affectif — des phrases comme « si tu m'aimais vraiment » servent à vous faire culpabiliser et céder.
Que faire si vous vous reconnaissez dans cette situation ?
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- Votre ressenti compte — une gêne ou un dégoût persistant face à ses demandes est un signal sérieux.
- Nommer les choses — tout acte sexuel imposé, même en couple, est une forme d'abus sexuel.
- Chercher du soutien — le 3919 écoute gratuitement, et un psychologue peut vous aider à sortir de l'emprise.
Vous reconnaître dans un seul signe ne suffit pas à conclure, mais en parler à un professionnel vous aidera à y voir plus clair, sereinement.
Afin d'éclairer cette question, la rédaction de psychologue.fr s'est entretenue avec Alain Héril. Ce psychanalyste et sexothérapeute, auteur de plusieurs livres consacrés à la sexualité , est aussi connu pour sa connaissance approfondie du profil que présente le manipulateur narcissique.
La notion de perversion narcissique doit son origine à Paul-Claude Racamier, psychanalyste. Mieux cerner la façon dont le PN se comporte au lit offre des repères supplémentaires pour le reconnaître. Voici donc sept attitudes qui, sur le plan sexuel, signent ce profil manipulateur.
Autres questions
Comment se comporte un PN en amour ?
Le pervers narcissique séduit intensément au début, donnant à l'autre le sentiment d'être unique et « l'élu », avant d'installer progressivement une emprise. Il cherche la domination plutôt que l'intimité, repousse peu à peu les limites de sa victime et utilise le chantage affectif. Il redoute l'amour, qu'il associe à la vulnérabilité et à la faiblesse.
Quelles sont les caractéristiques d'un narcissique sexuel ?
Chez le pervers narcissique, la sexualité devient un outil de manipulation au service de la domination : recherche de performance, contrôle, faible empathie, absence d'intimité véritable et repousse des limites de l'autre. Selon le sexothérapeute Alain Héril, il s'agit d'une sexualité « dissolutive », où l'autre se perd en tant que sujet plutôt qu'une rencontre partagée.
Qu'est-ce que la sexualité narcissique ?
Ce qui distingue la sexualité du pervers narcissique d'une simple recherche de plaisir, c'est sa finalité : selon Alain Héril, elle est directement liée à sa structure psychique et devient une entreprise de destruction de l'autre. Même généreuse en apparence, elle vise uniquement à enfermer et dominer, jamais à créer une véritable relation.
Qu'est-ce que le désir narcissique ?
Chez le pervers narcissique, le désir n'est pas orienté vers l'autre mais vers lui-même : il se nourrit de la dépersonnalisation de sa victime pour se sentir puissant. Ce mécanisme d'emprise, décrit par la psychiatre Marie-France Hirigoyen, fait que les envies de l'autre n'ont pas lieu d'être, seules comptent les siennes.
La sexualité du PN : comment se manifeste-t-elle ? Les signes révélateurs
« Chez le pervers narcissique, la vie sexuelle découle directement de sa structure psychique. Les traits qui caractérisent son comportement au quotidien s’y retrouvent, à cette différence près que le sexe devient un outil de manipulation supplémentaire au service du contrôle de son partenaire. Au bout du compte, sa sexualité se met au diapason d’une entreprise destructrice. »
Qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme, le pervers narcissique tire sa jouissance, dans la sphère intime comme partout ailleurs, de la dépersonnalisation de sa victime : c'est ainsi qu'il éprouve un sentiment de puissance, souligne Alain Héril. Ce mécanisme d'emprise a d'ailleurs été analysé par Marie-France Hirigoyen, psychiatre, au fil de ses travaux consacrés au harcèlement moral.
Ce mécanisme se manifeste bien entendu aussi dans la vie sexuelle du pervers narcissique, à travers divers actes.
- Au début, le PN se révèle un amant charmant qui assouvit chacun de vos fantasmes
- Vantard, il fait de la sexualité une affaire de performance
- Il contrôle tout et cherche à repousser vos limites
- Chantage et manipulation deviennent, entre ses mains, des leviers pour arriver à ses fins
- Le pervers narcissique est attiré par des pratiques sexuelles qui sortent de la norme
- Il s’impose par la violence
- Sourd à vos besoins, il abuse de vous
Comportement n° 1 : au départ, le PN se montre un partenaire séduisant qui comble chacun de vos fantasmes
Séduire son ou sa partenaire figure parmi les premiers comportements que l'on observe chez le pervers narcissique dans sa sexualité.
