Le trouble bipolaire ne se guérit pas définitivement, mais un traitement adapté et un suivi régulier permettent de stabiliser l'humeur et de prévenir les rechutes.
Comment savoir si mes sautes d'humeur relèvent d'un trouble bipolaire ?
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- La durée des épisodes — vos hauts et vos bas s'installent sur la durée, sans disparaître quand la situation s'arrange.
- Les antécédents familiaux — si un parent, un frère ou une sœur est concerné, votre risque augmente nettement.
- Le rôle du médecin — aucun test ne remplace une consultation : seul un professionnel peut poser le diagnostic.
Que faire pour se soigner ?
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- Un suivi médical durable — des médicaments comme le lithium aident à stabiliser votre humeur et à espacer les épisodes.
- Une psychothérapie associée — la TCC ou la thérapie familiale vous aide à reconnaître les signes annonciateurs de rechute.
- Des rythmes réguliers — un sommeil stable et des repas à heures fixes soutiennent votre équilibre au quotidien.
Si vous vous reconnaissez dans ces variations d'humeur, parlez-en à un médecin ou un psychologue : bien accompagné, il est possible de retrouver un quotidien stable.
Le trouble bipolaire est classé parmi les 10 pathologies les plus invalidantes selon la Haute Autorité de la Santé. L’enjeu est alors de taille pour comprendre et traiter la bipolarité. Toutefois, comme il s’agit d’une pathologie complexe, très peu de patients sont diagnostiqués correctement et encore moins bénéficient d’un traitement adapté. Cependant, afin d'éviter un diagnostic inadapté ou trop tardif, il est essentiel de posséder quelques connaissances de base sur cette pathologie. Dans cet article, découvrez les causes de la pathologie ainsi que les traitements qui fonctionnent à l’heure actuelle.
Autres questions
Quelles sont les causes du trouble bipolaire ?
Aucune cause unique n'a été identifiée : le trouble résulte de plusieurs facteurs combinés. La vulnérabilité génétique intervient dans 60 à 80 % des cas, mais elle ne se déclenche qu'avec des facteurs environnementaux (stress, deuil, manque de sommeil), une consommation de substances, un dérèglement des médiateurs chimiques cérébraux ou certaines maladies comme l'hyperthyroïdie.
Le traitement des troubles bipolaires est-il à vie ?
L'intervention se conçoit sur le long terme, car elle sert à la fois à gérer les épisodes actuels et à prévenir les épisodes futurs. Sans traitement ni suivi, les phases maniaques et dépressives se poursuivent très fréquemment et leur intensité peut s'aggraver. Le suivi médicamenteux, notamment par stabilisateurs de l'humeur, s'inscrit donc dans la durée.
Qu'est-ce qui aggrave la bipolarité ?
La consommation de substances psychoactives illicites multiplie par cinq le risque de développer un trouble bipolaire, et un usage abusif d'alcool ou de stimulants peut déclencher les symptômes. Le stress, le manque de sommeil ou certains médicaments comme les corticoïdes et antidépresseurs chez un sujet prédisposé peuvent aussi favoriser les épisodes maniaques et dépressifs.
Est-ce que la bipolarité peut disparaître ?
On ne devient pas bipolaire du jour au lendemain et le trouble ne disparaît pas spontanément : ses symptômes sont latents et se manifestent sur la durée, contrairement aux simples sautes d'humeur passagères. Avec un traitement et un accompagnement adaptés sur le long terme, il est toutefois possible de stabiliser l'humeur et de reprendre le maniement de sa propre vie.
Quelles sont les causes du trouble bipolaire ?
Personne n’est à l’abri des aléas affectifs que nous réservent la vie et nos relations. Il n’est pas rare d’éprouver des humeurs variées de temps en temps. Aux origines de ces petites fluctuations thymotiques, on identifie souvent des événements déclencheurs. Mais est-ce également le cas lorsque les sautes d’humeur proviennent d’un trouble bipolaire, une pathologie décrite dans les classifications de référence que sont le DSM-5 et la CIM-11 de l’OMS ? En vérité, aucune étude n'a réussi à identifier une cause unique à cette pathologie. Il existe cependant quelques facteurs risques favorisant son apparition.
Cause n° 1 : L’hérédité
De nombreux travaux de recherche ont permis d’établir que l’hérédité serait à l’origine d’un trouble bipolaire. Dans 60 à 80 % des cas de bipolarité, la vulnérabilité génétique constitue l’une des principales causes. De fait, il est aujourd'hui courant de repérer plusieurs cas au sein d'une même famille.
