Pour détecter l'anorexie chez un homme, observez son rapport au poids, au sport et aux repas, puis consultez rapidement un professionnel : une perte de poids rapide et des comportements de contrôle doivent alerter.
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Repérer et agir : les réflexes clés
- Observer les pesées répétées — Un contrôle anxieux du poids, avec des pesées quotidiennes voire pluriquotidiennes, doit alerter l'entourage.
psychologue.fr - Surveiller le sport excessif — Une pratique sportive compulsive, plusieurs heures par jour pour brûler des calories, peut signaler une bigorexie associée au trouble.
psychologue.fr - Repérer l'évitement des repas — Soyez attentif aux excuses répétées pour ne pas manger avec les autres, signe d'un repli progressif.
psychologue.fr - Consulter pour un diagnostic — Face à ces signes, la première démarche concrète est de faire poser un diagnostic par un professionnel de santé.
psychologue.fr - Engager des soins combinés — Le suivi associe un accompagnement psychothérapeutique et une rééducation nutritionnelle, adaptés à chaque personne.
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Aujourd’hui, on estime qu’1 personne anorexique sur 10 est un homme. Ce phénomène, appelé aussi manorexie, est encore sous-évalué par manque de connaissances de la part des personnes concernées, mais aussi par une mauvaise détection de la part des professionnels de la santé. Faciliter son diagnostic est donc essentiel pour mieux la prendre en charge.
Avec cet article, apprenez à détecter l’anorexie chez l’homme en 5 signes majeurs, et à trouver des solutions pour en sortir.
Comment détecter l’anorexie chez l’homme ?
L’anorexie masculine, au même titre que l’orthorexie, la boulimie ou l’hyperphagie, est un trouble de la conduite alimentaire majeur, une catégorie de troubles décrite dans le DSM-5, le manuel de référence publié par l’Association Américaine de Psychiatrie. Il est caractérisé par 5 signes évocateurs et détectables rapidement :
- Une obsession malsaine du poids
- Une dépense physique extrême
- Une forte sélection alimentaire
- Une perte d’énergie globale
- Un repli sur soi progressif
L’anorexie mentale, reconnue comme trouble du comportement alimentaire dans la CIM-11, la classification internationale des maladies établie par l’OMS, est une pathologie qui peut survenir dès l’enfance. Les causes de l’anorexie mentale peuvent être d’influences génétiques, environnementales, émotionnelles, mais surtout psychiques ! Ses effets sont nombreux et retentissent dans toutes les sphères de la vie au quotidien : mauvaise estime de soi, contrôle permanent, retrait social, signes d’agressivité, troubles obsessionnels et compulsifs, etc.
Il est alors important de savoir reconnaître les symptômes de l’anorexie pour la prendre en charge au plus tôt, comme le préconisent les recommandations de bonne pratique de la Haute Autorité de Santé (HAS), et profiter d’un parcours de soin adapté et réparateur.
Signe n°1 : une obsession maladive du poids
L'obsession liée à la prise de poids constitue le signe le plus caractéristique de l'anorexie. Se peser tous les jours, parfois plusieurs fois par jour pour s’assurer que le chiffre sur la balance n’augmente pas devient une routine qui provoque de l’anxiété.
Le poids est un élément central, presque omniprésent dans votre cerveau et toutes vos actions sont dirigées en son sens. C’est particulièrement le cas si vous exercez un métier basé sur l’apparence : les sportifs, modèles ou personnalités publiques ressentent un besoin de contrôler leur image, et donc leur poids plus drastiquement que la moyenne.
Si vous avez une personnalité perfectionniste ou obsessionnelle, vous pouvez également ressentir ce besoin de contrôle excessif du poids en mettant en place des stratégies de vie dans l’unique but de maintenir un taux de masse grasse extrêmement bas.
Parfois, et notamment lorsque la cause du trouble est traumatique, une perte de poids brusque et soudaine est remarquée. Plus que jamais, ce sont les chiffres sur la balance, et vos mensurations qui deviennent l’objet de toute votre attention, et tout le reste passe au second plan.
La perte de poids rapide de l’homme est, en effet, l’un des premiers indicateurs d’un trouble alimentaire refoulé ou assumé.
Signe n°2 : une dépense physique extrême
Maintenir une dépense physique extrême représente un moyen de contrôle essentiel pour l'homme anorexique. Si vous en souffrez, vous avez certainement déjà pratiqué une activité physique intensive pendant plusieurs heures, parfois même plusieurs fois par jour dans l’espoir de brûler un maximum de calories, ennemies de votre corps.
La pratique addictive, voire maladive d’une activité physique a un nom : la bigorexie. La dépendance au sport est causée par la recherche de cette dopamine relachée après l’effort, ou alors par le besoin de conserver à tout prix un corps mince et musclé. C’est une véritable addiction comportementale qui peut être le signe d’une anorexie mentale masculine.