Nul ne peut être manipulé sans avoir d'abord baissé sa garde : instaurer un climat de confiance constitue donc un préalable. Le manipulateur narcissique le sait parfaitement. C'est la raison pour laquelle, durant les premiers temps de la relation, son charme opère à plein.
Séducteur dans l’âme, il maîtrise l’art de la parole pour charmer sa victime, obtenir d’elle ce qu’il souhaite et finir par l’avoir petit à petit sous son emprise.
Alain met en garde : ce profil sait faire croire à sa cible qu’elle est unique, en lui tenant des propos de ce genre : « C’est toi que j’ai élu(e), toi seul(e) que j’ai choisi(e) pour explorer ce monde merveilleux ; ensemble, tous tes fantasmes seront assouvis. »
Au début de la relation, la sexualité du pervers narcissique donne souvent une impression d’ouverture et de générosité. Ne vous y trompez pas. “C’est uniquement une sexualité qui vise à enfermer l’autre pour le détruire”, prévient Alain Héril. “Il possède cette intelligence morbide qui lui permet d’identifier ce dont la personne a besoin, et il le lui apporte… Si manipuler l’autre exige de devenir le meilleur amant du monde, il n’hésitera pas.” Pour se poser en amant hors du commun, il vous questionne sur vos fantasmes sexuels comme sur vos désirs, et se fait l’initiateur d’une nouvelle sexualité. Il s’arrange systématiquement pour vous conduire au passage à l’acte, puis pour vous initier à de nouvelles pratiques sexuelles.
Comme le souligne Alain Héril, notre vie sexuelle comporte une part consciente et une part inconsciente ; or, chez chaque individu, ce sont les dimensions transgressives qui exercent une fascination.
Le pervers narcissique n’ignore donc rien du mécanisme : pousser sa victime à transgresser ses propres interdits ou fantasmes fait naître un état de confusion mêlé de culpabilité. Et c’est précisément sur ce terrain qu’il compte jouer pour mieux détruire sa partenaire ou son partenaire.
Sa perversion sexuelle ne connaît aucune limite. Et s'il donne l'impression de se soucier du plaisir sexuel de sa partenaire, un unique objectif guide en réalité ses gestes : dominer l’autre.
2e comportement : vantardise et recherche de la performance au lit
Dans l'intimité comme partout ailleurs, le pervers narcissique — dont le profil recoupe pour partie le trouble de la personnalité narcissique tel que le décrit le DSM-5 — laisse transparaître un ego démesuré, doublé d'une vantardise assumée concernant l'ampleur de sa libido.
Si une partie des manipulateurs narcissiques considèrent le sexe comme bestial, voire dégoûtant (ils se jugent en effet dignes d’un dieu), la majorité d’entre eux présentent avant tout une hypersexualité.
Chez beaucoup de pervers narcissiques, le sexe prend des allures de discipline sportive : la qualité passe après la quantité, et ce qui compte réellement au lit, c'est de dominer son ou sa partenaire.
Si l’on écoute ce manipulateur, il se présente comme un amant hors pair, attentif à la jouissance de sa partenaire et doté d’un talent quasi divin — statut qu’il s’attribue de toute façon. Selon lui, le croiser relève d’une chance rare. Cette impression, vous l’éprouverez peut-être au départ. Car il possède bel et bien de quoi se montrer un partenaire exceptionnel au lit.
Pourtant, chez le pervers narcissique, tout se joue dans la performance sexuelle, et rien d'autre. Il ne cherche pas l'intimité, car celle-ci suppose de se montrer vulnérable, ce que le PN veut à tout prix cacher.
« Il mène une lutte permanente pour ne rien éprouver ; l’amour lui fait une peur bleue, c’est une émotion qu’il refuse de ressentir… À ses yeux, aimer, c’est réservé aux faibles. »
Tendresse et complicité ne l'intéressent pas : la dimension relationnelle de la sexualité lui échappe. Ce qu'il privilégie, c'est une sexualité situationnelle : ce qui compte à ses yeux, c'est toute la mise en scène entourant l'acte lui-même.
Alain Héril le souligne : « Chez le pervers narcissique, ce qui domine avant tout, c'est une sexualité dissolutive. Autrement dit, une sexualité dans laquelle le sujet se perd, au point de ne plus avoir vraiment conscience de ses propres actes. »
S’il ramène sans cesse la conversation sur vos fantasmes, même sur un ton qui paraît anodin ou taquin, prenez-le comme un signal d’alerte. Il s’agit pour lui d’un levier redoutablement efficace pour contrôler l’autre.