Si un parent, une sœur ou un frère en souffre, vous avez plus de 60 % de risque d’en souffrir également. Toutefois, même si les prédispositions familiales jouent dans plus de la moitié des cas, le trouble bipolaire ne se manifeste qu’à l’issue de facteurs environnementaux.
Cause n° 2 : Les facteurs environnementaux
Les épisodes dépressifs et maniaques se succèdent également à la faveur de certains facteurs environnementaux. En effet, les premiers symptômes apparaissent ultérieurement à une situation jugée stressante ou traumatisante (manque de sommeil, pression au travail, déménagement, perte d’un proche, décalage horaire, des abus durant l’enfance…).
Cause n° 3 : La consommation de substances ou de médicaments
Certains médicaments ou substances constituent un élément possible de cause dans l’apparition d’émotions à l’intensité démesurée. Vous avez 5 fois plus de risque de développer un trouble bipolaire si vous êtes de ceux qui consomment des substances psychoactives illicites.
Parfois, une consommation abusive ou addictive d’alcool et de certains stimulants peut également déclencher les symptômes de la bipolarité. Outre ces substances, il n’est pas rare d’observer des épisodes maniaques et dépressifs s’alterner chez une personne sujette à certains traitements médicamenteux. Un sujet prédisposé qui est traité sous corticoïdes ou antidépresseurs, par exemple, peut présenter un risque de développer la pathologie.
Cause n° 4 : L’état neurologique
Les troubles maniaco-dépressifs, selon l’expression historique forgée par le psychiatre allemand Emil Kraepelin, n’épargnent pas les patients sur lesquels une anomalie des médiateurs chimiques au niveau cérébral a été observée. Selon les études, l’activité dopaminergique connaît un dérèglement chez les bipolaires : pendant un épisode dépressif, le taux de dopamine est très faible, mais augmente durant les épisodes de manie.
Par ailleurs, ils sont également sujets à une augmentation du taux d’acétylcholine pendant toutes les phases du trouble. Enfin, il est également possible d’observer que le taux de noradrénaline et de sérotonine diminue dans la dépression et augmente durant la manie.
Cause n° 5 : Le développement de certaines maladies
Quelques maladies peuvent également déclencher des crises bipolaires : une infection du système nerveux, une sclérose en plaques, un accident vasculaire cérébral, une lésion cérébrale traumatique, un asthme, une hyperthyroïdie, une infection virale (toxoplasmose, herpès, etc.).
Peut-on devenir bipolaire d'un jour à l'autre ?
On peut basculer de la joie à la colère en l'espace de quelques minutes, mais on ne devient pas bipolaire du jour au lendemain. Les sautes d’humeur brusques et brutales (chez les non-bipolaires) provoquées par des événements déclencheurs disparaissent rapidement lorsque la situation stressante s’arrange. En ce qui concerne le trouble bipolaire, les symptômes sont latents et se manifestent plutôt sur la durée.
Comment soigner et guérir la bipolarité ?
Suicide, alcoolisme, toxicomanie, croyance fausse et illogique, licenciement et même emprisonnement, les complications de la bipolarité sont multiples et dangereuses ; en cas d’idées suicidaires, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement 24h/24. Qui plus est, lorsqu’il n’est pas traité, le patient subit de plus belle ses accès d’humeur, sachant que sans traitement ni suivi, les épisodes maniaques et dépressifs se poursuivent de manière très fréquente.
Leur intensité est également à même de monter d’un cran. Pour ne pas subir cette pathologie invalidante et désagréable, il est important de suivre un traitement et un accompagnement adapté pour vous permettre de retrouver le maniement de votre propre vie. Nos experts vous partagent les traitements les plus efficaces pour soutenir l’équilibre de votre humeur.
Traitement et prévention L’intervention effectuée dans le cas d’un trouble bipolaire constitue à la fois un traitement et une prévention. En effet, le suivi sert à gérer les épisodes actuels de bipolarité, mais aussi à prévenir les épisodes futurs. Il est donc essentiel d’adopter une intervention sur le long terme.Les traitements pharmaceutiques
Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé, les traitements de la bipolarité s’appuient principalement sur une prise en charge médicamenteuse. Dans ce contexte, on distingue les régulateurs de l'humeur, les antipsychotiques, les anticonvulsivants et les antidépresseurs.