Course à pied, musculation, crossfit, vélo… Les efforts physiques à outrance sont un moyen de perte de poids davantage utilisé par l’homme anorexique que par la femme. Chez ces dernières, on observe plutôt un surinvestissement intellectuel pour détourner la psyché de la notion de faim et ne laisser aucune place à la nourriture émotionnelle.
Se dépenser physiquement, même si cela comporte de nombreux bénéfices, peut devenir un réel risque lorsque cela tourne à l’obsession : dysmorphie musculaire, un concept étudié notamment par le psychiatre américain Harrison Pope à travers ses travaux sur le complexe d’Adonis, troubles du sommeil, épisodes dépressifs, etc.
L’hyperactivité physique, notamment dans le cadre d’un trouble alimentaire, est vécue comme une réelle souffrance au quotidien. La masse grasse devient synonyme de dégoût, et tous les moyens sont bons pour l’éradiquer au plus vite. Les pratiques les plus drastiques mettent à mal la santé physique, mais aussi la santé mentale.
Signe n°3 : une forte sélection alimentaire
Contrairement à l’anorexie féminine qui implique une grande restriction alimentaire quantitative on rencontre, chez l’homme, une sélection stricte et restriction qualitative des aliments. Combiné à la pratique intense d’une activité physique, le choix des aliments chez un homme souffrant d’anorexie est crucial, puisqu’il a une peur intense de la nourriture malsaine.
Vous l’avez peut-être déjà expérimenté si vous refusez systématiquement certaines catégories d’aliments que vous jugez trop gras ou trop sucrés à votre goût. Votre esprit est fixé sur les valeurs nutritionnelles des aliments, et vous sélectionnez uniquement les aliments bons pour acquérir ou conserver un physique assez sportif, rien de plus. Il en résulte alors une importante carence en nutriments essentiels à l'équilibre du corps.
C’est en ce sens notamment que l’anorexie chez l’homme est plus insidieuse que chez la femme. Le refus alimentaire est moins catégorique, plus contrasté, mais toujours aussi dangereux à long terme. Dans les deux cas, la recherche d’une maigreur extrême reflète un véritable trouble psychologique qui se répercute sur le physique.
On observe également, une plus grande compensation alimentaire dans l’anorexie touchant les hommes. L’activité physique est un moyen déjà évoqué, mais il existe d’autres techniques néfastes et addictives comme les crises boulimiques, les vomissements compulsifs ou la prise de laxatifs.
Certaines personnes sont dans un fort déni de la maladie à certains moments. Elles refusent de s’avouer à elles-même avoir faim et ont plus de risques de souffrir de malaises, de crises d’angoisses, de maux de têtes très fréquents ou d’une fatigue intense et chronique. C’est davantage le cas pour l’anorexie chez le garçon.
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Signe n°4 : une perte d’énergie globale
Vertiges, fatigue intense, somnolence diurne… Une sous-nutrition affecte directement le métabolisme et sa capacité à produire de l’énergie pour vivre correctement. Lorsque le corps n’est plus assez alimenté, ou qu’il manque d’une certaine partie de nutriments essentiels, la perte d’énergie est instantanée.
Votre système immunitaire est alors affaibli, et se rend vulnérable à de nombreux troubles somatiques : les migraines à répétition, les insomnies, les problèmes gastro-intestinaux, les maladies de peau, etc. Si vous souffrez d’un de ces symptômes,, il peut être le retentissement d’une anorexie mentale refoulée.
Cette perte d'énergie significative retentit aussi sur les aspects importants de la vie. Vous ne vous sentez plus aussi performant et, pouvez être sujet au stress au travail, rencontrer des difficultés relationnelles et frôler le burn out, qu’il soit parental ou professionnel.
Une fatigue intense impacte énormément les relations sociales : vous n’avez plus d’énergie pour partager des activités, profiter de moments de qualité, ou tout simplement pour avoir une bonne communication de couple ou avec vos amis, qui peuvent s’inquiéter pour votre santé.
Par ailleurs, on observe également une apparition de troubles sexuels avec l’anorexie. La diminution de la libido et les problèmes d’érection, entre autres, sont en effet dû à l’effondrement des hormones pendant cette période compliquée pour le corps. La sécrétion de testostérone est largement inférieure à la normale, et la vie intime en est impactée.
Signe n°5 : un repli sur soi progressif
Dans l’anorexie chez l’homme, comme chez la femme, le repli sur soi est assez progressif et insidieux. En effet, lorsque vous souffrez d’un comportement alimentaire différent de ce qui est considéré comme normal et sain, vous pouvez vous sentir moins à l’aise de partager les repas avec votre entourage.
De nombreux hommes atteints d’anorexie usent de stratégies pour éviter les moments de partage de repas, et tentent d’échapper à cet échange extrêmement anxiogène. La culpabilité permanente, la honte de soi, la peur du rejet ou du regard des autres peut être extrêmement handicapant au quotidien. L'évitement devient alors la solution la plus accessible à cet instant-là.