« Chez le pervers narcissique, la sexualité relève à la fois du contrôle exercé et du contrôle subi : elle est aussi contrôlante que contrôlée. »
Selon Alain Héril, le PN adopte des comportements de domination, tout en ayant l'habileté de persuader sa victime que ce mode de sexualité correspond précisément à ce qu'il lui faut pour s'épanouir et accéder à un univers inédit, plus dense et plus riche.
Derrière une générosité apparente, cette sexualité repose pourtant toujours sur la domination : le pervers narcissique ne parvient à éprouver sa puissance qu’au travers de la soumission de l’autre.
De fait, rien n'est plus jouissif aux yeux du manipulateur narcissique que de constater le pouvoir qu'il exerce sur sa proie, en la faisant reculer chaque fois davantage dans ses derniers retranchements.
Sur le moment, naturellement, cela vous échappera.
Ses exigences vont progressivement s'intensifier : il attendra d'être certain que vous lui accordez une confiance totale, puis il vous demandera de vous soumettre chaque fois un peu plus.
Sa victime se retrouve poussée vers des pratiques qu'elle refuse au fond d'elle-même. Reste alors une sensation diffuse : celle de participer à quelque chose de dérangeant, sans réussir à le formuler clairement. En France, la ligne 3919 (Violences Femmes Info) offre d'ailleurs une écoute gratuite et une orientation à toute personne confrontée à ce type de situation.
Du dégoût, parfois même un malaise, peuvent surgir devant certaines de ses exigences. Pourtant, la crainte de la rupture pousse souvent la personne à céder et à accepter des actes sexuels contraires à ses propres envies.
Le hasard n’a que peu de place dans le choix de ses victimes. Le pervers narcissique se tourne spontanément vers les dépendants affectifs, parce qu’il sait qu’auprès d’eux il pourra jouir de sa toute-puissance et se servir de la crainte du manque affectif comme d’un levier pour parvenir à ses fins. Redoutant l’abandon, une personne en dépendance affective amoureuse aura ainsi fréquemment tendance à se plier aux exigences du PN et à céder à l’ensemble de ses caprices sexuels.
Dans cette relation, les désirs du partenaire n'ont aucune place. Seuls comptent les siens. Il éprouve d'ailleurs une satisfaction malsaine à pousser sa victime toujours plus loin, franchissant sans cesse ses limites, jusqu'à épuiser totalement son énergie et la détruire.
Comportement n° 4 : chantage et manipulation, ses armes pour parvenir à ses fins
Le pervers narcissique manifeste aussi, dans le domaine intime, une autre attitude fréquente : pour arriver à ses fins sur le plan sexuel, il n'hésite pas à manipuler et à recourir au chantage affectif.
Parfois, la manœuvre prend la forme d’un compliment détourné, destiné à vous faire croire que vous occupez une place unique à ses yeux. D’autres fois, elle devient un chantage direct : il peut ainsi menacer d’aller assouvir ses pulsions sexuelles auprès d’une autre personne si vous ne répondez pas à son désir. Dans les deux cas, la manipulation reste l’outil privilégié du pervers narcissique pour nourrir sa propre perversion sexuelle.
Dans la vie de tous les jours, ce chantage se repère à travers des formules comme celles-ci :
- « Tu ferais ça pour moi, si vraiment tu m’aimais »
- « Si ta confiance en moi était sincère, faire ça ensemble ne te poserait aucun problème. »
- « Tu sais, si je te demande une chose pareille, c’est que ma confiance en toi est totale ; jamais je n’ai proposé ça à personne d’autre. »
- « Avec mon ex, on le faisait, et ça lui plaisait beaucoup. Montre-toi un peu moins fermé.e, tu verras bien que ça te plaira. »
- "Ce n'est pas un problème si tu refuses de faire ça avec moi, tu sais, d'autres femmes ou d'autres hommes accepteront avec plaisir de s'y prêter."
L'infidélité est d'ailleurs une voie qu'il emprunte souvent lorsqu'il sent que vous ne lui donnerez pas ce qu'il attend. Votre souffrance le réjouit. Il ne manquera pas de souligner qu'il peut obtenir son dû sans vous, tout en vous rendant coupable de ses propres écarts.
À l’en croire, il n’aurait jamais éprouvé le besoin de chercher ailleurs si vous vous étiez pliée à ses demandes. Une infidélité dont les répercussions émotionnelles, pour la personne qui la subit, sont naturellement destructrices.