Stabilisateur de l’humeur : le lithium
Parmi les stabilisateurs d’humeur, le lithium est le plus utilisé à cet effet. Il aide à atténuer la manie, à abréger la durée des épisodes, mais aussi à les empêcher de réapparaître et de s’aggraver. Ce type de traitement est prouvé actif chez les sujets ayant des antécédents familiaux de dépression, ceux qui connaissent des épisodes maniaques modérés ou graves ou ceux qui deviennent résistants à certains médicaments.
Comme il met quelques jours à prendre effet, le traitement à base de lithium est généralement combiné à un autre type de médicaments qui agit plus rapidement (anticonvulsivant, antipsychotique), surtout lorsque les symptômes sont graves.
Bien que l’utilisation du lithium s’avère efficace, elle peut avoir quelques effets indésirables : somnolence, soif, complications rénales, envie accrue et fréquente d’uriner, nausées, prise de poids, tremblements involontaires des mains, contractions musculaires, vomissements et diarrhée.
Les antipsychotiques
Olanzapine, rispéridone, aripiprazole, ou bien ziprasidone, ces antipsychotiques sont utilisés pour réduire les symptômes de la manie, mais aussi les symptômes psychotiques (désillusions, hallucinations, etc.). Comme leur action est rapide, ils sont le plus souvent employés pour prendre en charge les épisodes soudains. Pour le traitement de la phase dépressive du trouble bipolaire, la quétiapine administrée en accompagnement d’un antidépresseur s’avère très efficace.
En termes d’effets secondaires, il est prouvé que les antipsychotiques sont moins délétères comparés aux autres médicaments. À long terme, on constate une prise de poids, une hypertension artérielle, une accumulation de graisse viscérale, un niveau de cholestérol instable, une insulino-résistance et une glycémie élevée.
Les anticonvulsivants ou antiépileptiques
Les anticonvulsivants ou antiépileptiques sont généralement donnés en traitement de première intention. Ils sont utilisés pour leur propriété stabilisante pour l’humeur. Cependant, a contrario du lithium, ils n’attaquent pas les reins. Valproate ou carbamazépine, ces types d’anticonvulsivants servent à traiter les épisodes maniaques, ou les épisodes mixtes. Ils peuvent induire une réduction des globules blancs et rouges, des lésions hépatiques chez les enfants, une dégradation du pancréas.
Quant à la lamotrigine, elle est exploitée pour contrôler les sautes d’humeur et soigner la dépression. Ses effets secondaires sont de nature allergénique : éruption cutanée (du rectum ou des organes génitaux), glandes enflées, gonflement des lèvres ou de la langue, aphtes dans la bouche, cloques sur les yeux. Dans certains cas, elle peut également provoquer de la fièvre.
Les antidépresseurs
Les antidépresseurs peuvent servir à traiter les dépressions sévères chez les personnes atteintes de trouble bipolaire.
Afin de fournir une meilleure humeur aux patients, ces types de traitement agissent au niveau des neurones en modifiant leur communication chimique. Ce qui permet d’établir un équilibre dans la zone cérébrale.
Pour éviter un passage brusque en épisode maniaque, il est important de combiner le traitement avec un stabilisateur d’humeur, chez les personnes souffrant de trouble bipolaire. Certains médecins administrent également les antidépresseurs en association avec des antipsychotiques atypiques.
Les antidépresseurs dits « naturels » ne suffisent pas pour prendre en charge un trouble bipolaire.
Cette maladie psychiatrique repose sur des mécanismes complexes de régulation de l’humeur qui nécessitent une évaluation médicale et, le plus souvent, un traitement spécifique et suivi.
Les approches naturelles ou de bien-être peuvent éventuellement accompagner le quotidien, mais elles ne remplacent ni les traitements de fond ni le suivi spécialisé indispensables pour prévenir les rechutes et stabiliser durablement l’humeur.
Présenter ces alternatives comme suffisantes serait non seulement inexact, mais aussi potentiellement risqué pour les personnes concernées.
Les traitements psychothérapeutiques
Il est possible d’associer les stratégies médicamenteuses à d’autres pistes de traitement, comme la psychothérapie. Le but de ce type de traitement est de fournir un soutien aux patients, pour identifier et modifier leurs émotions, ainsi que les pensées et comportements nocifs à leur bien-être. Dans cette optique, la psychothérapie peut se réaliser en groupe (avec un conjoint ou un proche) ou individuellement.
La thérapie cognitive et comportementale (TCC)
La thérapie cognitive et comportementale (TCC) soigne les troubles anxieux ainsi que les troubles dépressifs. Elle est donc très utilisée dans la réduction des symptômes de la phase dépressive de la bipolarité. Son principe : aider le patient à lutter contre les pensées négatives en améliorant les comportements et réactions nuisibles.