La mauvaise image de soi et la honte sont très caractéristiques de l’anorexie chez l’homme. Si ce trouble est sous-diagnostiqué, c’est aussi parce que la parole ne leur est pas donnée à ce niveau, et qu’elle devient une épreuve supplémentaire à passer pour demander de l’aide.
De nombreuses personnes adoptent alors un comportement passif ou agressif vis-à-vis de leur comportement alimentaire malsain. Si c’est votre cas, vous pouvez alors avoir tendance à vous repliez sur vous et à éviter d’interagir avec les gens.
À terme, c’est un cercle vicieux qui s’installe puisque vous vous renfermez sur vous, vous vous sentez de plus en plus isolé et vous perdez espoir qu’on puisse vous aider à dépasser ce trouble alimentaire.
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Comment traiter l’anorexie masculine ?
C’est un trouble difficile à déceler, mais les conséquences de l’anorexie chez l’homme sont nombreuses et parfois dramatiques : trouble anxieux aggravé, fatigue narcoleptique, dépression , retrait social, agressivité… Il est donc nécessaire de prendre en charge l’anorexie chez l’homme au plus tôt pour la traiter de manière efficace et adaptée à chaque individu.
En règle générale, la guérison de l’anorexie dépend d’un processus assez long et demande une prise en charge pluridisciplinaire. Tous les aspects du troubles doivent être pris en compte pour réparer les éventuels dommages et surtout prévenir et anticiper une potentielle rechute.
Le protocole de soin de l’anorexie chez l’homme se déroule généralement de cette manière :
- La prise de conscience
- La pose du diagnostic
- La recherche d’un traitement adapté
- La mise en place des soins
- La consolidation du traitement
- L’adoption de nouvelles habitudes
La prise de conscience chez la personne souffrant d’anorexie est fondamentale pour amorcer le processus de soin. Parfois, il suffit d’un déclic pour se rendre compte que l’on est dans un engrenage alimentaire malsain pour sa santé, mais dans certains cas ce sont les proches qui finissent par tirer la sonnette d’alarme.
La seconde étape va être de poser un diagnostic pour écarter les hypothèses d’autres pathologies ou de troubles associés. Il sera alors question d’évaluer les causes, la sévérité et les situations qui provoquent ce comportement alimentaire. Un examen psychologique approfondi est mené afin d’identifier le protocole de soin le plus adapté au patient.
C’est ensuite que les soins sont mis en place. Ils peuvent évidemment différer d’une personne à l’autre, mais sont généralement basés sur deux axes fondamentaux : la psychothérapie et la nutrition.
Dans un premier temps, il est important de rechercher les causes et signaux d’alerte d’un TCA. En collaboration avec le psychologue, le patient va comprendre petit à petit comment ses pensées se forment et par quels moyens transformer ses schémas mentaux. La thérapie cognitivo-comportementale est ici idéale pour rééduquer son cerveau et l’armer face à ce trouble.
Lorsque l’anorexie est moins évidente à conscientiser, ou qu’elle provient d’un traumatisme, c’est alors l’hypnose ericksonienne qui va constituer une solution plus concluante. En travaillant sur l’inconscient, le professionnel va alors chercher la cause précise de ce comportement afin de le surmonter définitivement.
Des méthodes thérapeutiques de consolidation et plus autonomes sont ensuite transmises aux patients : les exercices de sophrologie, de cohérence cardiaque ou encore la programmation neuro-linguistique en sont des exemples fréquents.
En parallèle, il est important d’avoir un réel appui au niveau de la nutrition. Une rééducation alimentaire doit être faite pour instaurer de nouvelles habitudes bénéfiques.
Dans les cas les plus sévères d’’anorexie chez l’homme, une hospitalisation est parfois nécessaire. Lorsqu’il y a une urgence vitale, en raison d’une dénutrition ou d’une déshydratation par exemple, il est important de réagir rapidement. Des soins sont alors prescrits immédiatement, notamment la réalimentation par sonde qui va permettre de soulager l’homme anorexique et de le remettre sur pied avant d’entreprendre un travail de fond thérapeutique.
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- On estime qu'1 personne anorexique sur 10 est un homme, mais l'anorexie masculine reste sous-diagnostiquée, par manque de connaissances des personnes concernées et de détection par les professionnels de santé.
- Cinq signes majeurs permettent de la repérer : une obsession du poids, une dépense physique extrême, une forte sélection alimentaire, une perte d'énergie globale et un repli sur soi progressif.
- Contrairement à l'anorexie féminine, l'anorexie chez l'homme se caractérise davantage par une restriction qualitative des aliments et une hyperactivité physique, parfois proche de la bigorexie.
- La prise en charge repose sur un accompagnement pluridisciplinaire associant psychothérapie et rééducation alimentaire, avec une hospitalisation possible dans les cas les plus sévères.
Sources & références
- Un cas d’anorexie masculine, Mathias Rio, L’information psychiatrique, 2006
- L’anorexie mentale masculine à l’adolescence, Jean Chambry, Gilles Agman, La psychiatrie de l’enfant, 2006