Quand une relation est équilibrée, chacun écoute et respecte les limites de son partenaire. Rien de tel ici : vos besoins sont niés. Pour arriver à ses fins, le manipulateur en amour cherche à vous culpabiliser, sans se soucier de la souffrance qu'il vous inflige.
Comportement n° 5 : le PN est attiré par des pratiques sexuelles peu conventionnelles
Sans que cela soit systématique, on observe fréquemment chez le pervers narcissique une sexualité marquée par des pratiques éloignées des normes admises par la société. Cela concerne en particulier le sadomasochisme, mais aussi d'autres déviances sexuelles, que l'on nomme aussi paraphilies.
Nous l'avons évoqué plus haut : chez le pervers narcissique, la pulsion de toute-puissance réclame d'être satisfaite de manière toujours plus intense. À cet égard, le sadomasochisme représente pour lui la pratique par excellence.
« Peu importe la pratique sexuelle à laquelle il recourt, il se place systématiquement en position de dominant, car l’autre devient pour lui un objet qu’il soumet à ses propres désirs. »
Quel que soit le scénario, c'est lui qui garde la mainmise sur sa victime. Le sadique qui asservit l'autre, ou celui qui accepte de se soumettre et de subir l'humiliation : dans les deux rôles, les règles restent les siennes, et son partenaire demeure placé dans une soumission complète. La psychanalyse propose d'ailleurs une lecture de ces perversions sexuelles chez le pervers narcissique : elles renverraient à un manque phallique.
Dans la théorie lacanienne, la puissance trouve son expression symbolique à travers la fonction phallique — laquelle n’a rien à voir avec l’organe génital lui-même. En dominant autrui, le pervers narcissique échappe donc au manque que représente la castration symbolique et se dote d’un phallus imaginaire, c’est-à-dire d’un objet.
Il n’a alors pas d’autre choix que d’exiger de son ou sa partenaire qu’il comble ce vide phallique, seul moyen pour lui de satisfaire sa pulsion de toute-puissance.
La situation comporte pourtant un double tranchant. Sa puissance, en effet, ne dépend pas de lui seul : pour jouir, il lui faut passer par l'image que l'autre lui renvoie, une représentation dont il reste tributaire. Et ce faisant, c'est sa victime qu'il place, paradoxalement, en position de force.
De fait, il arrive que le ou la partenaire éprouve elle aussi une forme de jouissance en accordant à l'autre un tel pouvoir. Il en résulte souvent, chez la victime, une ambiguïté doublée d'une souffrance psychique.
Car lorsqu'elle se soumet à des pratiques ou déviances qu'elle ne désire pas réellement, la victime risque d'éprouver de la honte, en particulier si un plaisir physique d'ordre purement mécanique s'est manifesté pendant l’acte sexuel.
La honte ressentie entre alors en tension avec la satisfaction d'avoir donné du plaisir à son partenaire. De cette contradiction naît un trouble émotionnel qui offre au pervers narcissique un terrain encore plus favorable pour manipuler sa victime et nourrir les pulsions de toute-puissance propres au PN.
6e comportement : il recourt à la violence pour s’imposer
Autre trait récurrent chez le pervers narcissique dans l'intimité : le refus n'existe pas pour lui. Pour contraindre sa partenaire à céder à ses exigences, il n'hésite pas à employer la violence psychologique et physique.
Prenons un exemple concret : lorsqu'un pervers narcissique veut une expérience à plusieurs, il n'hésite pas à placer sa victime face au fait accompli. Il lancera quelque chose comme : « Lisa est là, je me suis dit que passer un moment tous les trois nous ferait plaisir ».
Abuser de l’autre et le manipuler par la sexualité lui devient alors plus aisé, puisque, comme le souligne Alain Héril :
« Le champ sexuel se prête aisément à l’installation de la confusion. Quand on entre dans un acte sexuel, la conscience se modifie, et cet état affaiblit notre faculté de réflexion… La pensée passe au second plan ; il arrive alors qu’on consente, sans le percevoir clairement au moment même, à des choses que l’on ne désire pas. »
Il arrive alors que la victime accepte malgré elle, tant elle se sent tenue de dire oui à cette invitation qui lui est imposée. Et ce, quand bien même elle n’avait, au départ, aucune envie de prendre part à ce genre de situation.
Face à un refus de ses demandes, le PN a d'ailleurs fréquemment recours à des techniques de manipulation comme le silence ou le gaslighting.