Elle permet de retrouver une estime de soi, de s’affirmer, de sortir de la culpabilité chronique induite par la dépression, mais aussi de réduire l’irritabilité provoquée par la manie. Aujourd’hui, la thérapie cognitivo-comportementale est également utilisée dès les premiers signes d’une dépression amoureuse.
La psychothérapie interpersonnelle et des rythmes sociaux (PTIRS)
La psychothérapie interpersonnelle et des rythmes sociaux (PTIRS) a démontré son efficacité dans le traitement des troubles bipolaires. Elle est issue de la psychothérapie interpersonnelle pour la dépression chronique. Cette technique permet de prévenir les phases maniaques, hypomaniaques et dépressives, mais aussi de rallonger l’intervalle entre leur fréquence d’apparition. Dans un cadre clinique, la psychothérapie interpersonnelle et des rythmes sociaux est constituée de 3 composantes :
- La psychoéducation : qui est axée sur la compréhension du trouble, ses causes, ses conséquences, son traitement, les effets secondaires qui en découlent, les signes prodromiques et les symptômes de rechute. Elle se pratique idéalement en groupe, mais peut également s’appréhender en séances individuelles. L’objectif de cette thérapie est d’augmenter l’adhérence au traitement de la maladie, prévenir les récidives, réduire le nombre et la durée des épisodes sévères, limiter les répercussions de la maladie sur la vie quotidienne des patients (personnelle, professionnelle, familiale, sociale).
- Les interventions sur les rythmes sociaux : les études qui ont permis d’établir la thérapie des rythmes sociaux soutiennent qu’un rythme quotidien stable permettrait d’améliorer l’humeur. L’objectif est donc de pouvoir instaurer des routines régulières : horaire de sommeil régulier, heure de repas fixe, activités physiques chaque matin, etc. La stabilité commence ainsi avec un changement graduel du style de vie.
- Les interventions interpersonnelles : cette dernière composante vise à apporter des améliorations concernant les dysfonctionnements des relations interpersonnelles. Selon cette thérapie, il y aurait un lien entre les événements de vie, l’humeur et les rythmes sociaux. Elle vise alors à gérer les conflits interpersonnels, les deuils, les changements de rôle et la sensibilité interpersonnelle.
La thérapie systémique familiale
Une prise en charge pragmatique et centrée sur le présent, la thérapie systémique familiale nécessite la participation de la famille. Elle permet d’améliorer les relations familiales ou les relations de couple en visant à gérer les problématiques au sein de l’ensemble. À l’issue de la thérapie, chaque membre devra avoir la capacité à faire face à des troubles maniaques ou dépressifs et à identifier les signes avant–coureurs de nouveaux épisodes.
Comprendre le trouble bipolaire et le soignerBien que le traitement du trouble bipolaire inclût habituellement des prises en charge médicamenteuses, la psychothérapie constitue une solution souvent indispensable. En dehors de la technique thérapeutique choisie, l’importance de la relation patient/thérapeute revêt un caractère capital. Si la connexion fait défaut, il est essentiel de l’aborder avec son thérapeute ou d’en chercher un autre si besoin.
Qu'avez-vous retenu ?
4 questions pour tester ce que vous avez appris sur le trouble bipolaire
Question 1 / 4
Quelle est la principale cause identifiée du trouble bipolaire ?
Question 2 / 4
Dans quelle proportion des cas la vulnérabilité génétique joue-t-elle un rôle ?
Question 3 / 4
Devient-on bipolaire d'un jour à l'autre ?
Question 4 / 4
Que dit l'article des antidépresseurs dits « naturels » ?
Ce qu'il faut retenir
Résumé par Aurora, l'IA de psychologue.fr- Le trouble bipolaire n'a pas de cause unique identifiée : il résulte de plusieurs facteurs de risque combinés, notamment l'hérédité, l'environnement, la consommation de substances, l'état neurologique et certaines maladies.
- La vulnérabilité génétique est impliquée dans 60 à 80 % des cas, mais le trouble ne se manifeste généralement qu'à la suite de facteurs environnementaux comme un événement stressant ou traumatisant.
- La prise en charge repose principalement sur des traitements médicamenteux : stabilisateurs de l'humeur comme le lithium, antipsychotiques, anticonvulsivants et antidépresseurs, prescrits et suivis par un médecin.
- La psychothérapie complète souvent le traitement médicamenteux : TCC, psychothérapie interpersonnelle et des rythmes sociaux ou thérapie systémique familiale aident à gérer les épisodes et à prévenir les rechutes.