Refusez-lui par exemple une pratique qui ne vous convient pas, et il pourra vous punir en vous ignorant complètement durant plusieurs jours, en restant muet lorsque vous vous adressez à lui, etc. Pour celui ou celle qui subit cette forme de torture mentale, l'expérience peut se révéler traumatisante : la personne visée a le sentiment d'avoir cessé d'exister.
Ainsi, quand il formulera de nouveau sa demande plus tard, l'autre se sentira souvent contraint de céder malgré lui, car il gardera en mémoire la réaction épouvantable de son partenaire la dernière fois qu'un refus lui avait été opposé.
Ainsi, dès qu'une personne se voit imposer un acte sexuel contre sa volonté, on parle d'une forme d'abus sexuel — et le fait d'être en couple avec l'auteur de cette contrainte ne change rien à cette réalité.
Si ces violences apparaissent sous quelque forme que ce soit, elles constituent un signal qui doit vous alerter : vous êtes peut-être face à une relation toxique.
Chez le pervers narcissique, la sexualité fonctionne à sens unique : seuls ses propres besoins comptent. Les vôtres, en revanche, ne sont guère pris en considération — et si vous vous risquez à formuler une suggestion, c'est encore pire, car il vous en fait le reproche.
Par exemple, si vous lui confiez que ses morsures à l'oreille vous déplaisent, ou que vous aimeriez être caressé autrement, sa réponse ira toujours dans le même sens. Ses partenaires précédentes, dira-t-il, raffolaient de ces gestes. Ou alors la faute vous reviendra : incapable de goûter ce qu'il vous offre, vous seriez frigide, voire anorgasmique.
Et si des difficultés d'érection ou n'importe quel autre trouble sexuel viennent à se manifester chez lui, il n'en portera jamais la responsabilité : à ses yeux, la faute vous reviendra toujours, parce que vous ne sauriez pas l'exciter correctement.
Pour qu'une sexualité soit relationnelle, encore faut-il que les deux partenaires communiquent réellement au sein du couple. Or, le pervers narcissique en est incapable : jamais il ne se remet en cause dès qu'il s'agit de sa sexualité.
On peut y voir une autre manifestation d’abus et de brutalité psychologique : en faisant la sourde oreille, il vous prive au fond de toute possibilité de dire ce dont vous avez besoin. Le pervers narcissique nourrit ainsi, encore une fois, sa domination au lit.
« Chez le PN, l’autre subit toujours, sous une forme ou une autre, une sexualité contraignante » « Chez le PN, l’autre subit toujours, sous une forme ou une autre, une sexualité contraignante »
Au-delà des violences physiques dont il peut se rendre coupable, et qui font de vous une possible victime de brutalités conjugales, ce personnage sadique excelle aussi dans des abus plus insidieux, exercés en demi-teinte. Vous peinerez souvent à les reconnaître pour ce qu'ils sont. Il s'agit pourtant bel et bien d'abus.
Cela peut prendre la forme d’abus scopique : il vous force alors à visionner des contenus à caractère sexuel contre votre volonté, ou vous immerge dans un climat sexualisé que vous n’aviez pas choisi.
Pour conclure, gardez ceci en tête : dès l'instant où votre partenaire vous contraint, dans votre sexualité, à des actes que vous refusez, la situation relève déjà d'une relation toxique au lit.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur la sexualité du pervers narcissique
Question 1 / 4
Selon Alain Héril, à quoi sert la sexualité du pervers narcissique ?
Question 2 / 4
Comment se comporte souvent le PN au tout début de la relation ?
Question 3 / 4
Pourquoi le PN évite-t-il l'intimité, d'après l'article ?
Question 4 / 4
Quel type de partenaire attire naturellement le pervers narcissique ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- Selon le sexothérapeute Alain Héril, la sexualité du pervers narcissique est un outil de manipulation supplémentaire pour contrôler l'autre, au service d'une entreprise de destruction et de dépersonnalisation de sa victime.
- Au début de la relation, le PN se montre un amant charmant qui semble assouvir tous vos fantasmes, mais cette générosité apparente vise uniquement à créer une emprise et à enfermer l'autre.
- Il pratique une sexualité de performance et de domination, sans intimité ni tendresse, et repousse progressivement vos limites en recourant au chantage affectif, à la culpabilisation ou au gaslighting.
- Contraindre son partenaire à des actes sexuels non désirés constitue une forme d'abus sexuel et le signe d'une relation toxique ; un accompagnement par un psychologue spécialisé est conseillé pour se libérer de l'emprise.



